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Plessis : manoir dit Le Grand Plessis

Dossier IA28000631 réalisé en 2019

Fiche

Appellations Le Grand Plessis
Parties constituantes non étudiées écurie, remise, grange
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Trizay-Coutretot-Saint-Serge
Lieu-dit : Le Plessis
Cadastre : 1811 A 19 ; 2019 B1 360, 363, 364

La première mention des fiefs des Petit et Grand Plessis ne remonte qu’à 1644, date d’un acte de foi et hommage de René Lefèvre, avocat au parlement et propriétaire du lieu, envers la seigneurie de la Fuye Bizeul. Pourtant, le logis manorial - anciennement le Grand Plessis - semble dater de la fin du 15e siècle. En témoignent la structure (deux niveaux habitables accessibles par une tour d’escalier), les cheminées monumentales, la croisée de l'étage ainsi que les planchers et la charpente. Les adjonctions en alignement à l'est et en appentis à l'ouest et au sud datent certainement du 18e siècle. Après la Révolution, la ferme du Grand Plessis, appartenant à l'émigré Pierre-Marie Courtin, officier au régiment d'Enghien, est vendue comme bien national pour 19 100 livres à Jean-François Peuvret, greffier au tribunal, le 7 fructidor an II (24 août 1794). En 1811, les matrices cadastrales font état de 3 maisons au Petit Plessis et d'une ferme au Grand Plessis. Sur le cadastre ancien, cette dernière comprend 4 bâtiments : le logis manorial, une dépendance à l'ouest (étable / écurie), une grange au nord (détruite en 1934) et un petit bâtiment de plan carré (peut-être un pigeonnier ?). La ferme se développe au 19e siècle avec la construction de nouvelles dépendances (grange, remise, étables) en prolongement et en retour d'équerre de l'étable préexistante. A contrario, les 3 maisons du Petit Plessis sont successivement converties en bâtiments ruraux et disparaissent dans la première moitié du 20e siècle. L'exploitation agricole cesse au Grand Plessis au troisième quart du 20e siècle et le logis est restauré dans les années 1970.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle
Principale : 18e siècle
Dates

Situé à moins d'un kilomètre au nord-ouest du bourg, le manoir du Grand Plessis comprend un bâtiment principal servant de logis, un bâtiment d'exploitation, un toit à porcs et un puits.

La façade principale du logis, donnant sur la cour, est orientée au nord. Le bâtiment comprend plusieurs corps ajoutés suivant les époques. Au centre se trouve le logis ancien qui s'élève sur deux niveaux : rez-de-chaussée et un étage carré. Une seule grande pièce par niveau le constitue : la salle, et la chambre au-dessus accessible par un escalier en vis en pierre de taille calcaire, contenu dans une tour hors-œuvre placée à l'angle sud-est. Chaque pièce conserve sa cheminée monumentale d'origine en pierre de taille calcaire. A piédroit à colonnette semi-circulaire, corbeaux en pyramide inversée et manteau en plate-bande à corniche, les cheminées se distinguent par la forme de leur hotte, droite au rez-de-chaussée et conique à l'étage. Dans la tour d'escalier, à l'étage (à la sortie de la chambre) se situe un bassin en pierre de taille calcaire destiné aux ablutions. Plusieurs ouvertures d'origine sont conservées, comme la croisée de la chambre côté cour à décor prismatique et à coussièges (la même devait se trouver côté sud, obstruée lors de la construction de l'adjonction sud) ou des portes aux encadrements chanfreinés et surmontées d'accolades sculptées. Donnant sur la cour au rez-de-chaussée, une ancienne demi-croisée dont subsiste le linteau au même décor que la croisée de l'étage éclaire la salle. La tour d'escalier coiffée d'une charpente en enrayure dessert également le comble à usage de grenier. La charpente comprend 2 fermes à poinçon long décoré d'un chanfrein, entrait, faux-entrait, faîtières et sous-faîtières reliées par des liens. Les adjonctions sont en rez-de-chaussée, à l'exception de celle construite en alignement à l'est surmonté d'un haut comble à surcroît. Les pièces (une par niveau) de ce corps de bâtiment communiquent avec la salle et la chambre du corps principal indiquant une fonction plutôt domestique à l'inverse des appentis à fonction initiale probablement agricole (sauf le vestibule sud).

De plan en "L", le bâtiment d'exploitation comprend des étables et écuries transformées en habitation (aile sud) ainsi que des granges et remises (aile nord).

Les murs sont en moellons de calcaire couverts d'un enduit à pierre vue. Les chaînages d'angle et les encadrements des baies sont en pierre de taille calcaire (linteau en bois pour les ouvertures du bâtiment d'exploitation). Les toits sont à longs pans, à croupe (adjonction est) et conique (tour d'escalier) couverts en tuile plate.

Murs calcaire moellon enduit partiel
Toit tuile plate
Étages 1 étage carré
Couvrements
Couvertures toit à longs pans croupe
toit conique
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie

Le manoir du Plessis constitue l'expression la plus simple de la demeure seigneuriale : une salle au rez-de-chaussée et une chambre à l'étage accessible par une tour d'escalier hors-œuvre. Dominant la vallée de la Berthe, le Plessis devait participer à la surveillance et prévenir d'éventuelles attaques d'assaillants en donnant ou transmettant un signal allant jusqu'au château Saint-Jean (au même titre que d'autres fiefs comme la Pousseraie, la Vieille Cour, la Gadelière, la Manorière à Vichères...).

Son ancienneté, la conservation d'éléments d'origine (structure, tour d'escalier, ouvertures, cheminées, planchers, charpentes), la simplicité de son plan ainsi que son positionnement stratégique en font un édifice de premier ordre à l'échelle de la commune et du Parc du Perche.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; 3 P 2901-2907. Matrices cadastrales de la commune de Trizay-Coutretôt-Saint-Serge.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; 3 P 5637-5645. Plans cadastraux des communes de Trizay, Coutretôt et de Saint-Serge. 1811-1812.

Bibliographie
  • PROVOST, Gilles. Maison des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume : Université François Rabelais : Tours : 1992.

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