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Oursières : château

Dossier IA28000135 réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées écurie, grange, colombier, portail, glacière, orangerie, tour d'observation, fossé
Dénominations château
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Argenvilliers
Lieu-dit : Oursières
Cadastre : 1811 H1 22 à 25  ; 1987 ZV 23
Précisions Communauté de communes du Perche

Une ferme est attestée au lieu-dit Oursières dès 1218, date à laquelle Guillaume de Gémages donne à l'abbaye des Clairets un setier de froment à prendre à sa métairie d'Oursières (ou Urseriis).

De 1604 à 1620, les Mauduison, famille de conseillers du roi, entreprennent la construction d'un château à Oursières. Plus particulièrement, il s'agit de François-Jacques de Mauduison, trésorier de la collégiale Saint-Jean de Nogent, qui en est le principal commanditaire. Outre le château dont la cour est délimitée par une tour à l'ouest et le colombier au sud, la propriété s'étend sur une superficie de 300 hectares (contre 17 aujourd'hui), et compte cinq fermes. Les chroniques paroissiales mentionnent "la bénédiction d´une nouvelle chapelle au lieu d´Oursières, fondée de 200 livres de rente sur les religieuses d´Arcisses par dame Francine" le 1er septembre 1707. Aucune trace de cet édifice ne subsiste.

Au 18e siècle, les Mauduison développent un élevage de chevaux et le château se dote d´une jumenterie. De la même période date également le pavillon accolé au sud du château en retour d'équerre. A la Révolution, les héritiers émigrent, et l´on confisque les biens de Nicolas Charles de Mauduison. Sa femme, Marie-Antoinette de Meaussé, restée en France, rachète le château aux enchères. Lui succèdent les Mondésir en 1810, puis les Marchandon au troisième quart du 19e siècle, dont un des membres, Jules, est responsable en 1869 de la construction d'un nouveau colombier et d'une volière convertie par la suite en orangerie. Les Montéage héritent ensuite du domaine et enfin les Morgan. Inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 8 juin 1989, le château fait l'objet d'une importante campagne de restauration depuis le début des années 2000, orchestrée par son nouveau propriétaire, Philippe Simon.

Période(s) Principale : 1er quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1620, daté par source
1869, daté par source
Auteur(s) Personnalité : De Mauduison François-Jacques, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Marchandon Jules, commanditaire, attribution par source

