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Piscine (détruite)

Dossier IA41000741 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Avant-guerre, aucune piscine n'était construite à Blois. Au début du siècle, les bains Béguet, un établissement de bains avec bassin en Loire et cabines, avait fonctionné, en contrebas du Mail, avant d'être emporté par le fleuve. Juste avant la guerre, l'apprentissage de la natation était assuré dans un simple bassin en Loire, en contrebas de la levée des Tuileries. Plusieurs projets de piscine s'étaient succédé pourtant depuis les années vingt mais aucun n'avait abouti. La construction de la piscine du quai Saint-Jean au début des années soixante n'était donc pas prévue au plan d'aménagement et de reconstruction de la ville et ne fut pas financée par les dommages de guerre. Cependant, la volonté de construire une piscine dans le contexte de reconstruction de la ville fut exprimée dès 1942, et elle s'inscrit dans les projets d'aménagement de l'après-guerre par sa visée à la fois hygiéniste et touristique. De plus, les plans furent donnés par André Aubert, ancien architecte en chef de la reconstruction de Blois.

Dans l'entre-deux-guerres, des projets sur le site prestigieux des Jardins du Roi.

Comme pour d'autres équipements blésois créés à l'occasion de la reconstruction de la ville, la construction de la piscine s'inscrit donc dans une histoire plus longue qui remonte à l'entre-deux-guerres et à plusieurs projets successivement abandonnés pour des questions techniques, foncières ou financières. Un premier projet de piscine couverte située dans les Jardins du Roi avait été proposé dès 1922 mais avait buté sur la question technique du chauffage du bâtiment et du bassin. En 1930, un nouveau projet de piscine avait vu le jour. L'équipement que l'on projetait de construire dans les Jardins du Roi à nouveau était cette fois un bassin de plein air susceptible de mieux répondre aux contraintes imposées par le Ministère des Beaux-Arts pour ce site. Mais le projet finit par être abandonné en 1934 pour des raisons financières.

Lieux envisagés pour l'implantation de la piscine.Lieux envisagés pour l'implantation de la piscine.

Sous l'Occupation, le projet rejaillit au Port de la Creusille.

Les bombardements de l'été 1940 endommagèrent l'installation légère en Loire et le projet de piscine refit surface dès les années d'Occupation. On projeta alors la construction d'un bassin de plein air, pour l'emplacement duquel on envisagea la dérivation du ruisseau des Mées, de même que le lieu-dit « la Creusille ». La pénurie de matériaux ainsi que le coût de l'opération contraignirent cependant le conseil municipal à renvoyer l'affaire sine die dès avril 1942. En revanche, dans l'avis qu'il formula en mai 1942 sur le plan de reconstruction de Nicod, il confirma son engagement en ce sens demandant que le plan fasse état de l'emplacement de la Creusille pour la construction d'une piscine. L'architecte Jean Imbert-Fabe en établit d'ailleurs le projet afin que l'équipement puisse être construit au port de la Creusille dès la libération de celui-ci par les « Dragues Blésoises ».

Après-guerre : le choix du site et les difficultés financières retardent le projet.

Dès juillet 1950, le conseil municipal valida le projet de construction d'une piscine. La santé publique - la proximité de la Loire comportant des risques de noyade nécessitait l'enseignement de la natation - et l'attractivité de la ville furent invoqués pour justifier cette décision dans un contexte où la ville était déjà engagée dans de nombreux projets. Cependant, tout au long des années cinquante, la volonté manifeste des édiles de doter la ville d'une piscine se heurta au problème de l'implantation de l'équipement et à de fortes contraintes financières. A la fin de la guerre, le terrain de la Creusille n'étant toujours pas libéré, le maire René Calenge reprit le projet en envisageant divers sites d'implantation : les Saules, le Jardin des Lices, le quai du Foix... Dès décembre 1950, le conseil municipal valida un avant-projet dans le Jardin des Lices, dressé par le directeur des services techniques de la ville. Mais ce projet ne fut pas réalisé, l'assemblée municipale n'en votant pas le budget, et l'Administration des Beaux-Arts n'accordant pas l'autorisation nécessaire pour toute construction sur ce site classé.

