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Maisons et fermes de la commune de Lureuil

Dossier IA36010550 réalisé en 2015

Fiche

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Parmi les 121 édifices inventoriés dans la commune de Lureuil, l'analyse a porté sur 73 (soit 60,8 % du corpus), dont le parti architectural initial restait identifiable. L'analyse typologique a exclu 47 édifices (39,1 % du corpus) en raison d’un remaniement trop important ou de conditions d'observation insatisfaisantes. A ce jour, aucun édifice n'a fait l'objet d'une étude monographique.

Le corpus des oeuvres repérées compte 38 fermes (52 % du total) et 35 maisons (48 %). Dans cette commune, il n’a pas été jugé pertinent de distinguer l’analyse collective des maisons de celle des fermes. Nous avons considéré que l'habitat exempt de toute activité agricole est trop peu représenté pour justifier un traitement individuel (au sein de l’ancien canton, seule la commune de Tournon-Saint-Martin a connu une telle distinction, en raison de l’étendue de son bourg et des nombreuses activités de service qu’il proposait). L'importance des espaces d'exploitation au sein de l'édifice a constitué l'unique critère discriminant entre une "maison" et une "ferme".

Implantation

Les fermes sont réparties dans toute la commune à l’exception du quart sud-est, principalement occupé par des bois et des étangs. Ces fermes sont isolées (13) ou implantées au sein d’écarts (19) souvent peu étendus.

Elles sont moins présentes dans le bourg (7) où se concentrent tout particulièrement les maisons (23 sur un total de 35). On y trouve notamment la quasi-totalité des maisons à boutique et des maisons à étage (ne sont pas comptabilisées les "demeures", systématiquement associées à une exploitation agricole - cas de Montaigu, de la Brosse-). Les maisons sont peu fréquentes dans le reste de la commune hormis au sein des deux plus importants écarts : la Mailleterie et les Rues.

Historique

Extrait du plan cadastral de Lureuil en 1812. L'habitat est représenté par des bâtiments à croupes colorés en jaune-beige tandis que les autres sont figurés en rouge-carmin (à toit sans croupes). (Archives départementales de l'Indre).Extrait du plan cadastral de Lureuil en 1812. L'habitat est représenté par des bâtiments à croupes colorés en jaune-beige tandis que les autres sont figurés en rouge-carmin (à toit sans croupes). (Archives départementales de l'Indre).Un certain nombre des 73 maisons et fermes repérées semble représenté sur le plan cadastral de Lureuil en 1812 (du moins leur état antérieur car la plupart des édifices a été modifiée). Ce cadastre, comme celui de Preuilly-la-Ville, a la particularité de distinguer graphiquement, d’une part, les maisons d’habitation, colorées en jaune-beige et représentées en plans "à croupes" et, d’autre part, les bâtiments agricoles et dépendances domestiques, figurés en "plan simple" et colorés en carmin.

Bourg : maison dite du dauphin datée de la fin du 15e siècle (dendrochronologie).Bourg : maison dite du dauphin datée de la fin du 15e siècle (dendrochronologie).

Manoir de La Chauvelière (logis daté de 1648, dendrochronologie), vu depuis le nord.Manoir de La Chauvelière (logis daté de 1648, dendrochronologie), vu depuis le nord.Quatre fermes sont, pour leurs parties les plus anciennes, attribuables ou possiblement attribuables aux 15-16-17e siècles. A la Chauvelière (ci-contre), la charpente du manoir a été mise en oeuvre vers 1648 ; celles de l'étable et du fournil-logement de l'ancienne ferme associée, dans la première moitié du 18e siècle. Dans le bourg, la charpente du logement à étage de la ferme du Dauphin (ci-dessus) a été datée, également par dendrochronologie, de 1465-1470. De façon moins certaine le logement de la Grande Métairie pourrait remonter à l’Époque moderne, de même qu’une ferme du bourg (1, rue du Pigeonnier), modifiée au 19e siècle. D’autres maisons de bourg, hélas en grande partie remaniées (et non comptabilisées), peuvent éventuellement être rattachées à ces périodes (maisons à étage avec escalier d’accès extérieur). Au moins six édifices semblent dater du 18e ou du début du 19e siècle. Mais l’Époque contemporaine est de loin la période chronologique la mieux représentée dans le corpus : 29 édifices datent du 19e siècle ou de la première moitié du 20e siècle.

Montaigu : demeure de notable bâtie vers 1834.Montaigu : demeure de notable bâtie vers 1834.

La première moitié du 19e siècle voit la création de demeures (avec communs) associées à des fermes d’assez grandes dimensions : celle de Montaigu, bâtie dans les années 1830 ; celle de la Brosse, reconstruite, dans les années 1840 ou encore celle de Lureuil, aujourd’hui en grande partie disparue, qui s’élevait à l’emplacement de l'ancien siège de la commanderie militaire de Lureuil.

