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Moulin d'Arcisses : prieuré Saint-Vincent, puis abbaye royale Notre-Dame du Val d'Arcisses, puis ferme, actuellement maisons

Dossier IA28000114 réalisé en 2008

Fiche

Á rapprocher de

Vocables saint Vincent, Notre-Dame du Val d'Arcisses
Destinations ferme, maison
Parties constituantes non étudiées logement, étable, grange
Dénominations prieuré, abbaye
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Hydrographies Arcisses l'
Adresse Commune : Brunelles
Lieu-dit : Le Moulin d'Arcisses
Cadastre : 1811 A 33, 37 ; 1992 A 29
Précisions commune fusionnée après inventaire Arcisses

Originaires de Normandie, Bernard et ses compagnons, en quête d'un ermitage, arrivent dans le Perche au début du 12e siècle et décident de trouver Rotrou III, comte du Perche, afin d'obtenir des terres pour leur installation. Le comte répond favorablement à leur demande et cède à Bernard, par acte perpétuel, son domaine d'Arcisses en la paroisse de Brunelles, où ses ancêtres avaient déjà érigés un oratoire et une métairie. Béatrice, la mère de Rotrou III, craignant des conflits avec les moines clunisiens de Saint-Denis de Nogent, persuade son fils de révoquer sa donation. En échange, le comte donne à Bernard une autre terre plus éloignée de Nogent, à proximité du hameau de Gardais. Il y érige le premier monastère. Cinq années plus tard, face l'obstination des moines de Saint-Denis, Bernard doit partir hors de leur juridiction. Il se voit alors proposer par le comte un nouveau terrain, au bord de la rivière de la Thironne. Une charte en date du 3 février 1113 confirme la donation et l'abbaye de Thiron, suivant la règle de saint Benoît, est fondée en 1114. A son retour des campagnes d'Espagne, Rotrou III décide de céder définitivement à Bernard la terre du Val d'Arcisses. En 1115, un prieuré placé sous le vocable de saint Vincent y est édifié. En 1225, Guillaume de Bellême, comte du Perche, érige le prieuré en abbaye sous le vocable de Notre-Dame du Val d'Arcisses. Il dote la fondation afin de permettre l'érection d'une église et de bâtiments. Petit à petit, l'abbaye d'Arcisses se développe. Au 16e siècle, elle possède de nombreuses terres environnantes ainsi que des bois, des fermes, des moulins et une forge. Cette dernière, spécialisée dans la production d'acier, est connue par un seul acte, en date du 28 août 1559. Aucune trace ne subsiste aujourd'hui. L'abbaye d'Arcisses reste une dépendance de l'ordre de Thiron jusqu'en 1632. Trois années plus tôt, en 1629, une concession est acceptée par le roi Louis XIII à Françoise de Riants. Au même moment, le Pape Urbain VIII consent "à homologuer et ordonner la communauté d'hommes en filles". C'est ainsi que, le 30 octobre 1632, les bénédictines s'y installent et Françoise de Riants prend possession de l'abbaye. Elle y accueille douze religieuses et l'abbaye devient l'abbaye royale Notre-Dame du Val d'Arcisses. Durant un siècle, elle connaît une certaine sérénité, jusqu'aux années 1726 - 1765 qui marquent le début de son déclin. L'abbaye n'arrive pas à redresser ses comptes et, de ce fait, à entretenir les bâtiments qui menacent ruine, malgré l'intégration de nouvelles moniales (nouvelles dotes) et l'aide financière de donateurs. L'abbesse Jeanne-Baptiste de Lubersac parvient tout de même à endiguer son déficit jusqu'en 1784, date à laquelle elle demande une aide financière au roi. Pierre Fortin, expert à Nogent-le-Rotrou, est alors mandaté pour faire le bilan complet de l'état des bâtiments. Fin 1785, Morin, architecte juré expert au baillage de Chartres se rend à Arcisses et dresse le plan de l'abbaye. Il propose de réaménager l'abbatiale en créant un étage dans la nef qui serait composé d'un appartement pour l'abbesse et d'un dortoir (l'ancien menaçant de s'effondrer). Le projet de verra jamais le jour car, suite à la Révolution, en 1790, les vingt-et-une religieuses sont expulsées et les bâtiments sont vendus comme biens nationaux. Le site a, par la suite, servi de carrière et les seuls vestiges encore visibles aujourd'hui sont un ensemble de corps de bâtiments alignés sont la porterie - qui conserve des vestiges du 13e siècle comme l'attestent les deux arcs brisés obstrués, et du 16e siècle (fenêtre de l'étage surmontée d'un larmier)-, le moulin situé à une centaine de mètres au nord-est ainsi que les aménagements hydrauliques (drainage de cette zone marécageuse, artificialisation de la rivière d'Arcisses, création du bief). Les bâtiments situés de part et d'autre de la porterie ont été reconstruits à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle, lors de la transformation de l'édifice en ferme. De nos jours, la propriété est séparée en deux maisons.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 16e siècle
Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Morin, architecte,

Les bâtiments de l'abbaye Notre-Dame du Val d'Arcisses se situent au bord de la rivière d'Arcisses, à proximité de sa confluence avec la rivière de la Cloche. D'ouest en est, on observe aujourd'hui : deux logis, l'ancienne porterie de l'abbaye, des étables et une grange. L'ancienne porterie est le bâtiment le plus intéressant : s'élevant sur deux niveaux (rez-de-chaussée et étage carré), elle conserve les traces de deux portes en arc brisé, l'une charretière, l'autre piétonne. A l'étage, on peut voir encore les vestiges d'une fenêtre dont l'encadrement est mouluré, surmontée d'un larmier orné d'un seul culot en demi-cercle. Les murs sont en moellons de calcaire (pour l'ensemble des bâtiments), de grison et en pierre de taille de grès ferrugineux (localement appelé « roussard ») pour la porterie, couverts d'un enduit à pierre vue ou plein (étables et grange). Les encadrements des baies, les chaînages d'angle et les corniches sont en pierre de taille de calcaire. Les toits sont à longs pans et à croupes (porterie) couverts en tuile plate.

Murs calcaire
grès
grison
enduit
moellon
Toit tuile plate
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
croupe
États conservations vestiges, remanié

Durant sept siècles, des religieux (hommes puis femmes) ont occupé et valorisé le site de l'abbaye d'Arcisses. Les probables marécages originels ont été drainés et ont laissé place à une grande abbaye bénédictine - comme en témoigne le plan de l'architecte Morin de 1784 - dont l'influence et les propriétés s'étendaient sur un large secteur dépassant celui de Brunelles. Mise à part l'ancienne porterie, les seuls vestiges anciens qui nous sont parvenus sont l'ancien moulin (traité en dossier individuel) ainsi que les aménagements hydrauliques. Une partie du mobilier a été déplacé dans les communes voisines (les statues de saint Benoît et de sainte Scholastique dans l'église paroissiale de Margon ; le bénitier, transformé en fonts baptismaux, dans l'église paroissiale de Coudreceau et les reliques de saint Alexandre dans l'église paroissiale de Brunelles). Le site de l'abbaye, bien que difficilement lisible aujourd'hui, demeure un site historique et patrimonial de premier ordre à l'échelle cantonale.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 2 Fi 322/2. Plan et figure d'un bois de taillis de l'abbaye de Thiron par René Rousseau. 1670.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 3855 à 3 P 3865. Plans cadastraux de 1811.

Documents figurés
  • Cadastre actuel de la commune de Brunelles, section A, 1992. Le Moulin d'Arcisses, Le Thuret. (Archives communales).

  • Dessin de la ferme d'Arcisses/par Georges Massiot. 1967. In Cahiers Percherons, n°25, 3e trimestre 1967, p. 40.

  • Estimation des travaux à effectuer, 1er novembre 1785, accompagnée d'un plan et d'une coupe. Plan de l'Abbaye d'Arcisses en 1785./par Morin, architecte juré expert au baillage de Chartres. (Archives nationales, G9 168, 20).

  • Estimation des travaux à effectuer, 1er novembre 1785, accompagnée d'un plan et d'une coupe. Plan du dortoir projeté de l'Abbaye d'Arcisses en 1785/par Morin, architecte juré expert au baillage de Chartres. (Archives nationales, G9 168, 20).

  • Estimation des travaux à effectuer, 1er novembre 1785, accompagnée d'un plan et d'une coupe. Coupe de l'Abbaye d'Arcisses, 1785/par Morin, architecte juré expert au baillage de Chartres. (Archives nationales, G9 168, 20).

  • Extrait du plan cadastral de 1811, commune de Brunelles, section A. Le Moulin d'Arcisses, Le Thuret. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 3855 - 3865).

Bibliographie
  • BELHOSTE, Jean-François, LECHERBONNIER, Yannick, ARNOUX, Mathieu, ARRIBET, Danielle, AWTY, Brian G., RIOULT, Michel. La métallurgie normande, XIIe - XVIIe siècles. La révolution du haut fourneau. Caen : Association Histoire et patrimoine industriels de Basse-Normandie, 1991 (Cahiers de l'Inventaire, n° 14), 322 p.

  • FRET, Louis-Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001. (fac-similé de l'édition de 1838).

  • GUILLEMIN, Denis. Thiron, abbaye médiévale. Fédération des amis du Perche, Montrouge : Imprimerie Typofilm, 1999. (Présence du Perche). 128 p.

  • JOUSSELIN, Bruno, PIGRAY, Gérard. Nogent-le-Rotrou et son canton. Tome II. Saint-Cyr-sur-Loire : Allan Sutton, 2011. (Mémoires en images).

  • LALIZEL, Henri (abbé). Abbaye royale d'Arcisses, généralités (1141-1792). Archives historiques du diocèse de Chartres, études et documents, tome II. Chartres, 1900.

  • PITARD, J.-F. Fragments historiques sur le Perche, statistique par commune et par ordre alphabétique. Paris : Res Universis, 1993. (fac-similé de l'édition de Mortagne : Dampeley frères, 1866).

Périodiques
  • Édifices religieux des cantons de Nogent-le-Rotrou et Authon-du-Perche. Bulletin de la société archéologique d'Eure-et-Loir, n° 93, 4e trimestre 1982, p. 13-14.

  • CARBONNIER, Youri. L'abbaye d'Arcisses à l'époque moderne. Cahiers percherons, Fédération des amis du Perche, 2000, p. 1-16.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Casses Laetitia - Maillard Florent