Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Rampe d'accès

Dossier IA37005754 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations ouvrage d'entrée
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Château d'Amboise

Cette notice regroupe les bâtiments situés entre le logis des Sept Vertus et le logis dit de Louis XI, à savoir la Herse ou tour du Baron, la tour Bourbon ainsi que la petite cour située entre ces deux derniers et la rampe d'accès. Ces bâtiments, disparus au cours des destructions du début du 19e siècle, sont documentés par les procès-verbaux des travaux d'entretien de 1630 et de 1761, par le plan de 1708 et en partie par les procès-verbaux de démolition de 1806-1808. Dans ce dernier document, la tour Bourbon prend le nom de « tour réservée pour horloge et colombier » : il fut en effet prévu pendant un temps de la conserver à cet usage, mais le projet fut finalement abandonné et la tour abattue. Une vue dessinée par Destailleur au début du 19e siècle, probablement entre 1806 et 1808 - dates des destructions commandées par la Sénatorerie d'Orléans - montre la tour Bourbon dominant la terrasse du rempart sud. Sur les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau (1579) une seconde tour apparaît accolée à l'angle sud-ouest du logis des Sept Vertus. Cette tour n'est pas citée dans le procès-verbal de 1630. Son existence reste discutable. Aujourd'hui, sur le terrain, il ne subsiste plus que la partie inférieure de la vis qui desservait le bâtiment de la Herse à l'extrémité est de la galerie du logis dit de Louis XI. Ainsi cet escalier permet de positionner avec certitude les autres bâtiments ; grâce au concours des descriptions métrées des procès-verbaux, des plans anciens et à la présence de la chapelle, il est possible de restituer très précisément la disposition de l'endroit.

Période(s) Principale : (?)

Aujourd'hui, il demeure le tiers médian de la rampe d'accès. Le premier tiers côté ville passait sous le logis dit de Louis XI. Il était gardé d'un premier pont-levis au-bas de la rampe, puis d'un second dont l'emplacement correspond à l'entrée actuelle du château, sous la chapelle Saint-Hubert. La rampe d'une quarantaine de mètres de long est couverte d'un berceau brisé. À son extrémité est, elle montre encore les traces d'une herse manipulable jusqu'au XVIIIe siècle depuis une tour carrée, dont il ne reste plus que la base, appelée tour du Baron dans les procès-verbaux. Au revers de cette tour, existe encore une archère XIIe-XIIIe siècles battant le fossé du donjon. Enfin, le tiers supérieur de la rampe passait devant les premiers offices du logis des Sept Vertus et sous le portique du rez-de-chaussée. Avant les modifications du début du XIXe siècle, la rampe tournait à 90 degrés - et non à 180 degrès ainsi que c'est le cas aujourd'hui - pour gagner le promontoire rocheux et déboucher devant l'église Saint-Florentin.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Restitution de la rampe d'accès au château d'Amboise à partir des archives textuelles et iconographiques

    Si l'on se fie au plan de 1708, la Herse prend place au sud du château, au-dessus de la rampe d'accès, dans une tour carrée de 9 m à 10 m de côté et dont les murs mesuraient 1,60 m à 1,80 m d'épaisseur. Elle répond au nom de « tour du Baron » dans le procès-verbal de 1761. Puisque sa fonction est étroitement liée à celle de la rampe d'accès au château et par conséquent aux problèmes de défense du château face à la ville, nous décrirons la disposition de la rampe avant d'aborder l'étude des tours « du Baron » et Bourbon.

    À la demande de Louis-Philippe, la rampe d'accès a été modifiée pour faciliter le passage de ses chevaux et carrosses. On ne connaît pas exactement les modifications opérées sur la rampe, mais les fossés des ponts-levis ont probablement été comblés à cette époque et le couloir piéton qui longe l'accès charretier condamné. Le premier niveau d'offices du logis des Sept Vertus a été transformé au même moment en écuries.

    Le procès-verbal de 1761 et le plan de 1708 sont les deux sources principales d'informations pour restituer les dispositions supposées d'origine de la rampe.S'il est vrai que l'on ne peut pas exclure que la rampe d'accès ait été modifiée après le XVIe siècle, rien ne le laisse toutefois supposer. La première section de la rampe soutenait le logis dit de Louis XI et l'on peut penser qu'ils furent démolis ensemble entre 1806 et 1808. L'entrée au château se situait dans la ville, à peu près au milieu de l'actuelle montée Abd el-Kader. Le plan de 1708 présente en effet un rétrécissement de la rampe, situé au niveau de la tour Pleine, qui doit correspondre à l'emplacement de la première porte. Notons d'ailleurs que dans les comptes de la ville d'Amboise, le premier portier du château est fréquemment mentionné. Cette porte était fermée d'une barrière de 3,50 m de large au sein de laquelle existe une ouverture piétonne. Lorsque l'on monte la rampe, à gauche, dans la roche du promontoire, était installée une guérite couverte d'ardoises ; il s'agissait probablement d'un poste de garde. Sur le plan de 1708, la guérite apparaît au niveau de la tour Pleine. La distance de 6 toises, soit près de 12 m, donnée par le procès-verbal entre la guérite et l'emplacement d'un premier pont-levis correspond à celle que l'on mesure sur le plan entre la guérite et un rétrécissement du passage. De fait le pont-levis a déjà disparu en 1708 et en 1761 le procès-verbal mentionne bien un endroit non pavé qui correspond au fossé remblayé que le pont-levis devait enjamber.

    D'après le plan de 1708, parallèlement à la rampe d'accès, prennent place, à droite, côté ville, trois pièces de plan allongé. La plus basse ne communique pas avec les deux autres auxquelles on accède par une porte ouvrant sur le mur droit de la rampe, à 50 cm en avant du pont-levis. La première pièce du milieu dispose de trois ouvertures de tir qui donnent sur la pièce la plus basse. Mais compte tenu de la pente de la rampe, il est probable que la pièce la plus basse se soit trouvée en réalité un niveau sous les deux autres pièces. Ainsi les ouvertures de tir auraient débouché au-dessus de la pièce la plus basse et auraient fait de ce retrait une sorte de casemate. Les ouvertures présentent un ébrasement de 85 cm de large pour une ouverture au nu du mur de 20 cm à 25 cm de large - en considérant que le plan de 1708 est assez précis.

    Une cheminée chauffe la pièce suivante ; on y accède soit par la porte de communication avec la pièce précédente soit par une porte ouvrant sur la rampe. Quatre ouvertures très étroites percent le mur de la rampe : l'absence d'ébrasement aurait rendu leur usage difficile et l'étroitesse de la fente correspondrait d'avantage à un rôle de surveillance et de dissuasion. Le procès-verbal de 1761 qualifie cet endroit de corps de garde. Il est aussi question d'un jardin côté ville.

    En revenant sur la rampe, toujours en montant, 14 m séparent le premier pont-levis déjà décrit du second. Sur le plan de 1708, il se divise en un pont piéton et un pont cavalier ; sa situation au pied de la chapelle permet de supposer qu'il se situe juste en avant de l'actuelle porte d'entrée du château. La voûte de la rampe qui est encore visible aujourd'hui correspond donc probablement à la voûte d'origine. Il s'agit d'une voûte en berceau brisée construite en brique et tuffeau, qui s'élève à 6 m au-dessus du niveau du sol actuel.

    Juste derrière ce second pont-levis, le passage marque une légère inflexion vers la gauche. Pour monter, les piétons disposent d'un couloir différent des chevaux, certainement afin de préserver la domesticité du château des accidents. Le plan de 1708 paraît d'ailleurs incomplet à cet endroit car le couloir ne débouche nulle part ; la porte devait sans doute être murée à cette date.

    Aujourd'hui, la rampe voûtée monte encore jusqu'au niveau de la herse dont le passage dans la voûte est muré mais encore lisible. Au niveau de la herse, la rampe se resserre passant de 3,10 m à 2,85 m de large ; ce rétrécissement est bien représenté sur le plan de 1708 et on y aperçoit deux retraits longs de 1,80 m et profonds d'une vingtaine de centimètres qui doivent correspondre avec le tableau des vantaux.

    Sur le plan de 1708, la base de la Herse, encore appelée « tour du Baron », est représentée à côté de la rampe, à peu près au niveau R-1, à gauche de la fermeture de la herse, par une masse rectangulaire de 10 m de long sur 5 m de large. Cette masse correspond à la moitié de la « tour du Baron » jouxtant le passage, l'autre moitié se trouvant au-dessus du passage. La vis qui existe encore aujourd'hui n'est pas représentée sur le plan de 1708 à ce niveau ; pourtant après l'avoir visitée aucun doute ne peut naître sur son authenticité. Par ailleurs, le procès-verbal la décrit. L'analyse de la distribution des niveaux supérieurs met en évidence qu'il s'agit d'un escalier de service qui conduisait du rez-de-chaussée de la cour du donjon au niveau de la rampe d'accès. Il se poursuivait au-dessus par la vis permettant d'accéder à la salle du logis dit de Louis XI, dans son second état.

    Juste en arrière de la herse, un troisième et dernier pont-levis, de la largeur de la herse, défend l'entrée. Sur le plan de 1708, derrière la base de la « tour du Baron » est installée une petite pièce qui pourrait correspondre avec la pièce actuellement transformée en toilettes publiques dans laquelle une longue fente de tir existe encore aujourd'hui. La porte d'entrée des toilettes a été établie dans l'ébrasement d'une seconde ouverture de tir. Ces percements sont couverts d'un petit arc en plein cintre à cinq claveaux analogues à ce que l'on rencontre dans les archères des XIIe ou XIIIe siècles.

    Aujourd'hui la voûte de la rampe s'interrompt au niveau de la pièce des toilettes publiques. La rampe monte encore sur une vingtaine de mètres avant de tourner à 180 degrés pour déboucher au niveau du promontoire. Les dispositions d'origine de la rampe étaient tout autres. Elle continuait sur une quarantaine de mètres, passant sous les arcades du rez-de-chaussée du logis des Sept Vertus et devant ses offices du sous-sol. Elle tournait ensuite à angle droit vers la gauche pour déboucher à l'air libre devant l'entrée de l'église Saint-Florentin, au niveau de la rampe cavalière droite du logis des Sept Vertus, entre celle-ci et les petits logements sans rien au-dessus figurant sur le plan de 1708. La « Troisième Vüe » de Jacques Rigaud (1730) présente d'ailleurs ces dispositions en fond de cour, mais « les petits logements sans rien au-dessus » ont déjà été détruits.

    Sur le plan de 1708, la tour Bourbon ne figure pas au niveau R-1 mais elle apparaît au niveau de la cour. Aussi est-elle jouxtée, à ce niveau, d'une cour à l'est et de la dernière pièce du logis dit de Louis XI à l'ouest. La cour communiquait avec la terrasse qui longeait le rempart sud depuis la chapelle jusqu'à la tour Heurtault. La vis ouest du logis des Sept Vertus débouchait quant à elle dans cette même cour qui ouvrait aussi sur la « tour du Baron ». Au rez-de-chaussée, la « tour du Baron » était occupée par une unique pièce de plan carré (5 m x 6 m), chauffée par une cheminée installée sur le mur sud et éclairée d'une baie qui donnait à l'est sur un « passage ». Ce passage indiqué sur le plan de 1708, était situé au-dessus de la rampe d'accès et il semble correspondre à une ouverture dans la voûte de la rampe d'accès. Il était ainsi possible de contrôler la manoeuvre de la herse, comme nous en informe le procès-verbal.

    Les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau ne sont pas d'une grande aide pour l'étude de ces bâtiments. Elles confirment néanmoins le fait que la « tour du Baron » commandait le fossé du donjon. D'après la « Vue du costé de la rivière de Loire », le comble de cette tour devait communiquer avec les niveaux supérieurs du portail du donjon. La petite escalier vis mettant en relation la rampe et la galerie du logis dit de Louis XI desservait l'ensemble de la « tour du Baron ». Partant du niveau R-1 de la rampe d'accès, il s'élargissait au premier étage (1,30 m de rayon) et disposait d'une porte donnant sur chaque niveau de la galerie du logis dit de Louis XI. Au premier étage, le procès-verbal fait état d'une chambre semblable à celle du rez-de-chaussée, disposant donc d'une cheminée superposée à la première et éclairée de deux baies, l'une au nord et l'autre murée à l'est. Sont également décrits « trois petits cabinets aux costés pratiqués dans l'épaisseur des murs ».

    Les inspecteurs du procès-verbal montent ensuite, toujours en suivant la même vis, dans la chambre du deuxième étage. Le plan de cette pièce se décrit comme les précédentes, mais sa petite cheminée est « platte », en pierres de taille et sa croisée se trouve « au couchant ». Enfin, toujours en empruntant la petite vis, ils montent au niveau du grenier. On apprend, conformément à ce qui apparaît sur le plan de 1708, que la « tour du Baron» est ceinturée d'une galerie d'environ 1 m de large qui la met en communication avec la vis ouest du logis Sept Vertus. Cette galerie communique aussi avec celle du dernier niveau de la tour Bourbon.

    Sur le plan de 1708, la tour Bourbon mesure 5,50 m de diamètre hors-oeuvre. On ne connaît pas sa hauteur mais elle doit être équivalente à celle du logis des Sept Vertus ou de la « tour du Baron », son grenier se trouvant donc au niveau R+III. Son premier niveau est à l'origine voûté et accessible, mais on ne sait pas s'il y a une porte d'entrée ou si son seul accès se fait par un trou d'homme dans la voûte.

    Toujours sur le même plan, une cour apparaît entre la tour Bourbon et le logis des Sept Vertus. Sur la « Vue du costé de la forest » de Jacques Androuet du Cerceau, le front méridional du château est entièrement construit depuis la tour Pleine jusqu'à la tour Heurtault. Si nous savons combien il faut être prudent face aux représentations de Jacques Androuet du Cerceau, cette ordonnance du lieu semble néanmoins logique. Aussi, sans pouvoir affirmer que la tour, accolée au logis des Sept Vertus et représentée par Jacques Androuet du Cerceau, a bien existé, pouvons-nous malgré tout relever le passage du procès-verbal où y sont décrites, au sud, « deux autres portes qui donnoient communication à d'anciens bastiments suprimés » .

    Le procès-verbal de 1631 mentionne ces bâtiments et Jacques Androuet du Cerceau les figure entre le logis des Sept Vertus, la « tour du Baron » et la tour Bourbon.

    Décrire les pièces des étages de la tour Bourbon s'avère laborieux. Le procès-verbal de 1761 mentionne seulement « une chambre haulte à cheminée » qui pourrait y correspondre. Le plan de 1708 ne figure qu'un seul niveau d'habitation séparé par sept marches droites de la galerie qui ceinture le grenier de la tour du Baron - le procès-verbal de 1761 confirme par ailleurs l'existence des sept marches. On peut donc supposer que les galeries des tours du Baron et Bourbon présentent une différence de niveau de sol de 1 m à 1,50 m au niveau R+I. Mais est-il possible que la chambre haute dont il est question se soit trouvée à cet étage ? On peut aussi supposer que l'auteur du plan de 1708 n'a figuré qu'un niveau d'habitation car les niveaux supérieurs présentaient le même plan.

    Par ailleurs, sur la « Vue du costé de la forest » de Jacques Androuet du Cerceau, la tour Bourbon est aveugle jusqu'au dernier niveau d'habitation. Au-dessus, l'auteur figure un chemin de ronde assez semblable à celui de la tour Pleine. Si cette distribution a pû exister, elle ne correspond sans doute pas à celle des XVe-XVIe siècles. Le procès-verbal de 1630 y mentionne deux chambres superposées. Elles sont chauffées chacune par une cheminée, éclairées de deux baies, l'une au sud et l'autre à l'est, et reliées entre elles par la vis d'une petite tourelle placée en encorbellement au-dessus de la cour. Or, on imagine mal que ces chambres aient été créées entre 1579 et 1630, après la grande période du château. Par ailleurs, sur le plan de 1708, la vis n'ouvre au niveau R+I que sur la galerie.

    Enfin, le procès-verbal de 1630 ne mentionne pas, au dernier étage, de chemin de ronde mais le lieu ne reçoit pas non plus le qualificatif de chambre. Le même procès-verbal indique, sans pouvoir vraiment déterminer si l'état correspond avec celui de la fin du Moyen Âge, ou s'il résulte au contraire de modifications postérieures, qu'un passage permet de rejoindre depuis ce que nous pourrions appeler le grenier, les chambres en galetas du logis de Louis XI.

    La tourelle d'escalier jouxtant la tour Bourbon est mentionnée dans le procès-verbal de 1761 et figurée sur la « Troisiesme Vüe » de Jacques Rigaud. On note d'ailleurs que sur cette dernière Vüe, la tour Bourbon ne dispose que d'une seule croisée donnant à l'ouest. Comme nous l'avons déjà écrit, une galerie relie la porte d'entrée de la chambre haute à la tourelle et rejoint ensuite la galerie de la « tour du Baron ». D'après les documents, les fondations de cette tourelle n'apparaissent pas dans la cour au niveau R ; il est donc probable qu'elle ait été construite en encorbellement à partir du premier étage.

  • Les sources concernant la rampe d'accès au château d'Amboise

    Le procès-verbal de 1761 décrit la rampe comme suit :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°1v° : « Et, entrés par la porte cy dessus fermant et ouvrant par une grande barièrre en bascule de vingt trois pieds de haulteur sur huit pieds neuf pouces de largeur, dans laquelle barrière, par le bas, est pratiqué une petite porte pour l'usage des gardes de pied à costé à chaque costé de laquelle sont deux pilliers de pierre dure dans lesquels sont posés des anneaux de fert pour le portal les tourillons du mouvement au milieu de ladite barrière et sept tirant posés dans les murs, des costés traversant l'entrée dudit château pour soutenir ladite barrière lorsqu'elle est levée, de laquelle, et en dedans, à gauche, est une petite guérite pratiquée en partie dans la roche et couverte d'ardoises en mauvaise état.

    Icelle guérite à l'usage des gardes et montant la rampe de ladite entrée pavée du petit chenard pour la facilité des chevaux ; attindre la rondeur à la distance de six toises de ladite barrière en existe une platte forme sans pavé qui paroit avoit esté un pont levis comblé, existant encore les deux gros pilliers suivant ladite rampe pavée ».

    Il précise par la suite qu'à hauteur du logis dit de Louis XI, côté ville, la rampe donne sur un jardin :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°1v° : « Comme dessus est ung grand corp de garde, à droite, en galletas, non plancheyé, couvert de thuilles, en très mauvais état dans lequel est un escalier à quatre marche de pierres qui a conduit à un petit jardin derrière le piller à droite ».

    Le procès-verbal décrit le second pont-levis, situé au niveau de l'actuelle chapelle Saint-Hubert comme suit :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°3r° : « Continuant à monter est un autre pont-levis de profondeur de douze pieds couvert en partie dans la largeur de ladite rampe jusqu'à la voulte ; cy après [couverte] de pavé, appuyé sur une voulte de pierre de taille ».

    La herse pouvait être manoeuvrée depuis la chambre du premier étage de la tour du Baron, dite encore tour de la Herse :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°3r° : « Au bas de laquelle grande croisée est le hault de la herse mentionnée dans la première scéance de notre procès verbal arrestée par une barre de fert qui la traverse à costé de la cheminée est ung petit couloir voulté ».

    Le procès-verbal de 1761 décrit précisément la petite vis en pierre partant de la rampe et desservant conjointement la galerie du logis dit de Louis XI et la tour du Baron abritant la herse :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°3r°-v° : « Sous laquelle chambre [de la Herse] est un caveau voulté en briques ayant son entrée par ung escalier de pierre à noyau rond donnant communication par le bas à des caveaux souterains et qui règnent le longs des murs dépendant de la première voulte sur la rampe qui monte au chasteau et par le hault à une chambre au premier étage au dessus de celle dessus et de pareille grandeur ».

    Le dernier niveau de la tour du Baron est précisément décrit par le procès-verbal de 1761 :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°3v° : « Le grenier en pavillon à deux épis couvert d'ardoises et la tour de l'escalier couvert en ardoise d'ung pavillon à deux pans au tour de la dernière chambre sur les faces du levant, midy et moitié du nord est une petite gallerye de trois pieds de large en saillies couvert en appenty ladite gallerie ayant communication à l'escalier de couchant du bastiment des Sept Vertus [...] Le dessous de ladite tour étant comblé sous la voulte jusqu'à dix pieds de haulteur ».

    Il semble que dans son état des XVe-XVIe siècles, le château ait compté entre la tour Bourbon et le logis des Sept Vertus une petite tour supplémentaire, Jacques Androuet du Cerceau la représentant sur ses plans. Dans cet extrait, il convient de comprendre le terme pinacle comme le pignon du logis :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc.3 f°12r°-v° : « Plus sur le pavillon qui est au bout du pinacle dudit logis des Sept Vertuz, proche le pavillon de la herse, refaire deux thoises de la couverture d'ardoise a neuf qui a esté ruynee et emportee des grands ventz ».

    Le procès-verbal donne la description suivante de la tourelle en encorbellement desservant les derniers niveau de la tour du Baron abritant la herse :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950 : « Une petite tourette dans laquelle est un escalier à noyau rond en pierres qui conduit dans une chambre haulte à cheminée au hault d'une tour séparée dudit bastiment de costé de midy autour de laquelle chambre est une petite gallerie en saillie supportée par deux corbelets ».

  • L'archère battant le fond du fossé du donjon au niveau de la rampe d'accès du château d'Amboise

    L'archère battant le fond du fossé du donjon au niveau de la rampe d'accès

    L'analyse de cette ouverture de tir datant de la fin du XIIe ou du XIIIe siècle s'avère délicate en raison de son mauvais état de conservation. La hauteur totale de la niche est de 2 m, pour une largeur maximale d'ébrasement de 1,40 m. La fente mesure 1,80 m de haut mais elle est très endommagée. Le sommet de la fente et son centre, relativement préservés, permettent de mesurer sa largeur originelle qui était de 5 cm. Au-dessus de la partie intacte située au centre de la fente, est encore visible l'amorce d'une petite louche dont le diamètre restitué était compris entre 7 cm et 10 cm. Ici tout le problème est de déterminer si la louche est d'origine ou non. La taille soignée de la pierre ne semble pas prouver qu'il s'agisse d'un repentir. La base de l'ouverture a totalement disparu ; aujourd'hui à 80 cm du sol elle s'élargit démesurément pour atteindre 28 cm de large au niveau du sol. Il n'est pas à exclure qu'à l'origine, il se soit agi de la bêche d'une archère.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales : O2 1383. Prise de possession du château d'Amboise par la sénatorerie d'Orléans le XI brumaire de l'an 12. Rapport des architectes en 1803-1811. Démolitions au château à la même période.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950. 1699-1761. Procès-verbal d'estimation du château d'Amboise, procès-verbal de prise de possession par le duc de Choiseul. 1761.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655. Procès-verbaux des réparations à effectuer au château d'Amboise. Entre 1624 et 1631, folios papier.

Documents figurés
  • Château d'Amboise, plan de 1708. Passage d'entrée, premiers offices du logis des Sept Vertus, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Entrée du château d'Amboise, gouache brune, pointe bleue et crayon, n.s., XIXe siècle. (Bibliothèque municipale de Tours : L.B. Amboise : Château ; est. 9, Ic. Auv. 363).

  • Plan du château d'Amboise, Le château d'Amboise, du costé de la rivière, L'élévation du chasteau d'Amboise du costé de la ville. Dessins de Jacques Androuet du Cerceau, vers 1579. (Londres, British Museum : Cote U 854-857).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie