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Place du Château

Dossier IA41000724 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

La place du Château détruite en 1940.

La place du Château qui s'étend à l'est de l'aile Louis-XII était avant la guerre bordée sur ses deux autres côtés par des maisons et des hôtels particuliers, qui comportaient pour la plupart deux étages carrés comme en témoignent les cartes postales d'avant-guerre. Sur le côté sud, à proximité du château, se trouvaient notamment les hôtels d'Amboise et d'Epernon, classés au titre des monuments historiques.

Les bombardements de juin 1940 et l'incendie qu'ils déclenchèrent détruisirent la totalité des immeubles bordant le sud de la place du Château. Les hôtels d'Amboise et d'Epernon, dans l'entourage immédiat du Château, furent dynamités afin que les flammes qui ravageaient la ville n'atteignent pas le monument. Le mur de soutènement qui délimitait la terrasse au sud et auquel étaient adossés avant-guerre les immeubles de la rue des Violettes se trouva découvert sur une longueur de plus de cent mètres.

Dans la période de déblaiement qui suivit, et qui fut l'occasion pour les historiens et archéologues de la ville de mener rapidement quelques opérations de fouilles, le docteur Lesueur trouva dans les décombres de la place du Château des fragments lapidaires qui apportèrent des éléments nouveaux pour la connaissance de la collégiale Saint-Sauveur, autrefois édifiée dans l'avant-cour du château.

Le débat de la reconstruction de la place du Château, 1940-1942.

La question de l'aménagement de la place du Château, place centrale, prestigieuse et dominant la ville, fut de celles qui suscitèrent le plus de polémique dans le contexte de la reconstruction de Blois. Le débat se concentra sur la question de la reconstruction des immeubles qui avant les destructions de juin 1940 bordaient le côté sud de la place en une ligne continue.

Le plan de l'architecte blésois Paul Robert-Houdin adopté en octobre 1940 prévoyait de les reconstruire en imposant toutefois un alignement et des servitudes. Nommé par le Commissariat Technique à la Reconstruction Immobilière, l'architecte parisien Charles Nicod lui succéda en mars 1941. Il prit sur ce point le contrepied de l'architecte blésois des monuments historiques en proposant de ne pas reconstruire ces immeubles. Il reprenait toutefois une idée qui avait été émise par ailleurs, notamment dès août 1940, par l'érudit blésois Hubert-Fillay qui avait déjà alors suscité un vif débat. Nicod préconisa en outre qu'aucune construction privée ne soit faite sur la place, qu'on y installât un musée lapidaire de plein-air, que l'on ne reconstruisit pas les immeubles de la rue des Violettes, que l'on rétablit les remparts dans leur état d'origine et que l'on aménage un jardin d'enfants aux pieds de ceux-ci. L'objectif poursuivi était la mise en valeur touristique et paysagère de Blois : en ne reconstruisant pas ce front continu de bâtiments le long de la bordure sud de la place du château, l'architecte proposait d'offrir au touriste arrivant à Blois par le pont le spectacle de la façade Louis-XII et d'ainsi mettre en valeur les richesses patrimoniales de la ville. Inversement, depuis la terrasse ainsi dégagée, le touriste pouvait découvrir un large panorama sur la ville et sur le fleuve, embrassant l'église Saint-Nicolas, le pont et l'ensemble composé par la cathédrale et l'ancien évêché. Dans la même logique que celle adoptée pour le dessin de la place de tête de pont, il proposait de conserver des perspectives découvertes après les bombardements de la ville. Il proposa même de démolir la demeure du XIXe siècle à façade de brique faisant face au château, dite maison Bauge.

Dossier administratif du projet de Charles Nicod, mars 1942, annexe 10.- Vue perspective du château depuis le milieu du pont montrant le dégagement de la façade Louis XII.Dossier administratif du projet de Charles Nicod, mars 1942, annexe 10.- Vue perspective du château depuis le milieu du pont montrant le dégagement de la façade Louis XII.

La proposition de Nicod suscita une vive polémique. L'examen de son plan par la sous-commission départementale de la Reconstruction, en mai puis en juillet 1941, est représentatif des différentes opinions en présence. Le représentant de l'administration des beaux-arts estimait nécessaire la reconstruction d'habitations privées au sud de la place, considérant leur valeur d'écrin, indispensable à la mise en valeur de la façade Louis-XII. Le représentant de la Ville de Blois se prononça également en faveur de leur reconstruction mais dans la perspective du relogement de tous les Blésois. L'argument le plus fort de la proposition de Nicod fut sans doute sa réversibilité : la non-reconstruction en effet n'engageait pas l'avenir. Sa proposition fut finalement acceptée de justesse.

Suite à ce débat, et dans une seconde version de son plan qu'il présenta à la ville en mai 1942, Charles Nicod proposa que l'on reconstruise uniquement les deux hôtels d'Amboise et d'Epernon afin de rendre au Château une échelle spatiale et des abords plus cohérents historiquement. Au cours du nouvel examen du plan qui s'ensuivit, le maire de Blois, Henry Drussy, demanda que les terrains de l'ancienne prison soient compris dans les terrains de compensation considérant que leur emplacement pourrait être « intéressant pour compenser la perte morale résultant de la non reconstruction des immeubles de la place du Château. » Après l'enquête d'utilité publique à laquelle fut soumis le plan en mai 1942, le conseil municipal ne souscrit pas au plan d'aménagement d'un jardin sur la place libérée du château pour des raisons financières : en raison des frais supplémentaires permanents que cela impliquait pour la ville. Il proposa qu'une décision définitive au sujet de l'aménagement de la place du Château ne soit prise qu'une fois les îlots en contrebas reconstruits.

Le plan finalement validé en novembre 1942 établit que la place du Château ne devait pas être reconstruite hormis les hôtels d'Amboise et d'Epernon. Un espace public et des espaces plantés devaient être aménagés sur les côtés sud et est de cette place, en lieu et place des anciens bâtiments et de la maison Bauge. Ce choix eut des répercussions sur l'ensemble de l'aménagement de la ville basse. En effet, pour préserver les perspectives sur le Château et depuis le Château, le règlement de reconstruction adopta des servitudes de hauteur imposées aux immeubles de la ville basse, en particulier au sud de la place du Château.

Le projet de Charles Dorian, 1942-1943.

L'architecte parisien Charles Dorian fut chargé dès mai 1942 d'effectuer une étude spéciale d'architecture précisant les nouvelles dispositions de l'aménagement de la place du Château, «y compris les abords du mur de soutènement dans sa partie supérieure, construction de jardins et remplacement de la Maison détruite.»

Projet d'aménagement de l'extrémité est de la place du Château, par Charles Dorian, 04-1949.Projet d'aménagement de l'extrémité est de la place du Château, par Charles Dorian, 04-1949.Il rendit un projet le 18 août 1943 illustré notamment par deux études représentant l'une, la place et la terrasse telles qu'elles apparaîtraient depuis l'étage du Château, l'autre, la façade sur la Loire de la place. Il y proposait de substituer à l'ancienne place un nouvel écrin pour le Château, écrin architectural et végétal, composé des hôtels d'Epernon et d'Amboise reconstruits, puis d'une double rangée de tilleuls ou d'ormes taillés en rideau. En plus de ce décor de verdure, il proposait pour matérialiser la limite sud de la place disparue dans les incendies, d'accentuer le dénivelé entre la place d'une part et la terrasse implantée à l'emplacement des maisons et hôtels disparus en juin 1940 d'autre part. Ce dénivelé aurait aussi pour intérêt de délimiter clairement l'affectation des différents espaces. Face au Château, le terre-plein accessible aux voitures et aux cars était destiné à l'accueil des visiteurs et des touristes, mais pas au stationnement de leur véhicule. Accessible depuis ce terre-plein par quelques marches, la vaste terrasse surplombant la place Louis-XII, quant à elle, devait être ponctuée à l'est et à l'ouest par des fontaines et plantée de trois parterres à la française dont les broderies étaient sensées s'inspirer des dessins de Jacques Androuet Du Cerceau donnant l'état du Château et de ses jardins dans la seconde moitié du XVIe siècle. Les aménagements d'une exèdre bordée de verdure taillée à l'ouest des jardins, d'un belvédère sur un ancien contrefort de la terrasse, et à l'est sur une terrasse intermédiaire, d'une fontaine adossée placée dans une niche ornée de coquillages complétaient cet ensemble.

