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Vallière : château dit château de La Vallière

Dossier IA37004803 réalisé en 2011

Fiche

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Dénominations château
Aire d'étude et canton Vallée de la Brenne - Vouvray
Adresse Commune : Reugny
Lieu-dit : La Vallière
Cadastre : 1819 E 123, 124, 125, 126 ; 2009 ZD 87

La Vallière (Valleria dans une charte de 1236) est un fief relevant de la châtellenie de Rochecorbon à foi et hommage lige. Le plus ancien seigneur connu est Jacques de La Vallière, écuyer, cité dans un aveu de 1451.

En 1542, suite à une saisie sur les héritiers de René Morin, La Vallière est adjugée à Laurent Le Blanc, écuyer originaire du Bourbonnais, maire de Tours en 1558-1559. A sa mort en 1589, c'est son fils Jean, écuyer, conseiller du roi, général de ses finances en Languedoc, maître d'hôtel ordinaire de la reine-mère puis du roi, premier président au bureau des finances de Tours, puis maire de cette ville en 1575-1576 et 1589 qui hérite du fief. Il achète en 1591 la terre de Reugny. Mort sans descendant en 1621, sa veuve Charlotte Adam, laisse La Vallière en 1626 à son beau-frère Laurent II Le Blanc. Le fils de celui-ci, Jean, obtient de Louis XIII en 1635 le droit de s'appeler La Baume Le Blanc, la branche ainée étant éteinte et la terre de La Baume détenue par un autre seigneur. Jean et son épouse Françoise Beauvau eurent de nombreux enfants parmi lesquels l'ainé Laurent III de La Baume Le Blanc, obtient, en 1649, l'érection de La Vallière en châtellenie regroupant les fiefs de La Vallière, Boissay, Orfeuille, Le Puy, et une partie de Vaux et Montperthuy. Il est le père de Françoise Louise de La Baume Le Blanc, dite Mademoiselle de La Vallière, en faveur de laquelle est constitué en 1667 un duché-pairie composé des terres de Vaujours, Saint-Christophe, Châteaux, Courcelles et La Vallière. A sa mort en 1710, le château passe aux mains de sa fille Marie-Anne de Bourbon, princesse de Conti, fille naturelle et légitimée de Louis XIV, et les terres à son frère Jean-François de La Baume Le Blanc, capitaine lieutenant de cavalerie légère, gouverneur de la forteresse d'Amboise. Le château de La Vallière reste dans la famille la Baume le Blanc et leurs descendants (du Crussol d'Uzès, Rougé) jusqu'en 1872 date à laquelle le château est vendu à Mme Charlier de Gerson. Le château appartient ensuite successivement aux familles de Montessuy, Manjot de Dammartin, Millon de la Verteville, Bazin de Jessey et Lecerf.

De la forteresse médiévale le château a conservé son portail d'entrée encadré de deux tours remanié dans le dernier quart du 16e siècle par Jean Le Blanc, le seigneur de Rochecorbon ayant autorisé ce dernier à faire clore à fossés et pont-levis sa maison de La Vallière en 1578. La tour, située à l'ouest de l'entrée, servait de pigeonnier. Une autre tour située à l'est de l'entrée, abritant une chapelle, est mentionnée comme "démolie depuis 18 ans" en 1782.

Le château aurait été reconstruit par Laurent Le Blanc, puis son fils Jean dans la seconde moitié du 16e siècle. La tour d'escalier pourrait avoir été initialement une tour hors-oeuvre avant que les deux pavillons au nord et au sud de la tour ne soient ajoutés dans la seconde moitié du 16e siècle. En 1847, une annexe servant de cuisine est construite au sud du logis. L'aile prolongeant le logis vers le nord, construite en harmonie avec le style du château, date de 1885.

Au nord-ouest de la cour principale, on trouve un bâtiment du 17e siècle ayant servi de logis du garde composé de deux chambres et cellier. Au nord-est, un autre bâtiment est construit au 17e siècle, abritant une chambre et une écurie, il est agrandi vers le sud en 1875. Placé en retour d'équerre vers le nord et donnant sur la basse-cour, se situe un bâtiment du 17e siècle ayant servi d'écurie et de grange. Au nord de la basse-cour, se trouve un bâtiment ayant abrité un fenil datant du 17e siècle, et une porcherie et un chenil du 19e siècle. La grange ayant abrité le pressoir daterait du 15e ou 16e siècle. Situé à l'est du pressoir, un dernier bâtiment abritant une chambre et un cabinet du 17e siècle.

Période(s) Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 17e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1847, daté par source
1875, daté par source
1885, daté par source
Auteur(s) Personnalité : La Baume Le Blanc Françoise Louise, dit(e) dite : Mademoiselle de la Vallière,
Françoise Louise La Baume Le Blanc , dit(e) dite : Mademoiselle de la Vallière (1644 - 1710)

Favorite de Louis XIV


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propriétaire, attribution par source

L'entrée est composée de deux tours cylindriques de taille inégale reliées par une courtine en pierre de taille à bossage. Elle a conservé ses deux portes (charretière et piétonne) en plein cintre et certains éléments défensifs primitifs (courtines, mâchicoulis, rainures de deux ponts-levis). La tour ouest servant de pigeonnier est construite en moellon enduit et pierre de taille recouverte d'un toit en poivrière en tuile plate surmonté d'un clocheton à toiture octogonale en ardoise. La tourelle est, située à l'intérieur de la cour, est construite en moellon enduit et pierre de taille est couverte d'un toit en poivrière en ardoise. Elle était à l'origine adossée à une tour circulaire de même dimension que celle de l'ouest, aujourd'hui disparue mais dont on voit encore les traces (forme, ouvertures bouchées, meurtrières) qui aurait servi de chapelle.

Le château consiste en un bâtiment rectangulaire, construit en moellon enduit et pierre de taille couvert d'un toit à longs pans et croupes en ardoise, auquel sont accolés à l'est une tour d'escalier rectangulaire et deux petits pavillons. La façade ouest a conservé plusieurs baies à meneau et croisillon et à traverse. Un cordon marque la séparation entre le rez-de-chaussée et l'étage. Une corniche en pierre s'interrompt au niveau de deux baies des combles, ce qui indique que les baies du premier étage étaient surmontées d'un couronnement ou d'une lucarne interrompant l'avant-toit de dimension supérieure aux lucarnes actuelles. A l'est, la tour d'escalier qui s'élance au-dessus du corps de logis est construite en moellon enduit et pierre de taille et couverte d'un dôme en ardoise. Son sommet est éclairé grâce à une lucarne à fronton brisé encadrée de pilastres reposant sur des consoles. Les pavillons sont également construits en moellon enduit et pierre de taille et couverts de toits élancés en ardoise dotés d'une lucarne à fronton brisé, encadrée de pilastres cannelés à chapiteau ionique. Le rez-de-chaussée du pavillon sud est occupé par une galerie à trois arcades, constituant un porche abritant l'entrée principale du logis. Une cave voûtée est située sous le pavillon nord.

Adossé au sud, se trouve un petit bâtiment en rez-de-chaussée ayant servi de cuisine. Un corps de logis rectangulaire, en rez-de-chaussée et étage de comble, construit en moellon enduit et pierre de taille et couvert d'un toit à longs pans en ardoise, prolonge le château vers le nord. Postérieur de plusieurs siècles au logis principal, il s'intègre harmonieusement à ce dernier grâce à la présence d'un cordon séparant le rez-de-chaussée de l'étage et de lucarnes à fronton brisé.

Au nord du château, une galerie relie le château au logis du garde fermant la cour au nord-ouest. Ce logis est composé d'un bâtiment en rez-de-chaussée et étage de comble en moellon enduit couvert d'un toit à long pans en ardoise à un pignon découvert. Le comble est éclairé par deux lucarnes interrompant l'avant-toit en pierre à fronton triangulaire côtés sud et nord. L'entrée en plein cintre est encadrée de deux pilastres doriques surmontés d'un fronton triangulaire.

Fermant la cour principale au nord-est, un autre bâtiment, en moellon enduit et couvert d'ardoise, a servi de chambre et d'écurie. Placé en retour d'équerre au nord de ce dernier, un autre bâtiment donnant sur la basse-cour servait d'écurie et grange. Au nord-ouest de la basse-cour, un bâtiment en moellon enduit et couvert d'un toit à longs pans en tuiles abritait un fenil, un chenil et une porcherie. Au-delà de la basse-cour vers le nord, se trouve une grange qui servait de pressoir construite en moellon enduit et couverte d'un toit à longs pans en tuiles descendant très bas. La porte d'entrée en plein cintre placée dans le mur pignon est protégée par un escalier droit, donnant accès au grenier. A l'est de ce bâtiment, un dernier bâtiment en moellon enduit couvert de tuiles était composé d'une chambre à cheminée et d'un cabinet.

Murs enduit
moellon
pierre de taille
Toit ardoise, tuile plate
Couvertures toit à longs pans
dôme
toit polygonal
croupe
pignon découvert
Techniques sculpture
peinture
Représentations pilastre ordre dorique fronton
Précision représentations

Sous les arcades, la porte d'entrée en plein cintre, dont le claveau central représente une tête de lion, est encadrée de pilastres à chapiteau dorique et surmontée d'une frise à triglyphes et métopes interrompue par une table de pierre. L'ensemble est couronné d'un fronton courbe brisé décoré de motifs végétaux au milieu duquel sont placées un blason dont les armes sont effacées (buchées ?).

La porte d'entrée de la partie nord, dont le claveau central représente une tête de satyre, est encadrée de pilastres à chapiteau dorique et surmontée d'une table de pierre où figure la devise des la Baume le Blanc. L'ensemble est couronné d'un fronton courbe brisé décoré de motifs végétaux et de visages au milieu duquel sont placées les armes des la Baume le Blanc.

A l'intérieur, deux cheminées du rez-de-chaussée ont été restaurées par Christian Millon de la Verteville, propriétaire entre 1921 et 1948, qui a fait représenté sur l'une la devise des la Baume le Blanc "Ad principem ut ad ignem" ("Près du prince comme près du feu") et un portrait de Louise de la Vallière et sur l'autre la devise des Millon "Tantum pro liliis" ("Seulement pour les lys") et leurs armes "De sinople, à la tour d'argent, maçonnée de sable, ouverte et ajourée de gueules, enflammée du même, à deux épées d'argent, garnies d'or, passées en sautoir derrière tour". A l'étage, une cheminée porte la devise "Ad principem ut ad ignem", l'inscription "Amour indissolu" et les lettres "JBCA" entrelacées pour Jean le Blanc et Charlotte Adam, propriétaires à la fin du 16e siècle. Une autre cheminée conserve un ensemble de trois décors peints de la seconde moitié du 16e siècle.

Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH, 1977/05/26

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 65 J 7. Fonds du château de La Vallière. Consistance du domaine de La Vallière.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 65 J 180. Fonds du château de la Vallière. Gestion.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 65 J 216. Fonds du château de la Vallière. Travaux de réparations au château.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 65 J 5. Fonds du château de la Vallière.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 65 J 7. Fonds du château de La Vallière. Consistance du domaine de La Vallière.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 65 J 141. Fonds du château de La Vallière. Gestion.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 65 J 216. Fonds du château de la Vallière. Travaux de réparations au château.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 3 P3 1973. 3 P3 1976. Registres présentant les augmentations et diminutions survenues sur les matrices cadastrales.

Documents figurés
  • Carte postale. (Collection privée).

  • Cartes postales de Touraine : Reugny. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 10 Fi 194).

  • Plan cadastral dit cadastre napoléonien, 1819. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P2 194).

Bibliographie
  • CARRE DE BUSSEROLLE, J. X. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Mayenne : Joseph Floch, 1977 (réédition).

  • MONTOUX, André. Vieux logis de Touraine. Cinquième série, 1982. Chambray-lès-Tours : C.L.D, 1982.

    p.174-178
  • PEROUSE de MONTCLOS, Jean-Marie, (sous la direction de). Le guide du patrimoine Centre Val de Loire. Paris : Hachette, 1988.

    p. 532-533.
  • RANJARD, Robert. La Touraine archéologique, guide du touriste en Indre-et-Loire. Mayenne : Joseph Floch, Imprimeur-éditeur, 8e édition, 1981.

    p. 549-551.
  • VACQUIER, Jules. Les anciens châteaux de France : la Touraine. Paris : F. Contet, 1929.

Périodiques
  • GABEAU, Alfred. Étude sur le marquisat de la Vallière et sur les fiefs qui en dépendent. Bulletin Société Archéologique de Touraine, 1902, t. 13, p 362-392 et 435-473.

Liens web

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