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Présentation des parcs et jardins en Région Centre-Val de Loire

Dossier IA00141363 réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

La Région Centre-Val de Loire associée à l’association des parcs et jardins en région Centre-Val de Loire (APJRC) souhaite améliorer la connaissance des parcs et jardins de la région. Il a été décidé de présenter les dossiers correspondant aux 30 "Jardins remarquables" qui se répartissent dans toute la région, et également de mener en parallèle un travail exhaustif de repérage sur plan (cadastre ancien) des jardins du département de l’Eure-et-Loir en particulier. L'étude pourrait se prolonger dans une autre zone géographique dans les prochains mois.

LES JARDINS REMARQUABLES DE LA RÉGION CENTRE-VAL DE LOIRE

A. Identité de la Région Centre-Val de Loire

  • Population de la Région Centre Val de Loire1

La Région Centre-Val de Loire est limitrophe des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Normandie et Pays de la Loire. Septième région par sa superficie, le Centre-Val de Loire s'étend sur 39 151 km2. Avec 2,58 millions d'habitants au 1er janvier 2014, soit 4 % de la population métropolitaine, la région se situe au douzième rang national, ce qui fait d'elle l'une des régions les moins peuplées de France métropolitaine. C'est également l'une des moins denses avec 66 habitants par km2, moitié moindre que celle de la France métropolitaine. La densité de population est très variable et plus forte sur l'axe ligérien où vivent la moitié des habitants.

La région compte 1783 communes dont seulement deux de plus de 100 000 habitants : Tours, classée vingt-sixième parmi les communes les plus peuplées de France avec 136 252 habitants en 2015, et la capitale régionale Orléans, au trente quatrième rang avec 114 644 habitants. Les autres préfectures des départements, Bourges, Blois, Châteauroux et Chartres, comptent une population comprise entre 38 000 et 67 000 habitants.

De 1999 à 2012, la population régionale augmente de 5 %. Sous l'effet d'une reprise de la natalité et d'une baisse de la mortalité, l'accroissement naturel se consolide, sauf dans les départements du sud de la région (Cher et Indre) où le solde naturel est déficitaire. Les flux migratoires sont particulièrement élevés, autant les entrées dans la région que les sorties, et dominés par les échanges avec l'Île-de-France. Le solde migratoire reste favorable à la région. Il est positif à tous les âges excepté pour les jeunes de 18 à 24 ans, nombreux à quitter la région pour finir leurs études ou accéder à un premier emploi. L'accroissement de population est plus important en zone périurbaine, alors que la démographie continue de ralentir dans les pôles urbains et marque le pas dans l'espace rural.

  • Éléments de géologie de la Région Centre-Val de Loire

Du point de vue géologique, la région Centre-Val de Loire est presque totalement incluse dans le Bassin Parisien. Les terrains sédimentaires constituent 99% de sa superficie. "La région présente cependant tous les types de relief du Bassin Parisien ce qui donne lieu à une fine marqueterie de régions naturelles et de paysages ruraux"2.

En région Centre-Val de Loire, les sols des formations limoneuses sont les plus abondants (44% du territoire) : ils sont occupés aux trois quarts par l'agriculture et jouent un rôle efficace dans l'épuration de l'eau et sont très sensibles à l'érosion. Ces limons sont particulièrement présents en Beauce, dans le Perche, le Thymerais, en Touraine et dans le Gâtinais. En Beauce, ils possèdent une bonne capacité de rétention en eau et sont riches en éléments chimiques. Les sols des roches calcaires occupent 20 % du territoire régional et sont plus particulièrement présents dans le Berry, la Champagne Berrichonne, le Sancerrois et la Beauce. Les sols des matériaux sableux (12 %) sont caractéristiques de la Sologne, de la Brenne, des gâtines de Loches et du Boischaut nord. Ils sont, pour près de la moitié de leur surface, recouverts de massifs forestiers. Les sols des matériaux argileux sont plus rares (10 %) et assez dispersés ; ils sont présents dans le Boischaut Sud, la Touraine, les Gâtines de Loches, le Thymerais et la limite sud de la Beauce.3

- La Loire en région Centre-Val de Loire

La Loire est le fleuve le plus long de France (1012 kilomètres). Elle prend sa source au Mont Gerbier-de-Jonc dans le Massif Central et se jette dans l'Océan Atlantique à Saint-Nazaire. On distingue trois sections sur le fleuve : la Loire amont, de la source jusqu'au Bec d'Allier (Cuffy) ; la Loire moyenne, du Bec d'Allier au Bec de Maine (Bouchemaine près d'Angers) et la Basse Loire, ou Loire inférieure, du Bec du Maine jusqu'à l'estuaire. Dans son périple à travers la région Centre-Val de Loire, la Loire traverse le Berry, la Sologne, la Beauce, le Blésois et la Touraine.4. La présentation de l'étude sur les aménagements portuaires de la Loire de Valérie Mauret-Cribellier apporte des éléments de compréhension sur le parcours de la Loire.

La Loire dans sa trajectoire en région Centre-Val de Loire.La Loire dans sa trajectoire en région Centre-Val de Loire.