En 1953, les initiatives reprirent un temps : une commission chargée d'étudier un emplacement pour la construction d'un bassin de natation fut constituée. Différents terrains furent envisagés : le terre-plein de la Creusille en Vienne, le Quai de Foix en bordure de Loire, le jardin des Lices. La Ville retint de nouveau l'emplacement du port de la Creusille, espérant alors qu'il pourrait être dégagé en 1953 ou 1954. Mais le terrain tarda finalement à être libéré...

En janvier 1954, l'architecte blésois Paul Robert-Houdin proposa même un nouvel avant-projet pour une construction dans le jardin des Lices. Ce projet n'aboutit pas non plus et l'hypothèse d'une installation sur le terrain des Lices fut définitivement abandonnée.

Vers une piscine en bord de Loire.

Ce n'est qu'en 1959 que la nouvelle municipalité de monsieur Bühler reprit le projet. Plusieurs implantations furent de nouveau envisagées : l'emplacement de l'ancienne usine Rousset avenue Victor-Hugo (actuel emplacement de la résidence Anne-de-Bretagne, avenue Jean-Laigret), une parcelle du quartier de la Ferme Départementale dans la ville haute, un emplacement à proximité de la ZUP nouvellement créée. Ces hypothèses d'implantation furent toutes abandonnées. L'emplacement qui convainquit le plus la ville pour sa centralité et sa proximité avec la Loire fut alors celui de l'ancien collège de jeunes filles, institution de mademoiselle Piquot, situé quai Saint-Jean. Mais consulté en 1960, le Ministère de l'Education Nationale opposa une réponse négative à cette hypothèse.Projet d'une piscine Quai Saint-Jean par Lucien Joubert, document prospectif, seconde partie : état futur projeté dans l'état de l'avant-projet en 1961. (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 88).Projet d'une piscine Quai Saint-Jean par Lucien Joubert, document prospectif, seconde partie : état futur projeté dans l'état de l'avant-projet en 1961. (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 88).

La Ville finit donc par envisager d'installer la piscine directement en bord de Loire à l'extrémité du Mail. En 1961, l'architecte Lucien Joubert conçut pour cet emplacement un avant-projet de piscine couverte très ambitieux. Comprenant un bassin d'une longueur de 50 mètres, l'établissement était prévu pour accueillir un public régulier de Blésois toute l'année et des compétitions. Le bâtiment d'une longueur de 113 mètres, composé de deux volumes géométriques accolés devait être couvert sur sa partie la plus longue par un voile de béton courbe. Posé sur des pilotis sur son côté sud, côté Loire, le bâtiment, entièrement ouvert sur un large balcon aurait offert un point de vue exceptionnel et un ensoleillement maximal. Ce projet modifiait considérablement le paysage des bords de Loire, ce que l'architecte porta à l'attention des décideurs par un éloquent photomontage. Il fut néanmoins adopté à l'unanimité par le conseil municipal en décembre 1960. Mais le projet connut un nouveau rebondissement quand, en 1961, les terrains de l'ancien collège de jeunes filles du quai Saint-Jean furent finalement remis à la ville.

Le projet aboutit quai Saint-Jean.

Un nouveau projet de piscine couverte dut alors être conçu par Lucien Joubert et André Aubert pour cette nouvelle implantation. L'équipement fut alors ramené à des dimensions plus modestes : le projet ne proposait plus que la construction d'un bassin scolaire et d'un bassin de 25 mètres, l'administration s'opposant à la construction d'un bassin de 50 mètres dans une ville de l'importance de Blois. Le bassin olympique était cependant remis à une éventuelle tranche ultérieure de bassin découvert. Ce projet fut validé par le conseil municipal en novembre 1963. Les travaux de construction commencèrent en 1964. La piscine fut inaugurée en 1966.

Second projet d'aménagement d'une piscine Quai Saint-Jean, façades par André Aubert et Lucien Joubert, 09-1963. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1).Second projet d'aménagement d'une piscine Quai Saint-Jean, façades par André Aubert et Lucien Joubert, 09-1963. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1).Second projet d'aménagement d'une piscine Quai Saint-Jean, détails des façades, les claustras, par André Aubert et Lucien Joubert, 09-1963; (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1).Second projet d'aménagement d'une piscine Quai Saint-Jean, détails des façades, les claustras, par André Aubert et Lucien Joubert, 09-1963; (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1).

L'évolution d'un programme : d'une piscine des années vingt à une piscine des années soixante.

Il fallut donc plus de quarante ans pour qu'une piscine soit finalement construite à Blois. L'évolution du projet au cours de ces années dans son emplacement, sa dimension, ses caractéristiques traduit des évolutions sociales, urbaines et hygiéniques.

La localisation de l'équipement dans la ville témoigne en premier lieu de cette évolution. L'emplacement prestigieux du Jardin des Lices des premières propositions fut abandonné dans les années cinquante au profit d'un emplacement en bord de fleuve, un lieu plus central et plus accessible.

Avec l'implantation de la piscine, c'est la conception même de cet équipement qui évolua. On projetait dans les années trente un complexe de loisirs multipliant les services - bassins bien sûr mais aussi solarium, bacs à sable, bar, terrains de sport et de jeux - : un véritable lieu de sociabilités pour un public bourgeois. On passa peu à peu à la conception d'un équipement essentiellement sportif recentré sur sa fonction d'apprentissage et de pratique de la natation. Cette évolution est particulièrement lisible si l'on considère les vestiaires : les premiers projets articulaient cabines de bains et vestiaires collectifs aux prix de location discriminants, tandis que la piscine des années soixante ouvrit les deux sortes de vestiaires à tous.

De plus, des années cinquante aux années soixante, la dimension de l'équipement fut ramenée d'une piscine olympique entourée de gradins permettant d'accueillir des compétitions sportives à un équipement pour l'apprentissage de la natation, dévolu essentiellement à un public blésois.

L'évolution des projets témoigne enfin de celle des règles d'hygiène : les premiers avant-projets de l'entre-deux-guerres proposaient des piscines entourées de cabines tandis que l'accès à la piscine des années soixante est structuré selon un parcours hygiénique où se succèdent entrée, vestiaire, douche, pédiluve, salle des bassins.

Les changements de la piscine depuis les années soixante.

Le grand bassin, au fond la paroi de claustras donnant sur la rue au nord.Le grand bassin, au fond la paroi de claustras donnant sur la rue au nord.

Depuis sa construction dans les années soixante, la piscine du quai Saint-Jean n'a connu que de discrètes transformations. L'économie générale de l'édifice n'a pour ainsi dire pas été touchée puisque seuls l'espace d'accueil et quelques cabines des vestiaires et douches individuelles ont été modifiés. Le vieillissement matériel de l'établissement a conduit au remplacement de certains matériaux : le revêtement du sol et le faux-plafond de la salle des bassins. Des changements réglementaires ont aussi induit quelques évolutions : la modification du système de ventilation, la mise en place d'une jauge d'accueil, et la suppression des plongeoirs de un et cinq mètres. Le projet de bassin de 50 mètres en plein air ne fut finalement jamais construit.

Au moment de l'enquête, en septembre 2011, la piscine avait été désaffectée suite à l'ouverture d'un stade nautique rive gauche. Le bâtiment a été détruit en février 2015.

Dénominations piscine
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : 32 quai Saint-Jean
Cadastre : 2011 DO 279