Le domaine d'Oursières comprend le château accessible par un portail monumental, deux colombiers, trois tours (deux rondes, une carrée), une orangerie, une jumenterie, ainsi que la ferme du château, située au sud-est de l'ensemble (voir le dossier individuel : IA28000139). - De style classique, le château adopte un plan rectangulaire. Il comprend un corps de bâtiment central, encadré de deux pavillons. En rez-de-chaussée surmonté d'un étage carré, il présente des façades principale et postérieure ordonnancées à onze travées. La travée centrale est comprise dans un avant-corps légèrement saillant en pierre de taille de calcaire, encadré de deux piliers surmontés d'un fronton cintré. Cette travée est constituée de deux portes - une au rez-de-chaussée en anse de panier (porte d'entrée principale) et une à l'étage, donnant accès à un petit balcon fermé par un garde-corps en fer forgé - et d'un oculus éclairant le comble. L'entrée principale donne directement sur l'escalier monumental en bois (tournant à retours et repos) qui dessert l'étage carré. De plan carré, chaque pavillon est orné d'un fronton triangulaire percé d'un oculus. Un troisième pavillon, plus récent, est construit en retour d'équerre au sud du château. En rez-de-chaussée surmonté d'un étage carré, ses façades sont rythmées par trois travées. Le comble est également éclairé par des oculi dans l'alignement des trois travées. - Le bâtiment construit perpendiculairement au château et appelé "la jumenterie" se compose d'une grange et d'écuries. En rez-de-chaussée surmonté d'un comble, la grange est accessible par deux portes charretières en arc segmentaire, une en façade nord-ouest comprise dans un avant corps couvert d'un toit en bâtière, l'autre au sud-est. Les écuries sont accessibles par de grandes portes ornées de têtes de chevaux en céramique. Elles conservent leurs stalles en bois. - Construit à proximité de la jumenterie, se trouve un colombier de plan circulaire. Il conserve sa charpente, ses boulins ainsi qu'un escalier droit en bois permettant l'accès au premier niveau. - Plus à l'est, se situe un bâtiment comprenant le second colombier de plan carré et l'ancienne volière, convertie par la suite en orangerie. Les boulins sont situés à l'extérieur du colombier, avec des planches d'envol en pierre de taille de calcaire. - Située en sous-bois à quelques mètres de la façade postérieure du château, l'ancienne glacière est maçonnée en moellons de calcaire et de grès. Un couloir dessert une pièce circulaire, dont la voûte en grès repose sur un soubassement en calcaire. - Plusieurs tours, dont deux de plan circulaire et une de plan carré, délimitent la propriété. Ceint de douves et de murs, le domaine est accessible par un portail encadré de deux piliers en pierre de taille de grès dit "roussard" (également appelée pierre de Saint-Denis d'Authou). La grille en fer forgée est ornée des initiales entrelacées de l'un des commanditaires (PDM). Les murs sont en moellons de calcaire couverts d'un enduit plein, à l'exception de l'avant-corps central en pierre de taille de calcaire. Le soubassement du château est en pierre de taille de grès. Les chaînages d'angle, les encadrements des baies, les corniches (moulurées ou en doucine) sont en pierre de taille de calcaire. Les toits sont à longs pans, en pavillon (pavillons encadrant le château, colombier carré et tour carrée), à croupes (jumenterie), conique (tour circulaire, colombier circulaire). Ils sont couverts en ardoise (château) ou en tuile plate (pour les autres bâtiments).

Murs calcaire
grès
enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile plate, ardoise
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit conique
toit en pavillon
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
États conservations bon état

De style classique, ce château constitue l'un des rares exemples d'architecture dite "tourangelle" du 17e siècle hors berceau qui lui vaut son inscription au titre de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Son originalité ainsi que l'ensemble qu'il constitue avec la jumenterie, les tours et colombiers et la ferme du château en font un élément patrimonial de premier ordre à l'échelle cantonale. REF : Colombier, notice IA 28001595 (1994).

Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH, 1989/06/08

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, B 2152. Adjudication des lieux d'Oursières, La Bretonnière, La Verronière et Les Boulais. 1680.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 165 - 3 P 167. Matrices cadastrales.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 3564 à 3 P 3573. Plans cadastraux de 1811/M. le Baron Delaitre, préfet ; M. Sanmar, directeur des contributions ; M. Gasselin, maire ; M. Terrier, ingénieur en chef ; M. Morlet, géomètre du cadastre.

Documents figurés
  • Le Perche pittoresque. Argenvilliers, château d'Oursières. Carte postale ancienne, début du 20e siècle.

  • Extrait du plan de la commune dressé en 1868/Philidor Pichot (instituteur). (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 4 Fi 5).

  • Plan de localisation des bâtiments de la maison de maître et de la ferme du domaine.

  • Cadastre de 1811, commune d'Argenvilliers, section H1. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 3573).

Bibliographie
  • FEY, Nathalie, CHÉHU, Frédéric. Sauvegarde du patrimoine bâti. Le cinglé d'Oursières. Pays du Perche, n° 4, décembre 2005, pp. 4-11.

  • JOUSSELIN, Bruno, PIGRAY, Gérard. Nogent-le-Rotrou et son canton, tome 2. Tours : éditions Alan Sutton, 2011.

    p. 73-78
Périodiques
  • SIGURET, Philippe. Introduction Historique. Les coutumes du Perche. Nogent-le-Rotrou et le Perche nogentais. Cahiers percherons, septembre 1958, n°7.

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