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Quartier Rétif ou quartier de l'ancienne prison, dit îlot B

Dossier IA41000726 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

Une vaste réserve foncière.

La construction d'une nouvelle prison à partir de 1938 au nord-est de la ville avait, dès l'entre-deux-guerres, lancé le débat relatif à l'utilisation des terrains de l'ancienne prison. Après les destructions de 1940, ce vaste espace situé au sud-ouest immédiat du palais de justice, fut donc intégré au plan de reconstruction et d'aménagement en tant que terrain de compensation. L'administration appela "îlot B" la vaste réserve foncière constituée du terrain de l'ancienne prison et de celui d'une propriété privée, la propriété Rétif, dont l'expropriation fut prévue d'emblée. Cet espace comprenait des vestiges des anciennes fortifications de la ville : tours, murs et fossés dont la commission des sites et monuments de Loir-et-Cher demanda le classement en octobre 1941. Ses qualités - vaste, central, arboré - justifient les discussions et les tâtonnements que suscitèrent les questions de son affectation et de sa desserte.

Vue de la rue Trouessard avant la démolition du mur des remparts et de la tour et la construction de l'école maternelle, autour de 1950. (Archives Départementales de Loir-et-Cher, Blois, Fonds Lunais-Bruère, 105 Fi 1373).Vue de la rue Trouessard avant la démolition du mur des remparts et de la tour et la construction de l'école maternelle, autour de 1950. (Archives Départementales de Loir-et-Cher, Blois, Fonds Lunais-Bruère, 105 Fi 1373).

Poursuivre les aménagements du XIXe siècle.

La direction qui fut prise tout d'abord s'inscrivait dans la lignée des travaux de la municipalité d'Eugène Riffault dans la seconde moitié du XIXe siècle. L'érudit blésois Hubert-Fillay l'avait appelée de ses vœux dans un article publié dans la Dépêche dès l'été 1940, puis dans Le Jardin de la France. L'architecte Charles Nicod proposa donc dès le printemps 1941 de prolonger la grande perspective de la rue Denis-Papin, au-delà de l'escalier monumental, comme cela avait été voté par le Conseil Municipal en 1855, à ceci près qu'il la faisait aboutir rue d'Angleterre et non rue du Bourg-Neuf. Elle s'accompagnait du percement de deux voies la croisant : l'une dans l'axe de la rue Gallois l'autre dans celui de la rue Guerry. Sa première idée fut que ces terrains soient affectés à l'implantation d'un nouvel hôtel des postes. Il suggérait en outre que des logements soient construits sur le terrain Rétif, considérant que les beaux arbres de cette propriété pourraient agrémenter une zone d'habitations de luxe.

Proposition d'aménagement des terrains de l'ancienne prison par Hubert-Fillay, début 1942. (Archives Communales de Blois, Blois).Proposition d'aménagement des terrains de l'ancienne prison par Hubert-Fillay, début 1942. (Archives Communales de Blois, Blois).

Un îlot intégré au projet de concentration des services administratifs en ville haute.

Le plan finalement proposé en 1942 intégrait une autre répartition des équipements dans la ville. La municipalité tenait en effet à ce que la poste soit implantée à la place de l'ancien collège jésuite, choix qui avait été validé avant-guerre au terme de longues négociations entre la Ville, l'administration des PTT et celle des monuments historiques. L'architecte reprit donc à son compte la proposition d'Hubert-Fillay : dans une logique de concentration des activités, il proposa, comme l'érudit blésois, d'y construire un centre administratif, la construction de logements restant au programme.

Afin de préciser cette intention, Louis Arretche fut chargé en 1942 d'une étude spéciale d'architecture pour l'installation d'un quartier administratif dans l'îlot B. Étudiant parallèlement l'aménagement du terrain du Carmel, et notamment le percement d'une voie reliant la place de la République au nouvel hôtel de ville, l'architecte bénéficiait d'une vision globale de l'organisation nouvelle de la ville haute, avec la concentration des services administratifs et les circulations à imaginer entre eux. Son projet, présenté en mai 1943, prévoyait l'installation sur l'ancienne propriété Rétif, à l'arrière du palais de Justice, de la direction des Contributions et de l'hôtel des Ponts et Chaussées dans quatre bâtiments disposés autour d'un jardin. Les immeubles de logement devaient finalement être construits le long de la rue Guerry prolongée. Les anciens remparts de la ville, murs et tours, ainsi que la salle et les escaliers des Cordeliers, étaient préservés et il s'appliqua à souligner leurs qualités pittoresques dans des croquis. Cependant, lors de l'adoption de ce plan en mai 1942, le Conseil municipal formula le vœu que les vestiges du couvent des Cordeliers, qu'il considérait comme dénué d'un quelconque intérêt archéologique, soient détruits.

Etudes des voies en bordure du terrain Rétif et des remparts, par Louis Arretche, 1943. (Fds L. Arretche. SIAF/Cité de l'architecture et du patrimoine/archives d'architecture du XXe s., 112 IFA : 200/2).Etudes des voies en bordure du terrain Rétif et des remparts, par Louis Arretche, 1943. (Fds L. Arretche. SIAF/Cité de l'architecture et du patrimoine/archives d'architecture du XXe s., 112 IFA : 200/2).

Après-guerre : un programme remanié et une lente construction.

La reconstruction de cet îlot après la guerre connut de multiples vicissitudes qui retardèrent sa réalisation. Il fut en particulier retardé par les valses-hésitations relatives à l'implantation des équipements publics de la ville. Un changement bouleversa son programme dès 1946, date à laquelle ses terrains furent affectés à l'implantation du groupe scolaire Victor-Hugo et des locaux du bureau de Bienfaisance, eux-mêmes délogés de la place Victor-Hugo du fait de l'installation du nouvel hôtel des postes.

De plus, sa construction ne put commencer avant la libération des terrains. La démolition de l'ancienne prison commença en 1948. En novembre 1952, en vue de la construction de l'école maternelle, on entreprit également la destruction du fragment de remparts. Inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, son intérêt ne justifia pas un classement aux yeux de la commission supérieure des monuments historiques. La ville se vit seulement imposer de conserver les deux tours situées aux extrémités de ce mur dans leur intégrité. Une seule de ces tours fut néanmoins conservée. Le percement des rues des Remparts et Trouessard nécessitèrent enfin les expropriations de sept immeubles qui furent entreprises entre octobre 1946 et décembre 1952, et furent suivies de leurs démolitions.

Vue aérienne en 1955.Vue aérienne en 1955.Les chantiers des écoles s'étalèrent sur la décennie 1950. La construction de l'école primaire commença en avril 1952 et elle ouvrit deux ans plus tard. L'école maternelle ne fut pas mise en chantier avant la fin des années cinquante et ouvrit donc probablement au début des années soixante.

Les logements de la rue des Remparts, qui furent attribués en priorité lors du remembrement aux propriétaires expropriés du quartier, furent édifiés sur les plans des architectes Amiot, Marc Paget, Paul Robert-Houdin et Henri Jeannin. La clôture des opérations de remembrement de l'îlot B fut prononcée par arrêté du ministre de la construction du 2 juillet 1962.

L'aménagement du quartier intégra également celui d'une jonction entre les rues Beauvoir et des Cordeliers au niveau de la tour Beauvoir. Dans son projet de 1943, Louis Arretche avait prévu la création d'une petite place au pied de la tour. Dans la seconde moitié des années cinquante, l'architecte André Aubert conçut des espaces verts afin d'accompagner de façon heureuse les nouvelles constructions scolaires, la Tour Beauvoir et les anciennes constructions aveugles bordant la rue des Cordeliers qui séparaient auparavant les propriétés riveraines de la prison. Cette harmonie fut notamment recherchée dans le choix d'une pierre apparente de Pontijou laissée brute de carrière, en tous points semblable aux murs de soutènement des écoles.

Au terme de ces travaux, la perspective Denis-Papin qui avait été le principal objectif d'origine ne fut pas achevée. Cela aurait en effet nécessité d'autres démolitions d'immeubles intacts, et ce sans avantage pour la circulation, la voie étant interrompue par les escaliers monumentaux. Tout au plus aurait-elle pu être une perspective visuelle. En revanche, du fait des percements des rue Trouessard et des Cordeliers, le secteur est encore aujourd'hui un nœud de circulation très fréquenté.