Ce projet se saisissait en outre de l'occasion de la reconstruction pour structurer la place. Il prévoyait tout d'abord la démolition de l'hôtel Bauge. L'architecte considérait en effet son architecture comme un mauvais pastiche de l'architecture de la façade est du Château, et jugeait que son gabarit nuisait à l'échelle du fond de la place tout en masquant la vue sur la partie est de la ville. Il programma donc à sa place la plantation d'un espace gazonné et de grands arbres. Par ailleurs, il prévoyait le rétablissement d'un axe de part en part de la place. L'axe visuel entre la porte d'entrée du Château et le haut de l'escalier n'étant pas dans le prolongement de celui de l'escalier, il fut prévu de placer à cet endroit un motif justifiant le changement de direction : Dorian précisa que ce motif devait être visible de tous les côtés et proposa donc qu'il s'agisse d'un groupe de grâces ou de joueurs ou d'un grand vase.

Enfin, avec un même soin de détail, ce projet proposait des intentions pour le dessin de ces aménagements : la clôture des parterres par des balustrades de pierre et des portillons de fer forgé, un point d'eau à l'est des parterres entouré de quelques grands arbres existants, l'aménagement d'un belvédère avec une table d'orientation. Ces détails firent l'objet de projets précis dans les années suivantes.

Première phase de travaux : le mur de soutènement et les hôtels d'Amboise et d'Epernon, de 1947 au début des années 1950.

La restauration du mur de soutènement limitant au sud la place du château entre les grands et les petits degrés fut le préalable à l'aménagement de la place elle-même. Les travaux à mener étaient de deux ordres - technique et architectural - et furent donc répartis entre le service des Ponts et Chaussées, et André Aubert qui menait l'étude spéciale d'architecture de la place Louis-XII. D'importants travaux de sondage furent alors menés pour connaître l'état du sol et du mur découvert derrière les maisons de la rue des Violettes et déterminer l'éventuelle existence d'un mur de soutènement plus ancien. Ces travaux furent l'occasion de confirmer la validité d'un plan datant du XVIIIe siècle représentant les fondations de l'église Saint-Sauveur qui, entièrement démolie à la Révolution, demeurait assez mal connue. En revanche, aucun mur de soutènement plus ancien ne fut découvert. La reconstruction des hôtels d'Epernon puis d'Amboise fut réalisée ensuite à la fin des années quarante.

Deuxième phase : la lente réalisation des jardins de la place du Château, 1950-1960.

L'aménagement des espaces publics à proprement parler, place et jardins, ne présentait pas le même caractère d'urgence que la reconstruction de logement pour les sinistrés et s'étala ensuite sur de longues années. Dès mai 1942, le conseil municipal avait émis une réserve sur le plan d'aménagement d'un jardin sur la place libérée du château en raison des frais supplémentaires permanents que cela impliquait pour la ville. Il avait alors remis sa décision sur ce sujet à une période ultérieure à la reconstruction des îlots en ville basse.

La réalisation des jardins se mit donc lentement en place. A la fin des années quarante, les travaux de nivellement et de séparation des niveaux de la place et de la terrasse par des arbres et des balustrades furent effectués. Dès la fin des années quarante et le tout début des années cinquante, Charles Dorian proposa des études pour les fontaines est et ouest ponctuant cet espace. Dans ces projets, le projet de démolition de la maison Bauge était abandonné. Cependant, dans la première moitié des années cinquante, les aménagements réalisés étaient encore peu nombreux : le mur de soutènement était consolidé, murets, arbres et bancs délimitaient la terrasse, les trois parterres commençaient à prendre forme. Mais les aménagements des fontaines ouest et est n'étaient pas encore sortis de terre.

Finalement, en septembre 1955, le Ministère de la Reconstruction et du Logement établit un nouveau contrat avec l'architecte Charles Dorian le chargeant d'effectuer de nouvelles études pour les derniers aménagements de la place : la fontaine ouest, la balustrade des parterres, la partie est de la terrasse supérieure et le jardin est inférieur. L'aménagement de la fontaine ouest sur les plans de 1949-50 eut lieu en 1955-56. L'aménagement de l'extrémité est qui comprenait un ensemble plus complexe de jonction avec les grands degrés, le socle de la statue, « la Jeune Loire », la fontaine et des emmarchements, la margelle et le bassin fit l'objet de nouveaux projets simplifiés en 1955-56 et n'eut lieu qu'en 1957-1960.

Les plantations d'arbres et de parterres quant à elles furent réalisées au fur et à mesure. Il est à noter que les projets de parterres en broderie furent revus à l'économie : ils forment grossièrement quelques formes géométriques mais sont sans rapport avec les jardins prévus par Dorian à l'origine. Ceux qui devaient encadrer les fontaines ouest et est n'ont quant à eux pas été réalisés du tout.

Vue aérienne, au second plan, la place du Château, années soixante.Vue aérienne, au second plan, la place du Château, années soixante.

L'évolution de la place du Château depuis 1960

Les changements les plus manifestes qui sont intervenus sont d'ordre fonctionnels : le parking qui s'était établi devant le Château a été supprimé, la Maison de la Magie s'est installée dans l'hôtel Bauge. Les aménagements publics peu entretenus se sont détériorés : les fontaines ne sont plus en eau, la statue de la Jeune Loire a disparu sans qu'il ait été possible d'en apprendre plus au cours de l'étude, les motifs iconographiques qui ornaient le fond du bassin se dégradent et disparaissent peu à peu.

Appellations place du Château
Dénominations place
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : place du Château
Cadastre : 2011 DN non cadastré ; domaine public ;

La place du Château qui s'étend à l'Est de l'aile Louis-XII du monument était avant la guerre bordée sur ses deux autres côtés par des maisons et des hôtels particuliers. Les bombardements de juin 1940 et l'incendie qu'ils déclenchèrent détruisirent la totalité des immeubles bordant son côté sud. Les hôtels d'Amboise et d'Epernon, dans l'entourage immédiat du Château, furent dynamités afin que les flammes qui ravageaient la ville n'atteignent pas le monument. La question de l'aménagement de la place du Château, place centrale, prestigieuse et dominant la ville, fut de celles qui suscitèrent le plus de polémique dans le contexte de la reconstruction de Blois. Le débat se concentra sur la question de la reconstruction des immeubles qui avant les destructions de juin 1940 bordaient le côté sud de la place en une ligne continue. La solution préconisée par Charles Nicod de ne pas les reconstruire l'emporta finalement, sur l'argument de sa réversibilité. L'architecte parisien Charles Dorian fut chargé dès mai 1942 d'effectuer une étude spéciale d'architecture précisant les nouvelles dispositions de l'aménagement de la place. Son projet proposait de créer un nouvel écrin pour le Château, écrin architectural et végétal, composé des hôtels d'Epernon et d'Amboise reconstruits, puis d'une double rangée de tilleuls ou d'ormes taillés en rideau. La vaste terrasse surplombant la place Louis-XII, ainsi délimitée, devait être plantée de trois parterres à la française en broderies et être ponctuée à l'est et à l'ouest par des fontaines. La restauration du mur de soutènement limitant au sud la place du château entre les grands et les petits degrés fut le préalable à l'aménagement de la place elle-même. Elle commença en 1947 après d'importants travaux de sondage menés pour connaître l'état du sol et du mur découvert derrière les maisons de la rue des Violettes, et déterminer l'éventuelle existence d'un mur de soutènement plus ancien. Ces travaux furent l'occasion de confirmer la validité d'un plan datant du XVIIIe siècle représentant les fondations de l'église Saint-Sauveur. La reconstruction des hôtels d'Epernon puis d'Amboise fut réalisée ensuite à la fin des années quarante. L'aménagement des espaces publics à proprement parler, place et jardins, considéré comme secondaire dans un contexte de pénurie de logement, s'étala sur de longues années. A la fin des années quarante, les travaux de nivellement et de séparation des niveaux de la place et de la terrasse par des arbres et des balustrades furent effectués. Dès la fin des années quarante et le tout début des années cinquante, Charles Dorian proposa des études pour les fontaines est et ouest ponctuant cet espace. Cependant, dans la première moitié des années cinquante, les aménagements réalisés étaient encore peu nombreux : le mur de soutènement était consolidé, murets, arbres et bancs délimitaient la terrasse, les trois parterres commençaient à prendre forme. Mais les aménagements des fontaines ouest et est n'étaient pas encore sortis de terre. Finalement, en septembre 1955, le Ministère de la Reconstruction et du Logement établit un nouveau contrat avec l'architecte Charles Dorian le chargeant d'effectuer de nouvelles études pour les derniers aménagements de la place. Ces derniers eurent lieu entre 1955 et 1960. Les plantations d'arbres et de parterres quant à elles furent réalisées au fur et à mesure, et à l'économie. Les changements les plus manifestes qui sont intervenus depuis sont d'ordre fonctionnels : le parking qui s'était établi devant le Château a été supprimé, la Maison de la Magie a été installée dans l'hôtel Bauge. Les aménagements publics peu entretenus se sont détériorés : les fontaines ne sont plus en eau, la statue de la Jeune Loire a disparu sans qu'il ait été possible d'en apprendre plus au cours de l'étude, les petits éléments de décor qui ornaient le fond du bassin de motifs aquatiques se dégradent et disparaissent peu à peu.

Période(s) Principale : milieu 20e siècle
Dates 1947, daté par source
Auteur(s) Auteur : Nicod Charles, architecte, attribution par source
Auteur : Dorian Charles, architecte, attribution par source

La place du Château s'étend à l'est de l'aile Louis-XII du Château, sur l'éperon rocheux, entre la place Louis-XII et la place Victor-Hugo. On y accède sur le côté nord, depuis la place Victor-Hugo, par une rue en pente douce passant devant la salle des États, et depuis la place Louis-XII et la ville basse, par les petits et les grands degrés du Château. La place est de forme triangulaire. Son côté ouest est constitué par la façade Louis-XII du château, une maison du XIXe, maintenant occupée par la Maison de la Magie lui fait face. Une allée plantée d'une double rangée d'arbres perpétue la limite sud de la place avant-guerre. Un jardin à la française se déploie au sud de cette allée, sur une terrasse, légèrement plus basse, délimitée par les remparts. Ce jardin est composé de trois parterres carrés et est ponctué à l'est et à l'ouest respectivement par un bassin et une fontaine qui ne sont plus en eau.

Statut de la propriété propriété de la commune
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • HUBERT-FILLAY. La Reconstruction de Blois : la place du Château, le nouvel Hôtel des Postes. Le Jardin de la France, Blois et le Loir-et-Cher. Octobre-novembre-décembre 1941, n° 260-261-262, p. 21-24. (extrait)

    Dès la fin de l'année 1941, l'érudit et grand défenseur du patrimoine blésois, Hubert-Fillay appelle de ses vœux un projet de nouvelle place du Château qui annonce déjà les grandes lignes de la proposition de Nicod.

    "Le déblaiement de la basse ville sinistrée conduit à certaines réflexions sur la reconstruction de Blois. Les distances entre les monuments sauvés, leur importance même, leur valeur décorative dans la masse de la Cité, apparaissent sous un jour nouveau.

    Par exemple, la façade Louis XII du Château retient en premier les regards par son élégante splendeur. Lorsqu'on vient de Sologne, quand on arrive au milieu du pont de Blois, on constate que la merveille de Blois, son "enseigne", comme l'a dit un haut fonctionnaire du département, la fleur même de la Cité, c'est le palais du "Père du Peuple".

    Il suffit de contempler ce chef d’œuvre, ces bâtiments à la couleur rose tendre, soulignés par la blancheur du tuffeau ouvragé et par le bleu gris de l'ardoise des toitures, pour comprendre que le dégagement du Château par les évènements tragiques de juin 1940, impose aux reconstructeurs le respect du joyau qui surplombe notre Cité.

    Il n'est pas possible d'édifier des maisons d'une certaine hauteur entre la vallée de la Loire et le Château, de tendre un écran devant la merveille révélée.

    Que l'on dresse quelques constructions légères et de faible élévation, destinées à mettre la façade Louis XII à l'échelle et en équilibre au fond de la place ; que l'on conserve, avec quelques aménagements, les vestiges des hôtels d'Amboise et d'Epernon, telle est certainement la solution que commandent les faits, - et le souci des intérêts de Blois.

    On ne peut pas songer à faire du vieux neuf, à construire des bâtiments copiant ceux du passé. Si les propriétaires des terrains y consentaient, je doute fort que les dépenses qu'ils exposeraient - même partiellement remboursées par l'Etat, - les encourageraient à cette tâche.

    Refaire les remparts qui ne sont plus étayés par les maisons de la rue des Violettes, ouvrir de larges trouées sur la vallée de la Loire, et notamment sur le pont de Blois, installer à côtés d'arbres, de fleurs, de pergolas, quelques pièces d'architecture et de sculptures anciennes, de belle tenue, recueillies chez nous : arcades, colonnades, etc..., œuvres de choix noyées, perdues en des musées lapidaires ou menacées de ruine en quelques vieilles demeures de notre Terroir, voici, je crois, la solution la plus souhaitable.

    Bien entendu un projet d'aménagement délicat et artiste comme celui-ci ne s'improvise pas. Il faudra surement mûrement réfléchir, préparer même des maquettes, des "rendus" avant de prendre une décision.

    Le Château de Blois constitue une des plus belles visions du val de Loire. Sachons le conserver.

    Je n'envisage pas dès maintenant des projets de... Rêve comme la suppression immédiate de la maison carrée qui fait face au Château et qui masque lourdement la plus belle échappée qui se puisse concevoir sur la vallée du fleuve.»

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Blois. Série Fi : 12 Fi 1. Plans et études pour la reconstruction de Blois et de Vendôme par Charles Nicod, Louis Arretche, André Aubert, Charles Dorian. 31 planches. 1942-1944.

  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 70. Le plan de reconstruction. Les études architecturales qui s'y rapportent.La dépêche du Centre. 8 et 9 mai 1943.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 44. Blois, Reconstruction, travaux : correspondance, photographies et plans. 1946-59.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1588 W 14. Blois, Projet d'Aménagement et de Reconstruction. Dossier administratif. Règlements, plans de situation de l'état actuel et de l'état futur. 1942-57.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/10. Reconstruction de Blois, Affaires diverses. 1945-48.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/27. Reconstruction. Commission départementale d'urbanisme. 1943-56.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/30. Reconstruction. Plan d'Aménagement et de Reconstruction, Blois. 1941-54.

  • AD Loir-et-Cher. Série RV : RV 3193. Blois, murs de soutènement de la place du château. 1943-47.

Bibliographie
  • BELLENGER, S. (dir.), GUIGNARD, B., DUSSEAUX, S. Cimetière Saint-Saturnin. Catalogue des collections lapidaires, 1995-2000

    p. 10-12
Périodiques
  • Urbanisme, juin 1943, n°91 ("Vallée de la Loire, reconstruction").

  • HUBERT-FILLAY. La Reconstruction de Blois : la place du Château, le nouvel Hôtel des Postes. Le Jardin de la France, Blois et le Loir-et-Cher. n° 260-261-262, Octobre-novembre-décembre 1941, p. 21-24.

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