Avant-guerre, aucune piscine n'était construite à Blois : de simples aménagement dans la Loire avaient jusque là pallié ce manque, quelques projets de construction de bassin ayant échoué. L'édification de la piscine du quai Saint-Jean au début des années soixante ne procède donc pas à proprement parler de la reconstruction. Cependant, elle s'inscrit dans son contexte de redéploiement de la ville, marqué par l'hygiène et la modernité. De plus André Aubert, l'architecte en chef de la reconstruction de la ville, collabora à sa conception. Son histoire s'inscrit dans un contexte plus large remontant à l'entre-deux-guerres. En effet, dès les années vingt et trente, la construction d'une piscine fut envisagée. Les projets se concentrèrent alors sur l'emplacement prestigieux des Jardins du Roi mais ils furent successivement abandonnés pour des raisons techniques et financières. Les bombardements de l'été 1940 endommagèrent l'installation légère en Loire et le projet de piscine refit surface dès les années d'Occupation. La ville projeta alors la construction d'un bassin de plein air, à l'emplacement de la Creusille, mais le projet n'aboutit pas. Après-guerre, dès juillet 1950, le conseil municipal valida le projet de construction d'une piscine au titre de la santé publique et de l'attractivité de la ville. Cependant, tout au long des années cinquante, la volonté des édiles se heurta au problème de l'implantation de l'équipement et à de fortes contraintes financières. Des projets furent successivement envisagés dans le Jardin des Lices et à l'emplacement du port de la Creusille : ils furent tous ajournés. Ce n'est qu'en 1959 que la nouvelle municipalité Bühler reprit le projet et se concentra rapidement sur une implantation en bord de Loire. La ville convoita le terrain de l'ancien collège de jeunes filles, institution de mademoiselle Piquot, situé quai Saint-Jean, mais elle fut contrariée dans ses projets par le refus du ministère de l'éducation nationale. Il fut donc décidé d'installer la piscine directement en bord de Loire à l'extrémité du Mail, emplacement pour lequel l'architecte Lucien Joubert conçut en 1961, un avant-projet de piscine olympique largement ouverte sur le fleuve, qui fut adopté par le conseil municipal en décembre 1960. Le projet connut un ultime rebondissement quand, en 1961, les terrains de l'ancien établissement scolaire du quai Saint-Jean furent finalement remis à la ville. Un nouveau projet de piscine fut alors dessiné par Lucien Joubert et André Aubert. L'équipement fut ramené à des dimensions plus modestes, le bassin olympique étant renvoyé à une hypothétique tranche ultérieure. Les travaux de construction commencèrent en 1964. La piscine fut inaugurée en 1966. Depuis sa construction, la piscine du quai Saint-Jean n'a connu que de discrètes transformations. Au moment de l'enquête, en septembre 2011, la piscine avait été désaffectée suite à l'ouverture d'un stade nautique rive gauche. Elle a été détruite en février 2015.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1963, daté par source
Auteur(s) Auteur : Aubert André,
André Aubert (1905 - 1987)

Né à Montrouge en 1905, André Aubert étudia à l'école des beaux-arts dans les ateliers d'André puis de Pontremoli. Il fut diplômé et obtint le Second prix de Rome en 1932.

Dès 1934, il remporta avec Viard, Dondel et Dastugue le concours pour le palais du Musée d'Art moderne de la ville de Paris construit dans le contexte de l'exposition internationale des arts et techniques de 1937.

Lauréat en 1935 du concours des Bâtiments civils et Palais nationaux, il travailla par la suite à ce titre pour les ministères de l'éducation nationale d'une part et des postes et télécommunications d'autre part. Il construisit notamment le groupe scolaire de Blagis à Sceaux-Bagneux en collaboration avec Paul Herbé et Jean Le Couteur pour lequel ils reçurent l'équerre d'argent en 1962.

Il construisit également des bâtiments très variés pour des maîtres d'ouvrages privés. Il garda tout au long de sa carrière une activité de construction d'immeubles à Paris : on retient par exemple dans l'ordre : l'immeuble aux lignes classiques et épurées du 7, boulevard Emile-Augier, dans le 16e arrondissement (1950-1953), Le Panoramique, situé au 102-118 quai Louis-Blériot, (1952-1955), l'immeuble HLM du 11, rue des roses, dans le 18e arrondissement construit pour l'Habitat Communautaire (1960), ou encore l'immeuble 29-35, rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement (1967). Il travailla par ailleurs pour des entreprises. La critique a particulièrement salué les sièges sociaux de Saint-Gobain à Neuilly (1962) et de la SOPAD à Courbevoie (1965).

Sa carrière est entrecoupée d'interventions à Blois, avant, pendant et après sa reconstruction. En 1937, il remporta le concours pour la construction de l'hôtel de ville de Blois, en association avec MM. Pronier et Saubot, mais leur projet ne put finalement être réalisé avant que la guerre n'éclate. Dès septembre 1940, il proposa à la ville de Blois un projet de "restauration des quartiers sinistrés" auquel la ville ne donna pas suite. Cependant, il fut chargé en 1942 d'établir une étude spéciale d'architecture pour l'aménagement futur de la place Louis-XII. A la Libération, il fut nommé architecte en chef de la reconstruction de Blois et de Vendôme par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il prit la suite de Charles Nicod, qui y avait été nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, et qui fut chargé à cette date des plans d'urbanisme de Toulouse et de Bayonne. Dans ce contexte, il conçut en outre l'école primaire Victor-Hugo de la rue d'Angleterre et l'école maternelle voisine de la rue des Remparts. Après la Reconstruction, son activité constructive se poursuivit à Blois avec la conception de la piscine du quai Saint-Jean, en collaboration avec Lucien Joubert vers 1960, et celle du lycée Augustin-Thierry, entre les années cinquante et soixante-dix. De plus, il y demeura présent du fait de sa nouvelle responsabilité, à partir de 1962, d'architecte conseil du Loir-et-Cher pour le Ministère de la Construction. Il travailla à l'élaboration du plan du secteur sauvegardé de la ville dès la fin des années soixante. Il proposa en 1971 un projet pour un Centre d'action culturelle, qui ne fut finalement pas construit. Il fut également de nouveau sollicité pour l'aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière dans les années soixante-dix.

En fin de carrière il s'associa avec son fils Marc Aubert avec lequel il construisit notamment le palais des congrès d'Antibes, détruit en 2011.


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architecte, attribution par source
Auteur : Joubert Lucien, architecte, attribution par source

La piscine est implantée sur une vaste parcelle située entre le quai Saint-Jean et le rue du Bourg-Saint-Jean. Le bâtiment est composé de deux grands volumes parallélépipédiques accolés qui rendent lisible, de l'extérieur, la distribution globale des fonctions. Le plus petit mesure environ 30 mètres de long et s'ouvre au public côté quai par huit portes en verre accessibles par un perron et protégées par un auvent. Il abrite toutes les fonctions annexes : accueil du public et préparation au bain, administration et logement du gardien. Le plus important des deux, d'environ 50 mètres de long, implanté en fond de parcelle le long de la rue du Bourg Saint-Jean, est dédié aux bassins. L'ensemble est surélevé sur un étage de soubassement entièrement dévolu aux espaces techniques (chaudière, traitement de l'eau...). Le bâtiment est construit en béton armé. Les matériaux de revêtement contribuent également à le rendre lisible autant qu'ils l'intègrent à son environnement. Le gros parallélépipède est couvert de carreaux de grès cérame clairs évoquant les espaces humides de la piscine qu'il abrite. Le socle en soubassement sur lequel il repose est lui revêtu d'un parement de pierre. La façade du logement du gardien, à l'est, est recouverte d'un bardage de bois. A l'intérieur, tous les espaces humides ont un revêtement adapté : petits carreaux de grès cérame dans les vestiaires et carreaux dans l'espace des bassins. Le bâtiment se caractérise par la rationalité de sa distribution. Le public est accueilli dans un vaste hall largement ouvert sur la rue. Après s'être acquitté de ses droits d'entrée au guichet, il est dirigé vers le vestiaire des hommes à l'étage ou des femmes en rez-de-chaussée. Ces deux espaces superposés sont organisés de manière identique. Autour d'un banc en bois, sont distribuées 48 cabines individuelles et deux vestiaires collectifs. Un couloir mène aux douches, puis au pédiluve et enfin aux bassins. Le hall des bassins comprend un bassin école de douze mètres de long et un grand bassin de 25 mètres de long. Depuis ce hall, on accède à une petite terrasse au sud qui fait office de solarium. Le bâtiment se distingue aussi par sa grande luminosité : la majorité des espaces reçoit une lumière naturelle. Les vestiaires des hommes par exemple sont éclairés par des lanterneaux qui préservent l'intimité de ces espaces. Quant au hall des bassins, il est très largement ouvert : trois de ses façades sont ouvertes, au sud par de larges portes-fenêtres suivies d'un bandeau de baies en hauteur, au nord par des claustras de béton et à l'est par une vaste baie vitrée. Le bâtiment fait usage de quelques innovations et témoigne d'une grande qualité de conception. L'établissement étant situé en bord de Loire, les bassins, construits en béton armé, sont soutenus par de nombreux pilotis en béton vibré. Le plafond du hall des bassins fut conçu pour isoler phoniquement ce vaste espace. Enfin, le bâtiment est ventilé par soufflage d'air chaud. Des gaines alimentent l'ensemble du bâtiment et l'air chaud est soufflé sous les banquettes en granito du hall du bassin ou des vestiaires individuels hommes.

Murs bois
plaquis
béton armé
Toit béton en couverture
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvertures terrasse
Escaliers escalier intérieur : escalier en équerre, en maçonnerie
Techniques céramique
Représentations armoiries porc-épic de Louis XII couronne fleur de lys écu loup
Précision représentations

Le mur ouest du hall des bassins comporte un élément de décor en céramique figurant le blason de la ville : un écusson chargé d'une fleur de lys porté par un porc-épic et un loup.

Statut de la propriété propriété publique
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • André Aubert (1905-1987)

    Né à Montrouge en 1905, André Aubert étudia à l'école des beaux-arts dans les ateliers d'André puis de Pontremoli. Il fut diplômé et obtint le Second prix de Rome en 1932.

    Dès 1934, il remporta avec Viard, Dondel et Dastugue le concours pour le palais du Musée d'Art moderne de la ville de Paris construit dans le contexte de l'exposition internationale des arts et techniques de 1937.

    Lauréat en 1935 du concours des Bâtiments civils et Palais nationaux, il travailla par la suite à ce titre pour les ministères de l'éducation nationale d'une part et des postes et télécommunications d'autre part. Il construisit notamment le groupe scolaire de Blagis à Sceaux-Bagneux en collaboration avec Paul Herbé et Jean Le Couteur pour lequel ils reçurent l'équerre d'argent en 1962.

    Il construisit également des bâtiments très variés pour des maîtres d'ouvrages privés. Il garda tout au long de sa carrière une activité de construction d'immeubles à Paris : on retient par exemple dans l'ordre : l'immeuble aux lignes classiques et épurées du 7, boulevard Emile-Augier, dans le 16e arrondissement (1950-1953), Le Panoramique, situé au 102-118 quai Louis-Blériot, (1952-1955), l'immeuble HLM du 11, rue des roses, dans le 18e arrondissement construit pour l'Habitat Communautaire (1960), ou encore l'immeuble 29-35, rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement (1967). Il travailla par ailleurs pour des entreprises. La critique a particulièrement salué les sièges sociaux de Saint-Gobain à Neuilly (1962) et de la SOPAD à Courbevoie (1965).

    Sa carrière est entrecoupée d'interventions à Blois, avant, pendant et après sa reconstruction. En 1937, il remporta le concours pour la construction de l'hôtel de ville de Blois, en association avec MM. Pronier et Saubot, mais leur projet ne put finalement être réalisé avant que la guerre n'éclate. Dès septembre 1940, il proposa à la ville de Blois un projet de "restauration des quartiers sinistrés" auquel la ville ne donna pas suite. Cependant, il fut chargé en 1942 d'établir une étude spéciale d'architecture pour l'aménagement futur de la place Louis-XII. A la Libération, il fut nommé architecte en chef de la reconstruction de Blois et de Vendôme par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il prit la suite de Charles Nicod, qui y avait été nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, et qui fut chargé à cette date des plans d'urbanisme de Toulouse et de Bayonne. Dans ce contexte, il conçut en outre l'école primaire Victor-Hugo de la rue d'Angleterre et l'école maternelle voisine de la rue des Remparts. Après la Reconstruction, son activité constructive se poursuivit à Blois avec la conception de la piscine du quai Saint-Jean, en collaboration avec Lucien Joubert vers 1960, et celle du lycée Augustin-Thierry, entre les années cinquante et soixante-dix. De plus, il y demeura présent du fait de sa nouvelle responsabilité, à partir de 1962, d'architecte conseil du Loir-et-Cher pour le Ministère de la Construction. Il travailla à l'élaboration du plan du secteur sauvegardé de la ville dès la fin des années soixante. Il proposa en 1971 un projet pour un Centre d'action culturelle, qui ne fut finalement pas construit. Il fut également de nouveau sollicité pour l'aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière dans les années soixante-dix.

    En fin de carrière il s'associa avec son fils Marc Aubert avec lequel il construisit notamment le palais des congrès d'Antibes, détruit en 2011.

  • Lucien Joubert (1909-1977)

    Architecte DPLG, il reprit le cabinet de René Erre à son décès au début des années cinquante, poursuivant les chantiers de reconstruction engagés par l'agence dans Blois.

