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Soudun : château et ferme

Dossier IA36010064 réalisé en 2015

Fiche

  • Vue du château (donjon) depuis le nord-est.
    Vue du château (donjon) depuis le nord-est.
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  • Parties constituantes

    • grange
    • étable à vaches
    • étable
    • sellerie
    • chapelle
    • forge
    • four
    • logement
    • bassin
    • puits
    • poulailler
    • entrepôt agricole
    • souterrain refuge
    • porcherie
    • cour
    • sous-sol
    • fenil
    • bergerie

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées grange, étable à vaches, étable, sellerie, chapelle, forge, four, logement, bassin, puits, poulailler, entrepôt agricole, souterrain refuge, porcherie, cour, sous-sol, fenil, bergerie
Dénominations château, ferme
Aire d'étude et canton Parc naturel régional de la Brenne - Tournon-Saint-Martin
Adresse Commune : Néons-sur-Creuse
Lieu-dit : Le Soudun
Adresse : Le Soudun
Cadastre : 2015 D 143, 144, 145, 146 ; 1812 D 394, 390

Le château d’Issoudun-sur-Creuse (appelé le Soudun à partir du 20e siècle) était le siège d’une seigneurie qui relevait de la baronnie poitevine d’Angles. Le lieu-dit (Exodum) est cité en 1210-1211, au sujet d’une dîme perçue par l’abbaye Sainte-Croix d’Angles (Archives départementales de l'Indre, F 1208). L’existence d’un château est attestée dans les textes dès 1369 ; cette année là, en pleine guerre de Cent Ans, les Anglais s’en emparent (Bascher 1991). L’édifice ne semble pas avoir été occupé aux 17e-18e siècles. En 1776, il est acheté par le sieur de Néons, René Louis Frédéric du Trochet. Sa réserve seigneuriale comprenait alors notamment les métairies de la Coudre et de la Groue, et le moulin du Puy (détruit).

Sur le plan cadastral de 1812, le domaine du Soudun inclut le château (dont un donjon et quatre tours), une chapelle et un probable colombier à base circulaire (disparu). A la fin du 19e siècle il ne restait qu’une tour, appelée la Tour du diable, accolée à un vieux bâtiment (cf. carte postale ; Hubert 1889). L’ancien donjon avait été transformé en 1843, par un propriétaire qui y établit une terrasse d’observation (Plaux s.d.). Le bâtiment a été dessiné, au milieu du 19e siècle, par Isidore Meyer (La Tremblais et al. 1882).

En 1911, la propriété est acquise par Louis-Henri Moranvillé, qui engage alors d’importants travaux de restauration. Celui-ci avait souhaité rebâtir en totalité l’ancien château-fort d’Issoudun (voir cliché de l’oeuvre projetée en maquette). L’intégralité du château n’est pas reconstruite quand s’achèvent les travaux vers 1925 (certainement pour des raisons financières). Comme on le voit sur la maquette, il manque une partie des corps de logis au nord, qui devaient fermer la cour.

Le château du Soudun, dans son état actuel, date du premier quart du 20e siècle. La moitié basse du donjon est la seule partie du château médiéval qui n’ait pas été remaniée. Elle remonte au plus tard au 14e siècle (ses fondations et sa cave seraient plus anciennes ; Plaux s.d.).

Les bâtiments de ferme portés sur le plan cadastral de 1812, à l’ouest du château, ont disparu. La ferme actuelle pourrait avoir été construite après le rachat par M. de Monranvillé, en 1911, du Soudun ou bien par le propriétaire précédent (Letellier de la Fosse), à la fin du 19e ou au tout début du 20e siècle. La grange a brûlé au milieu du 20e siècle. La forge a fonctionné jusque dans les années 1980.

La chapelle romane du Soudun daterait des 12e-13e siècles. Elle a été restaurée par M. de Moranvillé dans les années 1920. Sous le patronage de Marie-Madeleine, la chapelle dépendait de l’abbaye de Saint-Cyran-en-Brenne, au même titre que le prieuré (disparu) de la Serpouillère à Champagne (Plaux s.d.).

Période(s) Principale : 12e siècle, 14e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle

Le château se compose d’un donjon, grosse tour circulaire surmontée de mâchicoulis et d'une poivrière, accolée à une tour plus haute ainsi qu’un corps de logis. Il est implanté sur une terrasse nivelée. Au pied du donjon se trouve un puits à margelle ronde portant une sculpture à tête de lion.

