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Bourg : église paroissiale Saint-Jean-Baptiste (4-6 rue du Château)

Tableau : l'Adoration des mages

Dossier IM37002381 réalisé en 2013

Fiche

Ce tableau n’est pas documenté et ne fait pas partie de ceux explicitement mentionnés comme dépôt de l’État. Compte-tenu de ses dimensions et de son emplacement assez haut sur le mur nord de la nef, il n’a pas été possible de voir le revers lors de l’enquête.

L’histoire de ce tableau n’est pas connue, pas plus que les circonstances de son installation dans l’église. Le chanoine Moussé, dans son ouvrage paru en 1915 "Le culte de Notre-Dame en Touraine" signale que le tableau est un don de Madame de Villeneuve, sans citer ses sources. Si cela est vrai, le tableau serait entré dans l’église entre 1814 et 1852.

On sait qu’en 1865-66 Madame Pelouze, alors propriétaire du château, avait fait restaurer l’église paroissiale. A cette occasion, elle avait chargé Louis Bory de faire un nouvel autel et un tabernacle en pierre, qui sont toujours là, même si le tabernacle a été déplacé dans la sacristie. Les murs du chœur et de l’abside avaient été entièrement enduits afin de recevoir un décor peint à la cire et les murs du chœur étaient habillés de tentures peintes à décor de feuillage et de figures géométriques. Est-ce elle qui, à cette occasion, offrit également l’Adoration des Mages ? (Le mauvais état du décor mural a sans doute justifié son élimination en 1969, date à laquelle tous les murs intérieurs ont été repris.)

La première mention certaine de la présence du tableau dans l’église est tardive. C’est celle qui figure dans l’inventaire réalisé en mars 1906 en exécution de l’article 3 de la loi du 9 décembre 1905. Sont mentionnés sur une seule ligne "4 tableaux en mauvais état" sans indiquer ce qu’ils représentent, et, à la ligne suivante "un tableau signé Véronèse, valeur inestimable".

La question de l’auteur du tableau :

Détail de la partie centrale.Détail de la partie centrale. Le cadre, simple et doré, est sobrement orné d’une palmette à chaque angle interne. Sur la partie basse figure l’inscription : CHARLES VERONESE 1596. Aucune inscription ou signature n’est, en l’état, actuellement visible sur la toile. Charles Véronèse, plus connu sous le nom de Carlo ou Carletto Calieri, est né en 1570 et mort en 1596. Il est le fils de Paolo Calieri, autrement dit Paul Véronèse, très célèbre peintre vénitien auteur notamment de l’immense toile des Noces de Cana conservée au Louvre. On sait peu de choses de Carlo sinon qu’il fut formé dans l’atelier de Bassano, et qu’il travailla également dans l’atelier de son père. On s’accorde à lui reconnaître un talent certain mais il réalisa peu d’œuvres en raison de sa mort prématurée à l’âge de 26 ans. Après la mort de Paolo en 1588, l’atelier des Caliari où travaillent ses fils Carlo et Gabriele, poursuit son activité de manière collective, sans que l’un ou l’autre ne s’installe comme peintre indépendant. Plusieurs catalogues de vente de peintures et de gravures du 19e siècle mentionnent des Adoration des mages, ou des Rois, attribuées à Carlo Calieri. Ces attributions sont aujourd’hui revues et plus prudentes. A titre d’exemple, le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve une Adoration des mages qui était attribuée à Carlo Véronèse en 1808. En 1877, elle a été attribuée à Paul Véronèse. Aujourd’hui, c’est une toile anonyme attribuée à "l’école de" Véronèse.

Une Adoration des mages attribuée à Carlo est perdue : elle appartenait à la collection du duc d’Orléans au Palais Royal et est connue par une gravure (dessin de Borel et gravure de Beljambe). Elle présente quelques différences par rapport au tableau de Chenonceaux. Les toiles de l’Adoration des mages dues à Paolo Caliari ou à son atelier ont été abondamment copiées grâce à la diffusion des gravures qui les représentent. Parmi elles, on note qu’à chaque fois la scène s’inscrit dans un plan élargi, avec de nombreux personnages et divers animaux : chiens, chevaux, chameaux. Le tableau de Chenonceaux est très "serré" autour de la scène, les personnages étant coupés aux trois quarts. Cette manière de faire ne correspond pas aux autres représentations. Ceci pourrait également indiquer qu’il s’agit d’une toile qui était plus grande à l’origine et qui a été recadrée. Du point de vue iconographique, la position de la main de la Vierge tenant le pied droit de l’Enfant et la main de celui-ci posée sur la tête du premier roi rappellent un tableau bien connu de Rubens conservé dans l’église Saint-Jean de Malines (Belgique), également largement diffusé par la gravure.

La question de la date :

L’arrêté d’inscription au titre des Monuments historiques date la toile du 17e siècle. Il serait évidemment intéressant de comprendre à quoi correspond la date 1595 qui figure sur le cadre. Elle renvoie sans doute à la date supposée de création de l’original (année du décès de Carlo). On notera que cette date n’a rien à voir avec la date de l’encadrement. Ce cadre, sobrement mouluré en doucine, est animé aux angles d’un motif de palmettes ; la partie intérieure la plus proche de la toile est ornée d’une baguette agrémentée d’un ruban au motif de fleur insérée dans un carré posé sur la pointe ; ce type de baguette moulée, réalisé à partir d’un mélange de plâtre, de papier et de colle est largement employé au 19e siècle. L’ensemble signale une réalisation des années 1830 environ. En l’état, une datation de la toile reste hasardeuse. Une copie d’après gravure datant du 19e siècle est possible et même vraisemblable.

Dénominations tableau
Titres Adoration des mages (l')
Aire d'étude et canton Canton de Bléré
Adresse Commune : Chenonceaux
Lieu-dit : Bourg

L’histoire de ce tableau n’est pas connue, pas plus que les circonstances de son installation dans l’église. Aucune inscription ou signature n’est, en l’état, actuellement visible sur la toile. La première mention certifiant la présence du tableau dans l’église est celle qui figure dans l’inventaire réalisé en mars 1906, en exécution de l’article 3 de la loi du 9 décembre 1905. L'arrêté de protection au titre des Monuments historiques de 1974 le date du 17e siècle, mais une datation plus récente au cours du 19e siècle n'est pas à exclure.

Période(s) Principale : 19e siècle , (?)
Principale : 17e siècle , (?)
Stade de création copie

Huile sur toile tendue dans un cadre rectangulaire horizontal.

Catégories peinture
Matériaux matériau textile, support
Mesures l : 220.0 centimètre
la : 100.0 centimètre
Précision dimensions

Dimensions approximatives.

Iconographies Adoration des Mages
Précision représentations

Inscriptions & marques inscription
Précision inscriptions

Sur la partie inférieure du cadre figure l’inscription : CHARLES VERONESE 1596.

États conservations altération optique de la surface
salissure
Précision état de conservation

Actuellement, ce tableau est peu lisible, en particulier le second plan, en raison d'un chanci prononcé. On note la présence de nombreuses salissures : poussières, déjections d’oiseaux.

Compte-tenu de l’intérêt de ce tableau à propos duquel nombre de questions sont posées et de l’état insatisfaisant dans lequel il se présente aujourd’hui, une restauration est souhaitable.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit au titre objet, 1974/06/05

Références documentaires

Bibliographie
  • MOUSSE (chanoine). Le culte de Notre Dame en Touraine. Tours : Alfred Mame et fils, 1915.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


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