Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Château-Renault

Dossier IA37004869 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Aspects géographiques

Située à 29 km au nord-est de Tours et 29 km au sud-ouest de Vendôme, la commune de Château-Renault couvre une superficie de 3,51 km² soit une densité de population de 1 442 hab/km². La ville s'est développée à la confluence de la Brenne, qui traverse la commune du nord au sud, et du Gault, d'est en ouest. Ces deux cours d'eau ont creusé des vallées étroites et encaissées, qui donnent au territoire communal un relief accentué. L'altitude est comprise entre 88 mètres (vallée de la Brenne) et 127 mètres (plateau au nord).

Le plateau possède des sables dits de Montreuil, surmontés d'une couverture sablo-limoneuse, remplacée au sud de La Pilonnière par des argiles blanches ou gris jaunâtres très finement sableuses dites terres à carreaux. Le fond des vallées est tapissé d'argiles bleuâtres mêlés de graviers et de la craie de Villedieu est présente à Vauchevrier.

Les rares zones boisées sont situées au nord du château et sur les coteaux sud de la Brenne et du Gault (Beauregard, Pichon). L'étroitesse du territoire communal a conduit à la disparition des activités agricoles.

Les axes principaux sont la route départementale 910, qui relie Château-Renault à Tours et traverse la commune du nord au sud, et la route départementale 766 reliant Blois à Seiches-sur-le-Loir, qui traverse la commune d'est en ouest.

Les axes secondaires sont les départementales 46 et 246, reliant Vouvray à Château-Renault ; la départementale 273 reliant Villedômer à Château-Renault, et la départementale 43 reliant Château-Renault à Neuville-sur-Brenne. La commune est également desservie par la ligne TER reliant Tours à Paris-Austerlitz, via Vendôme.

Aspects historiques

Le château et les origines de la ville

Les origines de Château-Renault remontent au 10e siècle : une villa est mentionnée à Méré (à l'est) en 984 et le moulin de Launay (à l'ouest) en 1022. Le développement de la ville est lié à la présence d'une fortification, sur l'éperon rocheux à la confluence de la Brenne et du Gault, attestée au début du 11e siècle. Avant 1044, le château est détenu par les dénommés Guicher, Geoffroy, Renaud et Guicher II, vassaux des comtes de Blois. Entre 1044 et 1073, le château est tenu par un vassal des comtes d'Anjou, Renaud de Château-Gontier. En 1066, ce dernier donne une chapelle dédiée à Saint-André ainsi qu'un terrain situé au pied du château à l'abbaye Saint-Julien de Tours, afin d'y établir un prieuré et un bourg. Ce bourg qui dépendait de la paroisse de Neuville devient une paroisse indépendante en 1125, et l'église est reconstruite en 1562. Le donjon en bois, incendié vers 1140, est reconstruit en pierre, vers 1160. Du 12e au 17e siècle, la châtellenie appartient successivement aux comtes de Blois (Champagne, Châtillon), aux Orléans (Dunois, Longueville) et aux Gondi. La famille Rousselet l'acquiert en 1618 et la fait ériger en marquisat en 1620. Jean-Baptiste-Charles-Henri comte d'Estaing devient marquis de Château-Renault suite à son mariage avec Anne-Marie Rousselet en 1746. Au début du 19e siècle, la famille Calmon devient propriétaire du château et le donne à la ville en 1948.

Le nom de Castrum Rainaldi ou Castrum Reginaldi aurait été donné en l'honneur de Renaud fils de Geoffroy Guicher, ou de Renaud fils de Geoffroy de Château-Gontier. A partir du 13e siècle, la paroisse prend le nom de Châteauregnault ou Châteaurenault. Pendant quelques années de la période révolutionnaire la commune est appelée Montbraisne. Depuis 1932, le nom officiel s'écrit Château-Renault.

Ville et église de Château-Renault, depuis l'esplanade du château.Ville et église de Château-Renault, depuis l'esplanade du château.

Château-Renault au Moyen Age

Le noyau urbain primitif se développe le long de l'actuelle rue de la République, entre deux portes, l'une située au niveau de la tour-porte du château et l'autre près du carrefour avec le chemin de Vauchevrier. Vers l'ouest, une fois franchie la Brenne sur les ponts Paillard et Saint-Mathurin, se trouve le quartier dit de la Basse Vallée, paroisse du Boulay. C'est à l'ouest de la ville que s'installent plusieurs établissements religieux : la chapelle Saint-Martin au 12e siècle, la chapelle Notre-Dame du Rosaire au 13e siècle, la chapelle Saint-Mathurin en 1333, le couvent des Récollets en 1618. Sur le plateau à l'est, se développe un pôle économique et commercial autour de la place du Marché reliée au carroi Saint-André, près de l'église, par la ruelle du Moulin Neuf (Moulinet).

Château-Renault devient rapidement un centre judiciaire, économique, social et culturel : la châtellenie possédait des droits de haute, moyenne et basse justice ; un marché hebdomadaire et quatre foires annuelles sont organisées dès les 11e et 12e siècles ; une léproserie et un Hôtel-Dieu sont attestés dès le 13e siècle ; une école est citée en 1341.

La "Cité du Cuir"

La Brenne, l'ancienne tannerie Peltereau-Tenneson et le château.La Brenne, l'ancienne tannerie Peltereau-Tenneson et le château.Un moulin à tan est mentionné en 1323 mais la tannerie ne se serait véritablement installée à Château-Renault qu'en 1543. L'activité connaît un remarquable essor à partir du 19e siècle et atteint son apogée à la fin du siècle, époque où l'on recense seize tanneries. Cette croissance industrielle s'appuie sur trois facteurs principaux : les progrès techniques et l'arrivée du chemin de fer, la personnalité de quelques maîtres-tanneurs (Placide Peltereau équipe sa tannerie d'une machine à vapeur dès 1844) et l'accroissement des commandes de l'armée lors de la guerre de 1870-1871 et la Première Guerre mondiale. Durant l'entre-deux-guerres, l'industrie du cuir reste importante même si le nombre de tanneries diminue, passant de treize en 1922 à neuf en 1938. Le développement de cette industrie le long de la Brenne et du Gault a profondément modifié le paysage urbain.

Le développement de la ville aux 19e et 20e siècles

Parallèlement, la ville s'agrandit. La rue Neuve, créée entre 1841 et 1846, relie la Grande Rue à la place du Marché à travers les vignes du Clos Réaumur. Le quartier des Ruelles est progressivement loti avec la création ou le prolongement des actuelles rues Madame Sornas, Denis Papin, Honoré de Balzac, des Déportés Politiques et impasse du Gault. Contrainte par sa faible superficie (une proposition de réunion des communes de Neuville et Château-Renault est rejetée en 1813), la ville s'étend aux dépens des communes voisines en procédant à des annexions. La Basse Vallée du Boulay est rattachée à Château-Renault par la loi du 22 mai 1840. En 1871, le territoire est légèrement agrandi aux dépens de Villedômer, autour du moulin de Launay. Par décret du 24 avril 1879, la ville s'étend vers l'ouest en annexant le quartier de la Grange, qui dépendait du Boulay. En 1885, le projet d’agrandissement du cimetière conduit à l'annexion de près de 65 ares situés sur la commune de Neuville. Le terrain où s'élève l’hôpital depuis 1912 et une parcelle au lieu-dit Le Pichon sont rattachés à Château-Renault au détriment d'Auzouer, par décrets des 22 août 1916 et 26 août 1925. Le 1er janvier 1969, les communes de Neuville et du Boulay perdent 16 et 46 ha où sont édifiés depuis plusieurs années deux zones industrielles. Depuis cette date, le territoire communal n'a pas été augmenté mais l'urbanisation se poursuit en périphérie de la ville sur les communes voisines du Boulay, Villedômer, Auzouer-en-Touraine, Neuville-sur-Brenne et Saunay.

La ville et le château depuis la rue Trousseau.La ville et le château depuis la rue Trousseau.La fermeture des tanneries s'est, le plus souvent, accompagnée de la destruction des bâtiments industriels, permettant de nouveaux aménagements urbains à la fin du 20e siècle et au début du 21e siècle : construction d'un centre socio-culturel, de logements (avenue du Maine, rue du Moulin d'Habert, La Gance, Jean Renoir), création d'une coulée verte le long du Gault. Les tanneries Peltereau-Tenneson, Bienvenu, Hervé (corroierie et sèche), Delamotte et Testu-Jodeau (bureaux) ont cependant été réhabilitées en musée, services publics ou logements. D'autres bâtiments liés à cette industrie ont également été conservés : anciens moulins à tan (moulin et halles de Vauchevrier, moulin de Moulinet) ; maisons patronales (tanneries Brisset, Gatien, Peltereau-Enault, Peltereau-Tenneson) et ouvrières ; anciennes coopératives (épicerie de la Solidaire, boulangeries coopératives des tanneurs et des ouvriers de tous corps d'état).

Dans la seconde moitié du 20e siècle, des zones industrielles et artisanale, des logements individuels et collectifs (quartiers de Bel-Air, la gare, la Grange, La Boisnière, Torchanais...) et de services publics (collège, lycée, extension de l'hôpital...) se développent. Plus récemment, la ville a également été choisie par la Région Centre-Val de Loire pour y installer son agence pour le livre, l'image et la culture numérique (Ciclic, http://www.ciclic.fr/).

L'évolution de la population au fil des siècles

Sous l'Ancien Régime, le nombre de feux est en moyenne 420, mais connaît de fortes oscillations passant, par exemple, de 498 en 1687 à 336 en 1720. La population communale croît rapidement dans la première moitié du 19e siècle, passant de 2 052 habitants en 1806 à 3 978 en 1866. Dans la seconde moitié du 19e siècle, la croissance se poursuit plus modérément pour atteindre 4 492 habitants en 1896. A partir de cette date, la population baisse lentement pour atteindre 3 877 habitants en 1936, avant de repartir et de dépasser les 6 000 habitants au début des années 1980. La population communale était de 5 060 habitants en 2012.

Aires d'études Vallée de la Brenne
Adresse Commune : Château-Renault

Références documentaires

Documents figurés
  • Cartes postales de Touraine : Château-Renault. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 10 Fi 63).

  • Plan géométral de la terre, fief et seigneurie de Notre-Dame de Neuville/Louis Pardessus. 1740. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, H 291).

  • Château-Renault, plan cadastral dit cadastre napoléonien, section A. Non daté (vers 1835-1836). (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P2 063).

  • Château-Renault, plan cadastral dit cadastre napoléonien, section B. Non daté, (vers 1835-1836). (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P2 063).

  • Château-Renault, plan cadastral dit cadastre napoléonien, section C. Non daté, (vers 1835-1836). (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P2 063).

Bibliographie
  • CHANGEUX, Robert, HUTEAU, Lucette. Il était une fois... Château-Renault. Longué (Le Vieux logis, 49160) : A.E.R. , 1978. 156 p.

  • COUDERC, Jean-Marie (dir.). Dictionnaire des communes de Touraine. Tours : CLD, 1982.

  • GORRY, Jean-Michel. Paroisses et communes de France. Dictionnaire d'histoire administrative et démographique. Indre-et-Loire. Paris : CNRS, 1985.

  • HUTEAU, Lucette, CHANGEUX, Robert. Aveu de la seigneurie de Château-Renault en 1558. Copie dactylographiée d'un aveu conservé aux Archives Nationales.

  • NGUBA, Masiya. L'évolution des formes urbaines à Château-Renault. Tours : Université de Tours, 2005. 2 vol. Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art : Tours : 2005.

Périodiques
  • HUTEAU, Lucette. Les origines féodales de Château-Renault. Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, 1975, p. 565-574.

  • HUTEAU, Lucette. La tannerie et le musée du cuir à Château-Renault. Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome XL, 1984, pp. 1085-1093.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Pays Loire Touraine - Paucton Arnaud