Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Quartier de la Providence ou quartier de la Ferme Départementale, dit îlot Y

Dossier IA41000754 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

HISTORIQUE

Un projet ancien élaboré sous la municipalité d'Eugène Riffault, 1863.

Sous la municipalité d'Eugène Riffault, il avait été décidé en 1863 d'ouvrir une voie nouvelle offrant un dégagement au champ de foire dont l'activité était alors en plein développement. D'une largeur de quinze mètres et d'une longueur de 550 mètres, la voie prévue se situait dans le prolongement du boulevard du Remenier et aboutissait au carrefour formé par les routes de Vendôme et de Châteaudun. Cette voie devait être complétée par une autre longeant le mur des terrains de la Providence et atteignant la rue des Saintes-Maries. Le plan de ces deux voies avait été approuvé en 1864 et la ville avait acheté des terrains que l'administration de l'asile départemental mettait en vente en bordure de l'avenue de Paris : la voie fut ouverte sur 55 mètres. La ville attendit ensuite l'occasion d'acheter les terrains nécessaires à l'aboutissement de son projet - terrains essentiellement occupés par des vignes - mais cette occasion ne se présenta pas.

Un projet repris dans le contexte de la reconstruction de la ville, 1941-42.

Le projet de Charles Nicod reprit l'idée de l'ouverture d'une grande voie reliant les grands axes de circulation du nord de la ville, en direction de Vendôme, Châteaudun et Paris, et différents quartiers blésois, haut-bourg Saint-Jean et bas-bourg Saint-Jean, pour desservir un quartier d'habitation nouveau. En effet, son projet de reconstruction, ordonné par la recherche de salubrité et de luminosité, se caractérisait par un centre ville beaucoup moins dense que celui d'avant-guerre, et conséquemment par une perte importante de surface bâtie. Dès la première présentation de son projet, en mai 1941, il proposa donc de reloger les sinistrés ne pouvant l'être dans le centre, sur des réserves foncières disponibles et proches du centre, qu'il rassembla sous l'appellation de quartiers de compensation. Parmi eux, le vaste complexe psychiatrique, comprenant la villa Lunier, la Ferme Départementale, l'asile et l'hospice, implanté depuis le dernier quart du XIXe siècle entre la route de Châteaudun et l'avenue-Maunoury, constituait une réserve foncière presque non bâtie, qui avait l'avantage de pouvoir être utilisée en première urgence. En compensation du déplacement de la population, il suggéra que la surface des logements qui y seraient proposés soit plus attrayante que dans la ville basse. Enfin il envisagea dès lors de reconstruire à proximité immédiate du quartier d'habitation projeté, un lycée remplaçant le collège Augustin-Thierry détruit.

Plan de Reconstruction et d'Aménagement de Blois par Charles Nicod approuvé par arrêté 6-11-1942, rive droite (détail : terrains de l'hôpital psychiatrique et de la Providence). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois).Plan de Reconstruction et d'Aménagement de Blois par Charles Nicod approuvé par arrêté 6-11-1942, rive droite (détail : terrains de l'hôpital psychiatrique et de la Providence). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois).

Un tracé repris à trois reprises, 1942-43.

La rue principale que Charles Nicod proposa alors d'ouvrir reprenait l'exact tracé du projet de 1864. D'une largeur de seize mètres, elle traversait les terrains des Sœurs de la Providence et de l'asile d'aliénés entre l'avenue Maunoury et le chemin vicinal n°5, actuelle rue Honoré-de-Balzac, puis le terrain de l'hôpital psychiatrique, entre ce dernier et la route de Châteaudun, et se prolongeait enfin, par la rue Jean-Joly élargie entre la route de Châteaudun et celle de Vendôme. A cette rue principale s'ajoutait une seconde voie, beaucoup plus courte, perpendiculaire à la première et située entre elle et la rue des Saintes-Maries. Leur tracé fut en fait ajusté à trois reprises afin d'amputer le moins possible les terrains de la Providence, du Séminaire et de l'école ménagère. Le segment de voie perpendiculaire, qui devait être appelé plus tard rue d'Alsace-et-de-Lorraine, fut décalé, le tracé de la voie principale fut légèrement gauchi et sa dernière partie, située au-delà de la rue Honoré-de-Balzac au nord, fut abandonnée.

Expropriation, études et définition d'un cahier des charges, 1946-52.

Comme pour les autres quartiers de Blois, la construction de ce quartier ne commença pas avant la Libération. Les terrains du quartier de la Providence et de l'hôpital psychiatrique nécessaires à la construction de logements furent expropriés en 1946 et 1947. Parallèlement les études qui furent menées pour leur aménagement s'achevèrent début 1947. Le remembrement du quartier, appelé administrativement îlot Y, fut achevé en octobre 1952 .

Son cahier des charges apportait des précisions au règlement général du Plan de Reconstruction et d'Aménagement qui définissait cette zone comme zone d'habitations individuelles et de reconstruction discontinue. Alors que le règlement imposait que la surface des bâtiments destinés à l'habitation n'excédât pas 30% de la surface totale du terrain, le cahier des charges définit en plan les zones qui devaient rester libres de toute construction et les parties de terrains réservées à la construction de bâtiments annexes en rez-de-chaussée n'excédant pas trois mètres de haut. Alors que le règlement définissait le gabarit des constructions en interdisant toute construction comportant plus de deux étages habitables, rez-de-chaussée compris, le cahier des charges définit un gabarit plus important en interdisant seulement les constructions comptant plus d'un étage et d'un comble habitable au-dessus du rez-de-chaussée. Le règlement imposait déjà des servitudes architecturales relatives à la largeur sur rue, la distance à la rue et la pente des toits. Le cahier des charges surenchérit en y ajoutant, dans un même souci d'homogénéité, des obligations relatives aux clôtures sur rue ainsi qu'aux limites séparatives : il imposa que celles-ci soient traités comme des haies vives ou comme des murs bahuts d'une hauteur maximale d'un mètre, surmontés ou non d'une grille d'une hauteur maximale d'un mètre cinquante. Enfin, le cahier des charges ajouta une prescription spécifique au quartier de la Providence construit dans un ancien parc : pour en conserver autant que possible les qualités paysagères, il fut interdit aux propriétaires de procéder à l'abattage des arbres existants sur leur parcelle et situés à moins de deux mètres de la limite de leur propriété.

A la manière des règlements de lotissement de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, le règlement de 1942 complété par le cahier des charges de 1952 définirent donc les caractéristiques de l'implantation d'habitations individuelles, dans un quartier de première périphérie, autour d'une nouvelle voie de circulation : homogène, bas, espacé, situé dans un cadre paysagé.

Construction des maisons et immeubles du quartier de la Ferme départementale, 1948-1954.

Ceci dit, ce cahier des charges arriva après le début des constructions dans l'avenue. Les permis de construire furent en effet délivrés à partir de 1947 et en grande majorité avant 1950. La construction de quelques maisons commença en 1948, la plus grande partie des travaux s'échelonnant au début des années cinquante. Contrairement à ce qui avait été prévu par Charles Nicod, la construction de ce quartier fut donc très lente. Le délégué départemental du Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU) regretta que les propriétaires ne fassent pas achever plus promptement les travaux de reconstruction alors que nombre de sinistrés blésois attendaient encore un logement, les menaçant même de réattribuer leur parcelle à d'autres sinistrés. De plus, cette situation mit en difficulté de nombreux entrepreneurs et artisans du bâtiment, notamment ceux du gros-oeuvre, les travaux n'étant pas réglés tant qu'ils n'étaient pas entièrement achevés.

25-27, 29-31 et 33 avenue du Général-Leclerc, 1954. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20367).25-27, 29-31 et 33 avenue du Général-Leclerc, 1954. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20367).A quelques exceptions près, les immeubles et maisons étaient tous construits en 1954 comme en témoigne un reportage photographique du MRU. Il semblerait que chaque propriétaire a pu faire appel à l'architecte de son choix. Au cours de l'étude, nous ne sommes malheureusement pas parvenu à déterminer la liste des architectes qui ont travaillé à l'édification de ce quartier. Nous savons que Paul Robert-Houdin (24-26, avenue du Maréchal-Leclerc), Henri Lafargue (25-27, avenue du Maréchal-Leclerc), Paul Cantais (59, avenue du Maréchal-Leclerc) et Henri Jannin (15, rue d'Alsace et de Lorraine) y ont participé.

Le nom d'avenue du Général-Leclerc fut donné à la voie en novembre 1949. Elle devint avenue du Maréchal-Leclerc en juin 1982. La construction de ce quartier d'habitation marqua le début de l'urbanisation de ce secteur de la ville où l'on construisit peu après des bâtiments administratifs, comme les archives départementales, ainsi qu'un autre quartier d'habitation à loyer modéré, le quartier des Provinces. Ce quartier souffrit d'une réputation sulfureuse après guerre. Il fut surnommé « la rue des parvenus » ou encore « le quartier des profiteurs » en référence à son aspect cossu, à ses beaux arbres, à la qualité des terrains accordés aux sinistrés et à la pratique - réellement importante ou en partie fantasmée - du rachat des dommages de guerre par quelques personnes aisées à des propriétaires en difficulté. Il symbolisa donc à Blois les injustices - réelles ou ressenties - dans l'attribution des terrains et des dommages de guerre.46, 48 et 50 avenue du Général-Leclerc, 1954. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20371).46, 48 et 50 avenue du Général-Leclerc, 1954. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20371).

L'ensemble est encore très homogène bien que quelques modifications aient déjà été apportées. Très rapidement des garages ont été ajoutés au fond des parcelles des bâtiments qui n'en disposaient pas. Inversement, dans certains cas, les garages d'origine situés en rez-de-chaussée ont été transformés en pièces habitables. Les changements de fonction sont très rares puisque seules deux maisons ont été adaptées à l'usage de bureaux. En revanche, un nombre non négligeable d'immeubles a été transformé en maisons. Une partie importante des huisseries a été modifiée bien que l'on garde encore la trace ici et là des huisseries d'origine à petits bois. L'alignement des clôtures est également préservé, les battants des portes et portails ont parfois été modifiés mais la structure demeure, excepté dans un cas unique où la clôture a été supprimée. Quelques porches hors-oeuvre ont été fermés et constituent désormais des halls d'entrée fermés.

ANALYSE DU BÂTI

Implantation.

Le quartier de la Providence est un quartier d'habitation implanté le long de l'avenue du Maréchal-Leclerc et de la rue d'Alsace-Lorraine. L'avenue du Maréchal-Leclerc est une voie de 560 mètres de long et quatorze mètres de large comprise entre l'avenue Maunoury et la rue Honoré-de-Balzac, dans l'axe de la rue René-Calenge. D'orientation nord-ouest sud-est sa trajectoire est rectiligne sur sa plus grande partie et accuse un léger virage vers l'ouest dans sa partie haute. Depuis l'avenue Maunoury, elle aboutit sur la clôture du lycée Augustin-Thierry, son parc et ses grands arbres. La rue d'Alsace-Lorraine la coupe à angle droit, formant un carrefour circulaire. De part et d'autre de ces rues, les parcelles sont de largeurs très variées : 8 à 27 mètres. En revanche elles sont toutes d'une grande profondeur : 30 mètres côté pair, à l'exception de quelques parcelles plus irrégulières au croisement des deux voies, et 32 à 40 mètres côté impair.

Sur ces parcelles, le long de ces deux voies, sont bâtis 58 maisons et immeubles, à une distance de la limite de parcelle sur rue variant entre cinq et sept mètres. Leur construction est discontinue : les bâtiments prennent place au milieu de jardins ou sont mitoyens par paires (huit bâtiments mitoyens sur un côté) voire jumelés (douze bâtiments jumelés). Les maisons sont les plus nombreuses : elles sont au nombre de 48 (dont dix jumelées) tandis que les immeubles ne sont que huit (dont deux jumelés). De plus deux bâtiments ont été adaptés pour l'installation de bureaux. Il est cependant à noter, à propos de cette importance relative des maisons, que cette proportion n'est pas représentative du projet d'origine puisque depuis la construction seize bâtiments initialement conçus pour être des immeubles de deux logements ont été transformés en maisons (8, 12, 14, 24, 26, 30, 34, 35, 36, 38, 47, 49, 53, 60, 68, 72 avenue du Maréchal-Leclerc). A la construction du quartier, il y avait donc 32 maisons et 24 immeubles.

Un effet d'unité.

Les caractéristiques générales des bâtiments sont partagées par l'immense majorité d'entre eux, ce qui produit un fort effet d'unité. Tout d'abord, depuis la rue, cette homogénéité tient à l'alignement des clôtures en limites des parcelles, et à l'homogénéité de leur traitement. Presque la moitié d'entre elles (28 sur 57) sont conçues de la même manière : un mur-bahut est surmonté d'un garde-corps en béton armé, la plupart du temps de section losangée. On trouve également des murs-bahut surmontés d'une haie (13 sur 57), des murs-bahuts surmontés d'un garde-corps métallique (12 sur 57), des murs-bahut simples (4 individus sur 57). Seul un bâtiment n'a plus de clôture.

33-35-37-39 et 41 avenue du Maréchal-Leclerc, vus depuis le nord.33-35-37-39 et 41 avenue du Maréchal-Leclerc, vus depuis le nord.

La continuité visuelle se retrouve dans le gabarit des bâtiments. Les gabarits sont de deux types, à peu près également répartis. D'une part, 33 bâtiments comprennent un étage habitable au-dessus d'un rez-de-chaussée (un étage carré dans quinze cas, un étage de comble dans 18 cas). D'autre part, 25 bâtiments comprennent deux étages habitables au-dessus du rez-de-chaussée (un étage carré et un comble dans 21 cas et deux étages carrés dans quatre cas). Aucun bâtiment ne dépasse en hauteur ces deux gabarits.

L'homogénéité du bâti tient également à une relative constance dans le choix des matériaux. Dans l'immense majorité des cas (52 sur 58), les façades de ces bâtiments sont enduites en ciment. Seuls six d'entre eux se distinguent : pour moitié par l'emploi d'un appareil de pierre de taille, et pour l'autre moitié par l'emploi d'un appareil de gros moellons apparents rythmé à chaque étage par un large bandeau horizontal. Quelle que soit la solution choisie, presque tous (57 bâtiments sur 58) voient leur façade animée en soubassement par un appareil de gros moellons apparents. Enfin 51 bâtiments sur 58 sont couverts en ardoise.

Eléments de variété, effets de surprise.

L'homogénéité du parcellaire, des clôtures, de la distance à la rue du bâti et de sa hauteur est rompue par des éléments de variété, d'animation. Lorsque l'on observe la rue dans son ensemble, c'est tout d'abord la ligne des toits qui interpelle par sa variété. La grande majorité des bâtiments (40 sur 58) sont couverts par des toits à longs pans avec ou sans croupe (17 toits à longs pans, 18 toits à longs pans et à croupes, cinq toits à longs pans et demi-croupes). Mais de cet ensemble émergent seize couvertures en pavillon. Enfin un immeuble est couvert en terrasse et un autre par un toit à longs pans brisés.

Des variations sont également introduites dans le détail des aménagements : dans le dessin de l'accès à l'entrée du bâtiment, dans le choix des lucarnes ou encore dans l'ajout de détails tels que des jardinières en béton. Les lucarnes, par exemple, sont majoritairement à croupe (dans quatorze bâtiments) mais peuvent aussi être rampantes (dans cinq bâtiments), à deux pans (dans quatre bâtiments), à fronton triangulaire (dans trois bâtiments) ou encore en oculus (dans un cas). Elles coupent parfois la ligne du toit (dans sept cas). On dénombre enfin sept lucarnes-pignons.

56, 58, 60 et 62 avenue du Maréchal-Leclerc, vus depuis le sud.56, 58, 60 et 62 avenue du Maréchal-Leclerc, vus depuis le sud.

La variété peut être recherchée dans des motifs empruntés à une architecture traditionnelle dans la forme des lucarnes, une tour d'escalier demi hors-oeuvre (24-26 Leclerc), des encadrements harpés, des couvertures à fortes pentes, de hautes souches de cheminées en brique. S'ils sont réduits à quelques éléments que l'on emploie avec une grande parcimonie, ça et là, et que l'on associe à des volumes nouveaux, ils témoignent néanmoins d'un attachement à une architecture traditionnelle, à des matériaux typiques, à des formes locales, souci qui n'est pas dénué de paradoxe mais qui se manifeste dans l'ensemble de l'architecture de la reconstruction blésoise. En l'occurrence, peut-être a-t-on cherché à intégrer le déploiement de cette nouvelle voie lotie à son environnement le plus proche, à savoir la rue René-Calenge et ses demeures de la seconde moitié du XIXe siècle.

Des logements modernes.

Parallèlement à ce souci d'intégration, ces habitations témoignent comme les immeubles des îlots du centre d'une quête de modernité et de confort. Une large place est accordée à l'automobile par la largeur de la voirie (quatorze mètres) mais aussi par la multiplication des garages. Dans 36 cas sur 58, la place du garage est prévue dans le volume de la construction : soit en sous-sol accessible par une rampe d'accès (dans 22 cas), soit en rez-de-chaussée (dans douze cas). Dans le cas des immeubles plusieurs garages sont prévus en rez-de-chaussée ou en sous-sol. Aujourd'hui, dans deux cas, ces garages ont été réaménagés pour être habités. Sur 22 bâtiments pour lesquels le garage n'avait pas été prévu à l'origine et intégré au bâtiment principal, onze se sont vus ajouter un garage en rez-de-chaussée en fond de parcelle comme l'autorisait le règlement de remembrement du quartier, l'autre moitié - soit seulement onze bâtiments sur 58 - ne dispose toujours pas de garage.

Les logements sont vastes. Leurs surfaces s'échelonnent entre 53 et 200 m² et sont en moyenne de 105,7 m², pour un nombre de pièces variant entre deux et six sans compter cuisine, salle de bain, dégagements et débarras. La recherche de confort se manifeste également dans ces dernières pièces qui sont plus nombreuses et dont les fonctions sont séparées. Salle de bain et cabinet de toilette sont souvent séparés. Outre le garage, les étages de sous-sol ou de soubassement abritent buanderies et chaudières.

La conception de ces bâtiments témoigne enfin de la recherche d'un maximum de lumière. Dans 19 bâtiments, la façade sur rue est ouverte de portes-fenêtres ouvrant sur des balcons, des balconnets ou des terrasses. Les façades sur jardins n'ont pas pu être toutes observées, rendant les comparaisons impossibles. Dans cinq bâtiments, les architectes placent des baies sur les angles assurant ainsi un éclairement direct de la pièce pendant une grande partie de la journée.

Les grands types.

On peut distinguer les éléments de cet ensemble bâti selon le critère de leur implantation : une vingtaine de bâtiments sont mitoyens, 38 sont construits en milieu de parcelle.

Maisons jumelles du 53-55 avenue du Maréchal-Leclerc. Exemple de maisons jumelles ayant l'apparence d'une maison unique.Maisons jumelles du 53-55 avenue du Maréchal-Leclerc. Exemple de maisons jumelles ayant l'apparence d'une maison unique.En ce qui concerne les vingt maisons mitoyennes, la plupart (douze) sont des maisons jumelles (16-18, 20-22, 42-44, 43-45, 53-55, et 70-72 avenue du Maréchal-Leclerc). Parmi ces maisons jumelles, la plupart (huit sur douze) sont conçues selon un axe de symétrie central ce qui a pour effet de masquer la séparation entre les deux habitations et de leur conférer une apparence de maison mono-familiale de taille imposante (20-22, 42-44,43-45, et 53-55 avenue du Maréchal-Leclerc). Il existe enfin huit cas de maisons mitoyennes asymétriques (24-26, 56-58, 60-62, 64-66 avenue du Maréchal-Leclerc). Il faut noter que ces maisons mitoyennes auraient dû être plus nombreuses puisqu'on devine aujourd'hui sur le terrain que quatre maisons, aujourd'hui isolées, auraient dû faire partie d'une paire mitoyenne : la répartition entre maisons mitoyennes et maisons isolées aurait alors été quasiment équilibrée (28 à 30).

Les bâtiments isolés sur leur parcelle sont finalement numériquement plus importants (38 bâtiments). La majorité d'entre eux sont de type asymétrique : leur façade n'est pas organisée selon des travées, la couverture est composée de différents volumes, leurs ouvertures sont nombreuses et d'orientations multiples. Ils peuvent comprendre par exemple d'importantes lucarnes, un oriel, une galerie en rez-de-chaussée. Tous ces éléments contribuent à leur conférer un caractère pittoresque qui évoque l'architecture de villégiature (28, 35, 37, 39, 41, 46, 47, 48-50, 51, 59 , 63 et 67 avenue du Maréchal-Leclerc). Parmi eux, trois maisons se distinguent par leur appareil de moellon apparent (37, 39 et 48-50 avenue du Maréchal-Leclerc). On peut ajouter à ces maisons de type asymétrique celles qui le sont de fait, un projet de bâtiments mitoyens n'ayant manifestement pas abouti comme le 38 ou le 59 avenue du Maréchal-Leclerc. Ces bâtiments isolés peuvent adopter une composition beaucoup plus régulière (8, 10, 12, 14, 30, 32, 36, 37, 52, 53 et 68 avenue du Maréchal-Leclerc et 17 rue d'Alsace et de Lorraine). Un type géométrique se distingue et concerne 11 individus : il s'agit des bâtiments à deux travées couverts en pavillon, bâtiment qui contribuent fortement à la cohérence du bâti et à la silhouette des toits (8, 10, 12, 14 , 36, 37, 52, 53 et 68 avenue du Maréchal-Leclerc et 17 rue d'Alsace-et-de-Lorraine).

Maison du 67 avenue du Maréchal-Leclerc, façade nord.Maison du 67 avenue du Maréchal-Leclerc, façade nord.

Bilan : Un ensemble paysager de logements individuels et de petits collectifs.

Les choix de composition et de servitudes architecturales produisent avenue du Maréchal-Leclerc et rue d'Alsace-et-de-Lorraine un ensemble architectural et paysager cohérent. Les limites de l'ensemble sont soulignées : le dessin des clôtures des parcelles marquent visuellement les entrées dans le lotissement. Au sud, l'alignement des murs-bahuts des clôtures est initié par un angle arrondi. Au nord les parcelles aux angles de l'avenue du Maréchal-Leclerc et de la rue Honoré-de-Balzac sont en pans coupés. Les croisements des voies font également l'objet d'un traitement spécial. Les quatre parcelles des angles de la rue d'Alsace-et-de-Lorraine et de l'avenue du Maréchal-Leclerc sont arrondies et l'implantation des maisons des 30 et 32 avenue du Maréchal-Leclerc, construites en biais par rapport aux autres, suivent sa courbure.

L'alignement des bâtiments le long d'une voie rectiligne sur la plus grande partie de son tracé ainsi que la relative homogénéité de leur gabarit composent un ensemble régulier qu'anime la silhouette des toits et des lucarnes variées, ainsi que quelques grands arbres conservés des parcs antérieurs à la création du quartier. La courbure qu'opère la voie sur la dernière partie de son tracé à partir du sud vient également adoucir cette régularité et créer un effet paysager augmenté par la perspective du parc très arboré du lycée.

L'ensemble de ces dispositions ainsi que les quelques cas de maisons jumelées symétriques, l'importance et la forte pente des couvertures confèrent à l'ensemble un caractère monumental exceptionnel pour un quartier composés essentiellement de maisons.

Appellations Quartier de la Providence, îlot Y, Quartier de la Ferme Départementale
Parties constituantes non étudiées maison, immeuble, voirie
Dénominations quartier
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : avenue du Maréchal-Leclerc , rue d' Alsace-Lorraine
Cadastre : 2011 CT 6 à 43, 174 à 179, 181 à 186, 188, 249 à 253, 259, 409

Le plan de reconstruction et d'aménagement de la ville de Blois projetant la construction d'un centre ville beaucoup moins dense qu'avant-guerre, on envisagea de compenser cette perte en lotissant les réserves foncières disponibles à proximité du centre. Ainsi, dès 1941, les terrains du complexe psychiatrique, situé entre l'avenue de Châteaudun et le boulevard Maunoury, furent proposés par Charles Nicod comme quartier de compensation. Pour desservir ce nouveau quartier, Charles Nicod soumit l'idée du percement d'une longue voie reliant les grands axes de circulation du nord de la ville : les routes de Vendôme, Paris et Châteaudun. Il reprenait ainsi un projet imaginé 80 ans auparavant sous la municipalité d'Eugène Riffault, et resté inabouti. Le tracé de cette longue voie, qui devait devenir l'avenue du Maréchal-Leclerc, fut modifié à plusieurs reprises en 1942 et 1943. Les terrains nécessaires furent ensuite expropriés en 1946 et 1947. Quant à la construction des maisons et des immeubles projetés, elle s'étala entre 1948 et la seconde moitié des années cinquante. Ce quartier a inauguré dans la seconde moitié du siècle, l'urbanisation et la densification de cette partie de la ville haute, précédant de peu la construction de nombreux logements sociaux et de bâtiments administratifs et d'enseignement. L'ensemble est encore très homogène, n'ayant souffert que quelques modifications ponctuelles.

Période(s) Principale : milieu 20e siècle
Dates 1948, daté par source
Auteur(s) Auteur : Cantais Paul, architecte) : Robert-Houdin Paul, attribution par source
Auteur : Lafargue Henri, architecte, attribution par source
Auteur : Amiot cabinet, architecte, attribution par source

Le quartier de la Providence est un quartier d'habitation, implanté en ordre discontinu le long de l'avenue du Maréchal-Leclerc et de la rue d'Alsace-et-de-Lorraine. Il est composé de 58 maisons et immeubles. L'alignement de ces bâtiments le long d'une voie rectiligne sur la plus grande partie de son tracé ainsi que la relative homogénéité de leur gabarit organisent un ensemble régulier. Cette régularité est animée par quelques éléments de variété : dans la ligne des toits, la forme des lucarnes, la disposition des entrées... Ces éléments de surprise sont notamment empruntés à un répertoire traditionnel : tour d'escalier, encadrement harpé des baies. Ils contribuent d'ailleurs à l'intégration de ce quartier nouveau au voisinage des maisons pittoresques de la fin du XIXe construites boulevard Maunoury et rue René-Calenge. La courbure qu'opère la voie sur la dernière partie de son tracé à partir du sud vient également adoucir cette régularité et créer un effet paysager, augmenté par les quelques grands arbres conservés des parcs antérieurs à la création du quartier, et la perspective du parc arboré du lycée. L'ensemble de ces dispositions ainsi que les quelques cas de maisons jumelées aux allures de maisons uniques, l'importance et la forte pente des couvertures confèrent à l'ensemble un caractère monumental exceptionnel. Parallèlement à cette grande qualité formelle, ces habitations témoignent comme les immeubles des îlots du centre d'une recherche de modernité et de confort : par la large place accordée à l'automobile, par la taille et la distribution des logements et par l'éclairement dont ils bénéficient.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 70. A. J. Le plan de reconstruction et d'aménagement de Blois. L'ouverture d'une grande voie nouvelle donnant accès aux quartiers de compensation. La dépêche du Centre, 16-08-1943.

  • AD Loir-et-Cher. Série T : 1279 T. Voirie et réseaux divers, travaux de reconstruction de Blois, 1947-1960.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 47. Blois, Reconstruction, Association syndicale de remembrement, constitution et fonctionnement. 1941-47.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1851 W 2. Blois. Propriétés bâties, estimation et description par les services fiscaux. Rue des Acacias, levée des Acacias, sentier des Acacias, rue d'Alsace-et-de-Lorraine, quai Amédée-Contant, rue Anatole-France, rue d'Anjou, rue Alain-Gerbault. 1896-1975.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1851 W 34. Blois. Propriétés bâties, estimation et description par les services fiscaux. Impasse de la Garenne, rue de la Garenne, chemin des Gaudinières, avenue du Maréchal-Leclerc. 1896-1975.

  • AD Loir-et-Cher. Série RV : RV 3189. Reconstruction, aménagement de la ville de Blois. 1946-50.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/13. Reconstruction de Blois. Affaires diverses. 1949-55.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/53. Reconstruction de Blois. Adjudications. 1948-51.

Documents figurés
  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20370). (cf. illustration n° IVR24_20104100104NUC1).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20367). (cf. illustration n° IVR24_20104100103NUC1).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20366). (cf. illustration n° IVR24_20104100102NUC1).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20365). (cf. illustration n° IVR24_20104100101NUC1).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20368). (cf. illustration n° IVR24_20104100100NUC1).

  • plan de reconstruction et d'aménagement, sur papier, détail, 1942. Par Nicod, Charles (architecte). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100577NUC2A).

  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20371). (cf. illustration n° IVR24_20104100105NUC1).

Bibliographie
  • RIFFAULT, Eugène. La municipalité de Blois, 1850-1870. Blois, 1878.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie