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Pont

Dossier IA37005782 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations pont
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Pont-d'Amboise

Les ponts recouvraient une double utilité : assurer la traversée de la Loire, ce qui était vital pour l'économie de la ville puisque la route d'Espagne l'empruntait, tout en gardant l'accès de la ville puisqu'elle demeurait son entrée principale. En 1115, Amboise fut dotée de ponts de pierre à l'initiative d'Hugues Ier d'Amboise. À l'époque médiévale, les ponts d'Amboise traversant la Loire étaient scindés en deux sections qui n'étaient pas dans le prolongement l'une de l'autre. Les « vieux ponts de pierre » se situaient en amont du pont actuel entre la rive gauche et l'île (ce bras de la Loire est appelé « Vieille Loire » dans les comptes de la ville) ; « les grans ponts de boys » se situaient, quant à eux, entre l'île et la rive droite de la Loire, plus ou moins à l'emplacement du pont actuel. Il fut reconstruit en juillet 1951, à la suite des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. L'ancien pont datait de 1840. Édifié en pierre de Lussault, l'architecte Bernard Vitry précisait que c'était une pierre de qualité médiocre n'étant plus utilisée depuis longtemps. Ainsi, en 1940, disparut le pont joignant l'île à la rive gauche, puis en 1944, le pont allant de l'île à la rive droite. Dans les rapports, l'architecte indique que les dispositions de l'ancien pont devaient être conservées mais qu'on projetait, dans un premier temps, d'employer, comme matériau, du béton revêtu de ciment pierre à la place des pierres de taille et des moellons qui constituaient l'ouvrage détruit. Bernard Vitry estima toutefois que son aspect ne serait pas «heureux » et finalement les parties visibles furent refaites à l'ancienne avec des moellons et des pierres de taille. Le nouveau parapet fut plus élevé que l'ancien et la chaussée moins bombée.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

Les ponts existaient avant le début de nos sources textuelles et il est difficile de différencier les parties les plus anciennes des plus récentes. De même, l'entretien et les reconstructions des ponts se sont poursuivis entre la fin de notre ère chronologique d'étude et le début des documents iconographiques. Nous sommes donc en présence d'un ouvrage hétérogène. Nous traiterons de l'apparence des ponts, des techniques mises en oeuvre pour les construire et les entretenir, et des constructions qu'ils portaient. D'après les comptes de la ville, il semble que, durant un siècle, les techniques évoluèrent peu. Au début du XVe siècle, le pont existait depuis près de trois siècles et rien n'interdit de penser que les techniques employées étaient alors connues depuis longtemps. D'ailleurs, d'après les études générales menées sur les ponts par Jean Mesqui, la grande évolution s'opéra sous Louis XIV (1638-1715). L'emplacement des ponts d'Amboise est donné par le relevé du plan cadastral dit napoléonien (1808-1810). Ils étaient décalés, si bien que l'entrée dans la ville se trouvait dans le prolongement de la rue de l'Entrepont de l'île. Ces dispositions apparaissent aussi clairement sur la vue de Pierre Lenfant de 1762. Les relevés de Nicolas Poitevin de 1696 et 1712 demeurent les sources anciennes les plus fiables. Ils représentent treize piles pour les ponts de bois et dix pour les ponts de pierre. Tout le problème consiste à évaluer la part du pont médiéval. Le pont médiéval se reconnaît principalement par l'emploi de l'arc brisé, l'arc en plein cintre n'étant pas pour autant gage de modernité. Sur le relevé de Nicolas Poictevin, les ponts de bois présentent des piles de pierre - à l'exception d'une pile centrale - surmontées de structures de bois. Pourtant, d'après les comptes de la ville, au XVe et au début du XVIe siècles, les ponts de bois étaient portés par des piles de bois faites de longs pieux - les « pichons » - à l'exception des arches de pierre des extrémités dont les fondations reposaient toutefois sur un pilotis de pieux de bois - les « paux ». Notons du reste qu'en 1696 et 1712 Nicolas Poictevin figure bien les culées surmontées d'arches en arcs brisés. Son projet prévoyait d'aligner le pont de bois sur le pont de pierre, de régulariser l'espace entre les piles, ainsi que leurs formes. En effet, sur les ponts de pierre comme sur les ponts de bois, les piles disposaient d'avant-becs et d'arrière-becs. Le projet, s'il avait abouti, n'aurait conservé que les avant-becs. Le relevé du pont de pierre, qui n'était pas concerné par les travaux d'aménagement de Nicolas Poictevin, présente différentes largeurs d'arches et seule la 5e arche (en partant de la ville) est en arc brisé. Cette arche, tout comme la seconde, présente une largeur assez faible, inférieure à 10 m. Les portées des arches brisées des ponts de bois sont d'ailleurs comparables. Si l'on se fie à l'échelle du dessin (5 cm pour 50 toises), les largeurs des arches les plus étroites, en allant depuis la ville vers le Bout des ponts, auraient été celles de : - la seconde arche des ponts de pierre : 7 m ; - la cinquième arche des ponts de pierre : 9 m ; - la première arche des ponts de bois : 8 m ; - la seconde arche des ponts de bois : 8 m ; - la huitième arche des ponts de bois : 8 m ; - la dixième arche des ponts de bois : 8 m ; - la douzième arche des ponts de bois : 8 m ; - la treizième arche des ponts de bois : 6 m. À l'inverse, trois arches auraient présenté une portée bien supérieure aux autres : - la sixième arche des ponts de pierre : 14 m ; - la septième arche des ponts de pierre : 14 m ; - la quatrième arche des ponts de bois : 13 m. Les autres auraient été séparées entre elles par environ 10 m. Cependant, la portée des arches ne constitue pas non plus un critère de datation certain. L'iconographie du XVIIe siècle, en particulier les vues de Lambert Doomer (vers 1646), représente l'arche batelière comme étant la troisième arche des ponts de pierre. Si la position exacte de l'arche marine n'est pas l'objet de l'oeuvre, elle indique néanmoins qu'une arche large n'est pas non plus un gage absolu de modernité. Sur le relevé de Nicolas Poictevin de 1696, les piles mesurent entre 5,50 m et 6 m de large pour une hauteur d'environ 6 m, entre le bas du parapet et le bas des piles plantées dans le lit du fleuve. Les comptes de la ville ne permettent en rien de vérifier ces données, la largeur des piles et la portée des arcs n'étant jamais mentionnées. Pour Jean Mesqui, les concepteurs des ponts semblent n'avoir suivi qu'une seule règle jusqu'au XVIIIe siècle : que « les épaisseurs des piles ne soient pas inférieures au quart de l'ouverture des arches ». Ce qui, d'après le relevé de Nicolas Poictevin, était bien le cas à Amboise où le rapport était largement plus élevé ; les piles faisaient entre la moitié et les deux tiers des arches. Ainsi, au XVIIe siècle, le pont d'Amboise devait sans doute présenter encore certains éléments médiévaux, éléments qu'il s'avère toutefois ardu d'identifier car leurs caractères ne sont pas forcément datants.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Les réparations des ponts

    Les comptes de la ville rendent compte des nombreuses réparations dont les ponts faisaient l'objet. Sont ainsi énoncés les temps de travail des ouvriers, le déroulement des opérations (mise en place d'une enceinte de pieux étanche, écopage de l'enceinte, plantation de pieux pour créer l'assise de la pile, mise en place des maçonneries de la pile) et la localisation des travaux. Voici deux citations explicites tirées des archives :

    - Archives communales d'Amboise, CC 191, (folios non numérotés), mandement du 31 décembre 1448 : « (...) Pour douze journees par lui faictes a aguyser les paux mis et emploiez [a] amender les fondements des pilliers faiz et appareiller en l'esté dernier passé aupres les ponts de boys de Loire et a faire les estanches davant lesdits pilliers, sayer des traynes desdits ponts de boys et estayer [...] ou le Petit Fort est contribuable en la partie et par raportant aux parties et quictances dudit Saleau (...) ».

    En octobre 1481, la grande réfection des ponts de bois fournit des indications précises ; la ville acheta à Estienne Lhostellier, charpentier, « (...) environ 200 pichons de boys qui ont esté mis a faire le fondement du pillier de pierre faict au bout des ponts de boys devers l'otel Perenelle La Royere (...) » (Archives communales d'Amboise, CC 197, f°33).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), C 657 : 1626-1669 : Travaux du pont d'Amboise.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 0081037003-ville : Dossier sur l'entretien et les réparations du pont.

Documents figurés
  • Extrait du plan cadastral dit napoléonien de 1808-1810. (Archives Départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 2/ 50).

  • Extrait du plan cadastral dit napoléonien de 1808-1810. (Archives Départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 2/ 50).

  • Par Tassin. (Bibliothèque Municipale de Tours, L. A. Amboise R.4 Ic. 3748). (cf. illustration n° IVR24_19763700253X).

  • Par Pierre Lenfant. (Musée des beaux arts de Tours). (cf. illustration n° IVR24_19923700286VA).

  • Par Pierre Lenfant. (Musée des beaux arts de Tours). (cf. illustration n° IVR24_19923700288X).

  • Extrait album Poitevin : Desseins de ponts, fol. 36. (B.M. Saumur, Mss 21). (cf. illustration n° IVR24_19793700140X).

  • (A.N, F 14 10198-2-3-). (cf. illustration n° IVR24_19793700979X).

  • (AD Indre-et-Loire, ADIL, Plan n°185). (cf. illustration n° IVR24_19903700239Z).

  • Archives nationales (AN), F14 10198-2-3 : Plan géométral du pont d'Amboise en 1712 par Nicolas Poictevin.

  • Bibliothèque nationale de France (BnF), est, RES Ve26 (k), n° 151 (Mfilm A31648) : Vieux pont d'Amboise, lithographie, n.s., XIXe siècle.

  • Bibliothèque municipale de Saumur, ms. 21, f°36 : Nicolas Poictevin, Veue et plan géométral des ponts de la ville d'Amboise situé sur la rivière de Loire, dessins, 1696, publiées dans : Desseins des plans et élévations des ponts situez sur la rivière de Loire et autres adjacentes.

  • Musée des Beaux-Arts de Tours : Vue de la ville d'Amboise, Pierre Lenfant, (n°inventaire 1794-1-42), plume, encre noire, lavis, gauche et crayon sur papier bistre collé sur toile, (1,02 x 1,04 m), signé et daté en bas à gauche de « L'enfant, me ficit, 1762 », 1762.

Bibliographie
  • Mesqui Jean, Chemins et ponts. Liens entre les hommes, Cahors, 1994, 144 p.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie