Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Place Valin-de-la-Vaissière

Dossier IA41000736 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Un emplacement convoité avant-guerre.

Avant-guerre, l'emplacement de l'actuelle place Valin-de-la-Vaissière était occupé en bord de Loire par le collège Augustin-Thierry. (Collection particulière, B. Guignard).Avant-guerre, l'emplacement de l'actuelle place Valin-de-la-Vaissière était occupé en bord de Loire par le collège Augustin-Thierry. (Collection particulière, B. Guignard).

Avant la guerre, l'emplacement de l'actuelle place Valin-de-la-Vaissière était occupé par deux édifices monumentaux. En bord de Loire, le collège Augustin-Thierry était installé depuis 1808 dans les bâtiments de l'ancienne abbaye Notre-Dame-de-Bourgmoyen. En bord de place Louis-XII, une halle métallique à usage de marché avait été construite en 1890 par l'architecte Albert Renou.

Dans les années vingt, avec le projet de plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension (PAEE) de la ville, on avait prévu, à moyen terme, de déplacer le collège Augustin-Thierry dans la partie haute de la ville, impasse Lavallière, et de rassembler les marchés sur un site proche de la poissonnerie pour consacrer leur emplacement ainsi libéré à la construction d'un nouvel hôtel de ville ou d'un nouvel hôtel des postes. Ce projet n'aboutit pas avant la guerre mais il témoigne néanmoins de l'intérêt que suscitait déjà cet emplacement.

Les bombardements de juin 1940 et les incendies qu'ils provoquèrent détruisirent le collège Augustin-Thierry et endommagèrent la halle métallique. Ce nouvel état de fait aurait pu voir le projet du PAEE refaire surface. Mais, si la reconstruction du collège ne fut jamais envisagée in situ, le projet d'un nouvel hôtel de ville fut alors définitivement abandonné pour une solution plus économique en raison de l'ampleur de la tâche de reconstruction. Les projets d'aménagement prestigieux pour cet emplacement aux qualités nombreuses - central, ensoleillé et en bord de Loire - se succédèrent.

Que reconstruire sur cet emplacement de choix ?

Un tel site était digne de recevoir un équipement public : plusieurs y furent projetés. Le directeur départemental des PTT milita pour que l'on y construise le nouvel hôtel des postes attendu depuis les années vingt. Le plan de Paul Robert-Houdin de l'automne 1940 suggérait d'y rassembler les marchés - halle et poissonnerie - en réorientant le bâtiment en direction du fleuve. Après avoir repris à grands traits cette disposition dans sa proposition de plan de 1941, Charles Nicod proposa finalement de construire en bord de fleuve une salle des fêtes qui remplacerait le théâtre de la place Louis-XII et en bord de place Louis-XII un îlot d'habitation. Il faisait ainsi suite à l'enquête d'utilité publique de mai 1942, où le conseil municipal avait émis le souhait qu'à la place d'un grand marché rassemblant la halle et la poissonnerie, on procède à la construction d'immeubles d'habitation avec boutique en rez-de-chaussée afin d'assurer la continuité commerciale du quartier de la basse-ville et en particulier de son point focal, la place Louis-XII. Il entérinait de fait la démolition de ce qui subsistait de la halle métallique, et le projet de nouveau marché était déplacé rue des Jacobins.

Des projets mis en attente qui finissent par être abandonnés.

Le projet de salle des fêtes en bord de Loire, secondaire par rapport à l'urgence des travaux de relogement, fut un temps repoussé avant d'être abandonné. En 1953 encore, l'architecte en chef de la reconstruction de Blois, André Aubert sollicitait les services de Paul Robert-Houdin pour l'établissement de son plan. Mais à la fin des années cinquante, la salle des fêtes n'était déjà plus projetée sur cette place mais à l'emplacement de la halle aux grains en partie réutilisée. Ce projet d'équipement culturel suivit ensuite un parcours aux multiples rebondissements - projet de Paul Robert-Houdin annulé en 1966, projet de André Aubert puis projet de Aubry, Denisot, Ferrieux avec destruction de la halle annulé in extremis en 1981- mais l'emplacement de bord de fleuve ne fut plus jamais envisagé pour ce programme.

Entre-temps, l'emplacement toujours libre fut utilisé comme parking de plein air. La construction de l'îlot d'habitation et de commerce en bordure sud de la place Louis-XII était lui tributaire de la démolition du marché, sa reconstruction fut donc longtemps repoussée. La démolition du marché n'intervint qu'après l'ouverture du nouveau marché rue des Jacobins en 1961. L'idée de l'îlot d'immeubles fut alors très modifiée et ce ne fut qu'une bande d'immeubles prolongeant l'îlot D et séparant les deux places qui fut finalement construite dans le courant des années soixante.

Coeur de l'îlot D, ouvert sur la place Valin-de-la-Vaissière.Coeur de l'îlot D, ouvert sur la place Valin-de-la-Vaissière.

En 1963, l'espace laissé libre du fait des évolutions successives du programme fut baptisé place Valin-de-la-Vaissière, du nom d'Henri de la Vaissière, résistant sous le pseudonyme de "Valin" et commandant des Forces françaises de l'intérieur (FFI) du Loir-et-Cher.

Du parking de plein-air au parking souterrain, années soixante-dix.

La construction d'un parking souterrain place Valin-de-la-Vaissière fut projetée dans les années soixante-dix. Dans ce contexte, une étude paysagère de la dalle supérieure de la place fut commandée à André Aubert. L'ancien architecte en chef de la reconstruction de Blois, proposa avec son fils et associé Marc Aubert, un projet d'aménagement de parking souterrain en 1976. Il menèrent également des études pour l'aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière entre 1976 et 1978. Il envisagèrent alors d'y bâtir une surface commerciale et approfondirent notamment une proposition de salle de restaurant. Ils suggérèrent finalement à la ville d'aménager de nouvelles surfaces commerciales place Louis-XII sous le jardin d'enfants, avis auquel la ville se rangea en 1979.

Les travaux de construction du parking et d'aménagement de la place furent menés vers la fin des années soixante-dix. La place qui en résulte est en rupture totale avec le caractère monumental de cet espace avant-guerre. Elle marque encore une interruption dans l'alignement dense des quais.

Appellations place Valin de la Vaissière
Dénominations place
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : place Valin-de-la-Vaissière
Cadastre : 2011 DN non cadastré ; domaine public ;

Avant la guerre, l'emplacement de l'actuelle place Valin-de-la-Vaissière était occupé par le Collège Augustin-Thierry et une halle métallique à usage de marché. Les bombardements de juin 1940 et les incendies qu'ils provoquèrent détruisirent le premier et endommagèrent la seconde. La reconstruction du collège ne fut jamais envisagée in situ, et dès lors, des projets d'aménagement prestigieux se succédèrent pour cet emplacement aux qualités nombreuses - central, ensoleillé et en bord de Loire. Un tel site était digne de recevoir un équipement public, plusieurs y furent projetés. Le directeur départemental des PTT milita pour que l'on y construise le nouvel hôtel des postes attendu depuis les années vingt. Le plan de Paul Robert-Houdin de l'automne 1940 suggérait d'y rassembler les marchés - halle et poissonnerie. Après avoir repris à grands traits cette disposition dans sa proposition de plan de 1941, Charles Nicod proposa finalement de construire en bord de fleuve une salle des fêtes qui remplacerait le théâtre de la place Louis-XII promis à la démolition, et en bord de place Louis-XII un îlot d'habitation. Il entérinait ainsi la démolition de ce qui subsistait de la halle métallique, et le projet de nouveau marché était déplacé rue des Jacobins. La mise en œuvre de ce projet tarda et celui-ci fut, peu à peu, très modifié. Le projet de salle des fêtes en bord de Loire, secondaire par rapport à l'urgence des travaux de relogement, fut un temps repoussé avant d'être déplacé à la fin des années cinquante, vers la ville haute et la halle aux grains. La construction de l'îlot d'habitation et de commerce en bordure sud de la place Louis-XII était lui tributaire de la démolition du marché, sa reconstruction fut donc longtemps repoussée, la démolition du marché n'intervenant qu'après l'ouverture du nouveau marché en 1961. L'idée de l'îlot d'immeubles fut alors très modifiée et ce ne fut qu'une bande d'immeubles prolongeant l'îlot D et séparant les deux places qui fut finalement construite dans le courant des années soixante. Entre-temps, l'emplacement toujours libre en bordure du quai fut utilisé comme parking de plein-air et prit en 1963 le nom de place Valin-de-la-Vaissière, du nom du commandant des Forces françaises de l'intérieur (FFI) du Loir-et-Cher. Dans la seconde moitié des années soixante-dix, l'ancien architecte en chef de la reconstruction de Blois, travailla avec son fils et associé Marc Aubert, à la construction d'un parking souterrain et à l'aménagement de la place. La place qui en résulte est en rupture totale avec le caractère monumental de cet espace avant-guerre. Elle marque encore une interruption dans l'alignement dense des quais.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Aubert André, architecte, attribution par source
Auteur : Aubert Marc, architecte, attribution par source

La place Valin-de-la-Vaissière s'ouvre sur le quai de la Saussaye et communique avec la place Louis-XII. Elle est à la frontière de la zone non détruite et de la zone reconstruite : au nord et à l'est elle est bordée par l'îlot D reconstruit et au sud-ouest par du bâti épargné. Il en résulte un cadre architectural très hétérogène. Les immeubles de la reconstruction eux-mêmes sont variés : ils y ont en effet été bâtis entre le début des années cinquante et la fin des années soixante. En outre, sur sa façade est, ces immeubles présentent leur façade "intérieure" et leur garage. Le centre de la place est occupé par l'entrée d'un parking souterrain et le jour central qui l'éclaire. Tout autour sont aménagés un espace vert et un jardin d'enfants.

