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Port dit port de Saint-Thibault

Dossier IA18003100 réalisé en 2012
Précision dénomination port de rive
Dénominations port
Aire d'étude et canton Région Centre-Val de Loire - Sancerre
Hydrographies Loire la
Adresse Commune : Saint-Satur
Lieu-dit : Saint-Thibault

Le port de Saint-Thibault est établi près de la voie antique reliant Bourges Auxerre et Troyes via Sancerre. Il est attesté en 1217 par une transaction portant permission aux abbé et religieux de l'abbaye de Saint-Satur de prendre du bois (perches et rames) sur les propriétés du sieur de Sully pour l'entretien des bateaux du port de Saint-Thibault. En 1303, le comte de Sancerre autorise l'abbé de Saint-Satur à faire des « ramées » (fascinages ?) sur sa terre pour défendre le port de Saint-Thibault et les rives rongées par la Loire. Avant la fin du XVIIIe siècle, les cartes ne figurent pas d'ouvrage d'abordage sur le port. L'atlas de Trudaine signale seulement la présence d'un épi déflecteur et l'emplacement de l'abordage d'un bac. Le 15 mai 1784 Normand, l'ingénieur en chef des turcies et levées de la haute Loire, dresse un devis pour la réalisation d'un port au village de Saint-Thibault et d'une digue pour resserrer le lit de la Loire en aval du domaine de la Gargaude (située en amont de Saint-Thibault sur la commune de Ménétréol-sous-Sancerre). C'est l'entrepreneur Gabriel Beaucheton qui remporte l'adjudication (il travaille au port de 1785 à 1790 au moins). Le devis propose un ouvrage de 340 toises et 4 pieds de long (664 mètres) sur 4 toises de largeur de chaussée (7,80 mètres). Une partie de l'ouvrage doit former un arc de cercle. Aux deux extrémités de cette courbe, l'ingénieur propose de placer deux rampes de 20 toises de long et 15 pieds de large (39 m x 4,9 m). Le perré doit être équipé de quatre escaliers en pierre dure et de 14 boucles de fer à fixer dans toute la longueur du port aux endroits indiqués par les mariniers. Normand prévoit de tirer les moellons nécessaires à la réalisation des travaux de la carrière de Bulcy (près de Mesves-sur-Loire) et de celle de Bannay. Un mémoire rédigé en juillet 1784 par un certain Grangier préconise plutôt l'utilisation de la pierre issue des carrières du Port à la Dame (Cosne), du Port Aubri (Cosne) ou de Monteconor (Bannay). Les raisons évoquées lors du projet de réalisation d'un port à Saint-Thibault sont de trois types : le nouvel ouvrage doit garantir le site de toute submersion (les crues entrainent quelquefois et gâtent presque toujours les vins entreposés sur le port), il doit faciliter l'embarquement et le débarquement des marchandises (le commerce de vin qui se fait à Saint-Satur est alors jugé comme considérable). Enfin, il doit être en mesure de proposer un abri pour les bateaux (avant 1784, on rapporte que les embarcations sont « coupées et emportées » en cas de débâcles). Le 17 septembre 1789, les habitants de Saint-Thibault réclament l'établissement d'une rampe supplémentaire sur le port en cours de construction. L'ingénieur répond favorable à cette demande et estime que cette rampe, qui doit servir à l'abordage du bac, doit être placée à l'extrémité aval du port où elle sera abritée par la saillie même de ce port. On prévoit une rampe d'au moins 30 toises de long (58 mètres). Il semble que les travaux du port soient interrompus durant la Révolution car en 1810 l'inspecteur divisionnaire expose que le port de Saint-Thibault, commencé en 1784, n'est toujours pas achevé et qu'il reste notamment à exécuter "entre la partie construite et la rampe qui termine le port à l'aval" une portion de perré de 56 mètres de long dont la fondation existe déjà. En outre, le pavage n'est pas fait sur 128 mètres de long et 8 mètres de large et les anciens perrés exigent des réparations. Des travaux sont effectivement réalisés à cette période puisqu'en 1811 on signale que des bateaux empêchent le libre abordage sur le port de matériaux (pierres) destinés à la réparation et à l'achèvement de ce port. Le cadastre napoléonien figure en 1820 un port achevé et comprenant trois cales abreuvoirs simples et quatre escaliers. Durant les années suivantes, le site est entretenu, notamment en 1825 lorsque le maire fait tout son possible pour faire débarrasser le port encombré de bois de charpente afin que les "paveurs puissent travailler" (quai aval). En 1837, l'ingénieur en chef du département du Cher rapporte que, suite à la construction du pont suspendu, le fleuve a tendance à se porter sur la rive droite en abandonnant le port de Saint-Thibault. Des travaux sont nécessaires pour reporter la navigation sur la rive gauche et on projette d'établir un épi en amont. En réalité, ces difficultés ne sont pas nouvelles puisqu'entre 1807 et 1812 on avait déjà projeté de construire une chevrette sur la rive droite pour prévenir les ensablements du port. De 1845 à 1868, différents projets d'alignement du port de Saint-Thibault voient le jour mais ne semblent pas aboutir ou seulement très partiellement. Un droit de stationnement sur toutes les marchandises et objets déposés sur les places, chemins, quais et ports tant de la Loire que du canal latéral sur la commune de Saint-Satur est mis en place à partir du 10 mars 1856. Le délai pendant lequel les marchandises peuvent séjourner sur ces emplacements sans être assujetties au droit est fixé à trois jours. Le port de Saint-Thibault est le sujet, au tout début du XIXe siècle, de tensions entre l'administration et les habitants de la localité. Le problème concerne la classification de Saint-Thibault comme port d'arrivage (entrée des marchandises), port d'assise (lieu de dépôt prolongé des marchandises) ou port d'embarquement (lieu d'expédition sans entrepôt de longue durée). Depuis le 24 février 1807, les ports d'assise doivent en effet être surveillés par un garde-port rémunéré par les mariniers suivant les marchandises déposées sur ces ports. Tandis que l'administration place Saint-Thibault dans la catégorie "port d'arrivage ou port d'assise" en 1807, les habitants estiment quant à eux qu'il s'agit d'un port d'embarquement et qu'il n'y donc pas nécessité à rémunérer un garde-port. Dans un mémoire présenté en 1811 au ministre de l'Intérieur, les habitants de Saint-Thibault expliquent qu'une erreur a été faite à leur égard et que l'on ne peut légitimement désigner ce site de port d'arrivage ou de port d'assise. Ils précisent qu'il n'arrive aucun bois par la Loire à Saint-Thibault contrairement à ce qui a été écrit, qu'il serait en outre, contre toute raison d'amener à l'avance sur ce port des marchandises qui par leur nature comme les vins craignent tant les intempéries. Jamais les marchands ne font conduire à l'avance le vin sur le port pour y attendre une crue. En outre, selon eux, la surface du port ne suffirait pas à l'entrepôt des marchandises, elle ne suffit même pas à la réception des vins lorsqu'ils arrivent concurremment du vignoble. Il est impossible que les marchandises stagnent sur le port sans obstruer la voie publique ou le chemin de halage. Les vins sont en réalité entreposés dans les magasins des commerçants et ceux que l'on dépose sur le port n'y restent que 3 ou 4 jours. Selon les commerçants et les habitants de Saint-Thibault, l'établissement d'un garde-port à Saint-Thibault ne serait pas profitable et utile au public et au commerce. Il sera au contraire préjudiciable et onéreux. Le Directeur général des Ponts-et-Chaussées estime quant à lui que la place d'un garde-port dans cette localité est plus utile qu'onéreuse et demande au préfet de contraindre les récalcitrants au paiement de la rétribution accordée au garde-port. Dans un premier temps, l'administration réussit à imposer un garde-port à Saint-Thibault et deux agents sont attestés de 1812 à 1816, les sieurs François Deguingand et Nicolas Sauvage. Cependant, en 1816, suite à la réclamation des commerçants du pays, il semble que le poste de garde-port est supprimé dans la localité. Son rétablissement est réclamé en 1826 par plusieurs compagnies de commerce pour assurer les approvisionnements de la capitale en bois et charbon et prévenir les pertes lors des crues. Les marchandises transitant à Saint-Thibault consistent, aux XVIIe et XVIIIe siècles, essentiellement en vins de Sancerre. On y trouve également des poteries, du bois, des céréales, des épiceries et des chiffons. Au tout début du XIXe siècle, ces données n'ont guère changées. Lors de l'enquête nationale sur les moyens de transport menée par le ministère de l'Intérieur, le maire de Saint-Satur précise en 1810 que sont embarqués tous les ans au port de Saint-Thibault environ 20 000 à 24 000 hectolitres de vins de Sancerre et des communes environnantes pour Paris, trois ou quatre bateaux de grosses poteries provenant de Neuvy (Neuvy-sur-Loire) et Neuilly (Neuilly-en-Sancerre probablement) et quelques bateaux de charbon de bois destinés aux forges de Cosne ou pour la consommation de Paris. On décharge habituellement dans ce port des pierres de taille provenant notamment des carrières de Mesves-sur-Loire et quelques tuiles ou briques de Myennes. C'est aussi par ce port que se débarquent les quelques épiceries et denrées coloniales qui se consomment dans le pays. En outre, un extrait du livre journal du garde-port de Saint-Thibault, François Deguingand, signale en 1812 que les marchandises passibles du droit (à verser au garde-port) sur ce port sont principalement les vins mais aussi des cercles, planches, poteries, sel, vinaigre, charbon de bois ; Ces produits sont principalement destinés aux villes d'Orléans, de Paris et de Cosne-sur-Loire.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Normand, ingénieur, attribution par source

Etabli rive gauche, de part et d'autre du pont, le port de Saint-Thibault est constitué d'une cale abreuvoir en long simple et de trois cales abreuvoirs simples (deux en amont de l'ouvrage d'art, la troisième en aval). L'ensemble mesure environ 600 mètres de long et est recouvert en grande partie de terre et de végétation.

Typologies port de rive : port aménagé et appareillé directement sur la rive du fleuve. Il n'y a pas de levée et le chemin d'accès est au même niveau que les terres du val et les habitations
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Encre sur papier, Ech. 1/200e. (centre d'exploitation de Saint-Satur, subdivision de la direction départementale des territoires de la Nièvre). (cf. illustration n° IVR24_20121801093NUCA).

  • Encre sur papier, 64 x 49 cm, détail. (centre d'exploitation de Saint-Satur, subdivision de la direction départementale des territoires de la Nièvre). (cf. illustration n° IVR24_20121801098NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/5000e, 51 x 271 cm, détail. Par Ducros (ingénieur). (centre d'exploitation de Saint-Satur, subdivision de la direction départementale des territoires de la Nièvre). (cf. illustration n° IVR24_20121801099NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1000 toises = 13,6 cm, 56 x 51,5 cm, détail, XVIIIe siècle. (archives nationales, CP F 14 100 66/4, pièce 5). (cf. illustration n° IVR24_20071800157NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1400 toises, détail, 1727-1730. Par Matthieu. (école nationale des Ponts-et-Chaussées, Folio 4969). (cf. illustration n° IVR24_20121800796NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/2500e, 66 x 103 cm, détail, 1837. (archives départementales du Cher, Plan 2 U 576 (22)). (cf. illustration n° IVR24_20121800959NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/5000e, détail, 1834-1842. Par Mutrécy-Maréchal (ingénieur). (centre d'exploitation de Saint-Satur, subdivision de la direction départementale des territoires de la Nièvre). (cf. illustration n° IVR24_20121800800NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, section C3 bis, Ech. 1/2500e, détail, 1820. (archives départementales du Cher, 233/13). (cf. illustration n° IVR24_20121800801NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, section C3, Ech. 1/1250e, détail, 1820. (archives départementales du Cher, 233/12). (cf. illustration n° IVR24_20121800803NUCA).

  • Dessin aquarellé et encre, Ech. 600 toises (environ 1/8666e), 84 x 57 cm, détail, 1744-1751. Par Trudaine (ingénieur). (archives nationales, F 14* 8467 planche 11). (cf. illustration n° IVR24_20121800805NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/1400e, 307 x 184 cm, détail, 1674. Par Barbier (ingénieur et professeur de mathématiques). (archives nationales, N I Cher 3). (cf. illustration n° IVR24_20121800806NUCA).

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