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Place de la Résistance dite tête de pont de la rive droite

Dossier IA41000718 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

  • Ensemble d'immeubles (rond-point de la Résistance)
    Blois, rive droite, 2 rue du Mail , 3 rond point de la Résistance , 1 et 3 rue Henry-Drussy ,
  • Îlot H
    Blois, rive droite, rond point de la Résistance , rue Denis-Papin , rue des Orfèvres , rue du Commerce , rue Emile-Laurens
  • Îlot I
    Blois, rive droite, quai de la-Saussaye , rue du Commerce , rue Emile-Laurens , rond point de la Résistance
  • Îlot J
    Blois, rive droite, rond point de la Résistance , rue Henry-Drussy , rue Jeanne-d'Arc , rue du Poids-du-Roi , Rue Denis-Papin
  • Îlot K
    Blois, rive droite, rond point de la Résistance , rue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny , rue Jeanne-d'Arc , rue Henry-Drussy
  • Pont sur la Loire dit pont Jacques-Gabriel
    Blois

Le pont et son inscription dans la ville à la veille de la guerre

En 1716, le pont de Blois s'était effondré dans une violente débâcle. Il fut reconstruit entre 1717 et 1724, sur les dessins de l'ingénieur Jacques Gabriel (voir le dossier disponible sur la base de données "Architecture et Patrimoine"). Sa reconstruction n'eut de conséquences que sur le front de Loire et ne constitua pas une occasion de modifier la traversée de la ville. En effet, alors que le nouveau pont, décalé légèrement en amont par rapport au précédent, n'était plus dans l'alignement de la Grande Rue, on ne procéda pas au percement d'une nouvelle voie dans l'axe du pont. En revanche, la reconstruction du pont s'accompagna de la volonté d'embellir la façade fluviale. La ville s'ouvrit vers le sud, et vers la Loire en particulier, avec l'aménagement sur les quais, à partir de 1730, d'un espace de promenade en amont du pont, le Mail, la construction d'un nouvel hôtel de ville en 1777, et la suppression des anciens ports pour l'établissement des quais. Toutefois, ces aménagements s'accomplirent sans plan d'ensemble et sur un périmètre restreint puisqu'ils ne s'étendirent pas au-delà de Port-Vieil.

Ce n'est qu'à partir de 1850, sous l'impulsion de la municipalité d'Eugène Riffault, qu'une série de grands travaux fut entreprise. La rue du Prince-Impérial -actuelle rue Denis-Papin- fut percée dans l'axe du pont et ouverte à la circulation en 1865. La percée de cette voie fut donc tardive et il manquait encore à la veille de la guerre une place de tête de pont reliant le pont et la rue pour faciliter la circulation à leur carrefour.

Vue aérienne de la tête de pont avant-guerre, vers 1935. (Collection particulière, B. Guignard).Vue aérienne de la tête de pont avant-guerre, vers 1935. (Collection particulière, B. Guignard).

Avec la reconstruction, l'idée d'une tête de pont s'impose, été 1940

Après les destructions de juin 1940 et dès les premiers projets de reconstruction de 1940, l'idée de créer une place dans l'axe du pont s'imposa. L'occasion était en effet donnée de créer ce qui faisait défaut depuis le percement de la rue Denis-Papin. Par-delà ce consensus, les propositions varièrent sur la forme d'une telle place et son implantation, en bordure des quais ou plus près des escaliers Denis-Papin. En témoignent les projets déposés au cours de la première phase de consultation des Blésois à l'été et l'automne 1940. Hubert-Fillay, par exemple, dans sa proposition publiée dans La Dépêche datée du 8 août 1940, préconisa le dégagement de la tête de pont afin d'améliorer la circulation automobile. Paul Robert-Houdin dont le plan d'aménagement de la ville fut adopté par la délégation spéciale de la ville à l'automne 1940 le recommanda également et en proposa plusieurs versions. Charles Nicod, qui fut ensuite nommé architecte en chef de la reconstruction de Blois par le Commissariat Technique à la Reconstruction Immobilière, accorda un soin particulier au dessin de la place. En plein cœur du quartier détruit et en bord de Loire, celle-ci concentra en effet des enjeux esthétiques, d'entrée de ville, et fonctionnels, de circulation.

Les propositions de Paul Robert-Houdin pour une place de tête de pont, 1931-1940

Les propositions de Paul Robert-Houdin sont à inscrire dans un contexte plus large que la seule année 1940. Architecte blésois, il avait participé avant-guerre à différents concours qui nourrirent sa réflexion en 1940. En 1931, il avait en effet proposé un projet d'aménagement de la ville de Blois qui ménageait l'ouverture d'une place hémicirculaire, dans l'axe de la rue Denis-Papin et du pont, à partir de la rue de la Foulerie environ. Il proposa de nouveau de créer une place dans l'axe de la rue Denis-Papin en 1940, mais il la conçut cette fois en tête de pont. Dans une première solution, dite solution A, il proposa l'ouverture d'une place en losange de dimension modeste, gagnée sur le bâti par l'élargissement des voies de circulation et l'adoption de pans coupés sur les angles des deux îlots de tête de pont. Une deuxième hypothèse, développée à partir de juillet 1940, était rectangulaire et de vastes dimensions puisqu'elle s'étendait depuis les quais jusqu'au niveau de l'ancienne rue des Orfèvres. Cette place ouvrait sur la rue Denis-Papin et sur deux axes biais nouveaux et menant d'une part aux grands degrés du château, d'autre part aux grands degrés saint-Louis reliant la cathédrale.

Projet de place de tête de pont par P. Robert-Houdin, vue perspective, 15-08-1940. (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 176 FiV 65).Projet de place de tête de pont par P. Robert-Houdin, vue perspective, 15-08-1940. (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 176 FiV 65). Dans les solutions suivantes, variantes de cette deuxième version, les deux axes biais, inappropriés à la circulation automobile puisqu'ils débouchaient sur des escaliers, furent supprimés. Le plan finalement adopté en octobre 1940 proposa la création d'une place de 70 sur 75 mètres environ, à la tête du pont, dans l'axe de celui-ci et de la rue Denis-Papin, entre les quais et la rue des Orfèvres et prévoyait d'y imposer des servitudes d'architecture. Une vue perspective datant d'août 1940 témoigne du caractère monumental qu'il entendait lui conférer, ce document constitue l'unique témoignage graphique de l'aspect architectural que Paul Robert-Houdin imagina pour la place.

La place de tête de pont dans le plan de Charles Nicod, 1941-43

La conception d'une place de tête de pont fut reprise par Charles Nicod. Animé par les considérations hygiénistes chères à l'époque, l'urbaniste proposa en effet un plan ponctué par des places nombreuses, censées assurer circulation de l'air et luminosité. Parmi elles, le rond-point qui prit par la suite le nom de rond-point de la Résistance, avait également pour fonction de décongestionner le carrefour du pont formé par la route nationale 152, reliant Orléans et Tours, et la route nationale 156-157 reliant Laval et Châteauroux.

Etude spéciale d'architecture par Nicod et Billard : façade principale sur la Loire, 1943. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1).Etude spéciale d'architecture par Nicod et Billard : façade principale sur la Loire, 1943. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1).Une étude architecturale fut menée par les architectes Charles Nicod et Jacques Billard pour préciser ce projet de place. La recherche de fluidité de la circulation automobile fut traduite dans un plan dégagé et un dessin en hémicycle dans l'axe d'une rue Denis-Papin élargie. Ce faisant, il préserva également les perspectives et les vues découvertes après les destructions et les déblaiements de la ville. Il préconisa pour cela l'ouverture de deux voies rayonnantes, étroites (sept mètres de large) et piétonnes, assurant d'une part la vue sur le clocher Saint-Louis et d'autre part la vue sur la place Louis-XII. Dans cette étude, les deux architectes dessinèrent également la discipline spéciale d'architecture à laquelle la construction des immeubles sur le place devait être soumise. Le nombre d'étage fut limité à deux étages carrés et un étage de comble au-dessus du rez-de-chaussée. Le long de la rue Denis-Papin cependant, il fut décidé dans un modificatif faisant suite à une requête du conseil municipal, d'autoriser la construction d'immeubles de même hauteur que ceux conservés dans la partie épargnée de la rue soit : un rez-de-chaussée, trois étages, et un étage de comble. Le style proposé, caractérisé par la régularité des rythmes verticaux et horizontaux et l'usage de matériaux locaux - pierre de taille, brique, ardoise - était sobre et élégant.

Une place symbolique

La reconstruction de Blois ne commença pas avant la Libération mais elle commença, très symboliquement, par l'îlot J donnant sur le rond-point de la Résistance. La construction de l'îlot J, lancée en 1946, fut le lieu de la cérémonie de pose de la première pierre de la reconstruction de la ville par le Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, François Billoux, le 22 septembre 1946. Tous les plans d'exécution des immeubles donnant sur la place furent établis par l'architecte Paul Robert-Houdin et respectèrent rigoureusement les dispositions proposées dans l'étude spéciale d'architecture de Charles Nicod et Jacques Billard. Après l'îlot J, la construction de l'îlot I commença en 1949, puis suivirent celles des îlots H à partir de 1950, et K à partir de 1951. L'aménagement de la place elle-même n'intervint que dans la seconde moitié des années cinquante lorsque les travaux des immeubles formant son cadre architectural furent achevés et que la place fut dégagée des matériaux de construction qui y étaient stockés.

La place de tête de pont dans la reconstruction blésoise

Rond-point de la Résistance, années soixante. (Collection particulière, B. Guignard ; Editions Valoire-Estel).Rond-point de la Résistance, années soixante. (Collection particulière, B. Guignard ; Editions Valoire-Estel).

La création de la place de tête de pont est un point central du plan de Reconstruction et d'Aménagement de Blois dont elle synthétise une grande partie des questionnements. Il s'agit tout d'abord d'un rond-point. Dans la perspective de l'urbanisme rationalisateur de l'époque, qui repensa la ville avec l'automobile, elle eut tout d'abord pour fonction de faciliter la circulation. Mais la place de tête de pont constitua aussi une nouvelle entrée sur la partie basse de la ville et une vitrine de sa reconstruction tout en s'intégrant architecturalement dans son environnement par son gabarit, ses formes et ses couleurs.

Appellations place de la Résistance, tête de pont de la rive droite
Dénominations place
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : rond point de la Résistance
Cadastre : 1980 DN non cadastré, domaine public ; 1980 DO non cadastré, domaine public

A la veille de la guerre, le pont, construit au début du XVIIIe siècle, débouchait directement sur la rue Denis-Papin, ouverte dans la seconde moitié du XIXe. Il manquait alors, de l'avis des Blésois, une place de tête de pont reliant le pont et la rue et facilitant la circulation à leur carrefour. En effet, la rue Denis-Papin ayant été réduite à l'état de ruine dans sa partie sud et jusqu'au pont lors des bombardements de juin 1940, l'idée de créer une place dans l'axe du pont s'imposa dans l'ensemble des projets de reconstruction proposés dès l'été 1940 par les Blésois. Elle fut reprise dans le projet de Paul Robert-Houdin validé à l'automne 1940, puis dans celui de Charles Nicod en 1941-42. Comme pour toutes les places reconstruites de la ville, une étude spéciale d'architecture fut menée, Charles Nicod et Jacques Billard en furent chargés. Il proposèrent une place au plan dégagé et hémicirculaire dans l'axe d'une rue Denis-Papin élargie. Les perspectives découvertes après les destructions étaient préservées par l'ouverture de deux voies nouvelles rayonnantes. Ils dessinèrent enfin la discipline d'architecture sobre et élégante à laquelle la construction des immeubles devait être soumise. La reconstruction de Blois commença place de la Résistance avec celle de l'îlot J en 1946. Cet îlot fut le lieu de la cérémonie de pose de la première pierre de la reconstruction de la ville par le Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, le 22 septembre 1946. Tous les plans d'exécution des immeubles donnant sur la place furent établis par l'architecte Paul Robert-Houdin et respectèrent rigoureusement les dispositions proposées dans l'étude spéciale d'architecture de Charles Nicod et Jacques Billard. Après l'îlot J, la construction de l'îlot I commença en 1949, puis suivirent celles des îlots H à partir de 1950, et K à partir de 1951. L'aménagement de la place elle-même n'intervint que dans la seconde moitié des années cinquante. L'aménagement du rond-point a depuis été adapté à une circulation automobile plus dense. Par ailleurs, le cadre architectural a perdu un peu de son homogénéité et l'espace de la place a diminué du fait de l'évolution des commerces installés en rez-de-chaussée et notamment de l'adjonction de terrasses couvertes. Il en résulte une place plus encombrée qu'à l'origine, dont la fonction se limite à celle de carrefour.