Appellations îlot B, quartier Rétif, quartier de l'ancienne prison
Parties constituantes non étudiées groupe scolaire, immeuble, boutique, boulangerie, établissement de bienfaisance, hôtel de voyageurs
Dénominations quartier
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : rue des Remparts , rue Trouessard , rue des Cordeliers , rue Claude-Robin , rue d' Angleterre
Cadastre : 2010 DO 13 ; 2010 DO 513 ; 2010 DO 527, 528 ; 2010 DO 558 ; 2010 DO 611 à 615 ; 2010 DO 617 ; 2010 DO 620, 621 ; 2010 DO 697

On appela îlot B le vaste espace situé au sud-ouest du palais de justice, qui fut intégré au plan de reconstruction et d'aménagement dès 1941 en tant que terrain de compensation. Il était composé du terrain libéré de l'ancienne prison, et de celui d'une propriété privée, la propriété Rétif, dont l'expropriation fut prévue d'emblée. Il comprenait des vestiges des anciennes fortifications de la ville - tours, murs et fossés - dont la commission des sites et monuments de Loir-et-Cher demanda le classement dès octobre 1941. Les qualités de ce terrain vaste, central, et arboré justifient les discussions et les tâtonnements que suscitèrent les questions de son affectation et de sa desserte. L'architecte Charles Nicod proposa dans un premier temps, au printemps 1941, d'y prolonger la grande perspective de la rue Denis-Papin au-delà de l'escalier monumental - comme cela avait été projeté par la municipalité Riffault dans la seconde moitié du XIXe siècle - et d'y implanter l'hôtel des postes et des logements. La municipalité tenant à ce que la poste soit implantée à la place de l'ancien collège jésuite, l'architecte proposa finalement en 1942 d'y construire un centre administratif, dans une logique de concentration des services administratifs dans la ville haute. La construction de logements restait également au programme. Afin de préciser cette intention, Louis Arretche fut alors chargé d'une étude spéciale d'architecture. La reconstruction de cet îlot après la guerre connut de multiples vicissitudes qui retardèrent sa réalisation. On décida finalement en 1946 de l'affecter à l'implantation du groupe scolaire Victor-Hugo et des locaux du bureau de Bienfaisance, eux-mêmes délogés de la place Victor-Hugo du fait de l'installation du nouvel hôtel des postes. Sa construction ne put commencer avant la libération des terrains. La démolition de l'ancienne prison commença en 1948, et celle des remparts en 1952. Le percement des rues des Remparts et Trouessard nécessitèrent enfin les expropriations de sept immeubles, entreprises entre octobre 1946 et décembre 1952, avant leur démolition. Les chantiers des écoles s'étalèrent sur la décennie 1950, commençant par l'école primaire entre 1952 et 1954, se poursuivant avec l'école maternelle mise en chantier à la fin des années cinquante et probablement inaugurée au début des années soixante. Les logements de la rue des Remparts, attribués en priorité aux propriétaires expropriés du quartier, furent édifiés à partir de 1957 sur les projets des architectes Amiot, Marc Paget, Paul Robert-Houdin et Henri Jeannin. L'aménagement du quartier intégra enfin celui d'un petit espace vert entre les rues Beauvoir et des Cordeliers, au niveau de la tour Beauvoir. Au terme de ces travaux, la perspective Denis-Papin qui avait été le principal objectif d'origine ne fut pas achevée. En revanche, du fait des percements des rue Trouessard et des Cordeliers, le secteur est encore aujourd'hui un nœud de circulation très fréquenté.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1952, daté par source
Auteur(s) Auteur : Arretche Louis, architecte, attribution par source
Auteur : Aubert André, architecte, attribution par source
Auteur : Amiot cabinet, architecte, attribution par source
Auteur : Paget Marc, architecte, attribution par source
Auteur : Jannin Henri, architecte, attribution par source
Auteur : Robert-Houdin Paul, architecte, attribution par source
Personnalité : Boucher, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Amelot, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Lapoule, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Nabon, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Guignard, propriétaire, attribution par source

Ce que l'administration appela pour des raisons pratiques "îlot B" n'est pas un îlot au sens morphologique du terme, mais un secteur urbain. Situé en ville haute, entre la rue Porte-Chartraine, la rue d'Angleterre, la rue des Cordeliers et le Palais de Justice, il résulte des aménagements de la Reconstruction. Implanté sur un terrain en pente, il est structuré autour d'axes orthogonaux : rue des Remparts-rue Trouessard d'une part et rue des Cordeliers d'autre part. Il comprend un ensemble d'équipements publics et d'immeubles : un groupe scolaire, le Centre Intercommunal d'Action Sociale du Blésois, un hôtel de voyageurs et sept immeubles avec commerces en rez-de-chaussée. Les immeubles se font face de part et d'autre de la rue des Remparts. Ils sont de part et d'autre limitrophes avec des bâtiments plus anciens. Aucune unité ne s'en dégage vraiment si ce n'est dans l'enduit de façade et les ardoises de couverture ; à part cela, les hauteurs - de un à trois étages carrés - tout comme le rythme de leurs travées sont distincts. Au-delà, écoles maternelle et primaire sont en vis-à-vis autour de la rue Trouessard. L'appareil de pierre de leur soubassement, repris dans le traitement des abords de la tour Beauvoir contribue à leur bonne intégration au milieu des derniers vestiges de fortifications.

Murs pierre
enduit
béton armé
Toit ardoise
Statut de la propriété propriété publique
propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé
Protections inscrit MH, 1948/10/26

Annexes

  • Louis Arretche (1905-1991)

    Né en 1905, Louis Arretche intégra l'ecole des beaux-arts en 1923 dans l'atelier de Georges Gromort. Il se forma également en travaillant dans les agences de Michel Roux-Spitz et de Roger-Henri Expert. Diplômé en 1937, il forma avec son ancien professeur l'atelier Gromort-Arretche qui devint le principal atelier de l'école des beaux-arts et se consacra à l'enseignement jusqu'à 72 ans.

    Sa carrière d'architecte démarra avec la seconde Reconstruction. En 1939, il avait réalisé à Blois la rénovation et l'extension du collège de jeunes filles, rue du Bourg-Saint-Jean avec l'architecte Boitel. En 1943, il y fut nommé pour l'établissement de plusieurs études spéciales d'architecture : l'étude du quartier administratif sur les terrains de la propriété Rétif, de l'ancienne prison et des anciens remparts ; la création d'une voie entre la place de la République et la mairie ; une promenade sur le quai du Foix. Aucun de ces projets ne fut mené à terme, mais il conçut néanmoins après-guerre l'immeuble de bureaux des Ponts-et-Chaussées sur le mail Clouseau.

    Après la Libération, il poursuivit ses travaux de Reconstruction, dans l'ouest de la France. Il fut nommé, après-guerre, architecte en chef de Coutances et de Saint-Malo et collabora également à celle de Rouen. Il mena en outre une étude pour la reconstruction et le développement de petites villes de Basse-Normandie et établit les plans pour la reconstruction d'un institut religieux à Granville. L'historiographie a notamment retenu son intervention dans la cité malouine, la ville constituant un exemple de reconstruction "à l'identique".

    Les Trente Glorieuses lui apportèrent un grand nombre de commandes publiques et privées. Devenu architecte en chef des Bâtiments Civils et Palais nationaux en 1955, il reçut notamment de nombreuses commandes publiques pour les ministères des Postes et de l'Education Nationale (campus de Nantes et de Rennes).

    Sa carrière fut également marquée par de grandes opérations urbaines. Il fut urbaniste-conseil des villes de Rennes, Rouen, Cachan et Orléans. Il travailla entre 1958 et 1965 à l'édification de grands ensembles de la ZUP de Melun. En 1962, Pierre Sudreau lui confia la réalisation de l'opération d'Orléans-La Source. Il y réalisa, à l'occasion des Floralies d'Orléans en 1967, la serre-restaurant du parc Floral, innovante par son programme et son ossature en lamellé-collé, et depuis protégée au titre des monuments historiques. Il y collabora également en 1971 avec les architectes Bazin et Martin à l'édification de 1000 logements HLM. Il participa en outre à de nombreux concours (Marais, Halles, entrepôt de Bercy, gare de Lyon, plaine de Vaugirard) et à des opérations de rénovation urbaine, à Rennes et Saint-Etienne notamment.

    Louis Arretche poursuivit son activité très tard mais la réforme de la commande publique en systématisant la mise en compétition des concepteurs bouscula la fin de sa carrière. Parmi ses derniers travaux, il conçut en 1979 l'église Sainte Jeanne-d'Arc à Rouen qui réutilisait les vitraux de l'église Saint-Vincent détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début des années quatre-vingt, il mena la reconstruction à l'identique du Pont des Arts qui avait été détruit en 1979. Il mourut en 1991 au cours de l'opération de construction du pont Charles-de-Gaulle qui relie les gares de Lyon et d'Austerlitz.

  • André Aubert (1905-1987)

    Né à Montrouge en 1905, André Aubert étudia à l'école des beaux-arts dans les ateliers d'André puis de Pontremoli. Il fut diplômé et obtint le Second prix de Rome en 1932.

    Dès 1934, il remporta avec Viard, Dondel et Dastugue le concours pour le palais du Musée d'Art moderne de la ville de Paris construit dans le contexte de l'exposition internationale des arts et techniques de 1937.

    Lauréat en 1935 du concours des Bâtiments civils et Palais nationaux, il travailla par la suite à ce titre pour les ministères de l'éducation nationale d'une part et des postes et télécommunications d'autre part. Il construisit notamment le groupe scolaire de Blagis à Sceaux-Bagneux en collaboration avec Paul Herbé et Jean Le Couteur pour lequel ils reçurent l'équerre d'argent en 1962.

    Il construisit également des bâtiments très variés pour des maîtres d'ouvrages privés. Il garda tout au long de sa carrière une activité de construction d'immeubles à Paris : on retient par exemple dans l'ordre : l'immeuble aux lignes classiques et épurées du 7, boulevard Emile-Augier, dans le 16e arrondissement (1950-1953), Le Panoramique, situé au 102-118 quai Louis-Blériot, (1952-1955), l'immeuble HLM du 11, rue des roses, dans le 18e arrondissement construit pour l'Habitat Communautaire (1960), ou encore l'immeuble 29-35, rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement (1967). Il travailla par ailleurs pour des entreprises. La critique a particulièrement salué les sièges sociaux de Saint-Gobain à Neuilly (1962) et de la SOPAD à Courbevoie (1965).

    Sa carrière est entrecoupée d'interventions à Blois, avant, pendant et après sa reconstruction. En 1937, il remporta le concours pour la construction de l'hôtel de ville de Blois, en association avec MM. Pronier et Saubot, mais leur projet ne put finalement être réalisé avant que la guerre n'éclate. Dès septembre 1940, il proposa à la ville de Blois un projet de "restauration des quartiers sinistrés" auquel la ville ne donna pas suite. Cependant, il fut chargé en 1942 d'établir une étude spéciale d'architecture pour l'aménagement futur de la place Louis-XII. A la Libération, il fut nommé architecte en chef de la reconstruction de Blois et de Vendôme par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il prit la suite de Charles Nicod, qui y avait été nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, et qui fut chargé à cette date des plans d'urbanisme de Toulouse et de Bayonne. Dans ce contexte, il conçut en outre l'école primaire Victor-Hugo de la rue d'Angleterre et l'école maternelle voisine de la rue des Remparts. Après la Reconstruction, son activité constructive se poursuivit à Blois avec la conception de la piscine du quai Saint-Jean, en collaboration avec Lucien Joubert vers 1960, et celle du lycée Augustin-Thierry, entre les années cinquante et soixante-dix. De plus, il y demeura présent du fait de sa nouvelle responsabilité, à partir de 1962, d'architecte conseil du Loir-et-Cher pour le Ministère de la Construction. Il travailla à l'élaboration du plan du secteur sauvegardé de la ville dès la fin des années soixante. Il proposa en 1971 un projet pour un Centre d'action culturelle, qui ne fut finalement pas construit. Il fut également de nouveau sollicité pour l'aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière dans les années soixante-dix.

    En fin de carrière il s'associa avec son fils Marc Aubert avec lequel il construisit notamment le palais des congrès d'Antibes, détruit en 2011.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série F : F 2132. Le conseil municipal adopte le projet de reconstruction de la ville de Blois mais il émet diverses observations sur certaines parties du plan. La dépêche du Centre. 22 mai 1942.

  • AD Loir-et-Cher. Série F : F 2132. Où reconstruire l'école Victor-Hugo de filles ? Sous certaines conditions, l'emplacement des Lices peut être sérieusement envisagé. La Nouvelle République. 3 avril 1946.

  • AC Blois. Série Fi : 12 Fi 1. Plans et études pour la reconstruction de Blois et de Vendôme par Charles Nicod, Louis Arretche, André Aubert, Charles Dorian. 31 planches. 1942-1944.

  • AD Loir-et-Cher. Série Fi : 105 Fi 1367. Fonds Lunais-Bruère.

  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 70. Le plan de reconstruction et d'aménagement de Blois et les études architecturales qui s'y rapportent. La construction d'un centre administratif derrière le tribunal et l'ouverture de voies nouvelles sur l'emplacement de la prison. La dépêche du Centre. 6 juillet 1943.

  • AD Loir-et-Cher. Série J : 127 J, fonds Paul Robert-Houdin : 127 J 87. Maison d'arrêt, construction, projet. P. Robert-Houdin et Neel architecture. 1937-1944.

  • AD Loir-et-Cher. Série T : 1279 T. Voirie et réseaux divers, travaux de reconstruction de Blois, 1947-1960.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 44. Blois, Reconstruction, travaux : correspondance, photographies et plans. 1946-59.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 45. Blois, remembrement, dossier technique et administratif. 1941-56.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 47. Blois, Reconstruction, Association syndicale de remembrement, constitution et fonctionnement. 1941-47.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1588 W 14. Blois, Projet d'Aménagement et de Reconstruction. Dossier administratif. Règlements, plans de situation de l'état actuel et de l'état futur. 1942-57.

  • AD Loir-et-Cher. Série RV : RV 3189. Reconstruction, aménagement de la ville de Blois. 1946-50.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/13. Reconstruction de Blois. Affaires diverses. 1949-55.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/53. Reconstruction de Blois. Adjudications. 1948-51.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 171/1. Remembrement de Blois. Dossiers individuels. Ilot B.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 177/1. Reconstruction. Association syndicale de Blois : affaires contentieuses. 1944-1969.

  • Archives d'architecture du XXe siècle. Fonds Louis Arretche, 112 IFA : boîte 200/2. Avant-projets et pers. d'ambiance. Mai 1943.

Documents figurés
  • plan topographique du quartier Rétif et de l'ancienne prison, sur papier, 1941. Par Ménard (géomètre). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100568NUC2A).

  • photog n. et b. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100229NUC2AB).

  • plan de reconstruction et d'aménagement, sur papier, détail, 1942. Par Nicod, Charles (architecte). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100575NUC2A).

  • étude spéciale d'architecture, sur calque, 1943. Par Arretche, Louis (architecte). (Archives d'Architecture du XXe siècle. Fonds Louis Arretche, 112 IFA : 200/2). (cf. illustration n° IVR24_20114100052NUC2A).

  • étude spéciale d'architecture, sur papier, 1943. Par Arretche, Louis (architecte). (Archives d'Architecture du XXe siècle. Fonds Louis Arretche, 112 IFA : 200/2). (cf. illustration n° IVR24_20114100060NUC2A).

  • étude spéciale d'architecture, sur calque, 1943. Par Arretche, Louis (architecte). (Archives d'Architecture du XXe siècle. Fonds Louis Arretche, 112 IFA : 200/2). (cf. illustration n° IVR24_20114100058NUC2A).

  • projet d'aménagement des quartiers Rétif et de l'ancienne prison, sur papier, 06-1947. Par Aubert, André (architecte). (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 119). (cf. illustration n° IVR24_20114100114NUC2A).

  • plan sur papier. Par Cantais, Paul (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, Série continue : 177 / 1). (cf. illustration n° IVR24_20114100197NUC2A).

  • plan sur papier. Par Cantais, Paul (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, Série continue : 177 / 1). (cf. illustration n° IVR24_20114100198NUC2A).

  • HUBERT-FILLAY. Pour la reconstruction de Blois. Vues d'avenir sur la ville haute. Le Jardin de la France, Blois et le Loir-et-Cher. Janvier-février-mars 1942, n°263-264-265, p. 37. plan. Par Hubert-Fillay. (Archives Communales de Blois, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20124100015NUC1A).

  • plaque de verre. Par Gallerand, Jules. (Archives Départementales de Loir-et-Cher, Blois, Fonds Lunais-Bruère, 105 Fi 1373). (cf. illustration n° IVR24_20124100061NUC1).

Bibliographie
  • AMOUROUX, Dominique. Louis Arretche. Paris : Editions du patrimoine, Collection Carnets d'architectes, 2010.

  • BELLENGER, S. (dir.), GUIGNARD, B., DUSSEAUX, S. Cimetière Saint-Saturnin. Catalogue des collections lapidaires, 1995-2000

    p.18-20.
  • RIFFAULT, Eugène. La municipalité de Blois, 1850-1870. Blois, 1878.

Périodiques
  • HUBERT-FILLAY. Pour la reconstruction de Blois. Vues d'avenir sur la ville haute. Le Jardin de la France. Blois et le Loir-et-Cher. n°263-264-265, Janvier-février-mars 1942, p. 34-39.

  • Comité des Sites et Monuments de Loir-et-Cher, séance du mardi 28 octobre 1941. Le Jardin de la France, Blois et le Loir-et-Cher. Janvier-février-mars 1942, n°263-264-265, p. 28.

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