Statut de la propriété propriété de la commune
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • André Aubert (1905-1987)

    Né à Montrouge en 1905, André Aubert étudia à l'école des beaux-arts dans les ateliers d'André puis de Pontremoli. Il fut diplômé et obtint le Second prix de Rome en 1932.

    Dès 1934, il remporta avec Viard, Dondel et Dastugue le concours pour le palais du Musée d'Art moderne de la ville de Paris construit dans le contexte de l'exposition internationale des arts et techniques de 1937.

    Lauréat en 1935 du concours des Bâtiments civils et Palais nationaux, il travailla par la suite à ce titre pour les ministères de l'éducation nationale d'une part et des postes et télécommunications d'autre part. Il construisit notamment le groupe scolaire de Blagis à Sceaux-Bagneux en collaboration avec Paul Herbé et Jean Le Couteur pour lequel ils reçurent l'équerre d'argent en 1962.

    Il construisit également des bâtiments très variés pour des maîtres d'ouvrages privés. Il garda tout au long de sa carrière une activité de construction d'immeubles à Paris : on retient par exemple dans l'ordre : l'immeuble aux lignes classiques et épurées du 7, boulevard Emile-Augier, dans le 16e arrondissement (1950-1953), Le Panoramique, situé au 102-118 quai Louis-Blériot, (1952-1955), l'immeuble HLM du 11, rue des roses, dans le 18e arrondissement construit pour l'Habitat Communautaire (1960), ou encore l'immeuble 29-35, rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement (1967). Il travailla par ailleurs pour des entreprises. La critique a particulièrement salué les sièges sociaux de Saint-Gobain à Neuilly (1962) et de la SOPAD à Courbevoie (1965).

    Sa carrière est entrecoupée d'interventions à Blois, avant, pendant et après sa reconstruction. En 1937, il remporta le concours pour la construction de l'hôtel de ville de Blois, en association avec MM. Pronier et Saubot, mais leur projet ne put finalement être réalisé avant que la guerre n'éclate. Dès septembre 1940, il proposa à la ville de Blois un projet de "restauration des quartiers sinistrés" auquel la ville ne donna pas suite. Cependant, il fut chargé en 1942 d'établir une étude spéciale d'architecture pour l'aménagement futur de la place Louis-XII. A la Libération, il fut nommé architecte en chef de la reconstruction de Blois et de Vendôme par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il prit la suite de Charles Nicod, qui y avait été nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, et qui fut chargé à cette date des plans d'urbanisme de Toulouse et de Bayonne. Dans ce contexte, il conçut en outre l'école primaire Victor-Hugo de la rue d'Angleterre et l'école maternelle voisine de la rue des Remparts. Après la Reconstruction, son activité constructive se poursuivit à Blois avec la conception de la piscine du quai Saint-Jean, en collaboration avec Lucien Joubert vers 1960, et celle du lycée Augustin-Thierry, entre les années cinquante et soixante-dix. De plus, il y demeura présent du fait de sa nouvelle responsabilité, à partir de 1962, d'architecte conseil du Loir-et-Cher pour le Ministère de la Construction. Il travailla à l'élaboration du plan du secteur sauvegardé de la ville dès la fin des années soixante. Il proposa en 1971 un projet pour un Centre d'action culturelle, qui ne fut finalement pas construit. Il fut également de nouveau sollicité pour l'aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière dans les années soixante-dix.

    En fin de carrière il s'associa avec son fils Marc Aubert avec lequel il construisit notamment le palais des congrès d'Antibes, détruit en 2011.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Blois. Série Z : 13 Z, fonds André Aubert : 13 Z 11. Blois, place Louis XII, et place Valin-de-la-Vaissière 1964 - 1979.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/30. Reconstruction. Plan d'Aménagement et de Reconstruction, Blois. 1941-54.

  • Archives d'Architecture du XXe siècle. Fonds Aubert, 72 IFA : boîte n°84. Aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière et de la place Louis-XII. 1976-81.

Documents figurés
  • Détail de carte postale, cliché ERVU. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100234NUC2AB).

  • carte postale, éditeur Coutanceau. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100276NUC2AB).

  • étude d'aménagement, sur papier, 1979. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 11). (cf. illustration n° IVR24_20114100321NUC2A).

  • étude d'aménagement, sur papier, 1979. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 11). (cf. illustration n° IVR24_20114100322NUC2A).

  • étude d'aménagement, sur papier, 1979. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 11). (cf. illustration n° IVR24_20114100323NUC2A).

  • projet d'aménagement, sur papier, 1977. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 11). (cf. illustration n° IVR24_20114100324NUC2A).

  • projet d'aménagement, sur papier, 1976. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 11). (cf. illustration n° IVR24_20114100327NUC2A).

  • projet d'aménagement, sur papier, 1976. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 11). (cf. illustration n° IVR24_20114100325NUC2A).

  • projet d'aménagement, sur papier, 1976. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 11). (cf. illustration n° IVR24_20114100326NUC2A).

  • Plan de reconstruction et d'aménagement, sur papier, détail, 1942. Par Nicod, Charles (architecte). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100574NUC2A).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie