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Petit Champrond : église paroissiale Saint-Aubin, actuellement ruine

Dossier IA28000148 réalisé en 2008

Fiche

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Vocables saint Aubin
Destinations ruine
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Champrond-en-Perchet
Lieu-dit : Le Petit Champrond
Cadastre : 1811 C1 ; 1987 C 68
Précisions Communauté de communes du Perche

Selon Jousset de Bellême, cette ancienne église paroissiale serait de base romane, du 11e ou 12e siècle comme l'attesteraient les petites baies en plein cintre et les restes de polychromie mis au jour lors de la démolition partielle de l'édifice. Au 15e ou au 16e siècle, l'église est agrandie par l'adjonction du choeur, probablement commanditée par les seigneurs de Brunelles ou de Champrond - en témoignaient des armoiries portées sur l'une des poutres de l'édifice, aujourd'hui disparues. En 1803, la paroisse de Champrond-en-Perchet est rattachée à celle de Brunelles, laissant l'église sans usage. A partir de 1830, elle est désaffectée et tombe en ruine. Vendue aux enchères en 1833 par la fabrique de Brunelles, les habitants de Champrond l'achètent 500 francs au moyen d'une souscription volontaire avec l'intention d'en faire don à la commune pour la restaurer et y dire la messe deux ou trois fois par an. Faute de moyens financiers, l'édifice est finalement vendu à Jousset de Bellême, le 27 août 1907. Il la décrit comme une ruine sauvée, selon lui, par la présence de trois imposantes poutres soutenant la voûte en bois. Il explique qu'un "lavabo Renaissance" de l'église a été remployé au château de Saint-Jean. De nos jours, le bâtiment est à l'état de vestiges. Il a servi de "carrière" et plusieurs encadrements de baies ont été arrachés (dont l'arc brisé de la porte ouest).

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle

De plan allongé, l'ancienne église paroissiale se situe aux abords d'un chemin communal. Elle comprend une nef unique, terminée par un chevet à trois pans. Quatre baies en arc brisé (deux au sud, deux au nord) et un oculus éclairaient la nef, accessible par à l'ouest par une porte en arc brisé. Le choeur était éclairé par trois baies en arc brisé, et accessible de l'extérieur par une porte chanfreinée à linteau droit. Six contreforts soutiennent toujours les vestiges. D'après les descriptions anciennes, une voûte en berceau surmontait l'édifice. Les murs sont en moellons de calcaire couverts d'un enduit à pierre vue ; les encadrements des baies (ceux qui subsistent), les chaînages d'angle et les contreforts sont en pierre de taille de calcaire. Le toit (entièrement détruit) était à longs pans et à croupe, couvert en tuile plate.

Murs calcaire
grès
enduit
moellon
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
États conservations vestiges, menacé

La municipalité a acquis le terrain en 2010 et projette de stabiliser les ruines de l'édifice pour le rendre visible.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Description de l'église par Georges Jousset de Bellême, 1912

    Texte extrait de l'ouvrage suivant : JOUSSET DE BELLESME. Le château féodal de Saint-Jean, à Nogent-le-Rotrou, Mamers, 1912, p. 17-22.

    "Cette église désaffectée depuis 1830 tombait en ruines, la commune étant trop pauvre pour entretenir un édifice qui ne servait plus au culte. La maison d'école ayant besoin de quelques réparations urgentes, et l'argent manquant, le maire prit parti de vendre la vieille chapelle. Elle fut achetée dans un double but par le propriétaire de Saint-Jean ; d'abord pour sauver de la destruction les trois belles poutres qui soutenaient la voûte en bois, ensuite, pour rechercher dans le sol de l'église, des ossements et des crânes appartenant à la race pure et ancienne du Perche, sur les origines de laquelle il était désirable de faire des recherches anthropologiques, cette race disparaissant rapidement.

    Cette église de petite dimension avait été construite à deux époques différentes. La nef remontait probablement au IXe siècle, si l'on en juge par les restes de peinture qui furent trouvés en débouchant de petites fenêtres en plein cintre que l'on ne soupçonnait pas, mais qui furent mises au jour pendant la démolition.

