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Porte des Lions

Dossier IA37005696 inclus dans Enceinte castrale réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées demi-lune, ouvrage avancé, ouvrage extérieur, ouvrage d'artillerie, enceinte, tour
Dénominations ouvrage fortifié, enceinte, porte de ville, ouvrage avancé, ouvrage d'artillerie
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Château d'Amboise

La porte des Lions constitue l'accès par le coteau au promontoire rocheux du château, qui ouvre à l'Est au deux tiers d'un mur d'enceinte de 190 m de long pour 2,50 m à 3,50 m d'épaisseur. Le mur présente dans sa partie nord un tracé en crémaillère à cinq décrochements. La porte des Lions n'est pas centrée sur le rempart, mais située à 73 m de l'extrémité sud et à environ 115 m de celle du nord. Il s'agit indéniablement de l'accès le plus ancien du château, antérieur aux tours et certainement aussi à la rampe d'accès droite. Les procès-verbaux mentionnent tous sa présence et parfois des travaux de réhabilitation minimes ; elle figure aussi sur les plans anciens mais dès 1708 dans un état de ruine déjà avancée. Si aucune archive ne documente ni sa construction, ni sa reconstruction, l'étude attentive des maçonneries permet de distinguer trois états successifs de la porte : le premier datant probablement des XIIIe-XIVe siècles, le second de la fin de l'époque médiévale (XVe siècle) et le troisième du premier tiers du XVIIe siècle. Aujourd'hui seule la porte à proprement parler reste en état ; une campagne de restauration a été menée en 1991 par le service des Monuments historiques ; une autre en 2013-2014. Dans leurs dossiers, des clichés la présentent avant restauration et l'on peut estimer que les vestiges étaient suffisamment significatifs pour en faire une restitution fiable. Les premiers témoignages qui nous sont parvenus se lisent dans les archives de la ville où elle apparaît sous le nom de "poterne du chastel d'Amboise". En 1630, elle est déjà désignée comme la porte des Lions ; or la première mention de lions à Amboise date du règne de Charles VIII. En 1494, les comptes de l'argenterie d'Anne de Bretagne rapportent qu'un âne est acheté pour amuser les lions. On peut donc supposer que les lions étaient entretenus dans le fossé du château, comme cela se faisait pour la ménagerie d'Angers par exemple.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle

Si l'on suit la description du procès-verbal de 1761 à partir du plan de 1708, on constate qu'un bâtiment nommé « corps de garde », d'environ 11 m sur 7 m occupait, au Nord, le côté gauche de la porte des Lions, côté basse-cour. Une cheminée chauffait la pièce, installée sur le mur gouttereau nord. Sur le gouttereau opposé, deux fenêtres étaient sources de lumière. À droite de la porte sur le plan, figure un escalier qui devait permettre de monter sur les buttes qui épaulent le rempart est du château. Deux ponts-levis devancés d'un tambour fermaient la porte : l'un piéton et l'autre charretier. Aujourd'hui, les vestiges prouvent qu'ils fonctionnaient avec des flèches. En avant de cette porte, le fossé était franchi par un pont dormant, dont on ne connaît pas le profil d'origine mais Léonard de Vinci en donne la silhouette. C'est probablement de ce pont dont il est question entre 1480 et 1482 dans les archives de la ville. Enfin, en sortant, à gauche de la porte, il subsiste les vestiges d'une tour défensive, qui déjà sur le plan de 1708 est signalée sous le terme de « tour ruinée ». Elle a été restaurée au minimum ; son plan pentagonal, et non circulaire comme le suppose le plan de 1708, est toujours lisible. Ces différents éléments constituant la porte des Lions et appartenant tous au même système de défense sont décrits dans des notices successives : la porte en elle-même, puis les vestiges de la tour ruinée et du corps de garde qui prenaient place de l'autre côté du rempart, et enfin la demi-lune. Sur sa façade est, la porte des Lions est construite en moyen appareil de tuffeau, son parement tranche avec celui du rempart au sein duquel son insertion postérieure apparaît nettement. De 6,30 m de large, sur 6,50 m de haut, elle se divise en deux registres. Le premier accueille la porte cavalière (3,15 m) couverte d'un arc en anse de panier et le passage piéton (0,85 m) couvert d'un simple linteau monolithe ; le second supporte le passage des flèches des ponts-levis. Le tout est couronné de six consoles de mâchicoulis austères à trois ressauts et de largeur différente. Le premier registre est lié du côté de la porte piétonne sur cinq assises à l'amorce d'un mur dont il ne reste plus qu'un arrachement et qui de ce fait est contemporain de la porte. Cet arrachement s'ouvrant avec un angle 88 degrés, constitue les vestiges d'un tambour qui devançait la porte. Le tambour venait se fermer de l'autre côté de la porte contre un autre mur formant, pour sa part, un angle de 116 degrés avec la porte. Ce mur, restauré mais issu d'une campagne de fortification antérieure, correspond à celui de la « tour ruinée » installée à son revers. Le profil du tambour est connu par le plan de 1708 et par les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau qui semble avoir simplifié la représentation du front oriental du château, notamment le tracé en crémaillère de l'enceinte. Le dessin de Léonard de Vinci esquisse également le modèle de la porte. Si l'on en croit Jacques Androuet du Cerceau, l'ouvrage se présentait comme un logis-porte avec une croisée éclairant la pièce habitable et une porte donnant de chaque côté sur le chemin de ronde qui courait le long du rempart. À présent ce chemin de ronde n'existe plus mais on peut cependant admettre que les vestiges encore visibles du tambour correspondent à ces représentations. Aujourd'hui, lorsque l'on entre dans l'enceinte du château par la porte des Lions, on passe sous une large arcade segmentaire qui se situe à mi-hauteur du passage des flèches. Au-dessus, prend place un mur en petit appareil à hauteur des mâchicoulis qui devaient ainsi se trouver au niveau du chemin de ronde. Les structures de la partie habitée du logis ont totalement disparu. Les ponts-levis à flèches suggèrent une datation postérieure au début XVe siècle et le profil des consoles de mâchicoulis, très simple, s'explique par la présence du tambour qui les masquait. Un tel sas se retrouve à la porte vers la ville à Dijon dans le dernier tiers du XVe siècle. En outre, une canonnière à la française est encore conservée dans le soubassement de la porte et de la tour ruinée, au niveau du fossé ; orientée nord-est, elle permet de battre le fond du fossé. La bouche de 15 cm de diamètre présente des critères datants, en particulier la présence d'un crochet pour arquebuse à croc et d'une feuillure pour un volet qui la date des années 1495. La présence du tambour et de la canonnière suppose que la tour dite ruinée en 1708 ait été intégrée au système de défense du château à la fin du XVe siècle. Il est d'ailleurs fort probable que dès cette époque, un ouvrage avancé ait précédé la demi-lune que nous connaissons aujourd'hui.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les archives concernant la porte des Lions du château d'Amboise

    Les comptabilités de la ville d'Amboise citent à plusieurs reprises la « poterne du chastel » que l'on identifie avec certitude grâce à une mention de 1480 :

    - Archives communales d'Amboise, CC 102, f°26v° : « [...] Mectre et emploier par le commandement et ordonnance du roy a faire tout de neuf le pont de la poterne du chastel d'Amboise tant de pierre que de boys ».

    On trouve les mêmes mentions au cours des deux années suivantes (Archives communales d'Amboise, CC 104 et CC 197, 1480 à 1482) où il est question de poser des gardes corps le long du chemin qui va du Clos-Lucé à la « poterne du chastel » et de restaurer le pont de la poterne.

    En 1494, dans les comptes de l'argenterie d'Anne de Bretagne, des Lions sont mentionnés au château d'Amboise, :

    - Archives nationales, KK 84, f°90r°-v° : « [...] A Jehannin Le double, portier du chastel d'Amboise, pour ung asne de luy prins et achapté et lui baillé et livré du commandement d'icelle dame devant les lyons dudit lieu pour les jouer et esbattre et laquelle somme de 70 s. t. lui a esté payee, baillee et delivree comptant par cedit tresorier, comme il appert par sa quictance cy rendue, pour ce jcy par vertu du roolle cy devant rendue ladicte somme de 70 s. t. ».

    Puis en 1496, Vincent Gelée est chargé du transport des lions du roi entre l'hôtel des Lions à Paris et Amboise (XIX/12, 2 septembre 1497, dans Claire Béchu, Florence Greffe, Isabelle Pébay, Archives nationales. Minutier central des notaires de Paris, minutes du XVe siècle de l'étude XIX, inventaire analytique, Paris, Archives nationales, 1993, n°3733).

    Dans les procès-verbaux de 1630, il est seulement question du « corps de garde de la tour des Lions » ou de « faire une gueritte de charpente sur la porte des Lions ». Le procès-verbal de 1761 est plus précis :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°11r° : « Dans un corps de logis au bout du petit jardin et à costé de ladite grande porte du Lion ayant ledit bastiment son entrée au midy, composé d'une grande chambre à cheminée occupée par le nommé Bouchet contenant vingt neuf pieds de longueur de dehors en dehors sur vingt un pieds de large aussy de dehors en dehors, éclairé de deux croisées au Midy en bon état, grenier comble dessus couvert de thuilles, dedans [icelle ] chambre sommes passés dans une petite cave de l'autre costé de ladite grande porte [...} ».

    Le procès-verbal de 1761 mentionne en outre la canonnière de la porte des Lions :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire,C 950, f°11r° : « [...] Descendus dans icelle [cave] par un escalier de pierre de taille carrée voultée aussy en pierre contenant deux toises sur trois pieds dix poulces de large au fond de laquelle est un caveau du costé du Levant aussy voulté de dix pieds de long sur deux pieds de large tirant son jour par une embrasure au Levant du costé du fossé [...] ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives Nationales ; KK 84. 3e Compte de Jacques de Beaune, compte des finances de la reine Anne de Bretagne. 1er octobre 1493 - 30 septembre 1494.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950. 1699-1761. Procès-verbal d'estimation du château d'Amboise, procès-verbal de prise de possession par le duc de Choiseul. 1761.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655. Procès-verbaux des réparations à effectuer au château d'Amboise. Entre 1624 et 1631, folios papier.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, DOE 2004. Restaurations de la porte des Lions du château d'Amboise. 1990-1991.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, etu 0602. Étude pour la restauration de la porte des Lions du château d'Amboise. 1990.

  • Archives nationales, XIX/12, 2 septembre 1497, dans BECHU, Claire, GREFFE, Florence, PEBAY, Isabelle. Minutier central des notaires de Paris, minutes du XVe siècle de l'étude XIX, inventaire analytique. Paris, Archives nationales, 1993, n°3733.

Documents figurés
  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, Deuxième étage du bâtiment sur Loire, deuxième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et rez-de-chaussée du logis d'Henri II. (Archives Nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Passage d'entrée, premiers offices du logis des Sept Vertus, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, rez-de-chaussée du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. 2e étage dans le comble du logis des Sept Vertus, 1er étage du logis Louis XI, rez-de-chaussée du logis Charles VIII, rez-de-chaussée du logis Charles VIII-François Ier et fondations du logis Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Deuxième étage du Logis des Sept Vertus, premier étage du logis dit de Louis XI, rez-de-chaussée bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, deuxième étage du bâtiment sur Loire, troisième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et grenier du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Plan du château d'Amboise. Attribué à Robert de Cotte, dessin à la plume et à l'encre de Chine aquarellée, 1708. (Archives Nationales; O1 1903, Cartes et Plans, n°1 et 3).

  • Carte particulière de la ville et chasteau d'Amboise/René Siette. 1610-1619. (Bibliothèque nationale de France, Cartes et Plans, Ge DD 2987 (1195)).

  • Le château d'Amboise/attribué à Francesco Melzi. Sanguine, 1517-1519. (Royal Collection Trust, Bibliothèque royale de Windsor).

  • Plan du château d'Amboise, Le château d'Amboise, du costé de la rivière, L'élévation du chasteau d'Amboise du costé de la ville. Dessins de Jacques Androuet du Cerceau, vers 1579. (Londres, British Museum : Cote U 854-857).

Bibliographie
  • FAUCHERRE, Nicolas. Les citadelles du roi de France sous Charles VII et Louis XI. Paris : Université de Paris IV-Sorbonne : thèse de doctorat sous la direction de Léon Pressouyre, 1992, 3 vol. (manuscrit dactlographié).

  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, un château dans la ville. [Publication de Thèse]. Rennes : presses universitaires de Rennes ; Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

Périodiques
  • COMTE, François. Le château et la ville : Angers (XIII e -XVIe s). Revue archéologique du Centre de la France, Tome 48, 2009, (cf.lien web en-dessous).

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie