Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Dierre

Dossier IA37005294 réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Aspects géographiques

Hameau de Coquiau.Hameau de Coquiau.

Dierre s’étend sur 1027 hectares et se situe à 22 km à l’est de Tours et à 7 km au sud d’Amboise, en limite de Saint-Martin-le-Beau à l’ouest et de La Croix-en-Touraine à l’est. Le Cher constitue la limite sud de la commune et s’étend sur 2,3 km d’est en ouest. Le ruisseau Court-au-Cher vient d’un étang de la forêt d’Amboise, traverse le bourg et prend le nom de ruisseau Gauthier avant de rejoindre le Cher ; il parcourt un dénivelé de 62 mètres. Du sud vers le nord, la commune comprend : la vallée du Cher, large d’environ 1 km et dont l’altitude est de 54 mètres. Cette zone comprend plusieurs petits étangs naturels. Longeant la vallée, un coteau calcaire creusé de caves s’élève sur une vingtaine de mètres et débouche sur un plateau constitué d’argiles à silex caillouteuses qui occupe les trois-quarts de la superficie communale ; il culmine à 115 mètres. D’anciennes carrières de calcaire (craie de Villedieu) se situent près du lieu-dit "le Fourneau" tandis que la forêt d’Amboise occupe toute la partie nord de la commune. Les prairies se situent dans la vallée.

La vigne, dont la culture est attestée dès le 13e siècle, couvre les pentes du coteau ainsi qu'une partie de la vallée du Cher et produit des vins d'AOC Touraine, Crémant de Loire, Rosé de Loire. Le bourg s’est développé le long du coteau et les rares fermes isolées sont toutes situées sur le plateau.

La route de Tours à Montrichard et la voie ferrée sont parallèles et se situent également au pied du coteau, en marge de la zone inondable. Un aérodrome est situé dans la vallée, au sud du hameau de Malivert. Depuis 2010, la commune est accessible du hameau de Malivert. La liaison avec Tours est facilitée par l'autoroute A 85, échangeur Bléré-Sublaines à 10 km.

Repères historiques

L’ancienne voie romaine de Tours à Bourges par la rive droite du Cher passait par Dierre en traversant la vallée. La présence d’un atelier monétaire mérovingien a été mentionnée dès le 19e siècle. Des monnaies portant l'inscription Daria vicus ont été retrouvées.

Un cartulaire de l’abbaye Saint-Julien de Tours fait figurer Dierre sous la forme ecclesa de Dedra en 1040. Deeria est mentionnée au 13e siècle et Dierra apparaît en 1370. Dierre constituait un fief relevant du château d’Amboise qui appartenait avant 1040 à un certain Tosselin. A cette date il le vendit à l’abbé Richer qui en fit don à l’abbaye Saint-Julien de Tours. Le siège de ce fief était établi dans le manoir de la Secréterie, au bourg. Avant 1040, l'église Saint-Médard était rattachée au chapitre d'Orléans qui la vendit alors à l’abbaye Saint-Julien ; celle-ci fit bâtir un prieuré à Dierre. Ce prieuré fut ensuite cédé au monastère de Beaulieu près de Loches, à une date imprécise, vraisemblablement au cours du 12e siècle. Selon l’historien Carré de Busserolles, "le prieur célébrait la messe dans la chapelle de Sainte-Catherine, située à l’entrée de l’église" et le revenu de cette chapelle constituait également un fief.

L'église Saint-Médard et la rue de Chenonceaux. Vue prise de l'ouest.L'église Saint-Médard et la rue de Chenonceaux. Vue prise de l'ouest.L’abbé de Saint-Julien était seigneur de Dierre. En 1740, le fief fut réuni à la mense abbatiale et ses revenus bénéficièrent au collège de Tours. Au nord du bourg, le fief de Coquiau, mentionné au 15e siècle, relevait également du château d’Amboise.

Au cours du 19e siècle, la commune a connu de nombreuses transformations et s'est dotée de plusieurs édifices publics. La canalisation du Cher entre 1838 et 1841 a donné lieu à la construction de plusieurs barrages éclusés : celui de Vallet est positionné entre entre Dierre et Athée-sur-Cher ; l'écluse et la maison éclusière sont à Dierre. Trois bassins sont aménagés à la fontaine du bourg en 1846 et un nouveau cimetière est créé la même année. Une école mixte est construite en 1864. Alors que le chemin de fer vient juste d’arriver dans la commune en 1868 , une nouvelle mairie est édifiée en 1869 à l’est de l'église ainsi qu’un nouveau presbytère, à l’ouest de l’église. En 1908 la commune fait l’acquisition des réverbères destinés à l’éclairage du bourg. L’autorisation de faire de l’aviation dans la prairie communale est accordée à M. Claude Lefebvre le 30 mai 1910. L’installation du bureau de poste dans le presbytère construit en 1869 a lieu le 1er octobre 1922. Enfin, un lavoir est construit en 1925.

Une indication sur les ressources dont disposaient les villageois dans la seconde moitié du 19e siècle et jusque dans les années 1920 nous est fournie par les rôles pacage : la plupart des foyers possédaient quelques animaux domestiques, principalement des vaches. A titre d’exemple, le rôle de pacage de l’année 1876 fait état de 3 chevaux, 5 ânes, 222 vaches et 17 chèvres dans la commune. En 1924 on ne recense plus aucun équidé, mais encore 141 vaches et 73 chèvres. La culture de la vigne a pu reprendre après la crise du phylloxéra à partir de 1898 au moyen de plants greffés cultivés dans les pépinières communales de la Roche et de la Grand-Chesneau.

La population était de 117 feux en 1667, soit environ 468 habitants et de 135 feux en 1787. Ces chiffres évoluent au cours du 19e siècle jusqu’à 565 habitants en 1851 et restent globalement stables puisqu’on dénombrait 550 habitants en 1906. Ensuite, la population décroît régulièrement jusqu’en 1975 où l’on ne recense plus que 408 habitants. A partir de 1982 (416 habitants), l’augmentation s’accélère avec 496 habitants en 1999, 563 en 2007 et 574 en 2011.

Aires d'études Canton de Bléré
Adresse Commune : Dierre

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 3/999-1001. Matrices des propriétés foncières : registre présentant les augmentations et les diminutions survenues dans les contenances et les revenus portés sur les matrices cadastrales. 1828-1914.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, 2 O 96. Procès-verbal de vente de boutures sur souches de vigne américaines provenant des pépinières communales de la Roche et de la Grand-Chesneau. 18 décembre 1884.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, 2 O 96. Rôles de pacage de la commune de Dierre. Années 1876-1924.

Documents figurés
  • Plan des bois de Saint-Julien à Dierre, dépendant de l'abbaye Saint-Julien de Tours, ordre de Saint-Benoît, congrégation de Saint-Maur contenant 500 arpents au total. Milieu XVIIIe siècle. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, H 568 1 à 4).

  • Plan cadastral de 1823-1824/exécuté par Jean-Baptiste Louis Lecoy, géomètre et Claude Gautron, géomètre secondaire, sous la direction de M. Paumier, directeur des contributions et de M. Fanost, géomètre en chef. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3P 3).

Bibliographie
  • CARRE DE BUSSEROLLES, J.-X. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Tours : Rouillé-Ladevèze, 1883. (3 vol.).

  • COUDERC, Jean-Mary (dir.). Dictionnaire des communes de Touraine. Chambray-lès-Tours : C.L.D., 1987. ISBN 2-85443-136-7.

  • GORRY, Jean-Michel. Paroisses et communes de France. Dictionnaire d'histoire administrative et démographique. Indre-et-Loire. Paris : CNRS, 1985.

  • RANJARD, Robert. La Touraine archéologique. Guide du touriste en Indre-et-Loire. Mayenne : Joseph Floch éditeur, 1971, 5e édition. (1ère édition Tours, 1930).

Périodiques
  • DUBOIS, Jacques. Archéologie aérienne : prospections de 1990, 1991 et 1992 en Touraine. Bulletin de la société archéologique de Touraine, Tome LXIII, année 1993, p. 825-845.

    p. 832
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.