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Petit Essard : ferme, actuellement maison

Dossier IA28000516 réalisé en 2016

Fiche

Dossiers de synthèse

Destinations maison
Parties constituantes non étudiées fournil, écurie, étable, laiterie, bergerie, porcherie, poulailler, pressoir, grange, hangar agricole
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Brou
Adresse Commune : Frazé
Lieu-dit : Le Petit Essard
Cadastre : 1813 I1 5, 6 ; 2016 ZV 19
Précisions

La ferme du Petit Essard - qui apparaît sous le toponyme Les Essards Lignerolles sur le cadastre de 1813 - dépendait du fief du Grand Essard, mentionné dès 1485 d'après Édouard Lefèvre. L'ossature en pan de bois ainsi que les empoutrements des planchers et la charpente du logis (salle, chambre) ont fait l'objet d'une expertise dendrochronologique. Le cambium présent sur un échantillon a permis de dater l’abattage des arbres à l'automne-hiver 1513-1514 : le bâtiment et, par extension, les parties les plus anciennes de la ferme (grange et pressoir) ont très certainement été édifiés en 1514 ou en 1515. Des travaux semblent avoir été effectués au 18e siècle comme la construction de l'étable à vaches, du fournil, ou la reconstruction de la cheminée et de la charpente au-dessus de la salle (une seule ferme à poinçon court). A la fin du 19e siècle, la ferme entre dans le giron du domaine de Frazé, reconstitué par Joseph Dulong de Rosnay. Ce dernier procède à une restauration et un agrandissement de la ferme au début du 20e siècle : suppression de certains murs en pan de bois reconstruits en moellons de silex (mur sud de la grange et du pressoir, mur nord de la salle du logis), construction de la bergerie, du lavoir, du poulailler, et du toit à porcs ainsi que du hangar.

Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1514, datation par dendrochronologie
Auteur(s) Personnalité : Dulong de Rosnay Joseph, commanditaire, attribution par source

La ferme se situe à un kilomètre au sud du bourg. Elle comprend trois bâtiments répartis de manière irrégulière en "U" autour d'une cour ouverte : celui du logis, la bergerie-grange, un hangar ainsi qu'un lavoir.

- Situé au sud, le bâtiment principal abrite une écurie, l'ancienne laiterie, le logis (salle et chambre) ainsi que l'ancien fournil (voûte du four détruite) et deux soues à cochons. En rez-de-chaussée surmonté d'un comble à usage de grenier, le logis est accessible par deux portes, la première située en façade principale (au sud-est) et la dernière, en façade postérieure, donnant sur la cour. Un ancien couloir de distribution séparait la chambre de la salle (remplissage du pan de bois enlevé côté chambre, cloison en pan de bois en partie détruite côté salle). Au nord-ouest, une seconde porte murée, dont il subsiste l'huisserie, permettait l'accès au grenier via une échelle de meunier. La salle conserve son plancher d'origine, avec le chevêtre de l'ancienne cheminée détruite et remplacée par une autre de dimensions beaucoup plus restreintes. La cheminée de la chambre, à linteau et corbeaux en bois, a été modifiée : le piédroit et les sous-corbeaux en pierre sont remplacés par des jambages en béton. Deux des fermes de la charpente d'origine sont conservées : à poinçon long qui pénètre dans l'entrait, elles sont contre-ventées par une sous-faîtière, reliée à la faîtière par des liens obliques. Des trous de boulins, consistant en des céramiques et placés dans le hourdage de l'ancienne ferme de rive, côté est, servaient de pigeonnier de comble, avant la construction de la laiterie adjacente.

- Placé au nord, le second bâtiment comprend une vaste bergerie, une grange, un pressoir et une étable à vaches. La grange et le pressoir, dont le pan de bois est conservé en cloisonnement et en façade nord, sont couverts d'une charpente similaire au logis : à ferme à poinçon long (à l'exception d'une dont le poinçon a été raccourci), faîtière et sous-faîtière reliées par des décharges (liens obliques). Construite tardivement, la bergerie dispose d'un plafond métallique (poutres armées, solives métalliques et entrevous en berceau segmentaire).

Les murs sont soit en pan de bois hourdé en terre crue reposant sur des solins maçonnés en moellons de silex, soit en moellons de silex jointoyés, soit en brique. Les toits sont à longs pans couverts en tuile plate ancienne (sauf le lavoir, couvert en plaque de ciment amianté). Des lucarnes pendantes à la capucine interrompent les descente de toit de la bergerie.

Murs torchis pan de bois enduit
silex moellon
brique
Toit tuile plate, ciment amiante en couverture
Étages rez-de-chaussée
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
États conservations restauré

Cette ferme, construite aux 16e et 18e siècles, conserve des éléments significatifs de ces différentes périodes : ossature et charpente en pan de bois, pigeonniers de comble en céramique dans le hourdis de remplissage d'une ferme, rares dans ce secteur. Son développement agricole important du début du 20e siècle - sous l'influence de Joseph Dulong de Rosnay, grand propriétaire terrien - a pour conséquence la construction d'une vaste bergerie au plancher métallique novateur pour l'époque, d'un lavoir d'un grand hangar. Ce dernier abrite une collection de machines agricoles des années 1950.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • AD d'Eure-et-Loir, 3 P 6748 - 6766. Plan du cadastre de 1813.

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 3 P 6748 - 6766
Bibliographie
  • LEFEVRE, Édouard. Dictionnaire géographique des communes et hameaux, fermes, moulins, châteaux, maisons et chapelles du département d'Eure-et-Loir en 1856. Chartres : Société archéologique d´Eure-et-Loir, 2002 (fac-similé de l'édition de Chartres : Garnier, 1856).

    p. 439 - 443
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Maillard Florent