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Quartier de la Rotonde

Dossier IA37004654 inclus dans Secteur urbain concerté du Sanitas réalisé en 2011

Fiche

  • Plan de situation.
    Plan de situation.
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  • Parties constituantes

    • école
    • marché
    • immeuble à logements
    • magasin de commerce

Á rapprocher de

Appellations la Rotonde
Parties constituantes non étudiées école, marché, immeuble à logements, magasin de commerce
Dénominations quartier
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction - Tours-Est ; Tours-Sud
Adresse Commune : Tours
Lieu-dit : Quartier du Sanitas
Adresse : avenue Général-de-Gaulle , rue Georges-Guynemer , rue Jean-Baptiste-Martin , rue Jean-Mermoz , rue Jules-Mourgault , mail du Petit-Prince
Cadastre : 2010 CT 3 ; 2010 CT 344

Le quartier de la Rotonde, devant son nom à la présence de hangars et d'ateliers de la SNCF, fut progressivement libéré au cours de la décennie 1950 par le déménagement des activités de maintenance du matériel roulant sur la commune voisine de Saint-Pierre-des-Corps. Les études pour l'urbanisation des emprises ferroviaires purent ainsi débuter à l'été 1959. Un premier projet, conçu par les architectes tourangeaux Léon Amalric, Pierre Lacape et Jacques Lemaure, fut rapidement écarté, le ministère de la Construction préférant confier à Jacques Henri-Labourdette, architecte-urbaniste du Sanitas, et à l'architecte-conseil Marcel Favraud la conception du plan-masse. L'opération de logements HLM alors envisagée à la Rotonde devait former le flanc ouest de la nouvelle place de la gare, celle-ci devant être déplacée au niveau de la rue Mattéotti. Lacape et Lemaure conçurent les plans des trois immeubles projetés, totalisant 400 logements. Cette opération devant démontrer le volontarisme et la rapidité de la nouvelle municipalité de Jean Royer, le chantier de la Rotonde débuta en janvier 1960, pour s'achever à l'automne 1961. Les immeubles d'habitation marquèrent la première apparition de balcons au sein du nouveau quartier que cet ensemble constituait avec le secteur urbain concerté du Sanitas. Le programme d'habitation fut complété entre 1962 et 1965 par une école maternelle, un restaurant pour personnes âgées (aujourd'hui transformé en salle de réunion) et la transformation de l'ancienne halle des machines en complexe sportif et commercial. Espaces publics et immeubles de logements n'ont guère connu d'évolution depuis, à l'exception du remplacement des menuiseries d'origine par des ensembles en PVC en 2011.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1961, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lacape Pierre, architecte, attribution par source
Auteur : Lemaure Jacques, architecte, attribution par source
Personnalité : Ville de Tours, OPMHLM, commanditaire, attribution par source
Auteur : Henri-Labourdette Jacques, architecte, attribution par source
Auteur : Favraud Marcel, architecte, attribution par source

Inscrit dans un terrain triangulaire d'une surface approximative de cinq hectares, le quartier de la Rotonde réunit 400 logements, répartis dans trois immeubles d'habitation. Situé au point de croisement des différentes voies de l'étoile ferroviaire de Tours, il est bordé sur son flanc est par le raccordement de la gare de Tours à celle de Saint-Pierre-des-Corps, et sur son flanc ouest par le raccordement de la gare de Tours à la ligne vers Bordeaux. Le flanc sud de l'opération, enfin, est délimité par la rue Jules-Guesde, bordée de maisons ouvrières, en grande majorité à deux niveaux. Les trois immeubles d'habitation reprennent une typologie très proche de celle des réalisations de Jacques Henri-Labourdette pour les deux premières tranches du secteur industrialisé du Sanitas. Leur gabarit de cinq niveaux, soit R+4 (quatre étages au-dessus du rez-de-chaussée), et le principal matériau de gros-œuvre, la pierre de taille, sont en particulier identiques. La Rotonde se distingue toutefois par la présence de balcons ainsi que de lisses, destinées à dissimuler la présence des cheminées sur les toits-terrasses. L'implantation des bâtiments diffère elle plus radicalement, l'exigüité de la parcelle exigeant la mise bout à bout de tronçons rectilignes, créant des plans au sol plus sinueux que sur les terrains du secteur industrialisé. Le quartier de la Rotonde comprend en outre un programme d'équipements : une salle de réunion, une école maternelle et une ancienne halle ferroviaire accueillant un petit centre commercial et un complexe sportif. Les espaces verts sont enfin particulièrement réduits, la voirie et les stationnements formant la majorité des espaces publics.

