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Fiche

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Historique

Le portail de Sully

Dans un acte datant de 16431 , Rachel de Cochefilet, veuve de Sully, décrit les travaux à réaliser dans la cour de l’Hôtel-Dieu. La duchesse douairière décide de faire « rebâtir le petit logis qui sera démoli par la ruine du portail qui sera faite pour rebâtir un autre portail à l'entrée de la grande cour du dit Hôtel-Dieu ». Le nouveau portail supplante un accès antérieur, manifestement moins monumental.

Le couronnement du portail porte le nom de «LHOSTEL DIEU» sur la table de l’édicule et les armes de Maximilien de Béthune sculptées sur le fronton.

Altérations et patrimonialisation

Portail de l'Hôtel-Dieu (19e siècle).Portail de l'Hôtel-Dieu (19e siècle).

Les armes de Sully ont été bûchées à la Révolution française2. Le couronnement, les piédestaux et la porte du portail ne sont pas d’origine mais datent d’une restauration opérée en 1897. L’ancien fronton est actuellement déposé dans la cour de l’Hôtel-Dieu. Un dessin publié en 1926 atteste des dispositions du portail avant 18973. La porte est alors composée de deux vantaux en bois couronnés par une croix en fer4 tandis que les piédestaux sont constitués d’une pierre plus claire que le grès d’Authou dans lesquels ils figurent actuellement.

Le portail de Sully est inscrit à la liste complémentaire des Monuments historiques depuis le 7 novembre 1990.

Description

Portail de l'Hôtel-Dieu, vue du nord.Portail de l'Hôtel-Dieu, vue du nord.

Le portail de l’Hôtel-Dieu est situé au n°1 de la rue Sully. C’est l’unique accès depuis la rue Sully vers la cour de l’Hôtel-Dieu. Le portail est percé dans un mur de moyen appareil calcaire réglé. L’ouverture est ménagée sous un arc en plein-cintre mouluré d’un quart-de-rond, aux claveaux sculptés d’un bossage à anglet dont la clef et l’imposte sont débordants. L’ouverture est barrée par une porte à caisson en chêne. Deux ressauts font saillie sur le mur, ils sont également traités en bossage et accueillent deux piédestaux en grès supportant deux colonnes galbées en marbre. Les corbeilles des chapiteaux corinthiens ont une forme conique et sont surmontées par des morceaux d’entablement comportant deux métopes sculptées de visages féminins. L’entablement est surmonté d’une frise à modillons. L’ensemble est couronné de deux acrotères et d'un édicule surmonté d’un fronton cintré entrecoupé d’un écusson. La table de l’édicule est sculptée au nom de « L’HOSTEL DIEU » et accostée de volutes couplées à des bustes féminins tandis que le fronton reçoit les armes de Maximilien de Béthune : un blason d’argent à la fasce de gueules, encadré par les massues de deux sauvages allongés. Le blason de la famille de Béthune est surmonté de la couronne ducale et d’un heaume de chevalier. L’entablement et le couronnement du portail sont réalisés dans deux calcaires différents, le premier ayant une teinte jaune plus prononcée que le second. Un second édicule surmonté d’un fronton circulaire est conservé dans la cour de l’Hôtel-Dieu. Le groupe sculpté très endommagé est similaire à celui actuellement en place sur le portail de l’Hôtel-Dieu. Seule différence notable, le fronton entreposé dans la cour comporte des hermines stylisées sur le manteau enveloppant le heaume du chevalier.

Conclusion

Porte de la vigne du révérendissime patriarche Grimani, dans LE MUET, Pierre. Règles des cinq ordres d'architecture de Vignolle. Porte de la vigne du révérendissime patriarche Grimani, dans LE MUET, Pierre. Règles des cinq ordres d'architecture de Vignolle.

Le portail est daté par les textes à l’année 16435. Date à laquelle le style de l’œuvre, malgré les restaurations de la fin du 19e siècle, répond parfaitement. Ainsi l’architecte en charge de la réalisation du portail semble s’être fortement inspiré de l’œuvre de Le Muet, notamment du modèle de la porte du révérendissime patriarche Grimani, publié en 1632. Ce dernier en a simplement changé l’ordre, passant de dorique à corinthien, en y ajoutant le décorum qui sied à l’ordre usité.

1PROUST, Stanislas. Inventaire sommaire des Archives des hospices de Nogent-le-Rotrou depuis leur fondation jusqu'à 1790. Nogent-le-Rotrou. 1889. Source originale : Archives municipales de Nogent-le-Rotrou. Hôtel-Dieu testaments, donations, 4. 5. 6.2GOUVERNEUR, Aristide. Le Tombeau de Sully. In : Bulletin Percheron. Société d’Histoire et d’Archéologie, 1934, t.29, n°86, p. 73GUILLEMIN, Laëtitia. Le mausolée de Sully et de Rachel de Cochefilet. In : LECUYER-CHAMPAGNE, Françoise. Le roman des Nogentais, de la Renaissance à la veille de la Révolution. Nogent-le-Rotrou : éd. Musée-Château Saint-Jean, 2011, p.404JUBAULT. Album Percheron. Nogent-le-Rotrou : G. Fauquet, 1926. Planche 3.5LE MUET, Pierre. Règles des cinq ordres d'architecture de Vignolle. Paris, 1632, planche XLI
Appellations portail de l'hôtel-Dieu
Dénominations portail
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 1 rue Sully
Cadastre : 1990 BH 265

Le première mention du portail remonte à l'année 1643, date d'un acte réalisé à la demande de Rachel de Cochefilet pour sa construction. L'édicule est endommagé pendant la Révolution. Il est restauré en 1897, en même temps que l'ensemble du portail.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1643, daté par source
1897, daté par source
Auteur(s) Personnalité : de Cochefilet Rachel,
Rachel de Cochefilet (v1575 - 1659)

Épouse de Maximilien de Béthune, elle fut duchesse douairière de Sully entre 1642 et 1659.


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Le portail de Sully donne accès à la cour de l’Hôtel-Dieu. Il se situe au n°1 de la rue de Sully, anciennement rue Gloriette. Réalisé en pierre calcaire, il présente un arc en plein-cintre accosté de deux colonnes de marbre en avancée. Les chapiteaux corinthiens de ces dernières supportent un entablement orné de visages sculptés. Un édicule en pierre calcaire plus claire porte la mention « LHOSTEL DIEU » ainsi que les armes de la famille de Sully.

Murs calcaire moyen appareil bossage
Représentations armoiries
Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal
Sites de protection abords d'un monument historique
Protections inscrit MH, 1990/11/07
Précisions sur la protection

Portail de la cour d'honneur, rue de Sully ; porte bâtarde en plein-cintre, sur la façade nord de l'aile au fond de la cour d'honneur (cad. BH 104) : inscription par arrêté du 7 novembre 1990.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Nogent-le-Rotrou. Série B ; section 1 : art 4 à 6. Acte. 1654.

Bibliographie
  • GUILLEMIN, Laëtitia. Le mausolée de Sully et de Rachel de Cochefilet. In LECUYER-CHAMPAGNE, Françoise. Le roman des Nogentais, de la Renaissance à la veille de la Révolution. Nogent-le-Rotrou : éd. Musée-Château Saint-Jean, 2011.

    p .40
  • GOUVERNEUR, Aristide. Le Tombeau de Sully. Bulletin Percheron, Société d’Histoire et d’Archéologie, 1934, t.29, n°86.

    p. 7
  • JUBAULT, A. Album Percheron. Nogent-le-Rotrou : G. Fauquet, 1926.

    planche n°3
  • LE MUET, Pierre. Règles des cinq ordres d'architecture de Vignolle. Paris : chez Melchior Tavernier, 1632.

    planche XLI.
  • PROUST, Stanislas. Inventaire sommaire des Archives des hospices de Nogent-le-Rotrou depuis leur fondation jusqu'à 1790. Nogent-le-Rotrou : Impr. A. Gouverneur, 1869.

    p. 14
Périodiques
  • FAUQUET, G. Le tombeau de Sully. Bulletin Percheron de la Société d'Histoire de d'Archéologie, 1934, tome 29, n°86.

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