Le bassin de la Loire qui accueille les deux foyers urbains majeurs de la région (Orléans et Tours) forme avec ses affluents pour la plupart situés sur la rive gauche (à l'exception du Loir, de la Sarthe et de la Mayenne) une vaste zone, le Val de Loire. Le bombement alluvial formé par le fleuve offre des terres fertiles (les varennes) mais le régime déséquilibré de la Loire fait peser un risque d'inondations sur ces mêmes zones : la préservation du val est donc un souci très ancien et les digues cherchent à maintenir la Loire dans son lit mineur. Les crues centennales ont eu lieu en 1846, 1856, 1866. Le Val de Loire est depuis le 30 novembre 2000 classé sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis Sully en région Centre-Val de Loire jusque Chalonnes-sur-Loire en région Pays de Loire soit 4 départements. Les paysages ligériens sont considérés comme des paysages culturels.

Le château d'Amboise (37) sur la Loire : la tour des minimes et le logis de Charles VIII. Le château d'Amboise (37) sur la Loire : la tour des minimes et le logis de Charles VIII. Les bords de Loire à Bréhémont (37), vue vers l'amont.Les bords de Loire à Bréhémont (37), vue vers l'amont.

- Les paysages de la Région Centre-Val de Loire

Plusieurs types de paysages ruraux peuvent être identifiés, et en premier lieu les openfields, qui dominent. Les plateaux calcaires de la Beauce et de la Champagne berrichone mais également le Thymerais, le plateau Sainte-Maur ou encore la Sologne viticole ont encore étendu leurs openfields à la faveur du remembrement, de la progression de la grande culture céréalière et par l'abattage des haies. La forêt couvre plus du quart du territoire régional. La forêt d'Orléans est la plus vaste forêt de France (35 000 ha). La Sologne et la Brenne, assainies par l'aménagement systématique d'étangs, ont fait l'objet de nombreuses replantations au 19e siècle par les grands propriétaires fonciers.

Les gâtines caractérisées par les champs ouverts et un habitat dispersé sont présentes dans l'ouest et le sud-ouest de la région. Les vals et en premier lieu le Val de Loir présente une organisation en bandes parallèles, ligne de villes ou de villages au pied des coteaux avec parfois un habitat troglodytique et surmonté de vignobles ou de bois.

Soucieuse de la préservation de l'environnement, de la diversité et de la qualité de ses paysages, la région accueille deux parcs naturels régionaux : le parc naturel du Perche (également situé en région Normandie) et le parc naturel de la Brenne. Ils participent d’une qualité de vie reconnue et d'une volonté de préserver les paysages dont les jardins font partie. Les gâtines caractérisées par les champs ouverts et un habitat dispersé sont présentes dans l'ouest et le sud-ouest de la région.

La Région accueille deux parcs naturels régionaux : celui du Perche (également situé en Normandie) et celui de la Brenne. Ils constitue un outil d'aménagement du territoire dans une perspective d'aménagement durable, de préservation de l'environnement, de la diversité et de la qualité de ses paysages. Ils participent d’une qualité de vie reconnue et d'une volonté de préserver les paysages dont les jardins font partie.

Paysage percheron à Argenvilliers (28).Paysage percheron à Argenvilliers (28). La Grande Brenne, paysage de l'Indre (36).La Grande Brenne, paysage de l'Indre (36).

-Paysage et jardins

Les paysages de la région, d'une grande variété, offrent des cadres à grande échelle autour des jardins. Forêts ou gâtines, plaines céréalières ou vignobles, ils entourent les jardins formant parfois une continuité avec eux comme au jardin botanique des Grandes Bruyères (Loiret) niché dans la forêt d'Orléans ou aux jardins du château de Valmer (Indre-et-Loire) entouré de vignes toujours exploitées. Cette imbrication se comprend bien autour de châteaux entourés de jardins réguliers puis d'un petit parc aux allées tracées et enfin ceinturés par un vaste parc de chasse.

Les axes de vue depuis le jardin sur le paysage participent à l'attractivité du jardin. Déjà à la Renaissance, des "fenêtres" étaient percées dans les galeries de verdure et s'ouvraient sur le paysage, la Loire au château d'Amboise ou la forêt à Blois. A Blois, la façade des Loges du château et sa succession de loggias est tournée vers le grand paysage. A Chenonceau, Thomas Bohier construit un château sur l'eau et pas sur les bords du Cher et les "fenêtres ouvrent de tous côtés sur l'extérieur". Les axes de vue ont parfois influencé la conception du jardin par exemple pour ménager des perspectives.

La façade des Loges du château de Blois (41), largement ouverte sur le paysage.La façade des Loges du château de Blois (41), largement ouverte sur le paysage.

Selon Hervé Brunon, l'ouverture vers le paysage arrive très tôt en Italie tout comme la représentation dans le jardin d'un environnement miniaturisé. Les caractéristiques dans l'agencement d'un jardin italien sont triples : jardin fleuri (très colorés), vergers, et bosco. On observe en Italie dès les années 1550 des réalisations différentes axées sur des représentations spirituelles et sur la nature sauvage. Ces principes se développent en France et Jean Guillaume insiste sur le jardin comme prolongement de l'architecture ainsi que sur la perspective axiale qui va devenir dominante comme à Villers-Côtterets. Là, on va tenter de coordonner le château le parc et les jardins qui étaient simplement juxtaposés à Gaillon.

L'interaction entre le château et le jardin a fait l'objet de diverses analyses dont celles de Jean Guillaume qui décrit l'ouverture du logis vers le jardin et le paysage entre le 15ème siècle et le 17ème siècle. Des escaliers en vis relient les châteaux aux jardins, des terrasses sont aménagées comme celles sur la Seine à Gaillon en Normandie. Sur ce modèle, à Châteaudun, François II de Longueville établit une terrasse sur le Loir. Même si parfois comme à Amboise ou Gaillon le jardin reste clos, l'intérêt pour le site devient déterminant. Cependant, pour l'auteur, cette ouverture matérialisée par l'architecture (terrasse, loggias) reste limitée : le château dans la société aristocratique française adopte une position dominante, qui tient à distance l'environnement, à l'inverse d'une villa italienne. La typologie du château évolue pour s'ouvrir de tous côtés : le jardin étendu aux dimensions du paysage est entièrement visible du château qui se transforme (abaissement du mur d'enceinte, corps de logis isolé et perte des pavillons d'entrée, revalorisation du rez-de-chaussée...). Le jardin devient plus vaste. Vaux-le-Vicomte est l'exemple le plus abouti au milieu du 17ème siècle de ce "double-réglage" du jardin sur le château et du château sur le jardin.

Selon Hervé Brunon, l'ouverture vers le paysage arrive très tôt en Italie tout comme la représentation dans le jardin d'un environnement miniaturisé. Les caractéristiques dans l'agencement d'un jardin italien sont triples : jardin fleuri (très colorés), vergers, et bosco. On observe en Italie dès les années 1550 des réalisations différentes plus axées sur des représentations spirituelles et sur la nature sauvage. Ces principes se développent en France et Jean Guillaume insiste sur le jardin comme prolongement de l'architecture ainsi que sur la perspective axiale qui va devenir dominante.

  • Histoire de la Région

Dès la première moitié du 19ème siècle des sites fossilifères sont déjà explorés et étudiés dans chaque département : Montabuzard (Loiret), Billy ou Cheverny (Loir-et-Cher)5. Les plaines et les vallées de la région Centre-Val de Loire ont été parcourues par les hommes depuis le début du Quaternaire. La présence de l'homme a été décelée dans les vallées du Loir et de la Creuse dans des sédiments mis en place au tout début du Quaternaire. Avec l'élevage et l'agriculture, de nouvelles techniques apparaissent. Au 5ème millénaire avant J.-C., le monde paysan s'installe sur les plateaux fertiles. L'extraction et la taille de silex de qualité permettent le développement de nouveaux outils dans la vallée du Loir et autour du Grand Pressigny (Indre-et-Loire). La domestication du feu et la pratique des inhumations correspondent à cette amélioration de l'industrie lithique. L'homme moderne apparu il y a environ 35 000 ans doit s'adapter à des refroidissements climatiques extrêmes notamment pendant la glaciation de Wurm (-20 000 ans avant J.-C.). Fuyant les zones nord-européennes, homme et faune ont trouvé une halte sur le territoire correspondant à la région Centre-Val de Loire et plus particulièrement dans la vallée de la Creuse sur le chemin des plaines du centre-ouest et du sud-ouest. Certains sites de l'Indre constituent des références européennes comme l'Abri Fritsch et la Garenne6.

Les Celtes venus d'Europe centrale sont présents sur notre territoire un demi-millénaire avant J.-C. environ. Premiers arrivés entre Seine et Loire, les Carnutes s'installent en Beauce et en Sologne. Ils s'étendent sur la Loire entre Gien et Amboise. Leurs ports commerciaux sont Mantes sur la Seine et Orléans (Genabum) sur la Loire. Leur capitale religieuse et politique est l'actuelle Chartres. Les Turons, probablement venus de Thuringe, s'installent entre Touraine et Blésois. Leur métropole, d'une étendue considérable, pourrait avoir été protégée par l'éperon barré des Châteliers près d'Amboise.

La région se compose de 3 provinces historiques, le Berry, l'Orléanais et la Touraine, mais également d'une partie du Perche, de la Beauce et du Bourbonnais. Le Berry, constitué autour de l'ancienne cité des Bituriges a subi une longue période d'écartèlement et particulièrement lorsque le Haut-Berry relevait du pouvoir capétien tandis que le Bas-Berry dépendait des Plantagenêts. Pendant la période de "paix romaine" le peuple des Carnutes s'est divisé en deux pôles, à Chartres un sous-ensemble beauceron et un autre sous-ensemble autour du port très actif d'Orléans. La Touraine est restée stable, de l'époque romaine à la constitution du département d'Indre-et-Loire en 1790 avec les 82 autres départements français.

Tours et Orléans, les deux plus importantes villes de la Région Centre-Val de Loire sont étroitement associées à l'histoire de France. Le plus illustre des évêques de Gaule, Saint Martin, occupa le siège épiscopal de Tours de 372 à 397. Le pèlerinage de saint-Martin de Tours est l'un des plus anciens avec Jérusalem et Rome. Grégoire de Tours témoigne que Clovis, avec lequel la Gaule devient franque, et Clotilde vécurent à Tours une part notable de leur existence, rendant ainsi hommage à saint Martin. Même si Clovis choisit Paris pour capitale, il convoque le premier concile général des Gaules à Orléans.

La collégiale Saint-Martin de Candes (37) étape du lieu de pèlerinage de Saint Martin.La collégiale Saint-Martin de Candes (37) étape du lieu de pèlerinage de Saint Martin.

Le domaine royal s'est constitué entre Orléans et Etampes, fief de Hugues Capet. A l'époque féodale, le pouvoir était réparti entre les feudataires sous l'arbitrage du roi de France. C'est sous Philippe le Bel que les ambitions se manifestèrent notamment avec le roi d'Angleterre qui détenait des droits sur la Guyène et d'autres domaines dans le royaume de France. Ce dernier était menacé par la folie du roi Charles VI et les conquêtes anglaises. Après la conquête de la Normandie, les anglais se dirigèrent vers Orléans. Le siège d'Orléans, entrepris dès octobre 1428, menaça de famine la ville sous blocus anglais. Jeanne d'Arc galvanisa les résistances, réduisit à la défaite l'armée anglaise et libéra Orléans. Elle mourra sous le bûcher mais le royaume de France se constitua autour d'Orléans qui connut une grande prospérité au 17e et 18e siècle grâce à la navigation sur la Loire et au développement du commerce.

Malgré cette histoire plurielle, les provinces du Centre possèdent des éléments d'identité communs. Elles ont été le berceau de la monarchie capétienne ainsi que des hauts-lieux de résistance pendant la période finale de la guerre de Cent ans et pendant la guerre de 1870. Tandis que les armées allemandes assiégeaient Paris, le gouvernement de Défense nationale envoyait Léon Gambetta à Tours pour constituer une armée de la Loire. La Loire s'imposait ainsi comme une ligne de défense. Pendant la IIIe République, les casernes se multiplièrent sur une vaste étendue d'Orléans à Bourges et d'Angers à Gien confirmant la vocation de base arrière de Paris de cette zone. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation entre la zone occupée par les allemands et la zone libre (jusqu'à l'annexion totale du pays entre juin 1940 et mars 1943) passe par la Loire.

Autre facteur fédérateur du territoire régional, les châteaux de la Loire, apothéose de l'art de la Renaissance, ont été pour nombre d'entre eux des forteresses militaires, transformées en demeures de prestige et d'agrément. Des forteresses comme Chinon et d'autres plus modestes comme celles de la vallée du Loir témoignent de ce passé militaire. Les rois de France ont résidé dans le val de Loire, proche de Paris et propice à la chasse. Charles VII et Louis XI se fixèrent au château du Plessis-les-Tours faisant de Tours la capitale du royaume. Charles VIII et Louis XI à Amboise et Loches, Louis XII et François Ier à Blois et François Ier à Chambord pour des séjours plus occasionnels. Les grands du royaume se sont installés dans leur sillage dans une grande fièvre bâtisseuse non seulement en Touraine et dans le blésois mais également vers l'Anjou, dans le Berry (Meillant) et dans la vallée de l'Eure (Anet, Maintenon).

Le château de Chenonceau sur le Cher (37).Le château de Chenonceau sur le Cher (37).

B. Les jardins de la Région Centre-Val de Loire7

  • Définition du jardin

Selon le vocabulaire établi par Marie-Hélène Bénetière dans son ouvrage "vocabulaire technique et typologique", le jardin s'entend comme "un espace organisé, généralement clos, indépendant ou associé à un édifice, comportant des végétaux d'utilité ou d'agrément cultivés en pleine terre ou hors sol. Créé à partir d'une modification plus ou moins profonde du site naturel, le jardin, qui répond à des fonctions d'utilité ou d'agrément, se caractérise par son tracé, son relief, sa couverture végétale et son traitement de l'eau. L’architecture et la sculpture, fréquemment associées à sa décoration, y jouent parfois un rôle considérable. "

-le jardin historique :

Dans cette étude, nous nous intéresserons plus spécifiquement aux jardins historiques définis par la Charte de Florence complément à la Charte de Venise sur la conservation et la restauration des monuments historiques adoptée en 1964. Adoptée en 1982, la charte de Florence définit un jardin historique comme "une composition architecturale et végétale qui, du point de vue de l'histoire ou de l'art, présente un intérêt public" (article 1). "Comme tel, il est considéré comme un monument". Ces jardins font souvent l'objet de plans qui dévoilent des états du jardin parfois disparus et dont on peut ainsi retrouver trace.

Le jardin historique est souvent associé à un monument religieux ou à un château. Il peut également s'inscrire de manière autonome dans le territoire.

-les jardins remarquables en région Centre-Val de Loire

La région Centre-Val de Loire compte 30 parcs et jardins labellisés «Jardin remarquable» au 1er janvier 2019 soit 7% du corpus national. Ce label permet de distinguer un parc ou un jardin ouvert au public et présentant un intérêt culturel, esthétique, historique ou botanique, dont le but n'est pas essentiellement commercial. Cet intérêt doit se doubler d’un entretien exemplaire, respectueux de l’environnement, ainsi que d’un accueil attentif du visiteur.

Ce dispositif offre l'avantage de dépasser le cadre strict des jardins historiques en offrant un champ d’application plus large. Le label répond à des critères d'exigence sur la composition (organisation des espaces), l'intégration dans le site et la qualité des abords, les éléments remarquables (eau, fabriques, architectures végétales…),…

Le dossier jardins remarquables explicite le fonctionnement du label et présente les principales caractéristiques des jardins labellisés de la région Centre-Val de Loire.

Toutes les périodes historiques de création sont représentées au sein de cette catégorie de jardins, depuis la Renaissance et à l’exception des jardins médiévaux. C'est la période entre 1975 et 2000 qui est la plus représentée dans le corpus de la région Centre-Val de Loire (37%) avec 11 jardins créés dont 3 datent du tournant entre le 20e et le 21e siècle (jardins de Roquelin, jardins de Chédigny, jardin de Poulaines). 23% des jardins remarquables de la région ont fait l'objet de plusieurs périodes de création. Les jardins du prieuré d'Orsans s'inspirent des jardins médiévaux et les jardins de Villandry de ceux de la Renaissance : ils constituent des créations nouvelles.

  • Le "jardin de la France" : éléments de compréhension du jardin en Région Centre-Val de Loire

La Région Centre-Val de Loire offre un panorama des jardins particulièrement complet et remarquable. Rabelais, installé en Touraine et très inspiré par sa terre natale, l'avait baptisé "jardin de la France". Terre de prédilection pour les jardins, le Val de Loire est identifié pour son paysage culturel pour lequel il est classé au patrimoine mondial de l'humanité. Cette notion désigne "les ouvrages combinés de la nature et de l'homme" et donc les jardins. L'inscription de Sully-sur-Loire à Chalonnes-sur-Loire inclut plusieurs bandes de territoire en forme d'épi vers les vals du Loiret, de la Vienne (Chinon), la pagode de Chanteloup à Amboise ou l'abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire).

Le patrimoine culturel de la région s'exprime ainsi par l'abondance des parcs et jardins d'agrément et d'utilité, principalement en Val de Loire bien que représentés dans l'ensemble des départements de la région. Des jardins exceptionnels, à forte fréquentation touristique symbolisent la place occupée par ce patrimoine dans la région. Les jardins du château de Villandry en Indre-et-Loire, ouverts tout au long de l'année connaissent une grande renommée et sont ouverts tout au long de l'année. Le château de Chenonceau (Indre-et-Loire) avec ses jardins et parcs fait partie des toutes premières places en terme de tourisme régional. Le Festival international des jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire, propriété de la Région Centre-Val de Loire, accueille dans le Loir-et-Cher des jardins éphémères de créateurs et s'affirme comme un laboratoire de création contemporaine. De nouveaux jardins se sont développés sur les prés du Goualoup, parc contemporain de 10ha dessiné par le paysagiste Louis Benech et ouvert en 2012.

Le "jardin d'amour" d'inspiration Renaissance créé à Villandry (37) au début du 20ème siècle.Le "jardin d'amour" d'inspiration Renaissance créé à Villandry (37) au début du 20ème siècle.

Le jardin "Cheveux d'ange" créé au Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire en 2010.Le jardin "Cheveux d'ange" créé au Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire en 2010.

-la tradition horticole du Val de Loire et du Loiret :

L'horticulture orléanaise naît dès le 16ème siècle. A cette époque, Le Lectier, procureur du roi, cultive plus de 300 variétés d'arbres fruitiers au sud de la Loire et publie en 1628 le premier catalogue des arbres de verger. Vers 1750, les pépiniéristes-jardiniers cultivent plus de 30 000 arbres fruitiers. L'orléanais, avec ses terres fertiles, devient l'un des fleurons de l'horticulture française. Dès 1820, de célèbres obtenteurs de roses comme Mauget et plus tard Vigneron, Barbier, Corboeuf, Levavasseur, Turbat ou Robichon symbolisent l'histoire des roses d'Orléans. Au début du 20ème siècle, on retrouve les grandes roseraies du Val de Loire dans de nombreuses expositions.

Depuis 1959, Orléans accueille chaque année le Concours International de Roses qui privilégie la remontance des rosiers. Ceci explique qu’il ait lieu en septembre, alors que les autres concours de roses ont lieu en mai-juin. Le parc floral de la Source, ouvert en 1967 à l’occasion des Floralies Internationales (deux millions et demi de visiteurs en 6 mois) reste une vitrine de l'horticulture orléanaise.

Aujourd'hui, la région Centre-Val de Loire est la deuxième région française pour la production de jeunes plants en pépinière. En 2015, on comptabilise plus de 200 horticulteurs et pépiniéristes ayant une activité de production dont près de 50 % localisés dans le Loiret. La région Centre-Val de Loire est un bassin de production horticole important qui compte quelques grands noms de la profession, ainsi que beaucoup de petites entreprises. En région Centre-Val de Loire, la surface de culture est évaluée à 1 072 hectares. La production de fleurs et plantes représente 64 % des exploitations et 20 % de la production nationale de rosiers y est réalisée.

En 1981, des producteurs horticulteurs et des pépiniéristes de la région se sont regroupés pour former le CDHR Centre (Comité de développement Horticole de la région Centre) pour développer une structure commune d'expérimentation, de formation et de conseil.

  • La fragilité du "vert patrimoine"

La fragilité du jardin est résumée par la Charte de Florence dans son article 2 : le jardin est une composition d'architecture dont le matériau est principalement végétal donc vivant, et comme tel périssable et renouvelable." Son aspect résulte ainsi d'un perpétuel équilibre entre le mouvement cyclique des saisons, du développement et du dépérissement de la nature, et la volonté d'art et d'artifice qui tend à en pérenniser l'état.

Les jardins de la région ont été frappés par des tempêtes dévastatrices notamment en 1984 et en 1999. En 2016, toutes les productions viticoles, agricoles et ornementales ont été soumises à des inondations.

A cette fragilité liée aux aléas climatiques, on peut ajouter les nuisances environnementales et les facteurs humains : les problèmes d'abandon, de transmission et de reprise, des désengagements financiers des collectivités territoriales aux risques de manque d'entretien par de nouveaux propriétaires. Parfois, le jardin peut se trouver en déshérence et c'est "la volonté d'art et d'artifice" qui fait alors défaut, pouvant même aller jusqu'à la disparition du jardin.

  • Les identifications et inventaires de jardins : les pré-inventaires de l'État et les inventaires de l'APJRC

Alors que le Conseil international des monuments historiques et des sites (ICOMOS) adopte un texte fondateur, la Charte de Florence sur les jardins historiques, le pré-inventaire des jardins initié en 1982 par le ministère de l'Aménagement du territoire et de l'environnement et délégué à des institutions régionales signale l'intérêt renouvelé pour le patrimoine des jardins. En région Centre-Val de Loire cette date coincide avec la création de l'association des parcs et jardins constituée en partie dans le but de réaliser des inventaires.

L'APJRC a quant à elle identifié 728 sites dans la région grâce à des repérages in situ, des inventaires, des lectures d’ouvrages spécialisés, etc. Tous les jardins mentionnés à travers ces différents supports de recherche ont été listés dans un fichier : jardins historiques, jardins disparus, jardins réaménagés, jardins contemporains, etc. Il s’agit avant tout de réaliser les inventaires des parcs et jardins adhérents de l’APJRC mais chaque jardin,

Au total, 424 inventaires ont été réalisés par l’APJRC8 depuis sa création en 1991. 64 sites avaient bénéficié d’une étude lors de la phase de pré-inventaire menée par le ministère de la Culture de 1984 à 1991. Durant cette phase, 16 sites ont été étudiés dans le département du Cher, 2 dans l’Eure-et-Loir, 1 dans le Cher,16 dans l’Indre-et-Loire, 17 dans le Loir-et-Cher et 12 dans le Loiret. On trouve dans cette liste autant des parcs et jardins historiques, que des sites religieux (abbaye, évêché, etc.) ou encore des jardins contemporains. Les critères d'alors étaient de répertorier les jardins méconnus non protégés et ceux en déshérence mais cette action a duré peu de temps.

C. Caractéristiques des jardins de la Région Centre-Val de Loire

L'un des objectifs de l'étude est d'améliorer les connaissances sur le patrimoine des parcs et jardins de la région afin de conforter ou nuancer les données généralement admises sur les parcs et jardins. Les grandes lignes sur les parcs et jardins :

REPÉRAGE SUR PLAN DES PARCS ET JARDINS D'EURE-ET-LOIR

A. Identité du département de l’Eure-et-Loir

Situé au nord de la région, l’Eure-et-Loir est un département encadré par les départements normands de l’Orne et de l’Eure, par la Sarthe, le Loir-et-Cher et le Loiret au sud et par l’Essonne et les Yvelines à l’ouest. Il se caractérise notamment par sa proximité avec l’Ile-de-France, laquelle a entraîné la création de nombreux parcs et jardins sous l’influence des domaines royaux. Si, à l'époque moderne, une petite noblesse vit de la terre, une grande noblesse étrangère à la région y possède de grandes propriétés tels les ducs d’Epernon, de Penthièvre, de la Rochefoucauld. Il est dominé par la cathédrale de Chartres construite au début du 13e siècle.

Créé en 1790, le département d’Eure-et-Loir s’est constitué à partir des provinces de l’Orléanais-Beauce, du Perche et de parcelles de l’ancienne Île-de-France. Entre le plateau de la Beauce et ses vastes étendues céréalières et les collines du Perche, à l’ouest du département, existent de nombreuses plaines et vallées, milieu favorable à la création de jardins. La nature des sols favorise l’implantation de demeures seigneuriales, de communautés religieuses et de leurs jardins, comme dans le Thironnais. Contrastant avec le plateau beauceron, on y trouve des milieux de vie diversifiés, des forêts, des haies vives, une campagne vallonnée, creusée de rivières et d’étangs. Au nord, le Drouais et le Thimerais annoncent la Normandie. Le climat reste relativement clément. La grande hétérogénéité des sols, parfois dans une même parcelle, peuvent expliquer des difficultés d’aménagement.

Les cours d’eau et les sources sont rares au centre du département. À l’est, l’Eure naissante coule dans la vallée de Maintenon, traversée par le monumental aqueduc inachevé de Vauban, dont la construction débute en 1685, et s'achève en 1688 faute de fonds, sous Louis XIV. Vauban choisit de l’utiliser pour doter d’eau les jardins, les cascades et les fontaines du château de Versailles. Il est aujourd’hui en partie démoli. L'Eure nait au nord en Normandie et a pour affluent la Loupe. Elle constitue un élément majeur du Drouais. Le Loir prend sa source à proximité du Perche et longe le département vers le nord pour se jeter dans la Sarthe au nord d’Angers. L’Eure-et-Loir englobe une partie du bassin de la Sarthe.

Sur le plan économique, l’agriculture fait la richesse du département. Les cultivateurs profitent pleinement de l’amélioration des routes royales à partir de la Monarchie de Juillet. En 1838, la ville d'Orléans est choisie pour rallier Tours par voie ferrée : en 1849, la section Paris-Chartres de la ligne ouest est inaugurée. La première moitié du siècle est marquée par une meilleure circulation, les débouchés s'accroissent et les rendements dus aux gros fermiers (et non aux grands propriétaires qui ne résident guère sur place) font d'importants progrès.

Administrativement, le département de l’Eure-et-Loir est constitué de 373 communes réparties en 29 cantons. Le chef-lieu du département, Chartres, constitue une zone urbaine de plus d’environ 40 000 habitants (en 2014), elle est située à 90 km de Paris. Les villes de Dreux et dans une moindre mesure celles de Châteaudun et Nogent-le-Rotrou sont ensuite les plus importantes du département.

B. Les jardins de l’Eure-et-Loir

Ce département est émaillé de châteaux dont les jardins et parcs sont les parties constituantes. Des sites religieux (abbaye de Thiron-Gardais…) ou des lieux aussi divers que la chapelle royale de Dreux ou le jardin de la Maison Picassiette possèdent également des jardins.

L’APJRC a inventorié 9 37 sites dans le département de l’Eure-et-Loir depuis sa création en 1990. Elle a identifié 77 parcs et jardins d’intérêt historique, botanique ou présentant une composition remarquable dans ce département. A ces inventaires, s’ajoutent les données élaborées par le service des Monuments historiques et versées dans les bases nationales.

.Parcs et jardins protégés au titre des Monuments historiques en Eure-et-Loir (données 2017).Parcs et jardins protégés au titre des Monuments historiques en Eure-et-Loir (données 2017).

Parmi les grands parcs et jardins historiques, celui du Château d'Anet constitue un lieu emblématique de la Renaissance. De nombreux châteaux présentent un fort intérêt patrimonial comme le château de Frazé, dans le Perche (jardins des 17ème-18ème siècles) et celui d'Oursières à Argenvilliers (deuxième moitié du 17ème siècle et première moitié du 18ème siècle). Les ruines du château de La Ferté Vidame (17ème siècle ; 3ème quart du 18ème siècle ; 19ème siècle) sont célèbres pour les évocations littéraires qu’elles suscitèrent. Le Pré Catelan, créé par l’oncle de Marcel Proust vers 1850, présente un jardin exotique particulièrement original. Le comte de Choulot intervient au château de Méréglise au 19ème siècle, et Achille Duchêne au château d'Abondant en 1904.

Plan du 18e siècle des jardins du château de Frazé (Perche).Plan du 18e siècle des jardins du château de Frazé (Perche). Les broderies de buis du château de Frazé (28) créées au début du 20e siècle.Les broderies de buis du château de Frazé (28) créées au début du 20e siècle.

21 parcs et jardins sont protégés en tout ou partie au titre des Monuments historiques en tant que partie constituante d’un édifice (liste 2017). Le Pré Catelan est le seul jardin protégé pour lui-même et non comme partie constituante et également le seul jardin bénéficiant du label "Jardin remarquable" dans ce département. L’historique des jardins protégés, leurs conception et réalisation ne sont pas toujours connues. Parfois des créateurs de jardins renommés ont participé à l’embellissement des monuments de l’époque comme Le Nôtre (17ème siècle) et Bühler (19ème siècle) au château d’Anet, Le Nôtre, encore, au château de Maintenon ou Louis-Martin Berthauld au château de Courtalain (dont les jardins sont à dater du 18ème siècle et de la première moitié du 19ème siècle).

Le cryptoportique qui supporte la terrasse du château d'Anet (28), vestige des jardins Renaissance.Le cryptoportique qui supporte la terrasse du château d'Anet (28), vestige des jardins Renaissance. Le parc du château d'Anet dessiné par Le Nôtre puis par les frères Buhler au 19e siècle.Le parc du château d'Anet dessiné par Le Nôtre puis par les frères Buhler au 19e siècle.

Certains sites sont très documentés comme le château de La Rivière10 à Pontgouin, dont les plans du parc et du potager sont restés dans leur état originel du 17ème siècle. Au château de Champs-Romain à Thiville des plans spectaculaires du milieu du 18e permettent de documenter l’état historique des jardins du château. Les jardins de l’abbaye de Thiron-Gardais, le jardin des 6 sens du Moulin de la Bellassière sont des créations récentes, comme les récents et médiatiques jardins du collège royal et militaire, initialement créés au 17ème siècle et revisités au tournant du 21ème siècle par André Guillaumin et Louis Benech.

L’étude cherche à compléter notre connaissance parcellaire des jardins du département en complétant les jardins actuellement identifiés et connus par des jardins non connus ou non décrits.

C. Caractéristiques des jardins d’Eure-et-Loir

Le repérage sur plans vise à caractériser les formes prises par les jardins historiques du département et à observer et qualifier leurs transformations entre le cadastre ancien et aujourd'hui. En complément, une hypothèse de recherche a été retenue qui propose de travailler que l’Importance du réseau hydraulique dans les jardins de ce territoire. Des jardins présentant des éléments hydrauliques (canaux, fontaines...) seront sélectionnés.

La partie basse du jardin du Pré Catelan à Illiers-Combray (28) et la Serpentine, rivière artificielle.La partie basse du jardin du Pré Catelan à Illiers-Combray (28) et la Serpentine, rivière artificielle.

Depuis les années 2000 des chercheurs11 ont souhaité mieux comprendre la science hydraulique dans le fonctionnement des jardins ou leur décoration et comment les jardins notamment ceux des 17ème et 18ème siècles peuvent fonctionner grâce à l’eau. De la localisation et au captage de la source à l’acheminement de l’eau (tuyaux, aqueducs…) ou à la construction d’un bassin et à la mise en œuvre des jets d’eau, les connaissances nouvelles doivent permettre des restaurations raisonnées. Face à des constats dans certaines zones d’abandon de ce patrimoine hydraulique ainsi que de pollution des nappes ou d’aménagements sur les traces empruntées par l’eau, certains chercheurs ont cherché à alerter sur la fragilité de ce patrimoine.

Carte postale représentant l'aqueduc de Maintenon en Eure-et-Loir (archives CRMH). Carte postale représentant l'aqueduc de Maintenon en Eure-et-Loir (archives CRMH).

Ainsi, en Eure-et-Loir, nous proposons de repérer sur le cadastre ancien ce patrimoine pour accroitre la connaissance et à terme contribuer à une meilleure protection des jardins.

1Source : INSEE données 2014.2VERRIERE Jacques (sous la direction de ). Qu'est-ce qu'une région? Le cas de la Région Centre. CRDP de la Région Centre, Orléans, 1999. 3Source: DREAL Centre Val de Loire (données 2015). http://www.centre-val-de-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2015_11_Publi_Sols_cle5d5444.pdf4cf. La prés https://gertrude.regioncentre.fr/gertrude-diffusion/dossier/presentation-de-l-etude-regionale-les-amenagements-portuaires-de-la-loire/808b6a30-7a1b-4d92-839b-f1338d3d69fa)5DESPRIEE Jackie, DUVIALARD Jean. Préhistoire en Région Centre. Les Premiers Hommes.Centre départemental de documentation pédagogique du Loir-et-Cher. Ministère de la CUlture. Sous-direction de l'archéologie.1994.6DESPRIEE Jackie, DUVIALARD Jean. Préhistoire en Région Centre. Les Hommes Modernes.Centre départemental de documentation pédagogique du Loir-et-Cher. Ministère de la CUlture. Sous-direction de l'archéologie.1995.7Le texte à suivre doit beaucoup à l'ouvrage de Michèle QUENTIN (texte) et Joel DAMASE (photographies). Chamina éditions, 2012. : Châteaux et jardins en Val de Loire8Le contenu et la méthode des inventaires menés par l’APJRC ne recoupent pas ceux de l’inventaire général du patrimoine culturel. Ces inventaires sont structurés autour de plusieurs rubriques : fiche d’identité, historique, environnement, descriptif, botanique, pédologie-écologie-nuisances, fonctionnement économique, projets, communication, fréquentation. Plusieurs de ces volets ne sont pas abordés par l'IGPC. Très complets sur le plan de l'analyse de la composition du jardin, ils ne font pas systématiquement l'objet de recherches dans les services d'archives. Les dossiersélectroniques ne constituent qu'un extrait des documents d'inventaire de l'APJRC. 9Note 1: Le contenu et la méthode des inventaires menés par l’APJRC ne recoupent pas ceux de l’Inventaire général du patrimoine culturel. Ces inventaires sont structurés autour de plusieurs rubriques : fiche d’identité, historique, environnement, descriptif, botanique, pédologie-écologie-nuisances, fonctionnement économique, projets, communication, fréquentation. Plusieurs de ces volets ne sont pas abordés par l'IGPC. Très complets sur le plan de l'analyse de la composition du jardin, ils ne font pas systématiquement l'objet de recherches en archives. Les dossiers électoniques constituent un extrait de l'inventaire réalisé par l'APJRC.10Damien Castel, Cabinet des Fromentières, Histoire des Demeures, Recherches en archives & études architecturales, Le Mans, 2e trimestre 2013.11Voir, par exemple: BOUDON Françoise, Courances à la Renaissance : mise en scène progressive de l'eau, in Ganay Valentine de et Le Bon Laurent (dir.), Courances, Paris, Flammarion, 2003, p. 53-70. / BOUDON Françoise, “ Jardins d’eau et jardins de pente dans la France de la Renaissance ”, Architecture, jardin, paysage, l’environnement du château et de la villa aux XVe et XVIe siècles, Paris, Picard, 1999, p. 137-184. / PORTES Romain, BUCK, “ Les aménagements hydrauliques à Chantilly au XVIIe siècle ”, Polia, revue de l’art des jardins, 5 (printemps 2006), p. 31-53. / CLAUDIUS-PETIT, Dominique Cécile, « Des étangs de Ville-d’Avray aux grandes eaux de Saint-Cloud (XVIIe-XVIIIe siècles) », Polia, 7 (printemps 2007), p. 81-108.
Aires d'études Région Centre-Val de Loire

Références documentaires

Bibliographie
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  • GUILLAUME, Jean (dir.). Architecture, jardin, paysage. L’environnement du château et de la villa aux XVe et XVIe siècles. Actes du colloque de Tours, 1-4 juin 1992. Paris : Picard, 1999.

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  • QUELLIER, Florent. Histoire du jardin potager. Paris : Armand Colin, 2012.

  • RACINE, Michel (dir.). Créateurs de jardins et de paysages en France de la Renaissance au XXIe siècle, 2 vol. Paris : Actes Sud-ENSP, 2001-2002.

  • VALERY, Marie-Françoise. Jardins du Val de Loire, au fil des saisons. Garden art press, 2009.

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  • Le Nôtre, un inconnu illustre ? Actes du colloque organisé par la DAPA et l’ICOMOS, Paris, Versailles, Chantilly. Paris : Monum, 2003.

  • [Exposition. Paris, Hôtel de Sully, 1977]. Jardins en France 1760-1820. Pays d’illusion, Terre d’expériences. Paris : Centre des Monuments nationaux, 1977.

  • [Exposition, Grande Halle de La Villette, 1999-2000]. CLÉMENT, Gilles. Le Jardin planétaire. Paris : Albin Michel, 1999.

  • [Exposition. Musée de la vie romantique, 2011]. Jardins romantiques français : du jardin des Lumières au parc romantique, 1770-1840. Paris : Musée de la vie romantique, 2011.

Périodiques
  • SUREAU, Jean-Louis. De la forteresse aux châteaux d'agrément, l'ouverture vers le grand paysage. 303. Arts, recherches, créations : Val de Loire, patrimoine mondial. n°121, 2012. p 68-72.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Association parcs et jardins région Centre-Val de Loire - Potillion Charlène
Charlène Potillion

Chargée d'études (Association parcs et jardins de la Région Centre-Val de Loire)


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Michèle Quentin

Déléguée de l'association Parcs et Jardins en Région Centre-Val de Loire


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