Murs pierre de taille
béton armé
Toit béton en couverture
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 4 étages carrés
Couvertures terrasse
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal

Annexes

  • Implantation des bâtiments

    L'opération de la Rotonde est constituée de trois immeubles d'habitation en R+4, organisés de part et d'autre de l'avenue du Général-de-Gaulle. Au sud de l'avenue, le bâtiment n°1 (126 logements), suit un plan en S, bordant le côté nord de l'école maternelle Pauline-Kergomard. Entre l'avenue et le bâtiment n°1 se trouve le bâtiment n°2 (94 logements), qui suit un plan en L. Enfin, le bâtiment n°3 prend place au nord de l'avenue du Général-de-Gaulle, entre les voies ferrées vers Bordeaux et Paris. Avec ses 180 logements, c'est l'un des plus importants immeubles d'habitation de la ville de Tours, et le plus grand du quartier du Sanitas. Son plan en double L, disposés tête-bêche, est la conséquence de la forme triangulaire du terrain dans lequel il est implanté. L'ensemble de la composition reprend la trame orthogonale employée au Sanitas par Jacques Henri-Labourdette.

    Ces trois immeubles s'inscrivent dans un site particulièrement contraint, les voies SNCF venant délimiter l'espace aménagé au nord, à l'est et à l'ouest. Si le profil en long des voies ferrées rejoint le niveau du terrain naturel à la pointe nord de la Rotonde, il va en s'élevant à mesure qu'elles progressent vers le sud. Le talus de la ligne de Bordeaux atteint ainsi quatre mètres de hauteur au droit du bâtiment n°1. Comme au Sanitas, la distance entre les voies et les immeubles est parfois particulièrement réduite : certaines fenêtres du bâtiment n°3 ne sont distantes des rails que de neuf mètres.

    La zone d'habitation est par conséquent enserrée entre deux barrières physiques et visuelles créant un sentiment d'enclavement, la sortie du quartier ne pouvant a fortiori se faire qu'en passant sous des ouvrages d'art. Un ponceau de deux mètres de hauteur permet en outre aux piétons et aux cycles d'accéder au quartier Velpeau sans le détour du rond-point de la Rotonde. Ce passage étroit et peu éclairé date de l'époque des installations ferroviaires, où il n'était employé que par les ouvriers des ateliers. Son maintien en l'état en fait aujourd'hui un objet en contradiction avec la demande d'usage de la part des habitants.

    L'impératif quantitatif fixé lors de l'établissement du programme de l'opération - 400 logements - a conduit les architectes à établir un plan particulièrement dense, limitant au maximum la présence d'espaces résiduels qui ne seraient utilisés ni à des fins d'habitation, ni à des fins de circulation.

    Voirie et espaces publics

    La place de la voirie est, d'une manière générale, particulièrement importante à la Rotonde. L'avenue du Général-de-Gaulle - seule voie structurante - traverse le secteur, rejoignant à l'ouest le Sanitas et la place de la Liberté, et à l'est le rond-point de la Rotonde, où le croisement avec la rue Édouard-Vaillant permet un accès aux quartiers Velpeau et Beaujardin. Eut égard à l'importance du trafic prévu - l'avenue devant aboutir à la nouvelle gare - sa chaussée principale a une largeur de 12 mètres. Aujourd'hui surdimensionnée par rapport à son usage effectif, elle n'est utilisée que par deux voies bordées de bandes cyclables, une large ligne infranchissable séparant les deux sens de circulation. Des stationnements en épi bordent la chaussée principale, une contre-allée, le long des immeubles, permettant aux véhicules d'en sortir sans gêner la circulation. Ce dispositif non prévu dans les plans d'origine, bien que garantissant la fluidité, est fortement consommateur d'espace. La place du piéton est réduite aux trottoirs passant au pied des bâtiments.

    Deux rues (Jean-Mermoz, à l'ouest, et Jules-Guesde, au sud) permettent de rejoindre un autre passage inférieur sous la ligne de Bordeaux, gagnant ensuite le secteur de l'opération Pasteur. La rue Jules-Guesde offre, sur son flanc sud, un aspect typique des franges des anciennes emprises ferroviaires, avec ses alignements de maisons ouvrières du début du 20e siècle. La rupture entre ce paysage urbain de façades à l'alignement et de parcellaire en lanières, et celui d'un grand ensemble sur plan libre et en R+4, est particulièrement sensible au croisement de la rue Georges-Guynemer. La présence de l'ancienne halle des machines ajoute au caractère inattendu de la confrontation, l'angle nord-ouest du bâtiment n°1 venant buter sur la façade aveugle de cet ultime reliquat de l'ancienne activité du secteur. Quelques logements d'urgence destinés aux rapatriés d'Afrique du Nord sont en outre toujours présents rue Jules-Guesde, faisant par endroit cohabiter deux échelles très dissemblables de l'architecture de l'époque. Il est à noter que l'école Pauline-Kergomard utilise elle-même des éléments préfabriqués (système SOCOR) ayant servi à la construction des logements d'urgence.

    Dernier élément faisant partie de la voirie secondaire, le Mail du Petit-Prince, d'orientation nord-sud, sépare la zone d'habitation de la halle des machines. Son emprise (chaussée de 7,50 mètres, doublée de part et d'autre d'une allée plantée de 6 mètres), particulièrement importante pour une voie d'accès à des stationnements, trahit son usage initialement prévu. Le Mail du Petit-Prince devait en effet former le flanc ouest de la place de la nouvelle gare, au débouché de la rue Édouard-Vaillant redressée. L'alignement arboré monumentalise efficacement cette voie peu utilisée. A son extrémité sud, un remarquable cèdre occupe l'espace résiduel entre la zone planifiée (La Rotonde elle-même) et la zone héritée (la halle des machines).

    La grande exiguïté du terrain conduit à la disparition des voies de desserte qui caractérisaient les deux premières tranches du Sanitas : les stationnements, en grande majorité en épi, viennent jusqu'au pied de la plupart des façades. Seules deux allées goudronnées viennent séparer les bâtiments 2 et 3 des jardins respectifs qu'ils enclosent ; leur faible largeur interdit toutefois l'accès aux véhicules motorisés. Ces allées ne desservent a fortiori aucun hall d'entrée, ne longeant que des façades arrières qui ne comportent que les rampes d'accès aux caves.

    Architecture des immeubles d'habitation

    Architecturalement, la Rotonde reprend les principes développés au Sanitas par Jacques Henri-Labourdette. Les volumes restent bas (R+4), bien que légèrement rehaussés par la présence de soupiraux fournissant un éclairage direct aux caves. Chaque niveau est réalisé en pierre de taille porteuse de trente centimètres d'épaisseur sur les façades, avec ossature dalle-murs porteurs en béton armé. Les nez-de-dalles, en béton peint en blanc, accusent l'horizontalité des bâtiments mais ne sont pas, contrairement au Sanitas, rythmées par des bandeaux verticaux.

    Les halls d'entrée sont indifféremment situés sur des façades abritant des pièces de jour ou de nuit, la seule constante étant la présence d'un accès carrossable. Ainsi, le bâtiment n°2 a ses entrées sur son flanc nord, donnant sur l'avenue du Général-de-Gaulle, tandis que ceux du bâtiment n°3, en vis-à-vis, sont sur son flanc sud. Des auvents métalliques, peints en vert ou en bleu, ont été adjoints dans les années 1990.

    Le dessin des façades est répété à l'identique sur chacun des quatre niveaux d'étages. Les façades des pièces de nuit, c'est-à-dire les chambres, sont formées de seulement deux éléments : une porte-fenêtre double à garde-corps ajouré, divisée par un bandeau correspondant au mur de refend, et une fenêtre simple à l'allège cimentée. Sur les façades orientées au nord des bâtiments n°1 et n°2, les fenêtres simples sont groupées deux à deux, car surmontant des cages d'escaliers juxtaposées. Ces dernières sont séparées par quatre porte-fenêtres jumelées (deux par appartement). Sur les autres façades de nuit des bâtiments n°1 et n°2, et sur l'ensemble de celles du n°3, les fenêtres simples et les cages d'escaliers sont uniques, et ne sont séparées que par deux porte-fenêtres jumelées, les appartements étant de plus petites dimensions.

    La Rotonde inaugure pour les façades de jour (les cuisines et salons, orientées principalement au sud) l'emploi des balcons filants, ceux-ci étant ensuite généralisés à partir de la troisième tranche du Sanitas. Le balcon s'étend sur quatre porte-fenêtres successives ; seules ses extrémités sont ajourées par des garde-corps en fer forgé. Il est également employé pour la plupart des pignons. Les balcons filants ne pouvant être employés en rez-de-chaussée, ils sont remplacés par un groupe symétrique de portes-fenêtres à garde-corps ajouré et de fenêtres à allèges cimentées. Des porte-fenêtres uniques pourvues de balcons sont également utilisées à certaines extrémités des façades. Les angles formés par les L sont enfin occupés par des plots en léger retrait par rapport au reste des bâtiments. Il en reprennent la modénature, les balcons filants étant toutefois diminués de moitié.

    Quelque peu rigide dans son ensemble, l'architecture est en outre moyenne dans son détail. Les ferronneries des gardes-corps sont grossièrement fixées aux murs porteurs, dont les joints entre les pierres de taille sont de largeur particulièrement inégale. La Rotonde est toutefois le premier secteur du Sanitas à offrir des lisses au dessus des corniches, destinées à dissimuler la vue des shunts depuis le sol.

  • La Rotonde avant 1959

    Située au sud-est du périmètre des emprises ferroviaires de la gare de Tours, la Rotonde ne constitue à la Libération qu'un secteur d'importance secondaire dans les plans de reconstruction de Jean Dorian, du fait de sa position excentrée. Formant un triangle, le site est délimité par les voies ferrées en direction de Paris, à l'est, de Bordeaux, à l'ouest, et par la rue Jules-Guesde, au sud. Il est alors occupé par des faisceaux de voies aboutissant à une rotonde (pont tournant permettant le retournement de locomotives garées en étoile) et à une vaste halle quadrangulaire servant à l'entretien des machines. Faisant face à ce paysage industriel, l'autre flanc de la rue Jules-Guesde est formé de modestes maisons ouvrières, enserrées entre la halle des machines et la ligne directe entre Saint-Pierre-des-Corps et Saumur, au sud.

    Jean Dorian prévoit dans son Plan d'Aménagement et de Reconstruction (PAR) de 1946, à l'instar des autres franges des emprises ferroviaires, l'arasement complet du secteur et son lotissement par des îlots réalisant la jonction entre la nouvelle gare de Tours, immédiatement à l'ouest, et le quartier Velpeau, à l'est. Toute marque de l'ancien tissu viaire devait être supprimée ; la rue Édouard-Vaillant, suivant le tracé en courbe du raccordement ferré de Tours à Saint-Pierre-des-Corps, étant elle-même redressée. Les rues Jules-Guesde et Mattéotti étaient même supprimées, permettant, outre la construction de logements, l'élargissement de l'assiette ferroviaire à l'approche de la nouvelle gare.

    La non application du premier PAR conçu en 1946 conduisit Jean Dorian à entreprendre l'étude d'un nouveau plan, moins ambitieux, son travail se réduisant à déterminer le tracé des principales voies à créer sur les emprises ferroviaires, en accord avec le nouvel architecte en chef de la zone, Jacques Henri-Labourdette. Le secteur de la Rotonde ne fut que peu concerné par ce nouveau PAR, seule étant prévue sa traversée par une voie nouvelle reliant la place de la Liberté à la rue Édouard-Vaillant.

    L'aménagement de la zone reste en réalité suspendu à la problématique du déplacement de la gare de Tours. Le Plan Dorian de 1946 prévoyait de la localiser à l'extrémité sud d'une nouvelle avenue partant de la préfecture. La suppression de l'avenue au plan de 1955 impliquait de trouver un autre emplacement, au croisement d'une grande voie routière. Il fut donc décidé de réaliser le nouveau bâtiment voyageurs au niveau de la rue Mattéotti, à proximité immédiate de la rue Édouard-Vaillant, cette dernière aboutissant elle-même à la préfecture. Aucun urbaniste ne fut toutefois nommé pour l'étude des abords de la gare, l'incertitude persistant autour des conditions financières de son déplacement, et Jacques Henri-Labourdette n'étant chargé que du plan-masse de l'opération de logements collectifs.

    Lancement de l'opération par Jean Royer à l'automne 1959

    L'élection de Jean Royer à la tête de la mairie de Tours, le 15 mars 1959, changea rapidement la donne. Soucieux d'imprimer un changement radical face à l'administration Tribut, Royer procède, au printemps 1959, à l'inventaire de l'ensemble des terrains pouvant faire immédiatement l'objet de constructions, y compris en l'absence de déplacement de la gare. Le déplacement des installations ferroviaires, engagé depuis le début de la décennie, rend disponibles 52 000 m² dans le triangle déterminé par les lignes de Paris et de Bordeaux, et par la rue Jules-Guesde. Le secteur, encadré par deux voies ferrées, est toutefois malaisé et difficile d'accès.

    L'architecte en chef de la ville, Léon Amalric, conçut au début du mois de septembre 1959 un premier plan-masse pour 410 logements, répartis dans des bâtiments de 30, 40 et 50 logements. Les plans de ces derniers sont dressés par les architectes Pierre Lacape et Jacques Lemaure, en reprenant ceux qu'ils ont réalisés pour l'opération Maurice-Beaufils, à Saint-Pierre-des-Corps. La formule employée est originale : Royer, soucieux d'une réalisation extrêmement rapide, a en effet demandé la reconduction de ce modèle, permettant, outre des études très accélérées, une garantie sur les prix de construction. L'objectif de la municipalité est de débuter le chantier le 1er octobre 1959, pour une livraison des appartements à leur locataires au 15 mars 1960.

    Le projet est présenté au ministère de la Construction le 26 septembre 1959. Si le principe de la reconduction de marché est accepté, le ministère oppose son véto au plan-masse proposé, jugeant qu'il est indispensable de faire une architecture d'ensemble dans toute cette partie nouvelle de Tours. Il ne s'agit pas de faire la même architecture sur le plan de la construction, mais d'avoir le même esprit, c'est-à-dire la nécessité d'accorder les volumes, les matériaux et les niveaux. L'ensemble doit être vu par le même chef de file.

    Supervision du plan-masse par Labourdette en octobre 1959

    Jacques Henri-Labourdette, assisté de l'architecte-conseil Marcel Favraud, fut chargé de réaliser très rapidement un nouveau plan d'ensemble incluant cette fois les abords de la future gare. Il y prévoyait une grande place, encadrée par des bâtiments en R+10, et débordant sur le quartier Velpeau, jusqu'ici non concerné par les projets. Le plan pour le secteur de la Rotonde en lui-même prévoyait quatre immeubles dont des tranches, arrêtées aux joints de dilatation, pouvaient être lancées en l'absence du déplacement de la gare, un seul d'entre eux pouvant d'emblée être construit dans sa forme définitive.

    Le plan-masse incluait en outre une tour de 20 à 25 étages faisant office de signal pour la nouvelle place de la gare. Le rôle de miroir vis-vis de la tour U, marquant elle l'entrée du Sanitas depuis la place de la Liberté, à l'autre extrémité de l'avenue du Général-de-Gaulle, est évident. En plus de la tour, 300 logements pouvaient être immédiatement lancés dans les immeubles en R+4. 50 logements supplémentaires pouvaient en outre voir le jour en démolissant une travée de la halle des machines. Ce sont au total 945 logements qui furent à terme prévus pour l'opération.

    La nouvelle disposition des bâtiments dans le plan conçu par Jacques Henri-Labourdette annonçait les évolutions à venir au Sanitas à partir de la troisième tranche : des ensembles plus bas, des perspectives moins grandes, une voirie accédant au plus près des immeubles, l'implantation sinueuse de ces derniers - conditionné par la forme du terrain - créant des dédales.

    Le plan-masse est présenté au ministère le 16 octobre 1959, et immédiatement accepté. Une variante présentée par Lacape et Lemaure, et employant des bâtiments en R+7 et R+9, fut elle refusée. Les deux architectes tourangeaux sont cependant toujours chargés de l'étude des immeubles de logements, en suivant le plan d'implantation fourni par Labourdette.

    Des études et un chantier difficile

    La mise au point des plans de détail fut particulièrement difficile. Lacape et Lemaure, tout d'abord, peinèrent à inscrire, à l'intérieur des limites des voies ferrées, les 400 logements voulus par Jean Royer dans les bâtiments en R+4. Jacques Henri-Labourdette conçut un nouveau plan-masse au mois de décembre 1959, fusionnant les deux bâtiments prévus au nord de l'avenue du Général-de-Gaulle. Le problème de l'implantation ne fut pas réglé pour autant, les architectes ayant calculé les dimensions des logements au plus juste, parfois en contradiction avec les normes techniques et constructives en vigueur.

    Il semble, d'une manière générale, que Lacape et Lemaure, peu habitués à des grandes opérations, ne parvinrent pas à adapter à cette échelle des plans prévus pour un tout autre usage (l'opération Maurice-Beaufils ne comptait que 30 logements). La puissance de travail de leur agence était en outre vraisemblablement insuffisante pour tenir les délais d'étude demandés. Pis, les relations avec l'architecte-conseil Marcel Favraud furent houleuses, celui-ci jugeant trop médiocres les études de façades présentées. Les nombreuses rectifications réclamées, tant par l'Office que par le ministère, repoussèrent le dépôt du permis de construire au mois de mars 1960. La construction, qui avait à titre dérogatoire déjà débuté, s'acheva à l'automne 1961, l'emménagement des locataires se faisant entre les mois de septembre et novembre 1961. L'avant-projet de tour en R+25, déposé par Lacape et Lemaure au printemps 1960, périclita pour des raisons financières.

    Le report sine die du déplacement de la gare de Tours, dès la fin 1959, gela le développement des tranches ultérieures de la Rotonde. La ville décida alors d'aménager la halle des machines, à l'emplacement de la future place de la gare, en un complexe mêlant commerces et équipements sportifs. Étudié par Lacape et Lemaure, le projet fut réalisé au début des années 1960. La même décennie vit la construction de l'école maternelle Pauline-Kergomard, en bordure de la rue Jules-Guesde, et de la salle de réunion de la Rotonde, sise entre les bâtiments 1 et 2. L'enclavement du quartier fut enfin atténué par la construction du passage inférieur de l'avenue du Général-de-Gaulle sous la ligne de Bordeaux, permettant une liaison directe avec le quartier du Sanitas.

    Le quartier de la Rotonde ne connut dès lors, au contraire du Sanitas, guère d'évolution marquante. Seule l'école maternelle fut en 2001 rénovée et agrandie par l'adjonction d'un corps de bâtiment empiétant sur le jardin situé au sud du groupe scolaire. L'architecte de la ville de Tours Edwige Prewysz-Kwinto assura l'exécution des plans.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 161. La Rotonde : avant-projet, plans, correspondances.

  • Archives communales de Tours. Série W : 1257 W 10. La Rotonde : avant-projet par Lacape et Lemaure, acquisition des terrains.

  • Archives communales de Tours. Série W : 1257 W 11. La Rotonde : projet définitif par Lacape et Lemaure.

Documents figurés
  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 10). (cf. illustration n° IVR24_20113701060NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 11). (cf. illustration n° IVR24_20113701070NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 11). (cf. illustration n° IVR24_20113701069NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 11). (cf. illustration n° IVR24_20113701064NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 11). (cf. illustration n° IVR24_20113701065NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 10). (cf. illustration n° IVR24_20113701062NUC2A).

  • photog. n. et b. Par Arsicaud Robert (photographe). (Archives départementales d'Indre-et-Loire, section contemporaine, Chambray-lès-Tours, Série Fi, cote 5Fi-P35, 20088-1). (cf. illustration n° IVR24_20103701533NUC1A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 11). (cf. illustration n° IVR24_20113701068NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 11). (cf. illustration n° IVR24_20113701066NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 11). (cf. illustration n° IVR24_20113701067NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine). (cf. illustration n° IVR24_20113701107NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine). (cf. illustration n° IVR24_20113701106NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine). (cf. illustration n° IVR24_20113701121NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 10). (cf. illustration n° IVR24_20113701061NUC2A).

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