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Port dit port des quais Neuf et Vieux

Dossier IA58001133 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Précision dénomination port de rive
Dénominations port
Aire d'étude et canton Région Centre-Val de Loire - La Charité-sur-Loire
Hydrographies Loire la
Adresse Commune : La Charité-sur-Loire
Adresse : quai Georges Clémenceau , quai Maréchal Foch

Un port est attesté sur la rive droite de la Loire à La Charité dès le milieu du XVIIIe siècle mais en 1744, il n'est rien d'autre qu'un "chantier naturel de la rivière » sujet à être dégradé par les crues et les glaces. Il faut attendre les années 1780 pour que la ville soit enfin équipée d'un port maçonné désigné à cette période de "quai d'aval" et de "quai d'amont". Cette dénomination change au XIXe siècle et le port de la rive droite est désormais connu sous le nom de "quai Vieux" et quai "Neuf". Afin de faciliter la lecture des données historiques qui suivent, les quais Vieux (amont du pont) et Neuf (aval du pont) ont été dissociés pour ce qui concerne les travaux de la fin du XVIIIe siècle (ils ont en effet été réalisés à la même période pour les deux sites mais suivant des devis indépendants). Pour le XIXe siècle, les quais ont été traités dans leur globalité. Le quai Vieux (amont du pont de pierre) Le "quai amont servant de port" de La Charité est construit à partir de 1778 par l'entrepreneur Charles-Antoine Beguin moyennant 21 000 livres suite à une adjudication datée du 1er août 1778. Les travaux sont effectués suivant un projet rédigé par Normand, ingénieur en chef des Turcies et levées de la Haute Loire. Le 1er septembre 1780, Normand visite le chantier du quai amont et constate qu'à cette date les travaux suivants ont été effectués : 1373 toises cubes de déblais et remblais, 183 toises de battis de pieux, 1171 toises quarrées perrés, 209 toises courantes de quartier d'arête pour couronner le perré (407 mètres), trois escaliers, 1000 toises quarrées de pavés. En 1782, lors d'une autre visite, l'ingénieur Normand propose d'augmenter le devis initial, notamment par la pose de 17 boucles destinées à amarrer les bateaux et par la plantation de 50 arbres. Les plans de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle figurent sur le quai en amont du pont de La Charité deux ou trois cales abreuvoirs simples orientées vers l'aval. Ces ouvrages n'existent plus aujourd'hui car de nouveaux travaux sont effectués à partir de la fin des années 1830 (voir ci-dessous). L'appellation "vieux quai" de la section située en amont du pont suppose un aménagement antérieur au XVIIIe siècle mais il n'a pas été possible de dater ou de définir les ouvrages existants alors. Le quai Neuf (aval du pont de pierre) Le 1er juin 1778, l'ingénieur en chef des Turcies et levées de la haute Loire, Normand, dresse un devis des ouvrages à faire pour la construction d'un quai en aval du pont de La Charité pour "empêcher la submersion des parties basses de la dite ville, servir au dépôt et déchargement des marchandises, à tenir les bateaux à l'abri des glaces et à servir en même temps au passage public et au halage". Ce quai doit mesurer 102 toises de long (198 mètres, en un seul alignement) et 12 pieds de haut (3,9 mètres), il doit se raccorder à la culée du pont au moyen d'une rampe. Afin d'établir un lien direct depuis le fleuve jusqu'à la ville, « la chaussée sera percée par une arche de 8 pieds d'ouverture en plein cintre" (2,6 mètres) : cette arche correspond au passage actuel dénommé le « guichet » (qui mesure actuellement environ 4 mètres de haut). Ces travaux rendent nécessaire la démolition de l'ancien mur de ville (les remparts de La Charité sont démantelées à partir de la première moitié du XVIIIe siècle). Le nouveau quai doit être pavé sur 4 toises de largeur (7,8 mètres). Dix boucles de fer (organeaux) doivent être fixés dans le mur, 20 bornes en pierre de taille doivent séparer "la partie du quai qui fera grande route et celle réservée au halage". Les travaux sont adjugés le 1er août 1778 à l'entrepreneur Antoine Beguin de Nevers. Les travaux se poursuivent jusqu'en 1781 au moins. En janvier 1789, le quai d'aval de La Charité souffre de la débâcle des glaces et le 1er septembre 1789 est établi un certificat de réception et de parfait paiement relatif à la construction d'un mur de quai et d'un chemin de halage à l'aval du pont de La Charité. Les quais Neuf et Vieux (amont et aval du pont de pierre) En 1839, afin de faciliter le passage sous le pont de La Charité, l'ingénieur Joncoumont propose d'établir un chemin de halage longeant le quai en amont et en aval du pont de pierre ("à partir de l'extrémité du mur de revêtement en aval de ce pont jusqu'à la place Misère" située en amont du pont, soit une longueur d'environ 400 mètres). Un devis est dressé le 12 février 1839. Les travaux préconisés par Joncoumont sont adjugés à l'entrepreneur Pierre Magny le 29 juillet 1839. Le nouveau chemin de halage est établi soit devant le mur de quai existant (côté fleuve) de part et d'autre du pont soit au même niveau que le quai en amont de la cale située immédiatement en amont du pont. En plus du projet d'établir un chemin de halage en amont et en aval du pont (et sous la première arche du pont), le devis du 12 février 1839 rédigé par l'ingénieur ordinaire Joncoumont comportait les propositions suivantes : - l'élargissement du quai en amont du pont. Ce quai doit aussi être exhaussé ou abaissé sur certains points afin de lui donner plus de régularité - la réparation du mur de revêtement du quai en aval du pont - l'établissement de deux "rampes d'abreuvoir" en amont du pont : la première en face de la rue du Petit Rivage et la seconde, double, en face du passage dit du Pontceau qui existe sous le bâtiment de l'hospice. - l'établissement de sept escaliers reliant le quai au fleuve (1,50 m de largeur chacun) pour faciliter le déchargement et le chargement des marchandises, la pose de bornes de 55 cm de haut (avec boules de fonte) espacées de 4 m et la construction d'ouvrages destinés à l'écoulement des eaux (aqueducs). Le devis de 1839 préconise des provenances pour les matériaux destinés aux travaux : les carrières de La Marche et la Vallée-Bégat distantes de 3,5 km pour les moellons ordinaires, les carrières de Narcy (12 km) pour la pierre de taille, le pavé et le moellon piqué, le lit de la Loire pour le sable, Beffes ou La Charité (fourneaux situés à l'extrémité du quai) pour la chaux hydraulique, les usines de Fourchambault et de Torteron pour le fer et la fonte. Certains moellons sont issus de la démolition des ouvrages anciens. Nous n'avons pas d'élément précis concernant la durée des travaux commencés en 1839 mais le plan de 1846 représente probablement un état achevé. En outre, ce plan correspond globalement à l'état visible aujourd'hui. L'ouvrage situé immédiatement en amont du pont (en face de la rue du Petit Rivage) n'a pas été étudié individuellement (pas de dossier). Il s'agit en effet d'une rampe d'accès au chemin de halage et pas une cale d'abordage (elle ne descend pas jusqu'au fleuve), même si elle a probablement servi d'accostage en période de hautes eaux. Le devis de 1839 précise que cette rampe "sera terminée du côté de la rivière par un talus perreyé incliné" ce qui implique qu'elle ne descend effectivement pas jusqu'à l'eau. L'ouvrage sert en réalité de liaison entre le chemin de halage passant sous le pont et le chemin de halage établi au niveau du quai en amont du pont. On note que cette distinction entre rampe et cale n'est pas claire sur plusieurs des plans rassemblés. On observe enfin que les quais de La Charité sont bien adaptés aux variations importantes des hauteurs d'eau de la Loire. On note en effet des écarts de niveau d'eau considérables entre les périodes de crues (en 1846, le tirant d'eau a atteint 5,52 m au-dessus de l'étiage à La Charité) et celles d'étiage (le tirant d'eau à l'étiage en aval du Bec d'Allier atteint 0,30 m en 1888).

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1778, daté par source
1839
Auteur(s) Auteur : Normand, ingénieur, attribution par source
Auteur : Joncoumont, ingénieur, attribution par source

Situé rive droite, de part et d'autre du pont, le port des Quais Neuf et Vieux mesure environ 550 mètres de long. Il est actuellement équipé d'une cale double à tablier haut (en amont du pont), d'une cale abreuvoir simple (en aval du pont) et d'une cale abreuvoir en long établie de part et d'autre du pont de pierre.

Typologies port de rive : port aménagé et appareillé directement sur la rive du fleuve. Il n'y a pas de levée et le chemin d'accès est au même niveau que les terres du val et les habitations
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte postale ancienne. (archives départementales de la Nièvre, 2 Fi La Charité n° 2). (cf. illustration n° IVR24_20125800462NUCAB).

  • Encre sur papier, Ech. 0,01 m pm, 90 x 125 cm. Par Mutrécy-Maréchal (ingénieur). (archives départementales de la Nièvre, S 10994). (cf. illustration n° IVR24_20125800506NUCA).

  • Photographie ancienne. (archives départementales de la Nièvre, 2 Fi La Charité n° 230). (cf. illustration n° IVR24_20125800465NUCAB).

  • Photographie aérienne. (archives départementales de la Nièvre, 2 Fi La Charité 163). (cf. illustration n° IVR24_20125800461NUCAB).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. de 100 m, 37,5 x 225 cm. Par Joncoumont (ingénieur). (archives départementales de la Nièvre, S 10944). (cf. illustration n° IVR24_20125800502NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. de 100 m, 37,5 x 225 cm. Par Joncoumont (ingénieur). (archives départementales de la Nièvre, S 10944). (cf. illustration n° IVR24_20125800501NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, 67 x 51,5 cm, Ech. 0,01 m pm. Par Joncoumont (ingénieur). (archives départementales de la Nièvre, S 10944). (cf. illustration n° IVR24_20125800503NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 400 toises, 52,5 x 76 cm, détail, vers 1787. Par Normand (ingénieur). (archives départementales du Cher, C 118). (cf. illustration n° IVR24_20125800158NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, section F, Ech. 1/1250e, détail, 1818 révisé en 1837. Par Henon Dubois (géomètre) ; Moisy (géomètre). (archives municipales de La Charité-sur-Loire, 1 G 2). (cf. illustration n° IVR24_20125800298NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, section F, Ech. 1/1250e, détail, 1818 révisé en 1837. Par Henon Dubois (géomètre) ; Moisy (géomètre). (archives municipales de La Charité-sur-Loire, 1 G 2). (cf. illustration n° IVR24_20125800297NUCA).

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