Au sud-est du château se dresse la chapelle castrale Sainte-Marie-Madeleine d’Issoudun. Le bâtiment, orienté nord-sud, est partiellement enduit (sur moellons de calcaire). De style roman, il est voûté en berceau. Sa couverture est en tuile ronde (type de couverture rare dans ce secteur géographique). Un petit souterrain (appelé improprement “glacière”) est desservi par un escalier surplombé d’une voûte en arc brisé. Il pourrait s’agir d’un abri refuge et/ou d’une petite carrière.

La ferme à cour fermée comptait quatre bâtiments : un logement, une grange (en ruine), une grande étable et un entrepôt agricole. Il convient d’ajouter une porcherie, une forge-écurie (en ruine), un poulailler et un bassin-abreuvoir maçonné particulièrement profond (possiblement une ancienne carrière de pierre de l’époque de la reconstruction du château). Les bâtiments sont partiellement enduits et à toits à pignons couverts, en tuile mécanique (hormis la grande étable et les bâtiments en ruine). Les murs sont en moellons de calcaire.

Le logement, orienté nord-sud, est en rez-de-chaussée surélevé. Il dispose d’un sous-sol. Les accès en mur gouttereau et en mur-pignon. L’extrémité sud, à toit en appentis est occupé par un four.

A l’est de la cour, se dresse une grande étable-fenil (vaches et moutons) couverte de tuiles plates. Ses accès sont en mur-pignon et gouttereau. Un corps de passage central, condamné, divise le bâtiment en deux espaces intérieurs. Au sud, un entrepôt agricole (stockage du grain), ventilé par de grandes baies, ferme la cour au sud. A côté de l’entrepôt, se trouve une porcherie (avec enclos) à accès en mur-pignon.

Au nord, subsistent les murs d’une grande grange (incendiée dans les années 1940). Au nord de ces ruines, se trouvent une forge associée à une écurie (avec sellerie), actuellement en ruine, et une grande mare maçonnée. A l’ouest du chemin d’exploitation, le bâtiment désaffecté dans le pré a servi de poulailler.

Un mur sépare la ferme et l’espace du château. Il est muni d’une porte piétonne de style gothique flamboyant provenant des ruines du château de Prinçais situées à Tournon-Saint-Martin (cf. dossier IA36008039).

Murs calcaire moellon enduit partiel
Toit tuile plate, tuile mécanique, tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
appentis
toit à longs pans croupe ronde
toit conique

Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de l'Indre, F 1208. Bulle d’Innocent III en faveur de l’abbaye Sainte-Croix-d’Angles.

  • Collection privée. Histoire de Tournon-St-Martin et ses environs.

  • PLAUX, Michel. [Histoire du château du Soudun]. Inédit. sans date, 4 p.

    Collection particulière
Documents figurés
  • Carte de la France dite Carte de Cassini, feuille 31 [Le Blanc]/par César-François Cassini de Thury. Levée vers 1754-1766.

  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Néons-sur-Creuse/par M. Alisard, géomètre du cadastre, sous la direction de M. Lepeintre, directeur des contributions, M. Dauvergne, ingénieur vérificateur. Terminé en 1812. (Archives départementales de l'Indre, 3 P 137).

Bibliographie
  • DE LA TREMBLAIS, M., DE LA VILLEGILLE, M., DE VORYS, J. Esquisses pittoresques sur le département de l'Indre. Châteauroux : Aupetit, 1854 ; rééd. 1882, 428 p.

  • LERAT, Stéphane. Tournon-Saint-Martin et ses environs, d'Azay-le-Ferron à Mérigny. Alan Sutton, 2002.

  • SECHERESSE, Jean (dir.). Chroniques historiques de Saint-Vincent de Néons. Néons-sur-Creuse : Comité Municipal d'Animation de Néons-sur-Creuse, 1994 (seconde édition augmentée en 2019 par l'Association touristique de Néons-sur-Creuse).

  • PLAUX, Michel. Histoire du Pays tournonnais (1789-1815). Néons-sur-Creuse : Parc naturel régional de la Brenne, Association touristique de Néons-sur-Creuse, 2013.

  • DE BASCHER, J. L'abbaye royale Notre-Dame de Fontgombault. Poitiers : P. Oudin, 1991, 463 p.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional de la Brenne - Benarrous Renaud