    Dans ce contexte, il devint un des architectes marquants de la reconstruction blésoise. On lui doit un très grand nombre d'immeubles reconstruits. Il en conçut des séquences entières dans les îlots C, G, K, J, H, Q et S. Il fut également à l'origine des plans d'équipements comme la piscine du quai Saint-Jean à laquelle il travailla avec André Aubert, et le Cinéma Palace, implanté au coeur de l'îlot K.

    Il continua par la suite de travailler à la construction de logements notamment en tant qu'architecte de la coopérative HLM.

    Il fut également très actif dans les réalisations de la municipalité des années soixante en tant qu'adjoint au maire de Blois, chargé des travaux de 1959 à 1971.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Blois. Série Z : 7 Z 31. Célébrant l'ouverture du chantier de la piscine, quai Saint-Jean, M. Buhler a rappelé les vicissitudes traversées depuis 40 ans par ce grand projet blésois. La Nouvelle République.11-06-1964.

  • AD Loir-et-Cher. Série O : 18 O6 VII 39. Blois. Piscine, projet périmé. 1950-51.

  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 88. Piscine, projet Robert-Houdin, place des Lices, projet Joubert.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1029 W 119. Blois, piscine municipale. 1963.

  • AD Loir-et-Cher. Série Fi : 176 FiV 65. Blois, projets d'aménagement et de reconstruction de Paul Robert-Houdin 1931-1958.

  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 88. Il faut espérer que le projet d'installation d'une piscine aux Lices pourra recevoir un commencement d'exécution en cours d'année. Véritable centre attractif en période estivale et touristique cette réalisation est appelée à servir largement les intérêts de la ville. La Nouvelle République. 22 février 1951.

  • Archives d'Architecture du XXe siècle. Fonds Aubert, 72 IFA : rouleau 324/1 . Piscine Municipale de Blois (Loir-et-Cher). 1963.

Documents figurés
  • projet d'aménagement, détail des façades, sur papier, 1963. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1). (cf. illustration n° IVR24_20114100048NUC2A).

  • projet d'aménagement, sur papier, 1963. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1). (cf. illustration n° IVR24_20114100045NUC2A).

  • projet d'aménagement, plan du hall, sur papier, 1963. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1). (cf. illustration n° IVR24_20114100049NUC2A).

  • projet d'aménagement, plan du rez-de-chaussée, sur papier, 1963. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1). (cf. illustration n° IVR24_20114100046NUC2A).

  • projet d'aménagement, plan du premier étage, sur papier, 1963. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1). (cf. illustration n° IVR24_20114100044NUC2A).

  • projet d'aménagement, façades, sur papier, 1963. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1). (cf. illustration n° IVR24_20114100047NUC2A).

  • photog couleur. Par Doré, Jean-François (photographe). (Collection particulière). (cf. illustration n° IVR24_20124100304NUC2AB).

  • plan sur papier, échelle 0,01 p.m. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1029 W 119). (cf. illustration n° IVR24_20114100167NUC2A).

  • Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds René Millet, Archives départementales du Loir-et-Cher, Blois, 1029 W 119). (cf. illustration n° IVR24_20114100168NUC2A).

  • carte postale, éditeur A. P. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100271NUC2AB).

  • projet d'aménagement, coupes, sur papier, 1963. Par Aubert, André (architecte) ; Joubert, Lucien (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 72 IFA : 324/1). (cf. illustration n° IVR24_20114100050NUC2A).

  • carte postale Louis Lenormand à Orléans. Par Lenormand, Louis (photographe). (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100272NUC2AB).

  • photog. noir et blanc. Par Joubert, Lucien (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 88). (cf. illustration n° IVR24_20114100239NUC2A).

  • carte postale, éditeur Breger. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100278NUC2AB).

  • plan sur papier. Par Joubert, Lucien (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 88). (cf. illustration n° IVR24_20114100201NUC2A).

  • plan sur papier. Par Joubert, Lucien (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 88). (cf. illustration n° IVR24_20114100200NUC2A).

  • plan sur papier. Par Robert-Houdin, Paul (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 88). (cf. illustration n° IVR24_20114100199NUC2A).

  • photomontage, noir et blanc. Par Joubert, Lucien (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 88). (cf. illustration n° IVR24_20114100240NUC2A).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie