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Manoir dit Le Prieuré (47 avenue Léonard de Vinci)

Dossier IA37005660 inclus dans Amboise : avenue Léonard de Vinci réalisé en 2006

Fiche

Destinations Restaurant
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 47 avenue Léonard-de-Vinci

L'histoire de cet édifice, situé en bas du parc du Clos-Lucé, est mal connue mais semble liée à celle du Prieuré Saint-Thomas. Tout le problème est de trouver la dénomination correcte pour le décrire : est-ce un manoir ou un hôtel ? La présence d'un pigeonnier à proximité pourrait signaler la fonction agricole de l'édifice, mais le mode de construction de ce dernier présente une filiation évidente avec le Clos-Lucé. Ce colombier de plan carré est construit en brique et pierre de taille de tuffeau pour les chaînages et les encadrements. Il reçoit un toit à quatre pans couvert de tuiles plates. Aujourd'hui, il ne subsiste aucun autre bâtiment agricole. Les archives restent muettes, mais le plan cadastral de 1808-1810 présente au nord-ouest un bâtiment supplémentaire, longeant l'actuelle rue Léonard de Vinci et répondant au nom de Mazeure. Aussi, la situation de l'édifice à l'écart de la ville, ainsi que la topographie des lieux, qui pourraient permettre l'implantation de bâtiments agricoles, amènent-elles à considérer le Prieuré plutôt comme un manoir. Notons enfin que cet édifice est le seul manoir amboisien construit en partie en pan-de-bois qui ne soit pas une maison. Le site est inscrit à la liste des Monuments historiques. Dans sa fiche d'inscription, l'édifice est décrit comme le logis du prieur. Il aurait été reconstruit au XVIe siècle. Sur la base Mémoire ("Images" du ministère de la Culture), un cliché ancien présente des arcades de l'ancien Prieuré Saint-Thomas, ornées de billettes. L'édifice a été construit en deux campagnes : la partie entièrement bâtie en pierre est postérieure à celle en pan-de-bois, datée par dendrochronologie de 1453 environ. Nous ne connaissons pas le délai entre les deux campagnes. Les parties en pierre présentent toutefois des éléments d'inspiration gothique relevant d'une construction de la fin du Moyen Âge. À présent l'édifice accueille un restaurant appelé Le Prieuré. L'étude s'est concentrée sur les parties les moins restaurées, à savoir le rez-de-chaussée, le premier étage et la tourelle d'escalier. La charpente, en grande partie masquée n'a pas pu être analysée. Des relevés et des photogrammétries du pan-de-bois ont été réalisés.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Secondaire : Epoque contemporaine
Dates 1453, datation par dendrochronologie

Nous décrirons l'édifice selon son évolution chronologique, en commençant par la façade côté parc puis en continuant par celle faisant face à la rue Léonard de Vinci. La première campagne de construction L'édifice se développe sur deux niveaux, plus un niveau de combles aménagé. La proximité de la Masse explique l'absence de cave. La première campagne datée de 1453 [d] concerne la moitié est (partie gauche) du bâtiment construite en pan-de-bois au premier étage. Côté parc, la façade nord-est de l'édifice est donc scindée en deux : la partie gauche est constituée d'un rez-de-chaussée en pierre et d'un 1er étage en pan-de-bois. Le niveau inférieur est aujourd'hui largement restauré mais, sur les vues anciennes, il apparaît déjà en pierre. Il est percé d'une grande croisée dans la moitié gauche de la façade, à la droite de laquelle s'ouvre une demi-croisée suivie d'une porte. Cette dernière présente un linteau reposant sur des coussinets. L'ensemble est très restauré et il serait bien hasardeux de déterminer une datation à partir de leur typologie.

La cheminée installée au rez-de-chaussée de la partie de l'édifice est issue de cette première campagne de construction, contre son pignon sud. Le manteau et une partie de la hotte sont restaurés, tandis que les piédroits et les jouées sont authentiques. Les premiers présentent des jambages sans ornement simplement arrondis. Les corbeaux qui portent le manteau se trouvent dans le prolongement des jambages. Ils se présentent comme des chapiteaux épannelés très sobres ; deux simples liserés superposés marquent l'arête et la corbeille. Les jouées viennent dans le prolongement des corbeaux rejoindre le mur. Au premier étage, la construction en pan-de-bois à grille est contreventée de longues écharpes traversant la structure. Deux larges poteaux, dont la tête est élargie, divisent la façade en trois travées au sein desquelles ont été percées trois baies très étroites (semblables aux proportions de demi-croisées : 0,62 m x 1,79 m). Ces fenêtres rampantes et pendantes accentuent la verticalité des baies et ménagent davantage de luminosité à la pièce. Dans le toit, deux lucarnes également rampantes éclairent le comble, aujourd'hui habitable. Sur le poteau de droite, une sculpture figurant un homme en robe longue a été rapportée. Son aspect semble ancien et le style employé est médiéval mais étant clouée à la façade, il est possible qu'elle soit rapportée. En faisant le tour à main droite, on observe le pignon sud-est du bâtiment élevé en moellon de tuffeau enduit. Dans sa configuration ancienne, ce mur était quasiment aveugle en raison du four à pain qui y prenait place, visible sur le plan cadastral de 1808-1810. Ce dernier se trouvait derrière la cheminée du rez-de-chaussée. Seul un quart de croisée, encadré d'un cordon mouluré, perce la façade. Celui-ci, dont le profil est à deux chanfreins séparés par un listel, repose sur de petits culots pyramidaux et bagués. Cette baie, et peut-être même son mur, sont probablement issus de la seconde campagne de construction. La façade sud-ouest tournée vers la rue Léonard de Vinci comporte deux croisées au rez-de-chaussée, deux autres croisées et une demi-croisée au premier étage et deux lucarnes dans le comble. L'aspect de l'ensemble de ces ouvertures est très neuf et il n'est plus possible d'apprécier leur authenticité. Trois hypothèses sont envisageables : soit les dispositions des baies sont conformes à celles d'origine, ce qui, pour les lucarnes en tout cas, nous paraît impossible ; soit les dispositions des baies sont issues de la seconde campagne de construction ; soit il s'agit d'une harmonisation de la façade au XIXe siècle. Cette dernière possibilité semble la plus convaincante. La seconde campagne de construction

La façade tournée sur la rue Léonard de Vinci est scindée en deux. Comme sur la façade côté parc, la moitié septentrionale du toit de l'édifice, appartenant à la seconde campagne, surplombe la moitié orientale. La façade élevée en moellon et pierre de taille de tuffeau est percée d'une croisée et d'une demi-croisée à chaque niveau et deux lucarnes s'ouvrent dans le toit. L'ensemble des ouvertures, tout comme l'enduit, présentent un aspect particulièrement neuf, ne possédant plus aucun caractère authentique. Si l'on contourne le bâtiment toujours par la droite, se dresse le pignon nord, très restauré. Son mur est percé de deux baies et une porte résultant de l'adaptation du bâtiment à sa fonction actuelle de restaurant. Enfin, toujours à main droite, on revient devant la façade tournée vers le parc du Clos-Lucé. La moitié nord de l'édifice (partie droite) est percée d'une large baie vitrée au rez-de-chaussée et d'une demi-croisée à l'étage. Les restaurations sont bien lisibles et l'on distingue quelques pierres anciennes au sein de l'encadrement de la baie de l'étage. Une puissante tourelle d'escalier de plan carré a été installée au centre de la façade. La vis qui y prend place permet de joindre le bâtiment nord au bâtiment est. Construite en moellon de tuffeau enduit, cette tourelle est éclairée de trois petits jours superposés présentant les mêmes caractéristiques que celui du pignon sud-est, à savoir un encadrement souligné d'un cordon mouluré reposant sur de petits culots pyramidaux. Enfin, à la liaison de la tourelle et de la moitié orientale, une avancée du toit couvre deux coursières de bois superposées aux niveaux 2 et 3 ; coursières auxquelles on accède depuis la vis et la partie du logis oriental en pan-de-bois. À l'intérieur, la distribution a été modifiée. Dans la partie orientale issue de la première campagne, le rez-de-chaussée accueille une salle chauffée par une cheminée. Les piédroits de cette cheminée demeurent nus et les corbeaux pyramidaux sont de simples culots épannelés dont le profil est proche de ceux visibles sur la cheminée au rez-de-chaussée du Logis des Pages. Si le manteau et une partie de la hotte sont restaurés, les piédroits et les jouées sont authentiques. Parmi les quatre baies éclairant la pièce, seule la grande croisée donnant sur le parc est équipée d'un coussiège d'origine. La pièce est couverte de deux puissantes poutres qui reçoivent les abouts des solives de plancher du niveau supérieur, divisant le plafond en trois travées. Les poutres, solidaires du pan-de-bois à grille sortent en façade à l'aplomb des poteaux élargis qui reposent dessus. Les cuisines du restaurant occupent aujourd'hui la salle du rez-de-chaussée de la partie issue de la seconde campagne. La vis à noyau rond communique avec cette pièce et permet d'accéder aux étages. Le noyau de l'escalier de 16 cm de diamètre est semblable à celui du Logis des Pages. Il prend place dans une cage d'escalier carrée de 1,1 m de rayon. Au premier étage, seule la pièce orientale issue de la première campagne peut être analysée. Comme au niveau inférieur, le plafond est dépendant de la façade ce qui révèle certaines dispositions disparues. Deux poutres traversant la pièce reposent sur les poteaux élargis qu'elles enfourchent, apparaissant ainsi en façade. De petits aisseliers courbes liant les poteaux aux poutres renforcent la structure. Au centre de chaque poutre, le trou de cheville qui apparaît nous révèle la structure d'origine de la charpente. Ces poutres jouaient ainsi le rôle d'entraits auxquels étaient reliés les poinçons. La charpente adoptait donc nécessairement un type à fermes et à pannes. Les abouts des solives reposent sur ces poutres. Leurs faces internes présentent de petites encoches correspondant à celles d'éclisses de bois pour un lattis isolant. Dans les étages de la partie issue de la seconde campagne, les aménagements récents interdisent toute étude de la construction et de la distribution. Pour conclure, la deuxième campagne de construction datant sans doute du début du XVIe siècle eut pour objectif de doubler le logis dans sa longueur en ajoutant l'aile en pierre au nord, d'installer un nouvel escalier en vis dans une tourelle hors-oeuvre de plan carré à la jonction des ailes orientale et septentrionale et peut-être de renouveler certains aménagements. La petite baie du pignon Sud-Est par exemple pourrait être issue de cette campagne si l'on en croit la mouluration de son cordon qui est identique à celui des jours de la vis. Une interrogation subsiste quant à la datation de la cheminée du rez-de-chaussée située sur le même pignon qui pourrait dater de la première ou de la seconde campagne de construction. Enfin, si l'escalier date de la seconde campagne, l'emplacement de l'escalier lié à l'aile primitive orientale reste à déterminer. Il serait possible qu'un escalier extérieur ait pris place sous l'avancée de toit au droit de laquelle se trouvent aujourd'hui deux coursières, car si les coursières ne semblent pas authentiques, les portes qui ouvrent à leur niveau pourraient l'être.

Murs enduit
moellon
pierre de taille
pan de bois
Toit tuile plate
Plans plan massé
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis
Jardins groupe d'arbres
Techniques sculpture
Représentations homme
Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH, 1949/09/14
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Gaugain Lucie