Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Pihourdière : ferme et demeure

Dossier IA28000056 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées étable, grange, lavoir, écurie, poulailler
Dénominations ferme, demeure
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Thiron-Gardais
Adresse Commune : La Croix-du-Perche
Lieu-dit : La Pihourdière
Cadastre : 1814 B2 235, 236 ; 2013 ZK 63
Précisions

En 1814, sur le plan cadastral, la ferme de La Pihourdière comprend plusieurs bâtiments dont la plupart forment un "U". La partie la plus ancienne, qui remonte au 18e siècle, est très probablement le logis et la dépendance en pan de bois présents au sud-ouest de la cour (compte tenu de la pente de toit importante et la charpente à sous-faîtière). Au début du 19e siècle, la ferme appartient à François Auguste de Chabot (maire de la commune de 1812 à 1830). Par héritage (plus précisément par mariage), la propriété revient à Olivier Marie Auguste Chellet de Kerdréan. Ce dernier la modifie considérablement. Ces transformations sont consignées dans les matrices cadastrales : démolition partielle de deux maisons en 1859 et 1860 (B 236) et d’une serre en 1863 (B 235), augmentation de construction d’une maison en 1863 (B 236) et nouvelle construction d’une maison en 1875 (B 235). Le comte Chellet de Kerdréan, qui souhaite se faire construire une demeure cossue, achète un bâtiment en tuffeau (provenant probablement de Touraine) pour le reconstruire à La Pihourdière en 1863. En 1875, il fait reconstruire un logis (pour les domestiques) et des dépendances au sud-ouest de la demeure (corps de bâtiments aux encadrements de baies et aux chaînages d’angle alternant la pierre de taille de calcaire et la brique). Malheureusement, le tuffeau n’étant pas adapté au climat percheron, l’humidité et le gel auront eu raison des encadrements de baies en façade sud de la demeure qui, après avoir éclatées, ont été cimentées. Le domaine passe en 1904 entre les mains de la famille Dulong de Rosnay (propriétaire du château de Frazé). Mais la demeure restera inhabitée jusqu’en 1977, date à laquelle les nouveaux propriétaires, héritiers des précédents, s’y installent et exploitent les terres agricoles attenantes.

Période(s) Principale : 18e siècle, 2e moitié 19e siècle
Dates 1863, daté par source
1875, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Chellet de Kerdréan Olivier Marie Auguste,
Olivier Marie Auguste Chellet de Kerdréan
Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
commanditaire, attribution par source

Situées dans la partie est de la commune, la ferme et la demeure de La Pihourdière forment deux bâtiments organisés en "L".

Le bâtiment principal, abritant la demeure (à usage strict d’habitation), comprend deux corps de bâtiment très hétérogènes. Le premier corps, à l’est s’élevant sur un seul niveau habitable (rez-de-chaussée surmonté d’un comble), possède des volumes correspondant à une ferme percheronne. Le second corps, de style néo-gothique, contraste par rapport au premier : présence d’un étage carré, profusion de décors de ce registre (moulures, trilobes, pinacles, pignon découvert, accolades, etc.). Ses deux niveaux d’élévation (rez-de-chaussée et étage carré) sont séparés par un bandeau saillant en pierre de taille calcaire. Ses façades nord et sud sont ordonnancées à trois travées. L’effort décoratif se concentre d’ailleurs sur les ouvertures, en particulier les lucarnes, ainsi qu’une des souches de cheminée. Au nord, les encadrements d’ouvertures sont d’origine : à chambranle, elles possèdent un linteau mouluré surmonté d’une accolade et couronné d’un fleuron (au rez-de-chaussée). Les lucarnes en bâtière sont à pignon découvert, lesquels sont ornés de choux frisés et de fleurons. Chaque fronton est décoré d’une frise polylobée et d'un bas-relief en trilobe. Le pignon ouest, découvert à rampants sculptés, est surmonté d’un fleuron confondu dans une souche de cheminée richement ornée (polylobes, moulures et larmier). Ce même pignon est percé d’une travée de trois ouvertures en son centre. Au rez-de-chaussée, une porte, à chambranle à base prismatique et dont le linteau est surmonté d’une accolade couronnée d’un blason (à trois chevrons et trois étoiles), donne accès à un premier salon. Complétant la travée, les deux fenêtres, à croisée, chambranle à base prismatique et surmontées d’une accolade en saillie dont la base repose sur des culots ornés de feuillage, comportent un faux garde-corps en bas-relief (gothique flamboyant à l’étage carré, à frise quadrilobée pour le comble). Cette travée est surmontée d’un grand bas-relief trilobé à fleurons. Deux salons avec cheminées en marbre occupent le rez-de-chaussée et plusieurs chambres occupent l’étage carré et le comble. Une tour demi-hors-œuvre, à usage de bureau à chaque niveau, est placée à l’angle sud-ouest du bâtiment. Une tourelle purement décorative se trouve à l’angle nord-ouest. Leurs ouvertures sont ornées des mêmes décors précités.

Le bâtiment secondaire comprend également plusieurs corps. Sa façade principale est orientée à l’est (la façade de l’ouest est aveugle). Le corps de bâtiment le plus ancien, au sud, est en pan de bois sur solin maçonné en moellon de silex. Les trois portes en façade desservent respectivement le logis (pièce unique avec cheminée à consoles en brique, corbeaux et linteau en bois), l’étable et la cage d’escalier permettant l’accès au comble. La charpente est à pannes, entrait retroussé, poinçon et sous-faîtière. Le logis a été converti tardivement en étable (présence de râtelier et mangeoire). Le corps suivant comprend deux granges, une écurie et le logis. Les encadrements d’ouvertures font alterner la pierre de taille calcaire et la brique.

Les toits sont à longs pans et à croupe couvert en tuile plate ou en ardoise (corps ouest du bâtiment principal).

Murs silex moellon enduit
terre pan de bois enduit
Toit tuile plate, ardoise
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
toit conique pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant
États conservations bon état

Le comte de Kerdréan (Olivier Marie Auguste Chellet de Kerdréan), membre honoraire de la société archéologique d’Eure-et-Loir, modifie considérablement sa propriété en se faisant construire une riche demeure dans le style néo-gothique en vigueur à cette époque. Son projet demeure inachevé comme le montrent les pierres d’attente du chaînage d’angle nord-est du corps de bâtiment. Atypique voire exceptionnel (emploi du tuffeau, une pierre d’importation, richesse des décors néo-gothique), la demeure et la ferme, dont l’histoire est assez bien connue, constituent un ensemble architectural de premier ordre à l’échelle communal (voire supra).

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d´Eure-et-Loir. 3 P 6522 - 6529. Plans cadastraux de 1814.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. 3 P 971 - 973. Matrices cadastrales.

(c) Parc naturel régional du Perche ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Maillard Florent - Casses Laetitia