    Cette nef se terminait alors carrément. Vers la fin du XVe siècle, l'église primitive fut agrandie par l'adjonction d'un choeur orné de trois fenêtres à meneaux.

    L'ancien autel roman fut conservé et seulement déplacé, il consistait en une table de pierre soutenue en arrière par un massif de maçonnerie et, en avant, par deux colonnettes simples, mais de pur style roman.

    L'église renfermait, en outre, un lavabo Renaissance finement sculpté, assez dégradé, qui fut également transporté à Saint-Jean, et incrusté dans le mur du porche, à gauche en entrant. Le dessin et le moule d'exécution de la sculpture donnent à penser que ce lavabo est l'oeuvre d'un des artistes qui travaillèrent à l'église de La Ferté-Bernard et au choeur de la cathédrale de Chartres.

    La charpente de la voûte était soutenue par cinq poutres transversales. Deux d'entre elles étaient sans ornement. Elles durent être ajoutées lors de l'agrandissement de l'église. Les trois autres sont d'une très belle ornementation.

    Le fût, contourné en spirale, sort d'une gueule de guibre ou de dragon, et ce motif se répète au milieu, de chaque côté, à l'endroit où s'emmanche le poinçon central qui s'élance vers la voûte.

    L'une des poutres, celle qui était placée au-dessus de l'autel, porte deux écussons armoriés au milieu, et deux écussons à plat, non sculptés aux extrémités.

    En regardant attentivement ces trois poutres, il est facile de s'apercevoir que, malgré leur ressemblance, elles ne sont ni de la même époque, ni sculptée de la même main.

    Celle qui porte les armoiries a été copiée sur les deux autres, mais, outre que le travail est moins soigné, la forme des écussons est manifestement celle du XVIe siècle. Il est probable que cette poutre fut faite sur le modèle de celles qui existaient déjà au moment où le choeur fut ajouté à la nef, et que l'on y pava les armoiries du seigneur de Champrond ou de Brunelles qui agrandit l'église. L'un des écussons porte, gravé en haut relief six croix pattées, l'autre, coupé par moitié, porte d'un côté de l'écu précédent et de l'autre côté trois anneaux qui semblent indiquer une charge de pannetier. Nous n'avons pu élucider la question de savoir si ces armes étaient celles des seigneurs de Brunelles ou de Champrond. D'ailleurs, ces documents sur cette dernière famille font presque entièrement défaut. La seule mention de la seigneurie de Champrond-en-Perchet se trouve dans un acte du 24 juin 1426, acte signé par Michel de Champrond. Cependant, tout auprès de l'église, séparée d'elle par la source du Val-Roquet, s'élève l'ancienne maison seigneuriale très restaurée. C'est aujourd'hui une ferme occupée par M. Moulin, maire de Champrond.

    Les deux autres poutres peuvent être rapportées au XIIe siècle. Elles sont sculptées avec beaucoup de soin et l'ornementation du milieu est différente. Les gueules de guibre ont un tout autre caractère et un parfum d'ancienneté qui ne saurait échapper à un oeil exercé".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 2 O 642. Église : devis, mémoires. 1833-1907.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 3887 à 3 P 3891. Plans cadastraux de 1811.

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien, commune de Champrond-en-Perchet, section C. 1811. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 3889).

  • Dessin de l'église de Champrond-en-Perchet /par A. Jubault. Daté du 12 octobre 1877. (Archives communales de Champrond-en-Perchet).

  • Carte postale ancienne de la chapelle, début 20e siècle. (Archives communales de Champrond-en-Perchet).

Bibliographie
  • JOUSSET DE BELLÊME, Georges. Le château féodal de Saint-Jean. Mamers : Impr. Fleury, 1912.

    p. 17-22.
Périodiques
  • FAUQUET, Rémy. Chef-d'oeuvre en péril, l'église de Champrond-en-Perchet. Cahiers percherons, n°36, 4e trimestre 1972, p. 25-28.

  • LEFEVRE, Roland. La vente de trois églises : les Autels-Tuboeufs, Champrond-en-Perchet et Saint-Serge. Cahiers percherons, 3e trimestre 1990, p. 31-35.

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