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Tour Féalan (allée du Sergent Turpin)

Dossier IA37005667 inclus dans Amboise : allée du Sergent Turpin réalisé en 2006

Fiche

Précision dénomination tour d'enceinte
Destinations Banque
Dénominations fortification d'agglomération
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : allée du Sergent-Turpin

La tour Féalen ou Féalan constitue le dernier vestige visible de la seconde enceinte urbaine. Les données fournies par les comptabilités de la ville sont très limitées, car la tour ne semble pas avoir subi de travaux majeurs entre 1421 et 1525, soit durant la période étudiée ici. Elle tiendrait son nom de la propriétaire de la maison mitoyenne nommé « la fealenne ».

Période(s) Principale : limite 14e siècle 15e siècle
Principale : 15e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Secondaire : 21e siècle

Sise, côté Loire, au bout de l'allée du sergent Turpin, la tour Fealen marquait l'angle Nord-Ouest de l'enceinte, à hauteur de la porte Saint-Denis, à l'embouchure de la Masse. Tour circulaire de 6 m de diamètre pour environ 12 m de haut (sans compter la toiture), elle n'a plus son apparence originelle. Une vue ancienne prouve qu'elle a perdu de sa hauteur lorsque ses fondations, prenant appui sur les berges de la Masse, ont été masquées lors du couvrement du cours d'eau dans les années 1950. L'intérieur comme l'extérieur sont entièrement enduits. Les ouvertures ont disparu, tout comme la toiture d'origine. Aujourd'hui, un dôme caréné surmonté d'un lanternon octogonal la couvre. Cette charpente à la Philibert de l'Orme de plan centré semblerait être une création du XIXe siècle. On peut supposer une configuration primitive semblable à celle de la tour Cormeray, qui n'est plus visible aujourd'hui, mais dont un cliché photographique a été réalisé dans les années 1960 par Bernard Vitry, architecte du Service des Monuments historiques. Ce devait donc être une tour en pierre de taille de tuffeau surmontée d'un couronnement de consoles de mâchicoulis. La présence ou l'absence d'ouvertures de tir n'a pas pu être déterminée.

Murs crépi
Toit ardoise
Plans rotonde
Couvertures toit à l'impériale
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • La tour Féalan d'Amboise

    La tour Féalen est régulièrement citée dans les comptes de la ville, tout particulièrement en 1481-1482 : Archives communales d'Amboise, CC 103, f°48.

    Les comptabilités amboisiennes prennent parfois pour point de repère la maison d'une certaine Fealenne où l'on pourrait entendre l'origine du nom de la tour. :

    -Archives communales d'Amboise, CC 197, f°38 ; 19 décembre 1481 : « Pour 2 toizes et demye de paves quil a faict a paver la ruelle par laquelle on monte sur les murs de la ville pres la maison de la Fealenne ».

    Située à l'angle nord-ouest de l'enceinte, au coude que forme le premier bras de la Masse lorsqu'il vient rejoindre le second bras pour se jeter, ensemble, dans la Loire, elle est l'une des deux tours toujours existantes et la seule encore visible. Elle est toutefois si dénaturée que notre analyse est extrêmement succincte. Aujourd'hui, son diamètre est de 6 m, pour 12 m de haut. Son couronnement et son aspect originel ont disparu, notamment du fait du comblement des douves qui lui a fait perdre 2 m à 3 m de hauteur. Elle est mentionnée plus fréquemment que les autres tours de l'enceinte en raison de sa situation face à la Loire qui sert de point de repère pour la livraison de matériaux. Le mur de la ville, qui était baigné par le bras principal de la Masse, nécessitait un entretien constant. Il semble en effet que durant l'année 1449-1450, le pan de mur compris entre la tour Cormeray et la tour Féalan se soit plus ou moins effondré. Les comptes concernent alors « la bresche des meurs d'icelle ville » et les ouvriers travaillèrent sur « les meurs de la ville d'Amboise nagueres cheuz pour tandre iceulx meurs rompuz et y faire deffence » (Archives communales d'Amboise, CC 75, f°11v° : compte de l'année 1449-1450).

    En 1457, les matériaux arrivaient en abondance pour réparer ce même mur :

    -Archives communales d'Amboise, CC 81, f°9v° : « Pour mectre et emploier a l'ediffice du mur neuf de ladicte ville qui est pres la tour Fealen ».

    Mais était-il question de refaire un mur abattu à cause de son mauvais état ou d'une création ? Pour la cohérence de l'enceinte, la première proposition semble la plus probable. Dès 1467, conformément aux directives de Louis XI qu'il réitéra en 1475, la défense de la ville se renforça de boulevards et de chemins de ronde :

    -Archives communales d'Amboise, BB 1, f°63r° : le 7 août 1475 : « (...) Pour ce que monseigneur de Maillé estant en ceste ville et aiant de par le roy la charge et garde de monseigneur le daulphin, vendredi dernier dist et commanda aux esleuz et gens de ladicte ville qu'ilz feissent fortiffier les murs de ladicte ville et que on feist faire des manteaux aux creneaux desdits murs et que les portaulx et boulouars de ladite ville fussent habillez et que l'on feist chevaletz sur lesdits murs et allees pour y aler arpenter de jour et de nuit et que l'on feist une garde porte au pres du puiz qui est entre la ville et Petit Fort pour y faire la porte pour les gentilz hommes de Touraine qui de present y sont pour la garde de monseigneur (...) ».

    Il était désormais possible d'« arpenter la courtine », comme en témoigne le paiement des « tiensmains de boys sur la muraille d'environ la tour Fealan et du mur neuf » (Archives communales d'Amboise, CC 87, f°17r°). Par la suite, la tour Féalan n'apparaît plus que comme point de repère pour localiser un lieu ou comme remise pour le matériel de la ville :

    -Archives communales d'Amboise, CC 99, f°17r°, compte de l'année 1475-1476 : « (...) Aussy admené du vieil boys de seaige lequel estoit en la garde porte desdits ponts du derompement desdits ponts quant ilz furent appareillez et les avoir menez en la tour Fealen (...) ».

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie