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Verrière : le Repos pendant la fuite en Egypte (baie 7) (cathédrale Saint-Louis)

Dossier IM41001076 réalisé en 1994

Fiche

Dénominations verrière
Titres Repos pendant la fuite en Egypte (le)
Aire d'étude et canton Blois centre
Adresse Commune : Blois
Adresse : place Saint Louis
Emplacement dans l'édifice 7e chapelle gauche dite chapelle Saint-Joseph mur nord

En 1883, la cathédrale bénéficia d' un legs destiné à l' exécution d' un vitrail, que l' évêque Mgr Laborde souhaita consacrer à Saint Joseph. Georges Bardon, déjà chargé dans le département des vitraux du château de Chaumont, fut recommandé à l' évêque par l' architecte diocésain Darcy. Le maître verrier confia la réalisation du carton de la verrière à Edmond Lechevallier ; Chevignard avec qui il avait déjà travaillé, à Chantilly. Daté 1885, le vitrail fut posé en 1887 (voir pièce annexe).

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1885
Auteur(s) Auteur : Lechevallier-Chevignard Edmond, décorateur
Auteur : Bardon Georges, peintre-verrier
Catégories vitrail
Structures lancettes, 3 jours de réseau, 7
Matériaux verre transparent
grisaille sur verre
Précision dimensions

Iconographies scène biblique, Vierge, enfant Jésus, Joseph, fuite en Egypte
Précision représentations

Les raisins symbolisent l' eucharistie ; le rouge gorge préfigure la Passion du Christ. Dans les jours de réseau, des anges tiennent des couronnes de lys serties de cartels où se lit l' exergue 'ite ad joseph'. Plus que la composition générale, cette inscription met l'accent sur Joseph, à qui fut voué le vitrail.

Inscriptions & marques signature, peint
date, peint
armoiries, peint
Précision inscriptions

Signatures et date sur deux cartouches, dans la partie inférieure de la composition : Lechevallier ; Chevignard inv./georges bardon fecit.1885 ; armoiries identifiées : Mgr Laborde, évêque de Blois (1877, 1907) (d' or à la Vierge d' azur, au chef d' hermines).

États conservations oeuvre restaurée
Précision état de conservation

Restauration en 1988 (dossier à la CRMH).

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre immeuble, 1906/08/09

Annexes

  • Sources manuscrites :

    Blois, archives diocésaines. 19 N H b. Papiers et correspondance concernant le vitrail de la chapelle Saint-Joseph :

    Projet envoyé à Mgr Laborde, le 18 septembre 1883 ; avis favorable, le 21 septembre 1883.

    Le maître verrier Georges Bardon a été choisi grâce à la recommandation de l'architecte diocésain Darcy (lettre de Darcy à Mgr Laborde, 19 juin 1884).

    Le 28 juin 1884, Bardon écrit à l'évêque pour le remercier de l'avoir choisi pour l'exécution du vitrail et pour lui recommander le peintre Lechevallier-Chevignard :

    (...) "Avant de voir aucun autre artiste, je m'étais rendu, tout d'abord, chez Monsieur Lechevallier-Chevignard, mon collaborateur à Chantilly ; mais il ne nous avait pas été possible de nous entendre.

    Au reçu de votre lettre, j'ai cru devoir prendre sur moi de renouveler la même démarche et, plus heureux, grâce à de mutuelles concessions, j'ai réussi.

    C'est donc une maquette de Monsieur Lechevallier-Chevignard que je vous adresse.

    Monsieur Lechevallier-Chevignard est presque un Blaisois, ce qui, à vos yeux, sera peut-être un mérite, mais, aux miens, il y en a un autre que vous apprécierez également, je le crois, celui d'être un des plus grands artistes, sinon le plus grand que je connaisse et de posséder, avec la science de mon art, un sentiment religieux dont l'expression demeure exquise, parce qu'elle est sincère.

    "Je considère comme un succès personnel d'avoir pu décider Monsieur Chevignard à se charger du carton de notre verrière (...).

    (...) "Je serai reconnaissant à Votre Grandeur de me retourner, le plus tôt possible, la maquette qui vous parviendra en même temps que ces lignes et dont nous n'avons pas le moindre calque, - de me donner le texte d'une inscription assez brève pour qu'elle s'adapte au soubassement de la verrière, - de me faire savoir enfin si elle nous autorise (...) à placer, dans le cartouche central, ses armoiries (...).

    - Le 8 juillet 1884, Bardon demande à l'évêque de presser sa décision pour la vitre de saint Joseph, car il s'était engagé auprès de Darcy à poser le vitrail en octobre ou novembre.

    (...) "Sur ma prière, Monsieur Chevignard, consentant à interrompre ses travaux, s'était engagé à me livrer son dessin avant le 3 août, époque de son départ pour Blois.

    Si je tarde davantage, Monsieur Chevignard se verra dans l'impossibilité de remplir cet engagement, et, comme son installation, quai des Imberts, ne lui permet point de crayonner d'ensemble carton de grande surface, il me faudra nécessairement attendre la fin des vacances et son retour. C'est de trois mois et plus que l'exécution de la vitre se trouvera reculée" (...).

    La lettre annotée par l'évêque, de sorte que l'abbé Porcher réponde et renvoie le dessin le plus tôt possible.

    - Le 27 juillet 1884, Bardon exprime à l'abbé Porcher sa satisfaction de ce que l'évêque ait approuvé le dessin de Lechevallier-Chevignard.

    (...) "Quant aux légères critiques que vous avez eu l'obligeance de me communiquer, je vous demande la permission de vous le dire sincèrement, en dehors de la substitution à un texte provisoire de l'exergue Ite ad Joseph contre laquelle aucune objection ne s'élève, ni M. Darcy, ni M. Chevignard, ni moi nous ne sommes d'avis que, au point de vue décoratif, il y ait avantage à ce que nous placions, dans le lobes du tympan, des légendes dont l'échelle par trop petites relativement à celle du sujet principal détruirait tout l'équilibre et toute l'ordonnance de la verrière.

    S'il s'agissait d'une vitre XVIe se composant de médaillons ou de frises superposées, notre objection n'aurait aucune valeur. Nombreux sont les exemples de tympans décorés de scènes où les figures ne se proportionnent pas aux personnages de médaillons légendaires superposés dans les lancettes qu'ils surmontent. Comme les lancettes elles-même apparaissent divisées, l'ensemble de la fenêtre ne perd quoi que ce soit à ce que l'oeil sépare le tympan des parties droites. La verrière ne se coupe pas en deux.

    Mais telle n'est pas l'espèce qui nous occupe. Il ne s'agit ni d'une restauration, ni d'une restitution. Bien que par son ordonnance et sa composition elle demeure soumise, comme toute oeuvre décorative contemporaine, aux formules que nous a léguées la Renaissance, il s'agit d'une vitre moderne à placer dans la fenêtre ogive d'une cathédrale construite sous Louis XIV. Cette vitre comporte un grand sujet qui remplit toutes les parties droites. Cela étant, alors que les personnages du sujet principal attendront près de 1 m 50 c, devons-nous couper en deux la composition en décorant de légendes où les figures n'auraient pas plus de 0 m 45 c les lobes du tympan ? Nous ne le pensons pas.

    Dès le début, tous trois nous avons été d'accord, pour relier le tympan aux parties droites, faire monter la composition jusque en haut, conserver partout la même échelle et le même fond, bref, passant à travers les meneaux qui séparent les lobes du tympan comme nous passons à travers ceux qui séparent les lancettes, remplir la fenêtre entière d'une grande page décorative où l'unité règne.

    (...) il aurait faute à couper en deux la verrière.

    (...) "En ce qui concerne la croix qui, actuellement, domine le baldaquin et à laquelle sept ou huit coups de crayon indiquant un rayonnement d'auréole semblent prêter, dans l'esquisse, quelque ressemblance avec un saint sacrement, il n'est pas douteux que, une fois la verrière exécutée, toute confusion ne soit impossible pour l'oeil.

    Dans l'ornementaiton de la Renaissance, les baldaquins se couronnent tantôt d'une croix nimbée, tantôt du calice et de l'hostie entourés d'un nimbe.

    M. Chevignard a choisi la croix ; il peut néanmoins y substituer, au cas où Sa Grandeur le jugerait convenable, tout autre couronnement indiqué par elle.

    Quant à se rappeler que la vitre est en l'honneur de St Joseph, M. Chevignard y faillira d'autant moins qu'il a toujours compté, dans le tympan, faire jouer aux seuls emblèmes que lui attribue l'iconographie chrétienne, et prodiguer partout les lis. »

    - Comptes de trésorerie, exercice 1885 : 4 000 francs à Georges Bardon pour le vitrail.

    - 24 mars 1885 : lettre de Bardon "peintre verrier, 21 bis rue de Laval, Paris", pour obtenir des renseignements sur la manière d'exécuter les armes de Mgr Laborde.

    - Le 31 décembre 1887, mandat de 4 000 Francs envoyé à Bardon pour "prix de la verrière de St Joseph placée dans la première chapelle latérale de droite, le 9 janvier 1887".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Blois, archives diocésaines. 19 N 2 B. Lettre de l'évêque de Blois au ministre de la Justice et des Cultes concernant la confection d'un vitrail, pour lequel Mlle Haguenier a légué la somme de 2 000 francs (13 août 1883).

  • Blois, archives diocésaines. 19 N 5 H b. Papiers et correspondance concernant le vitrail de la chapelle Saint-Joseph.

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