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Présentation de la ville

Dossier IA37005594 réalisé en 2006

Fiche

Parties constituantes non étudiées maison, hôtel, faubourg, îlot, passages couvert, voirie, ensemble religieux, collégiale, église, couvent, hôtellerie, parvi
Dénominations ville
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise

Sur le coteau de Loire s'implantèrent les premières peuplades néolithiques. Ainsi, le site des Châtelliers, préservé des crues, permet de dominer le paysage. De la période néolithique sont parvenus de nombreux outils, pointes de flèches et grattoirs retrouvés en fouilles sur le site des Châtelliers et dans la forêt d'Amboise. Dès l'Antiquité les voies de communication entourant Amboise furent développées, à savoir : - en premier lieu la Loire, favorisant les échangent commerciaux ; - puis, la route de la Loire rencontrant à Nazelles la route d'Autricum (Chartres) ; - enfin, la route d'Orléans à Tours, passant sur la rive gauche. La rencontre de la Loire et des voies terrestres favorisa le développement du site grâce à l'installation de ports commerciaux. L'implantation d'un pont y fut facilitée par l'île d'Or et l'île Saint-Jean (à présent rassemblées) et par la largeur de la Loire (700 m aujourd'hui) qui se réduit au niveau d'Amboise. Au Moyen Âge, la route d'Espagne, prenant de plus en plus d'importance dans le commerce national, traverse la Loire à Amboise puis la ville, empruntant l'actuelle rue de la Concorde (ancienne rue blésienne), puis la rue Nationale (ancienne grande rue Saint-Denis). Grâce à la vallée de la Masse et à la langue de tuffeau, le site se présente idéalement pour asseoir une forteresse. L'oppidum dont une partie du fossé et du rempart est encore visible aujourd'hui (Ier siècle avant J.-C.) se situait sur le site des Châtelliers en amont de la langue de tuffeau. L'oppidum d'Amboise fut abandonné pendant la période de paix qui précéda celle des grandes migrations des IVe et Ve siècles durant laquelle il fut à nouveau investi et fortifié. Dès leHaut Moyen Âge, la population se répartit en deux pôles : l'un autour de l'oppidum et l'autre, de l'autre côté de la Masse, autour de la colline de l'actuelle église Saint-Denis. Des sarcophages qualifiés de mérovingiens lors de leur découverte en 1896 et des tuiles plates à rebord y furent retrouvés en fouille. Dès le XIe siècle, l'histoire de la ville est liée à celle des seigneurs de la place. Au tournant de l'an Mil, durant la lutte du comté d'Anjou contre le comté de Blois, Amboise joue un rôle prépondérant, constituant une enclave angevine dans le territoire de la Touraine appartenant au comte blésois. Si les sources mentionnent l'une des forteresses de Foulques Nerra à Amboise, on ne connaît pour autant rien de l'histoire architecturale de celle-ci. Toutefois le site le plus approprié à défendre la place est bien le promontoire rocheux de l'actuel château. Les trois seigneurs d'Amboise se partagent la place en trois fiefs : le domicilium de Foulques Nerra se situe dans le castellum sur le promontoire castral, le seigneur de la motte s'installe sur le coteau au-delà des Châtelliers, et le dernier fait construire une tour de pierre sur les bords de la Masse. L'occupation du promontoire du château entraîne l'installation progressive de la population au pied de ce dernier. L'enceinte est mentionnée dans les textes (menia) dès le XIe siècle. Elle suit le bras principal de la Masse qui sert de douves. En 1044, l'évêque de Tours consacre l'église paroissiale Notre-Dame-et-Saint-Florentin construite dans l'enceinte du château en 1030 (et détruite en 1806). La ville s'avère suffisamment prospère pour que dès 1115, Hugues Ier d'Amboise fasse remplacer les vieux ponts par un pont de pierre. Saint-Denis est également reconstruite au début du XIIe siècle. Au XIVe siècle, l'une des entrées de la ville est la porte des Moulins, actuelle tour de l'Horloge rehaussée vers 1495. Les XVe et XVIe siècles constituent la période de développement de la ville d'Amboise. Depuis la fin du XIIIe siècle, la famille d'Amboise a réunifié les 3 fiefs en son sein qui désormais forment la baronnie d'Amboise. Dominant les bords de la Loire, la stratégique situation militaire d'Amboise a toujours suscité les convoitises. La guerre de Cent Ans justifie les besoins du roi de France qui ordonne la mise en défense des villes de son royaume. Dès avant 1421, Pierre II d'Amboise et les gens de la ville d'Amboise travaillent aux fortifications de la ville. En 1431, Louis d'Amboise est accusé de traîtrise. Ses biens lui sont confisqués et il est emprisonné durant 3 ans. À sa libération, il recouvre ses biens sauf Amboise, Montrichard et le Pont-de-Bléré. Amboise devient donc ville royale en 1434. Durant un siècle environ, l'évolution de la ville est étroitement liée à celle du château. Amboise évolue au gré des décisions royales. Les comptabilités de la ville conservées à partir de 1421 restent notre principale source. On y apprend que la ville se divise en 2 enceintes : l'une située au pied du château au Sud et l'autre, également au pied du château, appelée le Petit Fort qui prenait place dans l'actuelle rue de la Concorde. La première enceinte fut elle-même agrandie, à une époque mal déterminée puisqu'en 1421, l'enceinte s'étend déjà de l'emplacement de la paroissiale Saint-Florentin-en-Grèves à la tour Féalen (visible rue du sergent Turpin), et à la tour Boulacre (située au bout de la rue de Verdun et du quai des Marais). Sous Louis XI (1461-1483), la ville se développe en parallèle du château où le roi, la reine Charlotte de Savoie et leurs enfants installent leur résidence principale. Peu de mentions évoquent dans les archives les changements provoqués par l'arrivée des hôtels du couple royal, constitués de 150 à 200 personnes. Une partie des personnes employées était amboisienne. Dès 1463, les premières mentions de travaux concernent la tour Garçonnet. En 1471, à la naissance du dauphin Charles, Louis XI demeure beaucoup moins souvent à Amboise. Il se soucie pourtant de la sécurité du futur Charles VIII, et demande à la ville que Notre-Dame-et-Saint-Florentin, sise en l'enceinte du château, ne soit plus paroissiale mais seulement collégiale. L'édification d'une nouvelle paroissiale fut différée par la construction de nouvelles halles au Petit Fort. Il exige aussi de la ville sa participation à l'effort de guerre : maintien des fortifications en état, envoi de chevaux, de francs-archers et de pièces d'artillerie pour les guerres de Catalogne, Picardie, Normandie et Bretagne. Sous Charles VIII (1483-1498), la menace guerrière s'apaise. En 1491, Charles VIII met un terme aux guerres de Bretagne en épousant Anne de Bretagne. Les entrées royales - cérémonies festives au cours desquelles les souverains défilent dans les rues - se multiplient. La mise en place d'une cour nombreuse et itinérante rythme la vie de la ville qui doit la nourrir. Charles VIII entreprend des travaux importants au château. Les « terriers » provenant des fondations et des débris de construction sont jetés au pied du château (sur l'actuelle place Michel Debré). La ville est chargée de les emporter aux marais : 6480 charretées sont ainsi vidées dans les marais permettant un assèchement suffisant de l'endroit pour vendre les terrains comme places habitables. Aujourd'hui ces emplacements se situent entre le quai des Marais et la place Richelieu. Des rues y sont par la suite percées ; la rue Joyeuse est issue de ce mouvement urbaniste. Un grenier à sel propre à Amboise est installé en ville en 1485 - auparavant il était nécessaire de se déplacer à Montrichard. La ville semble s'être enrichie : elle construit une maison de ville au Petit Fort dès les années 1484-1485 et entreprend 10 ans plus tard l'agrandissement et la réfection du moulin de l'Aumône où l'on place vers 1510 une horloge, prévue dès le début. La maison de ville accueille au rez-de-chaussée le grenier à sel et dans ses combles le grenier à blé car l'ancienne annonerie est transformée en nouvelle église Saint-Florentin-en-Grève. De 1498 à 1515, la cour est moins présente. Louis XII et Anne de Bretagne s'installent d'avantage à Blois. Cependant les comptes révèlent une santé financière de la ville satisfaisante. L'horloge est enfin mise en place et l'église Saint-Florentin achevée de couvrir. La cour vient occasionnellement jusqu'en 1525 (à l'exception de la venue de Charles Quint en 1542). Dans la dernière partie de son règne, François Ier déménage pour ses châteaux de la région parisienne. Si la personne du roi n'est plus à Amboise, la forteresse demeure la résidence où sont élevés les enfants de la couronne. Le 2 mars 1560, la Conjuration d'Amboise signe la fin de la période de faste de la ville : la famille royale quitte définitivement Amboise. L'urbanisme demeure en l'état jusqu'au XVIIIe siècle où le duc de Choiseul y est exilé. Une cour cultivée se développe autour de lui à Chanteloup mais le domaine est excentré et les retombées économiques et culturelles sont faibles pour la ville. La Révolution entraîne un changement fondamental pour le château et la ville qui depuis plus de 350 ans avaient le statut royal. Les destructions du château (1806-1808), qui demeurait plus où moins abandonné aux chanoines de l'église Notre-Dame-et-Saint-Florentin depuis la Conjuration, précèdent les campagnes de dégagement du rempart castral contre lequel prenaient appui de nombreuses maisons et celles d'alignement des rues (1835 et 1886-1887). Pour élargir et aligner les rues, les façades sont détruites et reconstruites dans le style du XIXe siècle quelques mètres en retrait. La physionomie de la ville avant ces grands changements devait être assez semblable à celle du XVIe siècle. Le tracé de l'enceinte n'avait pas changé et cette dernière apparaît encore en grande partie sur le plan cadastral de 1808-1810. Dans les années 1960, Amboise perd définitivement son visage médiéval. Des travaux d'assainissement sont entrepris ; les couvents et autres bâtiments des institutions religieuses sont rasés, sauf le couvent des Minimes à présent transformé en hôtellerie rue Louis XI. À l'intérieur de la ville, le cours de la Masse, véritable égout à ciel ouvert, est couvert. En 1991, un secteur sauvegardé (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysagé) est mis en place.

Période(s) Principale : Fin du Moyen Age
Principale : limite 14e siècle 15e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle

Le plateau d'Amboise se situe en bord de Loire, à 23 km de Tours et à 35 km de Blois. Détaché du coteau de Loire par le lit de la rivière du Cher, coulant à une dizaine de kilomètres au Sud, il se caractérise par une couverture forestière ancienne et abondante. L'altitude y varie entre 52 m en bord de Loire et 127 m sur les hauteurs. La richesse géologique des sols alentours favorisa sans doute la construction dès les temps les plus anciens. Dans le Sud du département, aux abords de la Vienne, se trouvent de riches gisements où affleure le tuffeau, pierre calcaire issue de la formation secondaire au Turonien. À proximité immédiate d'Amboise, les gisements sont moins étendus mais bordent néanmoins toute les vallées de la Loire, de la Masse et du Cher ; les pierres sont ainsi d'autant plus faciles à acheminer. Amboise s'étend actuellement sur 40,65 km² ; ce ne fut jamais une grosse ville. Aujourd'hui l'agglomération compte un peu plus de 13 000 habitants. Les estimations les plus anciennes remontent à 1698. Dans son Mémoire sur la généralité de Tours, l'intendant Miromesnil avance le nombre de 800 feux pour les deux paroisses d'Amboise, soit une population de 3500 à 4000 habitants (à titre comparatif, Loches était donné pour 5000 feux). Au XVe siècle, d'après le nombre de jacquets que la ville doit fournir à l'armée royale (à raison d'un jacquet pour 50 feux), la ville aurait compté un minimum - puisque certaines personnes sont exemptées de cette taille - de 600 feux, soit 2400 habitants. La ville primitive s'est développée sur la rive gauche, du côté du coteau, au Sud de la petite rivière de la Masse qui se jette dans la Loire à Amboise et qui a creusé le plateau isolant ainsi une langue de tuffeau abrupte. La rive droite fut longtemps atrophiée à cause de la Cisse, petite rivière inondant régulièrement la varenne touchant Nazelles. De fait, la ville présente un parcellaire laniéré profondément médiéval. À partir de l'étude du plan cadastral dit napoléonien (1808-1810), nous localisons avec une précision satisfaisante les quartiers médiévaux qui se situent le long des axes principaux de la ville, à savoir le long de la rue de la Concorde, de la place Michel Debré, de la rue Victor Hugo, de la rue Newton, de la rue Nationale, ainsi que dans les petites rues partant de ces axes et situées dans l'ancienne enceinte urbaine. Les archives notariales de la fin du Moyen Âge, qui auraient pu fournir nombre de renseignements disparus sur le terrain n'existent plus. Seules les visites peuvent donc renseigner sur ce patrimoine lacunaire. Notre étude menée sur 120 maisons n'a pas permis de faire apparaître un type de maison amboisien prédominant. Dans l'état actuel des recherches, l'architecture urbaine d'Amboise ne présente aucune identité particulière sinon son caractère ligérien. L'habitat se divise en 2 grands types : les maisons et les hôtels. Les premières sont construites dans l'enceinte, en pan-de-bois, par les artisans et/ou commerçants qui consacrent certainement une partie du rez-de-chaussée à leur boutique. Les seconds ne sont pas nécessairement plus spacieux, mais toujours construits en périphérie, voire à l'extérieur, de l'enceinte, et en pierre de taille de tuffeau, matériau éminemment plus riche. Pourtant les maisons côtoient les hôtels et nous n'avons pu mettre en évidence aucun quartier réservé à une classe sociale particulière. Les façades peuvent être orientées pignon ou rive sur rue pour l'une comme pour l'autre des catégories. Les façades installées rive sur rue, qui ne sont pas situées à l'angle d'une rue, sont réservées à des demeures plus riches. Pour construire une maison ainsi, le propriétaire a certainement dû racheter plusieurs parcelles. La largeur des façades est donc très variables allant de 25 m pour l'hôtel Joyeuse (6 rue Joyeuse) à 4,15 m pour la maison du 11 rue de l'Entrepont, sur l'île.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Problématiques, méthodologie et choix pour l'étude de la ville

    La définition du cadre géographique de l'étude est aussi complexe à établir que celle du cadre temporel. Le premier se limite aux frontières de la commune, avec une forte concentration des vestiges dans :

    - le secteur de l'ancienne enceinte de ville,

    - le secteur de l'ancien grand marché,

    - le secteur des marais asséchés vers 1494-1495.

    Le second se limite, théoriquement, à la période 1434-1525, c'est-à-dire entre la date à laquelle la ville est confisquée par Charles VII (1422-1461) à la famille d'Amboise et le départ de la cour du roi François Ier (1515-1547).

    Le problème qui s'est posé à nous était de reconnaître les édifices construits durant cette période. Le recours à l'analyse stylistique des décors nous a aidé, mais on distingue à Amboise trois grands types d'architectures dans lesquelles le décor n'a pas la même valeur : l'architecture castrale, l'architecture de pierre (les édifices publics, religieux et les hôtels) et l'architecture de bois (les maisons). En ce qui concerne l'architecture castrale, le passage du Moyen Âge à la Renaissance a eu lieu durant la période 1485-1530. Il s'agit par ailleurs de la période la plus florissante pour le développement du château d'Amboise, ce qui provoqua la croissance économique de la ville. Aussi, nous nous sommes attachés à définir l'état architectural de la ville lorsqu'elle devient ville royale et l'évolution qu'elle va suivre sous l'influence de la présence de la cour royale de France. C'est pourquoi, ponctuellement nous avons répertorié parmi les édifices aisément datables, certains antérieurs au XVe siècle ou d'autres justes postérieurs.

    De fait, l'architecture médiévale est particulièrement rare à Amboise ; nous n'avons découvert que quelques témoignages des XIIIe et XIVe siècles. Il semble donc qu'il y ait bien eu un renouveau important du bâti aux XVe et XVIe siècles. De même l'architecture postérieure au milieu du XVIe siècle, bien qu'elle n'intègre pas notre sujet d'étude, n'a quasiment pas été rencontrée, ce qui fait dire que la Conjuration d'Amboise (mars 1560) a signé la fin de la période de faste de la ville.

    Notre enquête fut menée avec le souci de retrouver le visage médiéval d'Amboise. Aussi avons-nous été amené à intégrer dans notre corpus des bâtiments dénaturés qui avaient conservés quelques éléments datants, ou d'autres, situés dans un secteur urbanisé à l'époque concernée, mais ne présentant pas plus d'éléments en faveur d'une datation du Moyen Âge que d'autres en défaveur. Nous avons divisé la ville médiévale en secteurs et pour chaque notice nous avons procédé à une étude minutieuse du parcellaire du plan cadastral dit napoléonien en mentionnant les édifices majeurs disparus.

    Ainsi nous souhaitons présenter un inventaire des édifices remarquables d'Amboise, établir ses principaux secteurs d'urbanisation et trouver les caractéristiques de l'architecture amboisienne de la fin du Moyen Âge.

  • L'architecture privée

    L'architecture privée est constituée de deux grands types d'édifices : les hôtels et les maisons ; cette étude vise à établir leurs caractéristiques et à apprécier - dans la mesure du possible - leur évolution architecturale. Toutefois, nous avons dû nous subordonner à un certain nombre de paramètres et mettre en place une méthodologie aussi précise que possible pour pallier l'absence d'archives, la dénaturation des édifices et, parfois, les problèmes d'accès aux demeures privées.

    La méthodologie

    Le cadre géographique de l'étude se circonscrit aux frontières de la commune, avec une forte concentration des vestiges dans les secteurs de l'ancienne enceinte de ville, du faubourg Saint-Denis, de l'ancien grand marché, des marais asséchés vers 1489-1490 et de l'île. Le cadre temporel se limite, théoriquement, à la période 1421-1525. Notre analyse s'inscrit entre des dates butoirs correspondant à des faits historiques, mais la genèse architecturale ne fut pas aussi rigide. Tout le problème est donc d'identifier les édifices construits au cours de cette période. Le recours à l'analyse stylistique des décors aide dans une certaine mesure, mais nombre d'édifices en sont dépourvus. On distingue à Amboise, trois grands types d'architectures : l'architecture castrale, l'architecture urbaine de pierre et l'architecture urbaine à pan-de-bois. Pour le château, le passage du style gothique au style renaissant eut lieu autour de 1500, en témoigne le décor sommital de la tour Heurtault pour laquelle est conservée une quittance de livraison de pierres de mâchicoulis datée de 1503. Cette date répond à l'installation de Louise de Savoie et ses enfants au château et à la fin des grands chantiers édilitaires de la ville, sous Louis XII (1498-1515). Mais qu'en fut-il de l'architecture privée ?

    Pour mieux caractériser notre période, nous nous sommes attachés à définir l'état architectural de la ville lorsqu'elle devint ville royale puis l'évolution qu'elle suivit sous l'influence de la présence de la cour de France. Ponctuellement nous avons répertorié, parmi les édifices aisément datables, certains bâtiments antérieurs au XVe siècle ou d'autres justes postérieurs. Notre enquête a permis de constater que l'architecture antérieure à la fin du Moyen Âge était particulièrement rare à Amboise ; nous n'avons découvert que quelques témoignages des XIIIe ou XIVe siècles. Il y a donc bien eu un renouveau important du bâti aux XVe et XVIe siècles. De même, l'architecture immédiatement postérieure au milieu du XVIe siècle, bien qu'elle n'intègre pas notre sujet d'étude, n'a quasiment pas été rencontrée, ce qui nous fait dire que la Conjuration d'Amboise (mars 1560) signa la fin de la période de faste de la ville.

    Les constructions à pan-de-bois relèvent d'une architecture traditionnelle et vernaculaire qui présente une mise en oeuvre rencontrée du XVe au XVIIIe siècle. Le décor y est simplifié, voire inexistant, et la fourchette de datation stylistique pourrait s'étendre sur plusieurs siècles. Certains édifices construits en pierres sont mieux documentés ou présentent des éléments stylistiques typiques d'une période précise mais pour les demeures les plus modestes ou les plus dénaturées, le décor est inexistant. La définition typo-stylistique de l'architecture de pierre a permis d'intégrer au corpus des édifices faiblement ornés. Pour fixer formellement quelques repères, nous avons eu recours, dans quatre hôtels et manoirs ainsi que dans quatre maisons, à la datation par dendrochronologie. Cela représente toutefois peu de charpentes à l'échelle de la ville et nous sommes fort conscients des limites de cette méthode, la diffusion des formes ne connaissant pas nécessairement une évolution continue. Cependant, nous ne prétendons pas avoir établi un dénombrement exhaustif des bâtiments de la fin du Moyen Âge à Amboise, car : premièrement, les divers thèmes de notre sujet devant être étudiés en cinq ans, nous n'avons pas pu accorder plus d'une année au travail d'inventaire sur le terrain et nous avons fait le choix de clore cette tâche à partir du jour où les données se sont recoupées, estimant que notre échantillonnage de 120 édifices était représentatif ; deuxièmement, dans quelle mesure un dénombrement peut-il aspirer à être exhaustif dans une ville où nombre de maisons sont enduites, ce qui masque les structures constructives et, où nombre d'autres ont subi un alignement de leur façade au XIXe siècle ?

    Dans le souci de retrouver le visage médiéval d'Amboise, nous avons été conduits à intégrer dans notre corpus des bâtiments dénaturés qui avaient conservé quelques éléments datants ou d'autres, situés dans un secteur urbanisé dans notre période, mais ne présentant pas plus d'éléments favorables à une datation médiévale que d'éléments défavorables. Afin d'affiner notre jugement sur les bâtiments difficiles à dater, nous avons eu recours à plusieurs techniques : la dendrochronologie, réalisée sur des bâtiments présentant soit, une technique constructive unique, mais extrêmement intéressante, soit, au contraire, retrouvée fréquemment à Amboise, ce qui permet par extension de dater d'autres bâtiments ; la photogrammétrie des façades, grâce à laquelle nous avons pu étudier la longueur des bois, leur largeur et leur espacement ; l'étude des bois, dans la mesure du possible, pour lesquelles nous avons relevé : leur essence, leur mode de débitage, leur qualité, leur rectitude et leurs dimensions ; et, pour onze d'entre eux, le relevé de charpentes. La sélection des édifices a donc recouvert cinq possibilités : première possibilité, l'édifice présente des caractéristiques architecturales évidentes de la fin du Moyen Âge ; deuxième possibilité, l'édifice actuel a recouvert un bâtiment de la fin du Moyen Âge mais ses dispositions prouvent sa filiation avec l'édifice antérieur ; troisième possibilité, l'édifice ou une partie de celui-ci est antérieur à la période étudiée et indique une occupation de la place précédant le renouveau de la ville à la fin du Moyen Âge ; quatrième possibilité, les caractéristiques architecturales ne sont ni favorables ni défavorables à une datation de la fin du Moyen Âge. Pour cette catégorie d'édifice, qui est malheureusement bien représentée, nous avons fait un choix restreint au minimum ; enfin, cinquième possibilité, l'édifice n'a pas pu être visité mais sa période de construction est connue et sa seule localisation constitue déjà un élément important pour l'étude générale de l'architecture amboisienne de la fin du Moyen Âge.

    Fort de ces paramètres, ce ne sont pas nécessairement les structures les plus remarquables qui ont fait l'objet de relevés architecturaux. Nous avons dû ménager la susceptibilité des propriétaires et nous plier à leur disponibilité. Si tous les édifices catalogués présentent des caractéristiques constructives susceptibles d'être employées à la fin du Moyen Âge, ces techniques ne constituent néanmoins, ni un élément de datation absolue ni même un élément de datation relative, en raison de leur période d'utilisation particulièrement longue. La dendrochronologie nous a permis d'affiner certaines datations mais, pour proposer une évolution des techniques constructives en pan-de-bois ou en charpenterie à Amboise, il aurait fallu, d'une part, en réaliser beaucoup plus et, d'autre part, pousser l'étude sur une période plus longue.

    Les techniques et les critères recherchés pour les bâtiments à pan-de-bois sont : la situation topographique de l'édifice ; l'encorbellement sur double sablière et sur poteaux élargis, l'encorbellement sur solives débordantes, les poteaux corniers enfourchés par les sablières, le pan-de-bois à grille, le pan-de-bois à croix de Saint-André, la charpente à fermes et à pannes avec comble à surcroît ainsi que poutres faîtières et sous-faîtières, la charpente à ferme et à pannes sans comble à surcroît mais toujours avec poutres faîtières et sous-faîtières, la ferme débordante ; et enfin, le décor, qui se présente paradoxalement comme un élément délicat à interpréter car il est souvent restauré, voire amputé. L'identification des édifices de pierre est plus aisée et les éléments qui orientent notre inventaire sont : leur situation topographique, les techniques de mise en oeuvre des maçonneries en pierre ou en brique, les charpentes à chevrons-formant-fermes ainsi que les moulures et les sculptures qui sont plus fréquentes que dans le pans-de-bois mais tout aussi dénaturées. Les archives notariales ayant disparu pour cette période, il ne nous est quasiment jamais possible d'identifier les commanditaires des résidences des XVe et XVIe siècles.

  • Les maisons en pan-de-bois

    La topographie variable de la ville a demandé aux constructeurs d'adapter chaque maison à son environnement ; ainsi les maisons ne présentent pas de plan type. Leurs façades montrent une synthèse de ces demeures affichant tout à la fois leur fonction, les moyens du commanditaire et parfois leur époque de construction. Le patrimoine architectural d'Amboise étant en partie amputé comme le prouve des cartes postales et dessins anciens, il ne demeure souvent que des fragments plus ou moins importants de la façade. Toutefois, leurs points morphologiques communs sont les suivants :

    - élévation sur 3 niveaux (rez-de-chaussée, 1er étage et combles habitables),

    - encorbellement d'une vingtaine de centimètres constitué de deux sablières superposées,

    - pan-de-bois construit en grille et/ou en croix de Saint-André,

    - assemblages à tenons et mortaises,

    - couverture de tuiles plates,

    - hourdis constitué de briques ou de moellons de tuffeau,

    - dans les zones insubmersibles, les maisons sont construites sur des caves voûtées, dont certaines datent peut-être d'une époque antérieure aux XVe-XVIe siècles.

    L'encorbellement restreint à une vingtaine de centimètres est caractéristique des constructions de la fin du Moyen Âge qui doivent se plier aux interdictions mises en place par les conseils de ville face aux risques d'incendie. À Amboise, en 1462, l'emploi du chaume est d'ailleurs interdit comme matériau de couverture.

    Les deux sablières superposées, avec ou sans entretoise intercalée, qui forment le léger surplomb, reposent sur des poteaux corniers élargis. Dans un tel système, deux possibilités se rencontrent : ou les solives de plancher reposent sur la sablière de plancher (la plus basse), se trouvant alors perpendiculaires à la façade ; ou les solives sont parallèles à la façade, posées sur des sablières longeant les murs gouttereaux. La sablière du dessus, appelée sablière de chambrée, reçoit quant à elle toujours les colombes du pan-de-bois. La longueur moyenne des bois horizontaux employés à Amboise est de 5,6 m. Mais les écarts entre les extrêmes sont importants, la majorité des bois se situant entre 3,5 m et 4 m. La longueur des solives se situe dans cette fourchette. Pour les façades les plus larges (à rive sur rue), la maison est recoupée en deux par une poutre perpendiculaire à la rue qui reçoit de chaque côté, les solives disposées parallèlement à la rue. La raison qui dicta le choix de l'une ou de l'autre des méthodes est économique. Le bois disponible en abondance et à moindre coût était donc issu d'arbres dont on pouvait extraire des grumes de 3,5 à 4 m de long.

    Les ouvertures des maisons ont été très modifiées, surtout au rez-de-chaussée en raison de nouvelles affectations des lieux au fil des siècles. On peut observer encore à certaines adresses des dispositions traditionnelles qui devaient être celles de la majorité des boutiques. Les échoppes des marchands prenaient place dans de larges ouvertures donnant sur les pièces de plain-pied avec la rue. Ces commerçants étaient installés dans les voies les plus passantes, telle la maison du 54 place Michel Debré.

    A l'étage, des baies à croisée en bois perçaient souvent symétriquement la façade. On retrouve les encoches des meneaux et traverses dans les encadrements des fenêtres, comme au 2 rue joyeuse.

    Les combles sont toujours éclairés. Lorsque la maison a pignon sur rue, c'est une petite baie qui est source de lumière, le poinçon de la ferme du pignon servant de montant à la fenêtre comme au 46 place Michel. Lorsque la maison est installée rive sur rue, une lucarne perce le toit. La façade du 54 place Michel Debré porte des pinacles au niveau de son comble à surcroît qui peuvent laisser imaginer, à l'instar de ce que l'on trouve dans d'autres villes construites en pan-de-bois comme Orléans, que ces pinacles encadraient une lucarne monumentale de 3 m de large simulant un pignon, alors que la lucarne actuelle ne mesure qu'un peu plus de 1 m. On comprend par cet exemple que si le confort était privilégié par le choix de faire construire une large façade, qui de fait devait être rive sur rue, le prestige d'avoir pignon sur rue était encore fort présent dans les mentalités.

    Enfin, la charpente, qui n'est pas toujours visible en façade, fait partie intégrante de la structure en pan-de-bois. Le type de charpente adopté est homogène : combles à surcroît pouvant servir d'habitation et/ou de stockage, couverts de charpentes à fermes et à pannes avec poutres faîtière et sous faîtière. Le contreventement longitudinal est assuré par de simples liens.

    Le pan-de-bois est une technique de construction traditionnelle et vernaculaire utilisée depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle. Sa datation est délicate en raison des savoirs-faire qui ont perduré sans réelle évolution du XVe au XIXe siècles. A l'exception de quelques rares cas, seule l'analyse stylistique peut orienter notre jugement. Le décor constitue donc notre indice premier de datation.

    L'ornementation de ces façades, lorsqu'il existe, est sobre, se limitant à quelques moulures de style gothique sur les sablières. On distingue deux grands types de moulures de sablières :

    - en sifflet, comme au 66 rue de la Concorde,

    - ou constituées d'une succession de tores et de gorges d'épaisseur et de profondeur décroissante comme aux 46 et 54 place Michel Debré ou au 42 rue de la Concorde.

    Les premières n'ont été rencontrées que deux fois. Les secondes, rencontrées sur deux façades conservées en l'état, sont associées à des pinacles de section carrée sculptés sur les colombes verticales du pan-de-bois. Ces mêmes pinacles devaient être assez courants ; on les retrouve en partie ou complètement bûchés sur 3 façades remaniées.

    En raison de leur utilisation intensive et de leur situation au niveau du sol de la rue, peu de portes nous sont parvenues ; l'iconographie ancienne correspond à celles qui existent encore. On rencontre des portes encadrées de simples poteaux moulurés, comme au 54 place Michel Debré, ou surmontées d'une accolade comme au 2 rue joyeuse.

  • Les constructions en pierre de taille et/ou en brique : hôtels, manoirs, églises et édifices publiques

    Le phénomène de construction des hôtels particuliers urbains a été bien étudié à Blois, ville royale succédant à Amboise dans les années 1500. Au cours du XVe siècle, émerge une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie qui s'est enrichie de son commerce. Elle désire construire, à l'image de la noblesse, de grandes demeures faisant état de sa richesse. Mais l'acquisition d'un domaine n'est pas aisée et soumise à l'appréciation royale ; il est plus facile d'acheter une, voire plusieurs, parcelles dans une ville pour implanter son hôtel. À Amboise le phénomène n'est pas flagrant et assez tardif. Cependant, une quinzaine d'édifices constituent le corpus des hôtels encore existants. L'ignorance du nom des commanditaires de ces édifices manque cruellement à leur compréhension.

    Les manoirs situés à proximité du bourg relèvent également d'un mouvement bien connu des historiens de l'architecture, qui se développa entre 1470 et 1550 environ. Durant cette période, on observe surtout au sein de la noblesse la plus élevée, un regain d'intérêt pour la vie à la campagne. Encore une fois, l'ignorance du nom du commanditaire ou du propriétaire des lieux limite notre analyse.

    Enfin, les édifices religieux et les édifices publics de la ville s'apparentent aux hôtels et manoirs par leurs qualités constructives.

    Tous ces édifices sont de dimensions et de superficie variables, allant de 100 m² à 200 m² au sol. En revanche ils sont tous placés en périphérie de l'enceinte, à l'intérieur et à l'extérieur de celle-ci. Les hôtels se sont certainement implantés dans les zones où le bâti était le moins dense. Ce qui tendrait à dire, toutes réserves gardées, que les plus éloignés du centre ville ont été édifiés plus tardivement. La tendance se vérifie en effet pour la plupart d'entre eux ; en revanche les manoirs - identifiables à leurs fonctions agricoles -, les édifices publics ou les églises n'y sont pas soumis.

    Peu de caractères morphologiques récurrents peuvent être avancés, comme nous l'avons fait pour les maisons ; chaque façade (souvent dénaturée) est unique. Cela s'explique par la fonction même de l'hôtel. Tandis que les maisons sont construites en premier lieu dans un but utilitaire par une communauté homogène, l'édification des hôtels par la noblesse ou la bourgeoisie enrichie, relève au contraire d'une volonté de paraître et de personnaliser sa demeure. Toutefois par le style adopté on peut souvent suggérer la filiation de l'édifice au bâtiment le plus important d'Amboise : le château.

    Les hôtels sont construits en pierre de taille et/ou en brique, matériaux nobles qui font écho à ceux employés au château et qui tranchent avec le bois des maisons. Ils sont couverts d'ardoise, matériau également réservé aux édifices de prestige. Dans la majorité des cas, les élévations sont plus hautes d'un niveau que celles des maisons, détachant les hôtels du paysage urbain. Plusieurs hôtels possèdent une cour ou un jardin devant (6 rue de la Concorde) ou derrière la demeure (6 rue Joyeuse, 10-11 quai Charles Guinot). Les escaliers lorsqu'ils sont encore conservés peuvent se trouver dans-oeuvre (10-11 quai Charles Guinot, 9-11 rue Victor Hugo) ou hors-oeuvre installés dans une tourelle (6 rue de la Concorde). Quand elles n'ont pas disparu (placette Saint-Florentin), des croisées à meneaux et traverses ouvrent sur la rue, mais plutôt au premier étage afin de garantir au rez-de-chaussée une relative tranquillité (10-11 quai Charles Guinot).

    L'ensemble des constructions ayant conservé leur charpente d'origine (6 rue de la Concorde, 10-11 quai Charles Guinot, 9-11 rue Victor Hugo, 1 mail Saint-Thomas) adopte le type à chevrons-formant-fermes. Les combles sont de fait plus volumineux que ceux des maisons, ce qui participe à la distinction des hôtels dans le bâti urbain.

  • Conclusion

    De la « ville-pont » à la « ville-château »

    Entre 1421 et 1525, la ville modernisa son enceinte et la fortification de ses ponts et se dota d'édifices édilitaires en relation avec son budget modeste, 1 000 l. t. maximum. Pour des raisons économiques, une partie du cours de la Masse servait de douves. Dès le Haut Moyen Âge, l'aménagement de ce ruisseau pour implanter un moulin nécessita, d'une part, la canalisation d'un bief et, d'autre part, la création d'un bras de dérivation régulant la hauteur de l'eau, que nous reconnaissons dans le bras dit secondaire. La première enceinte longeait le bras dit principal et était commandée par le portail de l'Aumône (la future tour de l'Horloge). Au-delà s'était installé un faubourg qui se trouvait cerné par le bras de dérivation de la Masse. Dans le contexte de la guerre de Cent Ans, au cours de l'épisode de la Guerre de Touraine (1417-1430), Amboise renforça son enceinte, mais le faubourg était déjà protégé par l'extension de l'enceinte lorsque la ville oeuvra en 1421 à l'entretien de ses murs.

    À la fin du XVe siècle, dans son dernier état, l'enceinte de 1 200 m de périmètre était percée de trois portes principales - la porte du Pont, la porte Saint-Denis (ou Galaffre) et la porte Heurtault - défendues par une barrière et sa garde-porte, par un pont-levis et des canonnières pour les deux premières portes. Les portes principales possédaient une chambre placée au-dessus du passage qui, faisant d'elles des logis-portes, leur conférait un aspect plus imposant. Les portes secondaires étaient quant à elles au nombre de six : la porte Titery, la porte Neufve des marais, la porte Tripière, la porte Saint-Simon, la porte sur le Port et la porte des Bons Hommes. Également précédées de barrière et d'une garde-porte, elles n'étaient fermées que de vantaux, parfois renforcés de contre-portes, et précédées d'un pont-dormant. Enfin, cinq tours de flanquement, très probablement circulaires, ceinturaient l'enceinte sur le front de Loire : la tour Boileau, la tour Boulacre, la tour Féalen, la tour Cormeray et la tour Argot.

    Outre sa fonction de voie de communication et son importance dans la vie économique de la ville, le pont jouait aussi un rôle défensif. En 1115, Hugues Ier d'Amboise remplaça la partie méridionale des ponts par un pont de pierre qui assurait désormais le lien entre la ville et l'Entrepont, par contre on conserva des ponts de bois sur l'autre rive pour des raisons à la fois économiques et défensives. La Loire constituait bien, pour le quartier de l'Entrepont, sa principale protection. L'accumulation d'ouvrages de qualité moyenne qui se succédaient sur les ponts de pierre défendait la ville des actes de brigandage ou des trahisons.

    Le Petit Fort : lien de la ville au château

    Implanté au Nord, au pied du château, s'étendait un quartier de la ville d'Amboise au statut particulier : le Petit Fort dont les habitants s'étaient fortifiés à leur frais et qui étaient dédouanés des taxes extraordinaires levées dans la ville. On ne sait à quand remontait cette fortification héritée de l'histoire des seigneurs d'Amboise. Le Petit Fort ne faisait pas vraiment partie de la ville mais il assurait le lien entre la tête de pont et la ville à proprement parler. Situé entre la ville et le Petit Fort, le guichet Errart était très étrangement placé car si l'ennemi atteignait ce point il avait déjà franchi la porte du Pont, le Petit Fort était pris. Mais il restait dominé par le promontoire castral, commandé par la tour Garçonnet. Le Petit Fort fut définitivement rattaché à la ville en 1468, en relation avec la rationalisation de la défense de la ville menée par Louis XI.

    Amboise, lieu de résidence de la famille royale

    Peu après son avènement, Louis XI (1461-1483) s'intéressa à la ville d'Amboise, d'abord au même titre que les autres villes de France puis, à partir de 1469, comme lieu de résidence de la famille royale. Le roi imposa de mettre à jour la défense de la ville et commanda, dès 1465, la construction de quatre boulevards : un à la porte des Bons Hommes, un à la Porte Heurtault, un autre à la porte Galaffre et le dernier sur le pont. Le seul qui soit bien documenté est celui de la porte Galaffre ; construit dans un premier temps en pipes pleines de terre, il semble avoir été le seul à être reconstruit en maçonnerie de pierre, chaux et sable. En 1468, le roi imposa aussi l'aménagement d'un chemin de ronde continu sur le périmètre de l'enceinte. Dès lors, le chemin de circulation ménagé au pied du rempart fut annexé par les habitants puisque l'on accédait désormais aux murailles par au moins six « eschalliers ».

    L'équipement en armes de la ville, encore faible en 1421 se renforça entre 1465 et 1485 : les charpentiers travaillant pour la ville se rendirent à Tours pour apprendre à enchâsser les canons sur des pièces de bois et des canonniers de Loches vinrent vérifier l'artillerie. Cependant, à partir de Louis XI, le pouvoir royal supervisa toujours les choix militaires. En un siècle, un seul achat de poudre est attesté ce qui laisse supposer soit que les armes n'aient jamais servi, soit que durant les périodes où le dauphin était à Amboise, le roi ait assuré l'approvisionnement de la ville. L'implication du roi dans la mise en défense de la ville est par ailleurs avérée : en 1475, Louis XI dépêcha les gentils-hommes de Touraine pour faire le guet et protéger le dauphin, et de même, en 1494, Charles VIII y envoya des gardes écossais pour veiller sur le dauphin Charles-Orland.

    De fait, la présence royale donna une nouvelle impulsion à la ville, tant du point de vue financier qu'architectural. À partir de 1469, les finances de la ville affichèrent une santé encore inégalée jusque-là. Compte tenu des 250 l. t. qu'exigeait en moyenne l'entretien des ponts et de l'enceinte, qui était financé par l'apetissement du vin, les édiles disposèrent, les bonnes années, de 200 à 750 l. t. pour moderniser et embellir la ville d'Amboise. Malgré de modiques moyens, la ville parvint, avec le concours de la confrérie Notre-Dame-et-Saint-Nicolas, à se doter de quatre constructions qui constituèrent jusqu'au XVIIIe siècle les édifices édilitaires de la ville, à savoir : le portail du Port (1469), la maison de ville (1485), le portail du Pont, sous la grosse tour (1494), et la tour de l'Horloge (1495) . En outre, l'urbanisme fut largement perfectionné par le pavage des rues, la pose d'égouts, la construction de puits et le curage de la Masse. Ces travaux allant bien au-delà d'un simple assainissement, présentaient toutes les caractéristiques d'un pur embellissement ; au puits du Petit Fort une bannière d'or et d'azur était dressée tandis que les armes du roi furent apposées au-dessus des nouvelles portes de la ville. La maison de ville reçut quant à elle une statue de saint Michel sur son pignon côté Loire.

    De la « ville-château » à la « ville-chantier »

    Au-delà de la restitution de l'enceinte et des ponts, de l'étude du programme architectural édilitaire et de la compréhension de l'intervention du roi dans ces entreprises, notre étude s'est attachée à montrer les évolutions techniques des chantiers de construction urbains au contact des chantiers successifs menés par le roi au château. L'étude des comptabilités de la ville permet ainsi de distinguer trois périodes majeures à mettre directement en rapport avec les phases constructives du château : la première, entre 1421 et 1465, prend fin avec l'arrivée effective à Amboise de Louis XI (1461-1483) ; la seconde comprise entre 1465 et 1485, coïncide avec les chantiers de Louis XI ; enfin la dernière postérieure à 1485 concorde avec les chantiers de Charles VIII (1483-1498), Louis XII (1498-1515) et François Ier (1515-1547) . Les évolutions touchent l'approvisionnement en matériaux, l'outillage des ouvriers et leur nombre. On observe ainsi une diversification des matériaux de construction : antérieurement limité aux carrières situées dans un périmètre de 5 km maximum, les approvisionnements des chantiers de Louis XI s'étendirent à d'autres carrières plus éloignées et mirent en oeuvre, la brique et le ciment à base de bris de tuile. Entre 1465 et 1469, furent employées pour la première fois, les pierres de Véretz (Indre-et-Loire) et de Saumur (Maine-et-Loire) au détriment des fournitures des petites carrières telles que celles de Tortecoue et de La Maze, du faubourg des Violettes ou de la porte Heurtault. Quant aux briques, leur utilisation sur les chantiers urbains est peu documentée mais plus explicite pour les chantiers du château. Durant l'année 1495-1496, sur 268 750 briques achetées, 72% étaient des « grosses bricques » (22 cm x 11cm x 5,5 cm), 24 % des « bricques » (11 x 6 x 5,5 cm) et 4% des « petites bricques » (8,5 cm x 10 cm x 4,5 cm) . Chacun de ces modules avait un emploi bien défini, à savoir : les premiers pour les parements plans, les seconds pour les parements circulaires et les troisièmes pour des utilisations plus variées mais en général dans des maçonneries non apparentes.

    Sous Charles VIII (1483-1498), les lieux d'approvisionnement en pierre se diversifièrent encore d'avantage et se confondirent bientôt avec ceux révélés par le compte de construction du château de 1495-1496. Outre les éléments relatifs au déroulement du chantier du château, l'exploitation de ce compte apporte des informations essentielles sur l'origine et l'utilisation des matériaux mis en oeuvre. La pierre provenait de dix carrières situées le long des vallées de la Loire et du Cher : Malvau, Lussault-sur-Loire, Limeray, Les Caves près du Coudray, Belleroche, Les Terriz, Saumur, Bourré, Saint-Aignan et La Ronde « près Loches ». Leur distance par rapport au chantier était variable, de 2 km pour Malvau, à environ 110 km pour Saumur. La quasi-totalité du transport empruntait les voies d'eau, même pour les moellons des carrières proches. Le tuffeau blanc constituait la pierre la plus exploitée ; le calcaire coquillier était notamment employé pour les marches. L'appellation de « pierre dure » pouvait correspondre à des matériaux de natures variées, notamment le tuffeau jaune. Les pierres étaient désignées en fonction de leur gabarit pour les parements (parpaings, quartier, grand quartier, « blocz », ...), mais aussi de leur utilisation (« accouldoires », meneaux, ogives, clefs, « pendans », doubleaux, corbeaux, piliers, marches, ...) . La même appellation pouvait correspondre à des gabarits différents selon les carrières, le quartier de Saint-Aignan mesurant en moyenne 2,5 pieds de long, contre 2 pieds seulement pour celui de Bourré. Enfin, le prix des matériaux ne variait pas uniquement en fonction de l'éloignement des lieux d'approvisionnement, ou de la taille des éléments, certaines pierres, telle la pierre de Bourré, apparaissant plus prisées que d'autres.

    L'outillage des ouvriers évolua aussi, surtout à partir de 1485. Les deux avancées majeures furent l'apparition de l'acier pour « asserer les marteaux et les picques des maçons » et l'emploi des gabarits pour réaliser les modénatures.

    Enfin le nombre et la qualification des ouvriers évoluèrent. Alors qu'au cours de la première période (1421-1465), la ville employa au total une trentaine de maçons, 25 manoeuvres et une douzaine de charpentiers, à partir de 1465, elle comptait désormais, chaque année, une dizaine de maçons, une vingtaine de manoeuvres et autant de charpentiers. Par ailleurs, le terme de maître-maçon fit son apparition pour trois des maçons. Entre 1485 et 1500, on relève dans les comptabilités 35 maçons et 50 charpentiers oeuvrant annuellement dans la ville. Les manoeuvres y sont quant à eux bien plus nombreux, mais ils constituaient une main-d'oeuvre très volage qui ne passait parfois que quelques semaines à Amboise.

    Dans ce grand renouveau de la ville, le chantier religieux - la construction de l'église Notre-Dame-et-Saint-Florentin-en-Grèves - dut jouer un rôle majeur. L'étude de l'architecture religieuse fait en effet défaut au tableau des chantiers amboisiens, d'autant plus que la nouvelle église fut édifiée au coeur de la période faste, entre 1476 et 1507. Malheureusement aucune pièce comptable n'est connue à ce jour et l'analyse architecturale de cet édifice très dénaturé ne peut pas compenser ces lacunes.

    L'architecture urbaine, à la croisée des savoirs-faire

    L'ouverture des chantiers du château, qui drainèrent une main-d'oeuvre abondante et qualifiée, ainsi que l'installation des souverains, de leurs hôtels mais aussi de la cour fréquentant au moins épisodiquement Amboise, entraînèrent un renouveau important du bâti au cours de la période 1469-1525. Parallèlement à l'approche textuelle basée sur l'analyse des comptabilités, nous avons donc mené un inventaire minutieux de l'architecture privée datant de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance pour, dans un premier temps, évaluer l'ampleur de cette dynamique puis, dans un second, caractériser l'architecture privée d'Amboise et enfin, dans un troisième temps, connaître concrètement l'impact des chantiers édilitaires et castraux sur cette architecture. Peu d'édifices en témoignent antérieurement au XVe siècle : à l'exception d'un petit logis, conservé en élévation dont la charpente présente des caractéristiques propres à la dater des XIIIe-XIVe siècles. On compte par ailleurs dans l'architecture antérieure au XVe siècle, deux baies très partiellement conservées, des peintures murales et les bois d'une charpente du XIIIe siècle remployés dans une charpente de la fin du Moyen Âge. La façade à bois longs du 35 rue de la concorde pourrait également être antérieure au renouveau de la ville au XVe siècle. Les vestiges se concentrent essentiellement dans des caves, mais la plus grande partie d'Amboise se trouvant en zone inondable, notre investigation a toutefois été limitée. Les caves se rencontrent principalement dans les deux grands axes longeant le château, à savoir la rue de la Concorde et la place Michel Debré soit dans l'emprise de la première enceinte urbaine. Sur les 25 caves recensées dans la ville comme susceptibles de dater de l'époque médiévale, seule une demi-douzaine de caves est antérieure à la période d'expansion royale. Certaines ont pu servir, à l'origine, de carrières d'appoint pour exploiter le tuffeau affleurant au pied du promontoire du château, comme à Orléans, Lille ou Douai. D'un point de vue structurel, ces caves sont voûtées de berceaux brisées et parfois la voûte de la descente de cave est épaulée de doubleaux à rouleaux multiples. Les autres caves, simplement voûtées en berceau surbaissé, présentent un plan qui, pour la très grande majorité, concorde avec l'emprise au sol du bâtiment édifié à leur aplomb. Cette méthode de prospection a certes des limites, mais elle atteste le renouveau du bâti entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. En 1560, l'abandon soudain de la ville, qui suivit la Conjuration d'Amboise, eut l'avantage de conserver cette ossature médiévale. Si le bâti a été altéré par les enduits modernes pour les pans-de-bois dont les reliefs ont été sacrifiés par bûchage, par les plans drastiques d'alignement de façade au XIXe siècle (1835 et 1887), puis par les mesures d'assainissement du XXe siècle et enfin par la politique d'embellissement menée à partir des années 1960, la trame telle qu'elle apparaît sur le cadastre napoléonien (1808-1810) est néanmoins bien lisible dans son ensemble.

    Le patrimoine architectural amboisien apparaît assez transformé, amputé d'une part non négligeable d'édifices et nous souhaitons que nos conclusions tendent à restituer son état médiéval. Aujourd'hui, on reconnaît l'architecture de bois, réservée aux maisons, de celle de pierre, retenue pour les hôtels. Sans pouvoir affirmer qu'il n'ait jamais existé de modèles intermédiaires - duquel relèverait la simple maison de ville -, dans l'état actuel de nos connaissances, nous n'avons pas d'exemple de maison en pierre des XVe et XVIe siècles. Au-delà du clivage propre aux matériaux de construction, chaque genre présente des techniques de charpenterie particulières. Les maisons sont ainsi couvertes de charpentes à fermes et à pannes tandis que les hôtels reçoivent des charpentes à chevrons-formant-fermes. La modicité de la ville induit que les deux genres aient un corpus affilié assez restreint. Dans notre étude, qui n'inclut ni les édifices dénaturés à outrance, ni ceux dont les caractères trop vernaculaires interdisent toute datation précise, les maisons sont au nombre d'une quarantaine, plus ou moins bien conservées et les hôtels une dizaine. Les manoirs, au nombre de cinq, constituent quant à eux un genre encore plus restreint, dont les caractères hétéroclites peuvent se rattacher aux hôtels mais parfois aussi aux maisons.

    L'architecture urbaine en pan-de-bois, dont les analyses dendrochronologiques n'ont pas révélées de dates antérieures à 1486, propose des caractères communs. Couramment élevées sur trois niveaux (rez-de-chaussée, premier étage et combles habitables), les maisons sont implantées à pignon ou à rive sur rue et leur orientation est déterminée par la taille, la forme de la parcelle (plus ou moins laniérée, traversante ou non), la topographie du lieu mais aussi par l'aisance financière du propriétaire. L'encorbellement d'une vingtaine de centimètres, constitué de deux sablières superposées qui reposent sur des poteaux corniers élargis, constitue l'ordonnance de façade la plus couramment rencontrée à Amboise. La mise en oeuvre des solives, perpendiculaires ou parallèles à la rue, semble avoir été conditionnée avant tout par un souci économique induisant l'emploi de modules conformes à la longueur des bois disponibles en abondance, à savoir 4,5 à 5 m. L'armature secondaire à grille ou à panneaux de croix de Saint-André montre une préférence pour ces dernières sur les maisons ornées. Le hourdis constitué de moellons de tuffeau ou de bris de briques peut aussi être de briques soigneusement agencées, parfois en motifs géométriques ornementaux, pour les façades ornées. La charpente à fermes et à pannes est toujours contreventée longitudinalement d'une poutre faîtière et d'un sous-faîtage. La couverture d'origine était en tuile plate. Enfin, lorsque le décor existe ou a existé (sur dix d'entre elles), il est sobre et d'inspiration gothique, la sculpture est quasiment inexistante et des moulures à la modénature variée courent sur les sablières de plancher et de chambrée. Elles présentent ainsi trois types de profil et on différencie : celles incluant cavet, gorge, gros tore et listel dont le profil est d'inspiration prismatique, celles au profil plus souple, incluant doucine, cavet large peu profond et bande, et pour finir celles constituées de cavet plat et de baguette circulaire venant mourir en sifflet à leurs extrémités. Enfin, quatre façades se distinguent par un décor plus recherché, constitué de pilastres sculptés sur les colombes verticales et dont un culot parfait l'about inférieur.

    Cependant, certaines maisons font exception en proposant un encorbellement sur solives ou aucun encorbellement, et quelques autres une ferme débordante sur pignon. On peut se demander si ces orphelines ne sont pas le fruit d'ouvriers exilés à Amboise, issus du grand brassage de gens de métiers de divers horizons que les chantiers du château suscitèrent. Exception faite de ces cas particuliers, il est vrai que l'on rencontre pêle-mêle dans l'architecture en pan-de-bois amboisienne des caractéristiques présentes dans plusieurs villes du grand Val-de-Loire. Les moulures des sablières sont proches de celles qui existent à Tours ou à Angers ; les pilastres ornementaux se rencontrent à Orléans ou à Bourges ; l'absence d'encorbellement, quasi-systématique à Orléans, est rare à Amboise, mais l'emploi des charpentes à fermes et à pannes constitue, comme à Amboise, une des propriétés essentielles de l'architecture orléanaise.

    Les caractéristiques communes aux édifices élevés en pierre ou en brique - composant le groupe des hôtels et des manoirs - ne sont pas aussi révélatrices que celles de l'architecture en pans-de-bois. Les matériaux de construction sont nobles et le pans-de-bois n'est employé que très ponctuellement pour les organes de distribution. L'usage de différentes pierres, ainsi que nous l'avons rencontré pour le chantier de la tour des Minimes et pour ceux de la tour de l'Horloge et du portail du Pont, n'a malheureusement pas pu être observé sur les parements des édifices privés en raison des restaurations drastiques qu'ils ont subies, mais aussi à cause de la disparition totale des connaissances à ce propos qui sévit depuis quelques décennies dans les milieux de la restauration et de l'entretien du patrimoine, conduisant à l'emploi de pierres non pas locales mais choisies pour leur dureté et leur résistance optimum aux conditions climatiques - ce qui ne préserve pas mieux le bâtiment dont les pierres d'origine se dégradent encore plus vite au contact de ces pierres dures. Les deux seuls hôtels auxquels on peut attribuer un maître d'ouvrage - les hôtels Joyeuse et Morin - sont les plus touchés par le phénomène, leurs façades présentent à peine une quinzaine de pierres d'origine. On note néanmoins que les façades point trop modifiées sont régulièrement ordonnancées.

    Si les charpentes du château ont disparu, notre prosopographie livre 153 noms de charpentiers, nombre qui à lui seul prouve leur importance considérable à Amboise. Traditionnellement, ils entretenaient les ponts, mais tout en diversifiant leurs compétences, ils s'étaient perfectionnés sur les chantiers castraux. Les comptabilités de la ville et du château montrent bien que ces hommes, très polyvalents, oeuvraient aux ponts, au château et aux édifices urbains. Leur grande maîtrise est attestée dès 1462 [d] sur la charpente de l'hôtel du 6 rue de la Concorde dont les assemblages majeurs sont à parement (cf. Tome II cat. 29 fig. 323, p. 915) . Les charpentes relevées sur les hôtels sont systématiquement à chevrons-formant-fermes, ce qui témoigne du haut niveau de connaissances des charpentiers qui oeuvraient à Amboise. D'ailleurs, parmi les charpentes des maisons - plus simples et dont le bois médiocre limite la qualité -, la technique mise en oeuvre au 54 place Michel Debré (1512 [d]) fait exception : son entrait retroussé moisé, semblable à celui de l'hôtel Saint-Thomas (vers 1512[d]), signe la circulation des techniques au sein de la ville. Nous proposons par ailleurs d'y reconnaître l'application d'un procédé attesté aux ponts de bois dès 1466.

    Les Amboisiens : commanditaires

    La connaissance des circuits de la commande privée ou édilitaire pourrait nous être d'un grand secours ; qui faisait construire à Amboise : la noblesse amboisienne, des officiers de la couronne ou des marchands enrichis ? L'indigence des documents d'archives limite à deux édifices cet exercice d'attribution : Pierre Morin, fils de marchand, marchand lui-même puis trésorier de France fit édifier l'hôtel Morin peu après 1500 ; Pierre Pineau, sommelier de la reine en 1526, fit bâtir l'hôtel Joyeuse. Quant aux demeures de Jehan Bourré, de Jehan d'Estampes et d'autres officiers de la couronne installés à Amboise, elles ont disparu ou, faute d'information précise, nous n'avons pu les identifier formellement. Toutefois, deux catégories d'édifices se distinguent : ceux dont les façades sont positionnées de manière ostentatoire sur la chaussée et ceux sobrement retranchés derrière un mur clôturant la cour. Aussi peut-on se demander si les premiers ne furent pas érigés par des personnages récemment enrichis, voire anoblis et les seconds par des familles nobles n'ayant plus à déployer leur fortune pour afficher leur rang. Mais, que les hôtels soient sur rue ou non le château offrait au roi, et à son entourage, une vue plongeante sur ces demeures.

    L'étude de la distribution de ces hôtels est rarement possible compte tenu des transformations apportées. Une distribution assez traditionnelle où le rez-de-chaussée accueillait les pièces de réception, et parfois les offices, tandis qu'à l'étage prenaient place les chambres de Monsieur et de Madame devait être le cas de figure le plus courant. L'analyse des autres éléments de la distribution procède du cas par cas et nous ne pouvons en tirer aucune conclusion générale.

    Le décor

    Quant au répertoire ornemental que l'on peut mettre en parallèle avec celui du château, il révèle la circulation des formes, mais tandis qu'il s'observe habituellement sur les baies, les cheminées et éventuellement les voûtes et leurs clefs, à Amboise, il se limite aux modénatures des encadrements des baies - à l'exception des cheminées de la tour de l'Horloge (1495-1497) qui sont bien documentées et encore conservées (cf. Tome II cat. 21 fig. 867). Avec décalage, les formes urbaines, tant édilitaires que privées, reproduisirent les formes castrales. Au château, le répertoire suivit un développement chronologique attendu, allant des formes les plus prismatiques, aiguës et découpées de Louis XI (1461-1483), aux formes plus souples de Charles VIII (1483-1498) et de Louis XII (1498-1515) et enfin à l'emploi du chambranle à décor renaissant de François Ier (1515-1547) . La transition vers le décor renaissant apparaît sous Louis XII (1500-1505) où les modénatures encore gothiques côtoient des motifs italianisants (rinceaux, perles, graines et feuillages d'acanthes, notamment à la porte au porc-épic du jardin) .

    Dans la ville, ces modèles ne furent pas copiés à la lettre et si l'existence de gabarits comme d'ouvriers travaillant à la fois à la ville et au château sont attestés. On constate que les formes vraiment prismatiques n'existent pas - ou plus. Ainsi, le décor urbain au quotidien semble s'être résumé à des pans-de-bois jouant sur les contrastes et faiblement ornés ainsi qu'à quelques façades d'hôtels plus richement mises en valeur. Par ailleurs, s'ajoutait aux ornements extérieurs le décor intérieur, totalement disparu aujourd'hui, mais qui nous aurait livré avec justesse le niveau social des propriétaires. Au château, plusieurs pièces d'archives, datant de la période 1483-1500 pour la majeure partie, fournissent de précieuses informations sur l'ameublement et l'ornement, qui au-delà de la restitution de ce décor, éclairent sur la provenance des oeuvres. On constate ainsi que les Morin furent les plus grands fournisseurs amboisiens mais que leurs marchandises se limitaient aux pièces les plus classiques. Les tapis orientaux (« baragans » ou Holbein) et sans doute espagnols, les tapisseries de Flandres, historiées ou à verdure, les ouvrages de broderie, les damas, les soies et les taffetas italiens ou allemands étaient achetés à de gros marchands ou à de grands officiers de la couronne. En outre, peintures murales et oiseaux dans des cages animaient les appartements. Le mélange de ces différents genres constituait le style de la cour de France à Amboise. Du château de Louis XI à celui de Charles VIII, une évolution sensible et certaine transparaît de notre documentation : les riches étoffes prirent progressivement une importance grandissante dans l'ameublement des pièces, et en particulier des lits, au détriment des chambres de tapisseries. Ainsi, dans le logis d'apparat des Sept Vertus prédominaient velours, taffetas, damas, soies et draps d'or dont étaient faites des chambres textiles et les dressoirs pouvaient aussi être recouverts de velours. Lors des réceptions, tapis et tapisseries venaient orner galeries et façades.

    Dans un grand château, princier ou royal, à la différence d'une demeure plus modeste, s'étalaient des centaines d'aunes de tapisserie, de tapis, draps d'or et de velours. En 1498, le coût (2 636 l. 2 s. 10 d. t.) de l'ameublement du logis des Sept Vertus - ne contenant qu'une trentaine de paragraphes et ne concernant apparemment qu'un complément d'ameublement - représentait le quinzième du coût total du chantier de construction durant l'année 1495-1496 (31 000 l. t.) et, à titre comparatif, la charpenterie revint cette même année à 2 550 l. t., sans compter les dépenses relatives aux réparations du pont sur la Cisse. Monique Chatenet estime quant à elle que : « Les draps d'or de l'entrevue de Calais en 1532 (38 500 l.) ont coûté aussi cher que l'ensemble des couvertures de Fontainebleau entre 1528 et 1550 (37 626 l.) ». En 1500, au départ de la cour pour Blois, Anne de Bretagne fit don de nombre de pièces d'ornement à plusieurs membres de son hôtel et il n'est donc pas impossible que certaines aient rejoint des demeures urbaines.

Références documentaires

Documents d'archives
  • - délibérations du conseil de ville : BB 1 (1451 à 1477) ;

  • Archives Nationales (AN) : P 325 : Dénombrement de la baronnie d'Amboise (1351-1537).

  • - comptes de la ville : CC 71 à CC 127 (1421 à 1526) ;

  • Archives Nationales (AN) : J 960/4, pièces 1 et 11 : 1530-1531 : La boucherie d'Amboise.

  • - état des dépenses, mandats de paiement et quittances : CC 189 à CC 288 (1443 à 1507).

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), Série G, archives ecclésiastiques (clergé séculier) : G 346 : documents sur la collégiale Saint-Florentin d'Amboise (1491-1789).

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), Série G, archives ecclésiastiques (clergé séculier) : G 345 : lettres de Charles VII du 11 janvier 1446 en faveur de l'église Saint-Florentin du château.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), 1 Q 2 : 22 février 1791 : Inventaire de la chapelle Saint-Roch.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), 1 Q 2 : 1er février 1791 : Inventaire de la chapelle Saint-Mamers.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), 1 Q 2 : 11 mars 1791 : Inventaire chez les dames hospitalières.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), 97 J 1 : Mentions de fours à chaux, briquetteries et tuileries proches d'Amboise.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), 1 J 1081 : 1672-1788 : Registres de comptes du grenier à sel d'Amboise.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire (ADIL), E 258 : 1702-1789 : Chambellan : vente d'une maison au lieu de la Fontaine, ville d'Amboise (paroisse de Saint-Denis).

  • Archives communales d'Amboise (ACA) :

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 81/037/0010 : édifices de la ville d'Amboise : rapports des restaurations de la tour de l'Horloge (1937 et 1983) ; dossier sur le manoir de la Menaudière (1947) ; dossier sur le Logis des Pages (1947) ; dossier sur la maison du Grenier à sel (1947) ; dossier sur le manoir dit « Le Sauvage » (1947) ; dossier sur les vieilles maisons en pan-de-bois : 11,13 et 15 rue Manuel (1959), (maison dont l'adresse est incorrecte ?) (1946), 52 et 60 rue Victor Hugo (1947) ; hôtel Joyeuse (1949).

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, etu 0616 : étude pour le secteur sauvegardé, aménagement du parvis du château et des abords de l'église Saint-Florentin (1993).

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 1991/025/0007 : rapports sur les restaurations suivantes à effectuer sur l'hôtel de ville : lucarnes Est et Ouest de la façade sur Loire (1928-1929) et restaurations des façades (janvier 1982) ; rapport des restaurations au château d'Amboise dues aux dommages de guerre : rempart, pavillon Penthièvre, tour Heurtault, écuries Louis-Philippe, chapelle, logis François Ier, tour Garçonnet, logis sur Loire (1955-1970) ; rapport sur les restaurations des façades de la tour de l'Horloge (1956) ; rapport sur la remise en état de la chapelle Saint-Jean, 1963 ; rapport sur l'incendie de l'hôtel Joyeuse (1949) ; restaurations des vitraux de l'hôtel de ville (1959) ; rapport des restaurations de l'église Saint-Florentin : le fenestrage (1951), la charpente, la sculpture et la maçonnerie (1963) ; rapport sur la remise en état du bas-côté Nord de l'église Saint-Denis-Hors-Les-Murs (1970) ; rapport sur les restaurations des pièces intérieures du Clos-Lucé (1971).

Documents figurés
  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700815NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700817NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700813NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700811NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700810NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700808NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700805NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700803NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700800NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700796NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700797NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700798NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700799NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700833NUCA).

  • (Archives Communales de la ville d'Amboise, O 210). (cf. illustration n° IVR24_20073700795NUCA).

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  • Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Hôtel de la Boule d'Or ; est. 1, Ic. Auv.352 : Amboise, dessin à la mine, n.s., n.d.

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Bibliographie
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(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie