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Moulin-Fort : moulin dit Moulin Fort

Dossier IA37005379 réalisé en 2012

Fiche

Vue d'ensemble prise du sud-ouest.Vue d'ensemble prise du sud-ouest. Entre 1540 et 1542, Adam de Hodon, ambassadeur de Renée de France (seconde fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne) acquiert les terres de la Chervière à Chisseaux et Vrigny à Saint-Georges-sur-Cher. Ayant constitué un domaine suffisamment vaste, il envisage, en 1544, de le doter d’un moulin banal, situé sur une île du Cher entre le bourg de Chisseaux et Vrigny, où un moulin à foulon avait été installé auparavant. Le projet est soumis à l’approbation de la communauté des marchands « fréquentant la rivière de Loire et fleuves descendant en icelle » qui donne son accord en 1546 ; la même année, Hodon acquiert les eaux et pêcheries du Cher depuis le ruisseau de Bray (commune de Saint-Georges) jusqu’au domaine de Chenonceau. Le Port Olivier en est exclu. Le Moulin Fort est alors construit, sans que l’on connaisse précisément la durée des travaux. Rapidement, l’histoire du Moulin Fort se trouve liée à celle du château de Chenonceau. Il est d’ailleurs représenté sur l’une planche des « Plus excellents bâtiments de France » de Jacques Androuet du Cerceau (ce volume, bien que publié en 1582, montre un état d’avancement du château antérieur à 1576 puisque la construction de la galerie sur le pont n’est pas commencée). Le 23 février 1556, Adam de Hodon cède par contrat sa seigneurie de Chisseaux à Diane de Poitiers qui l’inclut au domaine de Chenonceau. L’ancien moulin banal de la seigneurie de Chenonceau installé sur bateaux en aval du château depuis la construction du logis Bohier est alors supprimé au profit du Moulin Fort. En 1560, lors de l’échange des châtellenies de Chaumont et de Chenonceau imposé par Catherine de Médicis à Diane de Poitiers, le Moulin Fort fait toujours partie de celle de Chenonceau mais il brûle entre 1560 et 1565. On ne connaît plus rien de l’histoire du moulin jusqu’en 1733, date à laquelle il devient la propriété de Claude Dupin lorsque ce dernier achète Chenonceau. Le moulin semble être en mauvais été puisque Claude Dupin le fait reconstruire et relier à Chisseaux par un pont de bois. Ce pont gênait la navigation et entraîna l’aménagement d’un canal en rive gauche du Cher en 1739, d’après les plans de l’ingénieur Martin Pascot ; la desserte de Port Olivier fut ainsi améliorée. En 1794, le conseil révolutionnaire d’Amboise procède à l’expertise des moulins ayant fait partie du domaine de Chenonceau. Le Moulin Fort est estimé 8000 livres et nécessite pour 3000 livres de réparations « aux dents » (c’est-à-dire aux alluchons). La commission des Bien Nationaux ne saisit pas le Moulin Fort, considérant qu’il s’était toujours transmis à titre privé depuis Adam de Hodon. En 1799 le domaine de Chenonceau échoit à la famille de Villeneuve. Le plan cadastral de 1824 atteste qu’on pont comportant cinq piles à avant-becs en éperon et tablier en planches reliait la rive droite du Cher au moulin. Ce pont est encore représenté sur un plan géométrique daté de 1828.Le comte de Villeneuve transforme le Moulin Fort en moulin à tan en 1825 et y adjoint une usine. Elle doit fermer lorsqu’en 1840 est construit le barrage à écluse en rive droite du Cher. A cette occasion le pont de bois reposant sur deux piles en pierre est également détruit. Plusieurs dessins de Lucien Roy, architecte en chef des Monuments historiques, réalisées entre 1902 et 1912 montrent qu’il ne restait alors que les parties basses du moulin (piles, avant-becs et bases des tourelles). La famille Menier, propriétaire du château de Chenonceau, reconstruit la partie habitable sur les piles d’origine dans les années 1920. De nouveaux propriétaires entreprennent d’importantes campagnes de restauration à partir de 1985 puis de 2012. Vue d'ensemble au nord.Vue d'ensemble au nord.

Appellations Moulin Fort
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées pont
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Canton de Bléré
Hydrographies Cher le
Adresse Commune : Chisseaux
Lieu-dit : Le Moulin-Fort
Cadastre : 1824 C 479

Construction d'un moulin banal par Adam de Hodon en 1546, rapidement rattaché à la seigneurie de Chenonceau. Il brûle entre 1560 et 1565. En 1733 il fait toujours partie du domaine de Chenonceau, racheté par Claude Dupin. Celui-ci fait construire un pont en bois pour relier le moulin à la rive droite du Cher. En 1794, la commission des Bien Nationaux ne le saisit pas. En 1825, le comte de Villeneuve, propriétaire du Chenonceau, transforme le Moulin Fort en moulin à tan. Il s'arrête en 1840 lorsque le barrage à écluse en rive droite du Cher construit. Vers 1910, le moulin est partie détruit ; il reste les piles et les avant-becs portant les bases des tourelles. Les murs élevés au-dessus des piles sud, côté ouest, ont été conservés jusqu'à hauteur des corniches. Au-dessus de l'arche une partie du mur du logis était encore présente au début du 20e siècle ; elle a depuis été reconstruite et percée d'une baie. Reconstruit dans les années 1920, le moulin transformé en habitation est restauré vers 1985 puis 2011-2015. Sur la façade nord, une pierre aux armes de Diane de Poitiers a été sculptée au cours du dernier quart du 20e siècle.

Période(s) Principale : milieu 16e siècle
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

Le Moulin Fort est édifié en contrebas de l’église paroissiale, dans le cours du Cher, entre deux ilets orientés est-ouest. Construit en pierre de taille, il comprend deux piles massives pourvues d’avant becs triangulaires à l’est, reliées par une arche en plein cintre sous laquelle était fixée la roue. Côté ouest, un escalier droit descendant au ras de l’eau est aménagé dans la pile sud qui est plus longue que l’autre. La pile abritant l'escalier est surmontée par un petit corps de logis quadrangulaire couvert d'un toit à croupe en ardoise. Côté est, les avant-becs portent les culs de lampes de deux tourelles. Il ne reste que la partie inférieure de celle située au sud, tandis que l’autre a été entièrement reconstruite en pierre de taille de tufeau et couverte d’un toit conique en ardoise. Le corps de logis est construit en pierre de taille de tufeau, tant pour les parties conservées d'origine que pour celles reconstruites. Il est couvert d’un haut toit en pavillon en ardoise, agrémenté de trois lucarnes au nord tandis qu’une autre tourelle, à laquelle est accolée une souche de cheminée en brique, traverse le pan nord de la toiture.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit en pavillon
toit conique
croupe
noue
Escaliers escalier dans-oeuvre
États conservations restauré

Avant-becs et piles d'origine. Escalier aménagé dans l'une des piles. Point de vue exceptionnel sur le Cher.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • BOUDON, Françoise, MIGNOT, Claude. Jacques Androuet du Cerceau, les dessins des Plus excellents bâtiments de France. Paris : Picard/Le Passage/Cité de l'architecture et du patrimoine, 2010.

Périodiques
  • GELLY, Hubert. A propos du Moulin Fort à Chisseaux. Bulletin de la société archéologique de Touraine, Tome LXI, 1996.

    p. 451-460.
  • CHEVALIER, Casimir (abbé). De la navigation commerciale de la Loire au XVe et au XVIe siècles. Pièce justificatives. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, 1865.

    p. 240-242
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


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