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Nitray : château

Dossier IA37005298 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Contexte historique :

La première mention du fief de Nitray remonte au XIIIe siècle, où il appartenait à Pierre de Brosse en 1263. Aucune construction de cette époque ne subsiste. En 1453, il appartint à Jean Lopin puis en 1516 à Emery Lopin, maître des requêtes de Louise de Savoie et maire de la ville de Tours en 1516. C’est à lui que l’on attribue la construction du grand corps de logis, où la date 1516 est portée sur la lucarne à droite de la porte d’entrée. Cette date coïncide avec celle de l’entrée solennelle de François 1er à Tours. Sa fille, Marie Lopin, épousa Jean Binet dont la descendante, Marie Binet, par son mariage avec Charles Daen fait entrer le domaine dans cette famille qui le conserva jusqu’à la fin du XVIIe siècle. En 1789 Nitray fut racheté par Philippe-Jean-Baptiste Mignon, procureur du roi au bureau des finances de Tours, puis fut acquis en 1807 par le général d’Empire Jean-Jacques Liébert (qui fit don d’un retable à l’église d’Athée), décédé en 1814. En 1816, Charles-Pierre Henry Liébert hérite du domaine qu'il transmet en 1856 à son fils Charles-Antoine-Joseph. La famille Liébert reste propriétaire de Nitray jusqu'en 1922. Des restaurations importantes ont été effectuées au cours du XIXe siècle, notamment sur le grand corps de logis, mais les archives n’ont pas été retrouvées.

Description des différents bâtiments :

Ouvrage d'entrée côté nord. Ouvrage d'entrée côté nord. Situé en rive gauche du Cher, le château s’insère dans un parc à l’anglaise de 43 hectares ; c’est également un domaine viticole depuis le XVIIIe siècle, où sont produits des vins du Val de Loire labellisés A.O.C. Touraine. L’entrée principale était située au nord, en direction du Cher, défendue par un ouvrage d’entrée constitué de deux tours (actuellement fruitier et chapelle) séparées par une double porte cochère et piétonne, construit vraisemblablement au XVe siècle et remanié au XVIe siècle. Des embrasures de tir sont visibles à l'intérieur de la tour du du fruitier. A mi-hauteur chaque tour est ceinturée par un gros cordon en pierre de taille mouluré en cavet ; les corniches sobrement moulurées supportent les toits en poivrière couverts en ardoise.

Un colombier massif bâti en moellons enduits s’élève au nord-ouest. Des boulins en brique et pierre occupent toute sa hauteur.

Vue géométrale de la façade antérieure du corps de logis.Vue géométrale de la façade antérieure du corps de logis.Une fois franchi l'ouvrage d'entrée, on pénètre dans une cour rectangulaire fermée à l’est par le grand corps de logis et à l’ouest par deux bâtiments accolés en pignon. Au sud-est se dresse un pavillon doté d’un haut toit en ardoise et de deux grandes souches de cheminée. Le grand corps de logis, orienté nord-sud, ne présente aucun élément défensif. La dénivellation du terrain à l’est a nécessité la création d'un niveau de soubassement, l’accès au rez-de-chaussée s’effectuant par un escalier à double volée convergente. Le bâtiment forme un quadrilatère sans saillie ; les escaliers en vis sont tous situés dans œuvre. Les proportions de la façade sur cour présentent une particularité : les deux-tiers gauche comprennent cinq travées ordonnancées, symétriques par rapport à la porte d’entrée, tandis que le tiers droit ne comprend que deux travées, celle du sud étant surmontée par une tourelle de plan carré. Outre son plan, la modernité de la construction s’illustre par ses éléments décoratifs où s’épanouit le répertoire ornemental de la première Renaissance du Val de Loire.

Décor : La façade, rythmée horizontalement par deux bandeaux ininterrompus séparant le rez-de-chaussée de l’étage, est scandée verticalement par une alternance de croisées et de demi-croisées surmontées de lucarnes dont les galbes curvilignes, assortis d’un fronton en coquille, sont abondamment sculptés. Toutes les baies sont encadrées de pilastres ornées d’un motif de cercle et demi-cercle ou bien losange et demi-losange ; leurs chapiteaux finement ouvragés sont meublés de têtes de petits personnages aux angles et à la fleur de tailloir. Bien qu’une partie de ce décor soit restauré, sa richesse est remarquable tout autant que sa discrétion. L’exubérance s’exprime, sur les deux façades, dans le décor des lucarnes à fronton curviligne encadrés de candélabres en acrotère.

Datation : Un incendie s’est déclaré dans le grand corps de logis en 1890. On en a déduit, un peu rapidement, qu’une grande partie du bâtiment avait été refaite. Si des modifications sont indéniables, notamment dans les aménagements intérieurs et sur la façade est, l’incendie n’a cependant pas détruit les charpentes. Le grand corps de logis, orienté nord-sud, comprend deux charpentes à chevrons-formant-fermes couvrant toute la longueur du bâtiment et séparées par un mur de refend. La partie nord compte quarante fermes et la partie sud seize. Les deux parties sont de même facture, avec un faîtage et deux niveaux de sous-faîtage recevant un contreventement longitudinal en croix de Saint-André. Les analyses dendrochronologiques indiquent que ces deux charpentes sont contemporaines et ont été mises en place en 1522 (ou dans une année postérieure très proche). Les bois utilisés pour la construction du logis proviennent d’une forêt dense, présentant des caractères de haute futaie dont les arbres ont commencé à pousser vers 1340-1350.

Vue d'ensemble au sud des bâtiments fermant la cour à l'ouest : logis et écuries.Vue d'ensemble au sud des bâtiments fermant la cour à l'ouest : logis et écuries.Les écuries actuelles ont été construites postérieurement au corps de logis auquel elles sont accolées par le pignon et qui constituait peut-être le premier logis. La charpente de ce logis n’a pas été analysée car remaniée. Le bâtiment qui abrite les écuries en revanche a pu être daté. Sa charpente de type à chevrons-formant-fermes repose sur une double sablière et comprend 20 fermes numérotées du sud au nord. Lorsque le plafond du rez-de-chaussée a été mis en place (entrevous en brique reposant sur des poutrelles métalliques), les entraits de la charpente ont été sciés. Il n’en reste que les extrémités qui forment blochets. La datation dendrochronologique permet de dire que la charpente a été mise en place en 1523 (ou dans une année postérieure très proche). Il y avait à l’ouest une lucarne semblable à celle qui donne sur la cour. Ce bâtiment présente encore un caractère médiéval sans rapport avec la modernité du grand logis.

Pavillon sud-est dit pavillon de chasse.Pavillon sud-est dit pavillon de chasse.

Le pavillon sud-est, communément appelé « pavillon de chasse » est une élégante construction dotée de deux très grandes cheminées et qui ne comprenait à l’origine qu’un seul niveau. La charpente de type à chevrons-formant-fermes, à croupes, a été aussi datée par l’analyse dendrochronologique. Elle forme un ensemble homogène dont la mise en place se situe en 1527 (ou dans une année postérieure très proche). Sur la hotte de la cheminée, un décor, réalisé à la mine grasse, a été découvert en 1975, date à laquelle il a été restauré (inscription Rest. 1975 PILON). Il représente une scène de chasse au cerf que l’on date de 1569 (ou environ).

Parties constituantes non étudiées écurie, chapelle
Dénominations château
Aire d'étude et canton Canton de Bléré
Adresse Commune : Athée-sur-Cher
Lieu-dit : Nitray
Cadastre : 2011 A01 372, 1290, 1591, 1592 Logis : 1591

Nitray était un fief relevant de Veretz qui appartenait en 1516 à Emery Lopin, maître des requêtes de la Reine-mère et maire de Tours. C'est vraisemblablement lui qui a fait construire le grand corps de logis.

Période(s) Principale : 1er quart 16e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1516, daté par source

Le grand corps de logis est de plan rectangulaire, élevé d’un étage carré et d’un étage de comble, surélevé à l'est à cause de la déclivité du terrain. A l'est et à l'angle sud-ouest, le comble est coupé par les étages supérieurs de deux tours d'escalier. Les lucarnes sont surmontées de gâbles et de pinacles. Au nord de la cour, deux tours basses formaient une porte défendant l’entrée de la cour ; celle de l'est a été aménagée en chapelle. Le pigeonnier occupe l'angle nord-ouest de la cour, limitée à l'ouest par les communs, plus anciens. Un pavillon de chasse se trouve dans l'angle sud-est de la cour.

Murs moellon
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit conique
pignon découvert
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1947/12/17

Références documentaires

Documents figurés
  • Deux cents châteaux et gentilhommières d'Indre-et-Loire/par Reillé, Karl (dessinateur). Tours, 1934. Reproduction d'une illustration à l'aquarelle.

Bibliographie
  • MONTOUX, André. Nitray à Athée-sur-Cher. Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome XL, 1984, p. 945-960

  • MONTOUX, André. Vieux logis de Touraine. Sixième série, 1984. Chambray-lès-Tours : C.L.D, 1984.

  • THOMAS, Évelyne. Les châteaux de la Loire. Plouédern : Éditions Jean-Paul Gisserot, 2008.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


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