Période(s) Principale : milieu 20e siècle
Dates 1946, daté par source
Auteur(s) Auteur : Nicod Charles, architecte, attribution par source
Auteur : Billard Jacques, architecte, attribution par source
Auteur : Robert-Houdin Paul, architecte, attribution par source

Le rond-point de la Résistance se situe rive droite, en tête du pont Jacques-Gabriel, au croisement de quatre voies : la route nationale des quais et les rues Denis-Papin, Henry-Drussy et Emile-Laurens. De forme hémicirculaire, elle s'ouvre sur la Loire et rayonne vers les points focaux de la ville : le château, la cathédrale, le grand-escalier Denis-Papin. Une ordonnance d'architecture a été appliquée à la place et au début de la rue Denis-Papin, conférant à l'ensemble une grande homogénéité. Les quatre îlots donnant sur la place y présentent une façade incurvée de quatre travées chacune. Ces façades d'immeubles de quatre niveaux - un rez-de-chaussée en arcades, deux étages carrés et un étage de comble - se caractérisent par leur mode constructif en pierre de taille. Leurs différentes parties se distinguent en outre subtilement par un traitement de surface varié du matériau. Elles sont équilibrées verticalement et unifiées horizontalement respectivement par le rythme régulier des travées soulignées et par le balcon filant du premier étage. Ces derniers se justifient essentiellement par leur rôle de composition, leur situation sur un carrefour automobile limitant de fait leur valeur d'usage. La couverture à longs pans en forte pente est ouverte de lucarnes à frontons triangulaires et hérissée de hautes souches de cheminées en brique. L'ordonnance se poursuit rue Denis-Papin où les immeubles ont un étage attique en plus, soit cinq niveaux : un rez-de-chaussée en arcades, deux étages carrés, un étage attique et un étage de comble. Le mode constructif y est plus modeste puisque les façades y présentent une maçonnerie traditionnelle en pierre avec moellon en remplissage sous enduit crépi. Les lucarnes à croupe, qui y remplacent les lucarnes à fronton triangulaire, manifestent également subtilement cette hiérarchie spatiale. Les façades sont, là aussi, fortement structurées : les travées sont soulignées par l'encadrement en pierre saillant des baies. La liaison entre ces deux parties, qui diffèrent dans leur gabarit du fait de l'adjonction d'un niveau d'attique sur la rue Denis-Papin, est très délicatement dessinée. La corniche de la partie sur la place est alignée avec celle séparant le second étage-carré de l'étage-attique sur la rue Denis-Papin. La clarté de la pierre des lucarnes à fronton de la place fait écho à celle de la façade de l'étage-attique. Les lucarnes à croupe donnant sur la rue Denis-Papin s'intègrent sobrement au toit couvert d'ardoise. Structurée et rythmée par cette ordonnance, la place, d'un grand équilibre, fait sobrement référence à une architecture du XVIIIe siècle prestigieuse et contribue à monumentaliser ponctuellement le front de Loire.

Statut de la propriété propriété publique
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • Charles Nicod (1878-1967)

    Né en 1878 à Levier dans le Doubs, Charles Nicod entra à l'école des beaux-arts de Paris en 1891 dans l'atelier de Deglane, Paulin et Guadet. Il fut diplômé en 1907 et obtint la même année le premier grand prix de Rome. A son retour de la villa Médicis, il entama une carrière marquée à la fois par l'enseignement et par des expériences dans les domaines de l'urbanisme et de l'architecture.

    En sa qualité d'Architecte en chef des Bâtiments civils et Palais Nationaux, il travailla notamment pour l'éducation nationale. Il construisit des écoles à Paris, coordonna la construction du lycée de Croix-Daurade à Toulouse et du collège de garçons de Montargis.

    Il développa également dans l'entre-deux-guerres une carrière d'architecte indépendant en collaboration avec Emile Molinié et Albert Poulthier, réalisant pour une clientèle aisée une architecture de villégiature de style art déco dans le nord de la France et sur la Côte d'Azur où Edouard-Jean Niermans représentait l'équipe.

    Sa carrière d'urbaniste fut marquée par les deux reconstructions. Au cours de la première, il fut chargé de la reconstruction des régions dévastées de l'Oise et du Pas-de-Calais, entre 1919 et 1925. Après les destructions de 1940, il participa au comité national de la Reconstruction, mis en place sous l'Occupation par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière, et fut chargé en mars 1941 d'établir le plan de reconstruction et d'aménagement de la ville de Blois. Après la Libération, il fut affecté à la reconstruction des villes de Bayonne et Toulouse.

    Il fut élu membre de l'Institut en 1956 au fauteuil de Roger-Henri Expert.

  • Paul Robert-Houdin (1894-1978)

    Paul Robert-Houdin est né à Versailles en 1894. Diplômé de l'école spéciale d'architecture, il développa une carrière protéiforme touchant à l'architecture, la décoration, la mise en valeur du patrimoine, au service de maîtres d'ouvrages privés et publics.

    Il eut, dès la seconde moitié des années vingt, un grand intérêt pour l'étude et la restauration de grands monuments historiques de la région de la Loire et devint architecte des monuments historiques, puis conservateur des châteaux de Chambord, Talcy, Blois, Chaumont et Fougères. Il s'illustra plus tard en inventant les spectacles son et lumière.

    Parallèlement, il développa dans les années trente une carrière auprès de maîtres d'ouvrage publics et privés à Blois et dans le Blésois. A partir de 1937, il conçut, avec l'architecte Neel, les plans de la nouvelle prison de Blois. En 1937 également, il participa au concours pour la construction d'un nouvel hôtel de ville à Blois. Il y conçut également des maisons pour des commanditaires privés.

    Quand la ville fut frappée par les bombardements et les incendies en juin 1940, il fut très tôt sollicité et chargé des déblaiements et de l'installation de baraquements provisoires. Son intérêt pour le patrimoine le poussa à s'attacher à préserver, au moment des déblaiements, les édifices partiellement sinistrés et présentant un intérêt historique. En septembre 1940, la commission chargée depuis l'été d'étudier les conditions de la reconstruction de la ville, le nomma pour l'établissement d'un plan d'aménagement de la partie détruite de la ville. Son projet, validé par la délégation spéciale de la ville en octobre 1940, fut par la suite remplacé par le plan de Charles Nicod nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941. Il constitua néanmoins une première synthèse des projections de développement de la ville.

    Après la Libération, il prit une large part à l'exécution du plan de reconstruction et notamment à l'édification d'immeubles de logements. Il dessina tous les immeubles donnant sur le rond-point de la Résistance. Ces derniers étaient soumis à l'ordonnance d'architecture proposée en 1943 par Charles Nicod et Jacques Billard, il leur donna une réalisation très soignée et respectueuse de l'environnement urbain. Mais il dessina aussi des immeubles moins en visibilité et donc moins contraints dans les îlots P, F et G. Sa sensibilité d'architecte des monuments historiques est lisible dans ces exemples qu'il agrémenta systématiquement de détails pittoresques empruntés au passé.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Blois. Série Fi : 12 Fi 1. Plans et études pour la reconstruction de Blois et de Vendôme par Charles Nicod, Louis Arretche, André Aubert, Charles Dorian. 31 planches. 1942-1944.

  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 69. Blois, plan d'extension, commission départementale d'aménagement et d'extension des villes, sous-commission d'extension de Blois. 1931.

  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 70. Le plan de reconstruction de Blois et les études architecturales qui s'y rapportent. La tête de pont rive droite et ses abords. La dépêche du Centre. 23 avril 1943.

  • AD Loir-et-Cher. Fonds Paul Robert-Houdin : Série Fi : 176 FiV 65. Blois, projets d'aménagement et de reconstruction. 1931-1958.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/27. Reconstruction. Commission départementale d'urbanisme. 1943-56.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/28. Reconstruction. Retards dans Reconstruction.

Documents figurés
  • photog. noir et blanc. Auteur inconnu. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 14). (cf. illustration n° IVR24_20114100121NUC2A).

  • Plan de reconstruction et d'aménagement, sur papier, détail, 1942. Par Nicod, Charles (architecte). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100574NUC2A).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 18655). (cf. illustration n° IVR24_20104100048NUC1).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20350). (cf. illustration n° IVR24_20104100049NUC1).

  • plan de place de tête de pont, sur papier, 1940. Par Robert-Houdin, Paul (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 127 J 70). (cf. illustration n° IVR24_20104101023NUC2A).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20356). (cf. illustration n° IVR24_20104100056NUC1).

  • photog n. et b., 6,5 x 11 cm. Auteur inconnu. (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195W44). (cf. illustration n° IVR24_20104100973NUC2).

  • Photog., n. et b. Auteur inconnu. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1). (cf. illustration n° IVR24_20114100368NUC2A).

  • Photog., n. et b. Auteur inconnu. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1). (cf. illustration n° IVR24_20114100369NUC2A).

  • Photog., n. et b. Auteur inconnu. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1). (cf. illustration n° IVR24_20114100371NUC2A).

  • carte postale, édition Valoire-Estel - Blois. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100292NUC2AB).

  • photog. noir et blanc. Auteur inconnu. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 14). (cf. illustration n° IVR24_20114100122NUC2A).

  • plan sur papier, couleurs. Par Robert-Houdin, Paul (architecte) ; Lafargue, Henri (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 176 FiV 65). (cf. illustration n° IVR24_20114100154NUC2A).

  • carte postale, éditeur Dorange. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100258NUC2AB).

  • carte postale, éditeur ND. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100169NUC2AB).

  • Photog., n. et b. Auteur inconnu. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1). (cf. illustration n° IVR24_20114100370NUC2A).

  • carte postale, éditeur ALFA. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100295NUC2AB).

  • vue perspective, couleurs, 1940. Par Robert-Houdin, Paul (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 176 FiV 65). (cf. illustration n° IVR24_20114100156NUC2A).

  • carte postale Louis Lenormand à Orléans. Par Lenormand, Louis (photographe). (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100259NUC2AB).

  • carte postale Louis Lenormand à Orléans. Par Lenormand, Louis (photographe). (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100260NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Lecomte, Charles (photographe). (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100204NUC2AB).

  • Hubert-Fillay. Chronique blésoise. Plans de reconstruction. La dépêche du Centre, 11-8-1940. Par Hubert-Fillay. (Archives départementales de Loir-et-Cher, 127 J 70). (cf. illustration n° IVR24_20124100016NUC1A).

  • photog. noir et blanc. Auteur inconnu. (Archives d'architecture du XXe siècle, Paris, 72 IFA : 14). (cf. illustration n° IVR24_20114100118NUC2A).

  • photog. noir et blanc. Auteur inconnu. (Archives d'architecture du XXe siècle, Paris, 72 IFA : 14). (cf. illustration n° IVR24_20114100117NUC2A).

  • projet d'aménagement (détail), sur papier, 1931. Par Robert-Houdin, Paul (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 176 FiV 65). (cf. illustration n° IVR24_20114100148NUC2A).

  • plan de reconstruction (détail), sur papier, octobre 1940. Par Robert-Houdin, Paul (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 176 FiV 65). (cf. illustration n° IVR24_20114100150NUC2A).

  • détail de carte postale, cliché ERVU. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100233NUC2AB).

Bibliographie
  • COSPEREC, Annie. Blois : la forme d'une ville. Paris : Imprimerie nationale, 1994. (Cahiers du patrimoine, 35).

  • ERMAKOFF, Thierry , MELOT, Michel. Blois, une étrange douceur. Paris : Editions Autrement, Collection France n°17, 1998.

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