Dans la seconde moitié du 19e ainsi qu'au début du 20e siècle, les maisons et fermes connaissent des développements successifs et des agrandissements. De nouvelles maisons et fermes sont créées ; d’autres, en partie reconstruites.

Typologie

Ferme à cour fermée de la Maloterie (19e-20e siècles).Ferme à cour fermée de la Maloterie (19e-20e siècles).Même si les fermes présentent majoritairement une organisation à cour ouverte (14 fermes sur les 38 repérées), il convient de souligner la part assez importante en fermes à cour fermée (10 édifices). 11 sont à bâtiments dispersés et 3 à bâtiments contigus.

Les fermes adoptent très majoritairement un plan irrégulier et comptent pour la plupart de 2 à 4 bâtiments principaux (maison, grange, étable). 11 fermes se composent de 2 bâtiments, 14 de 3 bâtiments, 10 de 4 bâtiments et 2 de 5 à 6 bâtiments. S'ajoutent presque toujours des petites dépendances (toits à cochons, fours, celliers, petites étables en appentis, etc).

Sur les 73 maisons et fermes de la commune, 55 ont un logement unique. Pour 16, il est double et 2 abritent des logements multiples. Très majoritairement, le logement est indépendant (61) ; plus rarement il est superposé (6), avec étable ou cellier sous l’étage d’habitation. Il peut également être juxtaposé (6).

Les maisons et logements de fermes occupent surtout des bâtiments en rez-de-chaussée (28) et en rez-de-chaussée avec comble à surcroît (30), tandis que 6 logements possèdent un étage carré (maisons de bourg, manoirs et demeures) et 3, un étage en surcroît.

Le logement s’ouvre majoritairement en mur gouttereau (61). Pour 7 logements seulement, l’entrée est située dans le mur-pignon ; 3 sont accessibles par un escalier extérieur. 3 logements présentent une façade à travées et 2 une façade ordonnancée.

Matériaux de construction

Le grès et le calcaire sont les deux matériaux mis en oeuvre à Lureuil. Le premier essentiellement pour le moellonnage, le second pour le moellonnage, les chainages et les encadrements d’ouverture. Les roches employées, par le passé, sont très largement de provenance locale. A Lureuil, le grès (moellons essentiellement) peut être tiré en surface de la formation géologique de Brenne qui occupe l’essentiel de la commune. A l’extrême sud, du calcaire du Jurassique a été employé dans les constructions de ce secteur (Chauvelière/Bigoureau/les Chaumes) tandis qu’au nord-est, le tuffeau (calcaire du Crétacé) a pu être ponctuellement utilisé.

L’extraction des ressources locales semble dominer jusqu’au milieu du 19e siècle. En effet, la construction de la grande route dite de Blois (D 975), dans les années 1830, a contribué à diversifier les sources d’approvisionnement en matériaux de construction. Aussi l’emploi de la pierre calcaire, provenant certainement des plateaux (du Jurassique) du pays blancois et acheminée par la nouvelle route se généralise à partir du milieu du 19e siècle. Dès lors, le grès, hormis celui récupéré lors de démolitions, ne sera plus employé dans les nouvelles constructions.

Grange-étable à moellonnage mixte (grès en bas de mur et calcaire en haut de mur), la Grande Métairie.Grange-étable à moellonnage mixte (grès en bas de mur et calcaire en haut de mur), la Grande Métairie.Ce constat permet d’élaborer une chrono-typologie répartissant les édifices en trois groupes selon la mixité des matériaux principaux de construction :

- les bâtiments aux murs en moellons de grès uniquement. La plupart du temps, il s’agit d’édifices antérieurs au milieu du 19e siècle.

- les bâtiments en moellons de grès et de calcaire : il s’agit souvent de bâtiment anciens qui ont été reconstruits ou modifiés à partir du milieu du 19e siècle. Selon l’ampleur de la reconstruction, la mixité peut être homogène ou hétérogène (bas de mur en grès et hauts de mur en calcaire).

- les bâtiments uniquement en moellons de calcaire ont, dans leur très grande majorité, été construits après le milieu du 19e siècle.

Cette typologie exclut toutefois l’extrême sud de Lureuil (secteur de la Chauvelière/Bigoureau) où le calcaire jurassique a de tout temps était la ressource privilégiée.

Les édifices sont couverts en grande majorité de toitures à longs pans à pignons couverts, plus rarement à croupes, en tuile plate mais également en tuile mécanique et en ardoise (plutôt dans le bourg, sur les maisons de notable et les demeures). Des murs-pignons à chainage central ont par ailleurs été observés dans plusieurs édifices lurellois (La Verrerie, Fontmaur, etc.).

Aires d'études Parc naturel régional de la Brenne
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Lureuil
Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine
Décompte des œuvres bâti INSEE 103
repérées 73
étudiées 0
(c) Parc naturel régional de la Brenne ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Benarrous Renaud