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Orléans : statue de Jeanne d'Arc

Dossier IM45003475 réalisé en 2011

Fiche

Dénominations statue, socle
Titres Jeanne d'Arc
Numérotation artificielle 1
Aire d'étude et canton Région Centre-Val de Loire - Orléans-Saint-Marceau
Adresse Commune : Orléans
Adresse : quai du Fort des Tourelles

Ce monument constitue le premier grand hommage en statuaire publique rendu à Jeanne d'Arc, dans la région.

Le monument historique de la Pucelle qui consistait en un calvaire au pied duquel Jeanne d'Arc et Charles VII étaient agenouillés en prière, est érigé à partir de 1502 sur le pont des Tourelles. Il est déposé en 1745 puis placé à l'angle de la Royale et de la rue de la Vieille-Poterie en 1771, et enfin détruit en 1792, afin de fondre des munitions avec les bronzes des statues de la Vierge de Pitié, de Charles VII et de Jeanne d'Arc.

A la fois souhait de la Ville d'Orléans de rétablir l'hommage sculpté à Jeanne d'Arc et du Premier Consul, sans doute sensible à l'image de la guerrière repoussant les Anglais, le projet d'édifier un monument s'appuie en 1801 sur une importante souscription. Le ministre de l'Intérieur souscrit lui-même pour 5 000 Francs le 13 pluviôse an XI (02/02/1803).

La statue de Jeanne d'Arc, proposée par Edme-Étienne-François Gois au Salon de 1803, s'inscrit dans la redécouverte de la figure romantique de la Pucelle, avec notamment le drame de Schiller (1801). Le monument prend une forme qui est appelée à devenir canonique dans la première moitié du 19e siècle, en particulier avec les multiples réalisations de David d'Angers : statue en pied en bronze (fondue par Honoré Gonon et Jean-Charles Rousseau) sur un socle en marbre exécuté par la maison Varelle, portant des reliefs en bronze et une dédicace. Plusieurs caractéristiques font de cette Jeanne d'Arc un archétype du monument public du 19e siècle : une grille d'entourage en fonte de fer est prévue dès l'an XII, on frappe à l'occasion de l'inauguration une médaille la représentant.

C'est le plâtre teinté (remplacé peu après par le bronze) qui est inauguré le 8 mai 1804 sur la place du Martroy (place disparue située au sud-est de l'actuelle place du Martroi, entre la rue Charles Sanglier et la rue Sainte-Catherine).

Rapidement jugée trop modeste par la taille et anachronique par son costume et sa coiffure, elle est supplantée sur le plan iconographique par la statue en marbre réalisée par Marie d'Orléans en 1837 (dont une réplique en bronze est placée à l'hôtel Groslot à Orléans) et concrètement par le projet de statue équestre de Foyatier dans les années 1840.

A l'inauguration de cette dernière en 1855 sur l'actuelle place du Martroi, le monument de Gois est intégralement déplacé (statue, reliefs, piédestal et grille d'entourage) sur la rive sud de la Loire, à l'entrée du Pont royal.

Au début du 20e siècle, le terre-plein du monument est réduit pour faciliter la circulation. En 1955, la statue est déplacée à l'est, sur le quai du Fort des Tourelles, à la jonction de la rue Croix-de-la-Pucelle et de la rue des Tourelles, sensiblement en face de l'ancien Fort des Tourelles, en substituant au piédestal d'origine celui de la statue de Cérès figurant la République de Louis Roguet (anciennement située place de la République et fondue pendant l'Occupation). Les reliefs, qui ne peuvent y être apposés, sont déposés au musée des Beaux-Arts d'Orléans. Des copies des reliefs ont été placées sur le piédestal en 2014.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Dates 1804, daté par source
Auteur(s) Auteur : Gois Edme-Étienne-François,
Edme-Étienne-François Gois (1765 - 1837)

Élève de son père, Étienne-Pierre-Adrien (1731-1823), il remporte le Second puis le Premier Grand Prix de sculpture au concours de l'Académie en 1791.


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sculpteur
Auteur : Gonon Honoré, fondeur
Auteur : Rousseau Jean-Charles,
Jean-Charles Rousseau , né(e) 1756 (1809 - )

Jean-Charles Rousseau (1756-1809), pourrait être issu d’une famille de fondeurs actifs depuis le début du 18e siècle au moins. Maître d'Honoré Gonon.


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fondeur
Auteur : Maison Varelle,
Maison Varelle

Maison située à Servance (Haute-Saône).


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marbrier

Le monument est situé quai du Fort des Tourelles, au niveau de l'ancien site du fort. La statue en bronze représentant Jeanne d'Arc guerrière est placée sur un piédestal de grand format de granite rose (l'original était en marbre), plus profond que large, sur les quatre faces duquel ont été apposées en 2014 (après les prises de vue de ce dossier), des répliques des reliefs d'origine. Le square est entouré d'une grille basse.

Catégories sculpture
Matériaux bronze, fondu au sable
granite
Mesures h : 425.0 centimètre
h : 200.0 centimètre
la : 125.0 centimètre
pr : 150.0 centimètre
l : 88.0 centimètre
la : 28.0 centimètre
l : 93.0 centimètre
la : 28.0 centimètre
Iconographies femme, portrait
sainte Jeanne d'Arc au combat
chef militaire
léopard
enseigne militaire
armoiries
guerre de Cent Ans
Moyen Age
Précision représentations

Jeanne d'Arc est représentée debout, en guerrière représentative des sentiments de la République envers le Royaume-Uni avant la Paix d'Amiens (1802), foulant aux pieds les armoiries anglaises (trois léopards). Elle est vêtue d'une robe en drapé-mouillé sous une armure de style Henri II et le casque empanaché inspiré du portrait dit des échevins d'Orléans, marchant au combat en tenant son épée dans la main droite et serrant le drapeau qu'elle vient de prendre à l'ennemi. Son visage est sans doute inspiré d'un modèle grec ou néoclassique.

Inscriptions & marques inscription concernant le fabricant, gravé, sur socle indépendant
Précision inscriptions

Inscription concernant le marbrier (à la base d'un angle coupé du socle) : "VARELLE A SERVANCE (Hte SAÔNE)".

Critères pour une protection au titre des Monuments historiques :

-Monument à un "grand homme" le plus ancien de la Région, Jeanne d'Arc (et l'un des plus anciens de France) sous la forme qui s'est popularisée au 19e siècle (statue en pied sur un socle portant relief, avec grille d'entourage). Le monument a conservé tous ses bronzes (reliefs au musée des Beaux-Arts d'Orléans) et remploi du piédestal de la statue de la République fondue sous l'Occupation.

-Ancrage local du monument extrêmement fort : en remplacement du monument de la Pucelle fondue sous la Révolution, sur la place principale de la ville ; iconographie inspirée du portrait dit des échevins d'Orléans.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit MH, 2017/11/20
Précisions sur la protection

Inscription MH par arrêté du 20/11/2017, publication au Journal Officiel le 03/05/2018 : Le monument en pied à Jeanne d'Arc, situé dans le square de la rue des Tourelles, avec son socle rapporté en granit rose et ses reliefs d'origine déposés en 1993, conservés actuellement au musée historique et archéologique de l'Orléanais et remplacés par des moulages en résine, tel qu'il est délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté (CW 94).

Annexes

  • Réédification du monument de Jeanne d'Arc dans la ville d'Orléans..., 1801.

    Réédification du monument de Jeanne d'Arc dans la ville d'Orléans par le citoyen Gois, FIls, artiste-statuaire, ancien pensionnaire de l'Académie de France, à Rome, membre de l'Athénée des Arts, et de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Paris ; Sous le Consulat de Bonaparte, la Préfecture de J.P. Maret, et la mairie de Crignon-Desormeaux. Orléans : Jacob l'aîné, 1801 (an XI).

    "(...) Si les Arts regrettent ce monument précieux par son antiquité [le monument disparu sous la Révolution], M. Gois, fils, Artiste-statuaire de Paris, dont les talents ont été jugés par les personnes les plus distinguées et les plus recommandables en ce genre, nous dédommage bien aujourd'hui de cette perte. Aussi la reconnaissance s'est-elle emparée du chef-d’œuvre qu'il a présenté au Musée des Arts, et dont jouiront sans doute, nos arrière-neveux. M. Gois a saisi dans la vie de Jeanne d'Arc l'action la plus glorieuse et la plus décisive ; le combat des Tourelles.

    Il la représente tenant un drapeau enlevé à l'ennemi, foulant aux pieds les léopards, et défiant en quelque sorte l'armée Anglaise. Cette Statue, de 8 pieds de hauteur, est de la plus belle exécution dans toutes ses parties ; il semble que le bronze se soit animé sous le ciseau de ce jeune artiste. Elle repose sur un piédestal en marbre blanc veiné, de 9 pieds de haut sur 4 de largeur. Le soc et les emmarchements sont également en marbre. La variété de ces marbres sur lesquels l’œil se repose agréablement, forme un ensemble complet. Quatre bas-reliefs en bronze sont placés entre la corniche et l'astragale, et sont également d'une riche exécution. Les figures de ces bas-reliefs sont parfaitement groupées.

    Le premier, du côté du Midi, rend le combat des Tourelles. Au bas, deux palmettes ;

    Au couchant, La Pucelle reçoit l'épée des mains de Charles VII ;

    Au Levant, on voit la face du Roi dans l'Église de Rheims, la Pucelle remplissant les fonctions de Connétable ;

    Au Nord, le moment où l'Évêque de Beauvais lui lit son jugement ; celui de l'exécution de cette sentence de mort, dans la ville de Rouen. Au bas, deux lacrymatoires. Deux de ces bas-reliefs portent un pied sur deux pieds sept pouces ; les deux autres, un pied sur trois. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales d'Orléans. 8M/17 (Statues et monuments commémoratifs, généralités). Statue de Jeanne d'Arc par Gois : Érection, souscription, an XI-XIII.

  • Archives départementales du Loiret. 10T ; 42. Orléans, monument à la Pucelle par Gois - projets an XI-XIII.

  • Archives nationales. F21 ; 073. (Enlèvements des monuments en bronze sous l'Occupation). Département du Loiret.

  • Jeanne d'Arc, Notice historique servant d'explication aux bas-reliefs du Monument élevé sur la place du Martroi. Orléans : H. Herluison, 1869.

  • Archives municipales d'Orléans. Dossier documentaire sur la statue de Jeanne d'Arc. Réalisé par Martine Vincent, 2002.

Bibliographie
  • AUFRERE-DUVERNAY, Charles. Notice historique et critique sur les monuments érigés à Orléans en l'honneur de Jeanne d'Arc. Orléans, 1855.

  • KLINKA-BALLESTEROS, Isabelle (et alii). Jeanne d’Arc dans les collections des musées d’Orléans. Orléans : amis des musées d’Orléans/musées d’Orléans, 2011.

  • LAMI, Stanislas. Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-neuvième siècle. Paris : Honoré Champion, 1914-1921. Nendeln : Kraus Reprint, 1970.

Périodiques
  • HERLUISON, H. et LEROY, P. Le sculpteur Gois fils et sa statue de Jeanne d'Arc. Mémoires de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, tome 29, 1905, pp. 513-544.

  • MICHAUD-FRÉJAVILLE, Françoise. Jeanne aux panaches romantiques. Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 12 spécial, 2005, p. 259-272.

  • HEIMANN, Nora. The Art of Politics in Early Nineteenth-Century France : E.-E.-F. Gois's Jeanne d'Arc pendant le combat as Metaphor. Gazette des Beaux-Arts, Juillet-août 1998, pp.29-46.

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