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Saint-Benoît-du-Sault (Indre) : église Saint-Benoît, 16 verrières de Jean Mauret

Dossier IM36002465 réalisé en 2009
Dénominations verrière
Aire d'étude et canton Département de l'Indre - Saint-Benoît-du-Sault
Adresse Commune : Saint-Benoît-du-Sault
Adresse : place de l'Église
Emplacement dans l'édifice Bas-côtés
nef (verrières hautes).

L'église paroissiale Saint-Benoît : Ancienne dépendance de l'abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire, l'église du prieuré de Saint-Benoît-du-Sault a été édifiée dans le deuxième quart du 11e siècle. Elle se compose d'une nef, flanquée de deux bas-côtés, et ultérieurement voûtée d'un berceau brisé de bois. A l'ouest, la tour du clocher a été ajoutée au 14e siècle. Déjà restaurée au 18e siècle par les bénédictins de Saint-Maur, puis à la fin du 19e siècle (baies et vitraux de l'abside), l'église a fait l'objet d'une restauration globale au cours de la dernière décennie du 20e siècle. Les vitraux : Jean Mauret est sollicité en février 1981 pour exécuter des vitraux losangés dans l'église de Saint-Benoît-du-Sault (baies ouest et 9 baies hautes de la nef) et restaurer des vitraux du chœur et du collatéral nord, mais ces projets n'ont pas de suite.

C'est seulement une quinzaine d'années plus tard qu'il réalise un ensemble de 16 verrières dans l'église, entre 1995 et 1998, dans le cadre de la restauration de l'édifice.

Fin 1994, un marché relatif à la restauration complète de l'intérieur de l’église (enduits intérieurs, voûte lambrissée, sols, nettoyage des chapiteaux) et à la création de vitraux est lancé sous la conduite de Jean-Jacques Sill, architecte en chef des Monuments historiques. En janvier 1995, Jean Mauret répond à l'appel d'offre et propose des maquettes dont trois variantes pour la grande baie ouest. On sait qu'à cette date, le peintre-verrier Claude Baillon fait également une proposition de création.

Un courrier d'avril 1995 de Marc Botlan, Conservateur régional des Monuments historiques, informe Jean Mauret que son offre a retenu toute son attention mais il lui demande de modifier un peu la maquette de la baie ouest (il ne semble pas que le projet d'origine ait été finalement changé).

Les travaux commencent en juin 1995 et se déroulent comme suit :

- tranche ferme : restauration des baies du chœur et création dans 3 baies hautes de la nef côté nord (101, 103, 105) (travaux terminés en janvier 1996)

- tranche conditionnelle 1 : création dans 6 baies hautes de la nef côtés nord et sud (107 à 112) et dans la baie ouest (113) (travaux terminés en septembre 1996)

- tranche conditionnelle 2 : création dans 5 baies du collatéral nord (3, 5, 7, 9 et 11) et une baie du collatéral sud face est (baie 4) (travaux terminés en février 1998)

Dans le marché initial, le vitrail situé à l'extrémité est du collatéral sud (baie 4) devait être seulement restauré mais, pour des raisons de cohérence, il est décidé en décembre 1996, de le remplacer par un vitrail de création.

Dates 1995, daté par source, porte la date
Lieu d'exécution Édifice ou site : Saint-Hilaire-en-Lignières
Auteur(s) Auteur : Mauret Jean
Jean Mauret (1944 - )

Artiste verrier.


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En janvier 1995, lorsqu'il envoie ses maquettes lors de l'appel d'offre relatif aux vitraux de Saint-Benoît-du-Sault, Jean Mauret adresse également un courrier destiné aux membres du jury afin d'expliquer sa démarche de création : « Il m’a semblé que cette église aux murs rudes et sans décor demandait une lumière contrastée et c’est pourquoi je propose dans la nef l’intervention de la couleur sans que celle-ci ne soit toutefois jamais juxtaposée à une autre afin de ne pas alourdir la lumière… Chaque couleur est donc indépendante et en même temps reliée à l’ensemble, d’abord par le dessin qui accompagne la forme de la baie, mais aussi par un fond clair traité en verres nuancés allant de la translucidité à un léger opalescent qui permet à la couleur de s’exprimer en tant que telle et de créer une liaison avec les vitraux XIXe du chœur. La baie ouest est travaillée un peu différemment du fait de sa forme mais aussi de la distance qui la sépare du reste de l’édifice. La couleur s’accroche à une trame verticale/horizontale qui se détache plus nettement dans la représentation de la croix au centre de la rosace. Cette dernière a été réduite visuellement pour diminuer l’effet actuel d’écrasement vis-à-vis des 3 lancettes plus légères… Dans le cas présent, j’ai volontairement recherché une lumière douce avec la présence de la couleur qui garde un lien avec les autres fenêtres. Les deux baies du bas-côté (nord) seront traitées avec une échelle légèrement plus petite de pièces mais resteront en accord avec les baies hautes alors que la baie est de ce même collatéral le sera avec une harmonie nuancée d’opalescent et une bordure bleu et de jaune à l’argent. Cela pour conserver un fond plus calme à la statue en place. La réalisation de ces vitraux se fera avec des verres antiques plaqués pour la plupart. Ces verres seront travaillés ponctuellement soit à l’acide, soit à la meule pour leur donner une animation et le nombre moyen de pièces au m², toutes calibrées, sera de l’ordre de 250, chaque baie ayant son propre carton et n’étant pas la copie conforme de sa voisine».

Ce texte montre que la réalisation des vitraux de Saint-Benoît-du-Sault marque une phase importante dans le cheminement de création de Jean Mauret : après une période assez longue (depuis 1984) où il adopte principalement des compositions rigoureuses et concentriques, il introduit dans la composition de la grande baie ouest et dans les baies hautes de la nef un fond de lignes horizontales que l'on va retrouver dans les créations des périodes ultérieures (Villesalem à Journet en 1997, Sainte-Feyre en 1999, Gardefort en 2004).

La composition des vitraux des baies basses de Saint-Benoît-du-Sault (3, 4, 5, 7) est plus "habituel" dans le travail de Jean Mauret à cette date et peut être comparée à celle des verrières d'Ardentes (Indre) réalisés en 1992.

Les baies 3, 4, 5 et 7 présentent des vitraux aux compositions identiques avec au centre, une colonne blanche opalescente autour de laquelle s’enroulent d’autres bandes plus ou moins larges grises et blanches opalescentes ou jaunes (jaune d'argent). De petits carrés noirs et des rectangles de couleurs rythment la surface. La couleur des bordures varie suivant les baies : bleue (baie 3), rose à l’or et rouge (baie 4), jaune (baie 5) et orangé (baie 7). Des points sont gravés à la meule sur certains verres plaqués opalescents. Un motif de cinq feuilles est placé sur le tympan des verrières (gravure et jaune d'argent).

Le vitrail de la baie 9 est constitué d'une partie centrale orangée (aplat de jaune d'argent gravé de points à la meule avec en bas un aplat de jaune sélénium) et d'une bordure grise opalescente.

Dans la baie 11, le vitrail présente une bordure grise opalescente avec en bas une large bande traitée au jaune d’argent. Au centre, un verre gris opalescent gravé de points et un filet jaune soulignant la forme cintrée de la baie.

Les vitraux des baies hautes de la nef côté sud (108, 110, 112) sont constitués d'une colonne centrale entourée de bandes soulignant le plein cintre des baies. Les couleurs utilisées sont essentiellement le jaune d’argent, le blanc et le gris opalescent. Des petits rectangles bordeaux et jaunes animent l'ensemble. Les bordures sont grises opalescentes et jaunes. La forme massive des ouvertures et le la composition soulignant le plein cintre des baies confèrent un effet rayonnant à ces verrières.

Dans les baies hautes de la nef côté nord (101, 103, 105, 107, 109 et 111), une bordure colorée (rose, jaune/vert ou jaune) cerne la partie centrale composée d'une colonne et de bandes plus ou moins larges soulignant le plein cintre des baies. Ici, la couleur principale est le gris opalescent, contrairement aux baies sud où c'est le jaune qui domine. On observe que la superposition de petits rectangles apporte de l'horizontalité aux verrières.

Sur la façade occidentale, la grande baie 113 présente une trame verticale/horizontale. Des petites touches de couleurs (motifs de feuilles) animent la surface, donnant l’impression que l'oculus tourne sous l’effet d’un vent imperceptible de l’intérieur. Les trois lancettes présentent des bordures jaune/orange/rose (quelques pièces de rose à l’or traitée au jaune d’argent). En leur centre, un fond de fines bandes horizontales (gris opalescent) sur lequel viennent se superposer des carrés de bandes verticales (gris opalescent) et des petites feuilles multicolores. Les carrés de bandes verticales dans chacune des lancettes renforcent la verticalité de la baie. On retrouve une trame quasi identique (mais sans les feuilles) sur des maquettes proposées par Jean Mauret en 1995 pour l'église de Matha (Charente-Maritime).

Catégories vitrail
Structures baie libre lancette, 3 jour de réseau
Matériaux verre translucide
plomb
Précision dimensions

h=238 la=95 (baie 3). h=211 la=88 (baie 4). h=190 la=90 (baie 5). h=190 la=90 (baie 7). h=70 la=28 (baie 9). h=70 la=30 (baie 11). h=184 la=85 (baie 101). h=190 la=85 (baie 103). h=194 la=82 (baie 105). h=190 la=85 (baie 107). h=130 la=100 (baie 108). h=184 la=79 (baie 109). h=130 la=100 (baie 110). h=185 la=82 (baie 111). h=130 la=100 (baie 112). h=500 la=190 (baie 113). Dimensions approximatives.

Iconographies décor géométrique
États conservations bon état
Précision état de conservation

Bon état sauf pour la baie 4 (plusieurs casses en bas du vitrail).

Eglise Saint-Benoit classée au titre des Monuments historiques depuis le 21 janvier 2011.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections protection MH

Références documentaires

Documents d'archives
  • Atelier de Jean Mauret, Saint-Hilaire-en-Lignières. Archives.

  • Médiathèque du Patrimoine : 99/3/7. Église de Saint-Benoît-du-Sault, restauration intérieure et création de vitraux, DDOE. 1999.

  • Conservation régionale des Monuments historiques, DRAC Centre : archives. Dossier église Saint-Benoît.

(c) Rencontre avec le Patrimoine Religieux ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Geneste Olivier - Mauret-Cribellier Valérie