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Présentation de la commune de Saint-Jean-Pierre-Fixte

Dossier IA28000282 réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Historique

Dès l'époque Néolithique, le territoire de Saint-Jean-Pierre-Fixte semble habité. En témoigne un mégalithe, malheureusement enfoui dans la première moitié du 19e siècle sous les débris provenant du terrassement de la route de Souancé-au-Perche (actuelle Départementale D9). Il se situe entre la D9 et la hameau de Montrousset comme l'indique le nom de "pierre levée" pour cette parcelle de terre (la C 97 du cadastre de 1811). Édouard Lefèvre en fait une description sommaire en 1856 : "cet ancien autel se compose d'un dol pour pierre plate, posé sur la terre à côté d'une autre verticalement". La paroisse tire son nom de cet ancien monument : Petra Fixa (en 1142 sur une carte des moines de Saint-Denis), Petra Fracta (pierre cassée, en 1250), Petra Ficta (en 1449).

Près de l'ancien moulin de Chesneau, au fond de la vallée de la Jambette, MM. Jousset de Bellême (propriétaire alors du château Saint-Jean) et Savigny (garde-champêtre de Nogent-le-Rotrou) ont, au début du 20e siècle, découvert un atelier de production d'outils de l'époque néolithique (3 500 à 3 000 av. J.-C.). Sur environ 5 m2, les fouilles ont révélé la présence de "14 haches, 6 ébauches de haches, 9 coups de poing, 4 percuteurs, 19 perçoirs, 6 pointes de lances ou de flèches, 2 couteaux plats, 44 racloirs, 10 lames à usages divers".

Fontaine Saint-Jean-Baptiste.Fontaine Saint-Jean-Baptiste. Église Saint-Jean-Baptiste.Église Saint-Jean-Baptiste.

Saint-Jean-Pierre-Fixte est également connue pour sa fontaine, dédiée, à l'instar de l'église paroissiale, à saint Jean-Baptiste. La fontaine aurait, selon plusieurs auteurs, fait l'objet d'un culte druidique avant d'être christianisée. L'édicule actuel a été reconstruit vers 1839 tandis que l'église paroissiale remonte, pour la partie la plus ancienne, au 12e siècle. Dès cette époque, la paroisse est incluse dans les bénéfices de l'abbaye bénédictine de Saint-Denis de Nogent.

Sous l'Ancien Régime, Saint-Jean-Pierre-Fixte relève en partie de la châtellenie de Montdoucet. Une branche de la famille de Boisguyon, vassale des seigneurs de Montdoucet, fait construire et habite le manoir du Grand Prainville dès la fin du 15e siècle. Bienfaiteurs de la paroisse, les seigneurs de Prainville étaient inhumés dans le chœur de l'église jusqu'au milieu du 18e siècle. Bon nombre de lieux-dits sont d'anciens fiefs qui dépendaient de seigneuries laïques ou ecclésiastiques de paroisses voisines : L'Aumônerie (abbaye des Clairets), Le Charme, La Maillardière (seigneurie de la Bouchère à Mâle), La Tertillière (seigneurie de Saint-Victor-de-Buthon).

Tour-clocher de l'église, premier étage : salle du curé.Tour-clocher de l'église, premier étage : salle du curé. Tour-clocher de l'église, deuxième étage : salle de la mairie.Tour-clocher de l'église, deuxième étage : salle de la mairie.

A la Révolution, la paroisse est rattachée à celle de Trizay, et le presbytère de Saint-Jean-Pierre-Fixte est vendu comme Bien national en 1796. Il faut attendre 1843 pour que la paroisse retrouve son autonomie sous l'impulsion de son desservant, l'abbé Vidal, qui aménage lui-même son logement dans la tour-clocher de l'église.

Ferme de La Haudonnière.Ferme de La Haudonnière. Maison aux Poussineries.Maison aux Poussineries. Maison au Petit Châtillon.Maison au Petit Châtillon.

L'activité agricole, locale ou régionale, était l'activité principale de la commune, avec la présence de fermes isolées assez importantes (La Haudonnière, La Joustière, Le Grand Châtillon, Le Guimpier). De petits hameaux regroupaient également des maisons construites et/ou habitées pour des journaliers agricoles louant leurs bras aux précédentes fermes, des charretiers et gardiens travaillant jusqu'au Vendômois, des ouvriers de l'industrie nogentaise (surtout étaminière jusqu'au Second Empire). Les eaux de la rivière de la Ronne alimentaient trois moulins (deux à farine, un à papier) au Moulin de Prainville, au Vieux Moulin et au Moulin à Papier.

En 1887, la ligne de chemin de fer reliant Nogent-le-Rotrou à Patay est inaugurée. Le trafic voyageurs cesse en 1945 ; 5 ans plus tard pour le trafic marchandises. Deux maisons de garde-barrière subsistent au bourg et au Moulin Vieux.

Faute de finances suffisantes, la municipalité ne parvient pas à construire d'école primaire, pourtant en projet à la fin des années 1870 et au début des années 1920. De même, ce n'est qu'en 1956 que la mairie est construite. La commune atteint sont maximum de population au milieu du 19e siècle avec 326 habitants. Ce nombre décroit jusqu'à la fin des années 1960 (145 habitants en 1968). A partir des années 1970, Saint-Jean-Pierre-Fixte connaît un certain développement en lien avec sa situation, accolé au sud de Nogent-le-Rotrou. Des pavillons se construisent en limite communale au nord (à La Trélaudière) dès les années 1960, puis dans les décennies suivantes au nord de La Boulaye, au nord-ouest et à l'ouest du Moulin Vieux et plus récemment dans le secteur de Montrousset, La Tertillère ainsi que Les Poussineries et La Fuye.

Description

Située dans la partie sud du Parc naturel régional du Perche, la commune de Saint-Jean-Pierre-Fixte (canton de Nogent-le-Rotrou, Communauté de communes du Perche) couvre une superficie de 707 hectares et compte, au dernier recensement de 2017, 299 habitants. Le plateau sur lequel elle se situe est entaillé par les vallées de la Ronne et de la Jambette, qui marquent les limites nord-est et ouest. Un maillage bocager assez dense en lien avec des pâtures subsistent encore en fond de vallée et sur les versants les plus abrupts (au sud du bourg, secteur des Gouenneteries et des Poussineries, secteur de L'Aumônerie et de La Bigotière) tandis que les hauteurs de plateaux et les versants les moins pentus, plus tournés vers les grandes cultures, ont vu leurs haies disparaître lors des dernières décennies (autour de La Ménardière). Quelques bosquets et bois sont présents au nord du Grand Prainville, autour de la Maillardière et du Gros Bois et le versant abrupt entre la Trélaudière et le Moulin à Papier. L'habitat est dispersé sur l'ensemble du territoire communal : la commune compte une petite quarantaine de lieux-dits dont le bourg, de petits hameaux, fermes isolées et moulins. De nombreuses fermes ont changé de destination et ont été converties en simples maisons.

Aires d'études Parc naturel régional du Perche
Adresse Commune : Saint-Jean-Pierre-Fixte

Annexes

  • Cadre de l'étude

    L´inventaire topographique du patrimoine architectural de la commune de Saint-Jean-Pierre-Fixte a été réalisé en 2018.

    Parmi les 51 éléments bâtis recensés (toutes catégories confondues), 13 sont sélectionnés et font l’objet d’un dossier individuel.

    137 illustrations et 16 références documentaires (dont 10 documents d’archives) accompagnent les dossiers.

    Une synthèse de ce travail (feuillet de 8 pages A5) présente de manière succincte le patrimoine bâti communal.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, B 2502. Foi et hommage au comté de Nogent pour le fief de la Houdonnière, paroisse de Saint-Jean-Pierre-Fixte.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 6 Mi 96. Listes nominatives du recensement de population. 1836 - 1901.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 1 O 464. Plan et dessin de l'église Saint-Jean-Baptiste, dressé par l'agent-voyer cantonal le 7 août 1852.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 2 O 2999. Église paroissiale.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 2515 - 2520. Matrices cadastrales.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 1 Q PV55. Biens nationaux. 1791.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 5 S 215. Chemins de fer de l'État. Réseau d'Orléans à Rouen. Ligne de Patay à Nogent-le-Rotrou. Terrains à acquérir pour l'établissement de cette ligne. 1883.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 7 S 202. État récapitulatif des usines à la date du 31 décembre 1924.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 4 Z 168. Église paroissiale, presbytère, cimetière. 1843 - 1910.

Documents figurés
  • Plan du cadastre. 1811. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 5294 - 5297).

Bibliographie
  • FISHER, Roger. Les maisons paysannes du Perche. Paris : Eyrolles, Maisons paysannes de France, 1994.

  • LEFEVRE, Édouard. Dictionnaire géographique des communes et hameaux, fermes, moulins, châteaux, maisons et chapelles du département d'Eure-et-Loir en 1856. Chartres : Société archéologique d´Eure-et-Loir, 2002 (fac-similé de l'édition de Chartres : Garnier, 1856).

  • OLLAGNIER, Anne, JOLY, Dominique. Carte archéologique de la Gaule. L´Eure-et-Loir. Paris : Académie des inscriptions et belles-lettres : Ministère de la culture et de la francophonie : Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, 1995.

  • PELLETIER, Pierre. Saint-Jean-Pierre-Fixte – Carrefour d’histoire. Alençon : monographie communale, 1991. 46 p.

Périodiques
  • CAILLY, Claude. L'industrie étaminière dans le Perche au XVIIIe siècle : Une activité proto-industrielle économiquement avancée ? Annales de Normandie, 1987, 37-1, pp. 23-52.

  • SIGURET, Philippe. Introduction Historique. Les coutumes du Perche. Nogent-le-Rotrou et le Perche nogentais. Cahiers percherons, septembre 1958, n°7.

  • Édifices religieux des cantons de Nogent-le-Rotrou et Authon-du-Perche. Bulletin de la société archéologique d'Eure-et-Loir, n°93, 4e trimestre 1982.

    p. 14-15
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Maillard Florent