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Ville de la Riche

Dossier IA37005470 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

L'emprise de la "Ville" en 1874L'emprise de la "Ville" en 1874

I- La formation d'un territoire : la "Ville" de La Riche

La commune de La Riche est divisée par les lignes de chemin de fer en deux zones distinctes : la partie occidentale moins dense et plus rurale et la partie orientale totalement urbanisée. Cette dernière partie est ici désignée comme "La Ville".

A- Expansion et limites de l'agglomération à partir du quartier de Sainte-Anne

La ville de la Riche, qui a franchi le seuil des 10 000 habitants selon le recensement de la population en 2012, s'est considérablement développée à l'époque contemporaine à partir de l'écart dit de Sainte-Anne en limite ouest de la ville de Tours. Le comblement du chenal de communication, dit Ruau Sainte-Anne, au 19e siècle a initié la constitution de l'agglomération Larichoise actuelle. Les constructions des édifices publics tels que l'église paroissiale, la mairie-école au 19e siècle puis le groupe scolaire Paul Bert au début du 20e siècle ont contribué au déplacement du centre de gravité de l'agglomération vers Saint-Cosme à l'ouest.

L'agglomération urbaine encore lâche au 19e siècle a vite été limitée dans sa partie ouest par la réalisation des chemins de fer de Tours au Mans et de Tours à Nantes au milieu du 19e siècle qui ont constitué une véritable barrière de croissance. A la fin du 20e siècle, le périphérique tourangeau a consolidé cette limite en longeant la voie ferrée vers le Mans dans la partie nord avant le franchissement de la Loire. Ainsi la ville actuelle est installée entre une limite est du côté de Tours marquée par la présence du parc botanique disposé sur un axe nord-sud et une limite ouest soulignée par les voies ferrée et routière. La Loire au nord et le Cher au sud délimitant les frontières naturelles.

Les grandes périodes de construction.Les grandes périodes de construction.Cette représentation des périodes de construction des œuvres recensées figure, en dominante de couleur, les trois grandes phases de constitution du patrimoine bâti Larichois : en brun, les édifices les plus anciens souvent isolés au moment de leur fondation ; en jaune, les édifices du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e siècle agrégés sur le linaire des chemins vicinaux ; en bleu, les édifices de la densification sans précédent du bâti par comblement et saturation des anciennes terres agricoles, à partir du 3e quart du 20e siècle.

B- Une périurbanisation précoce et un démembrement des grands domaines civil et religieux : Plessis-lès-Tours, Saint-Cosme

La Riche superpose les mailles territoriales anciennes et nouvelles avec des spatialités, des temporalités et des symboliques totalement changées. L'installation des voies ferrées de Tours à Nantes et au Mans au 19e siècle a non seulement séparé le domaine du Plessis de l'ancien couvent des Grands-Minimes mais a quasiment effacé toutes traces ou vestiges des grands jardins autour de l'ancienne résidence royale. Seules quelques vestiges plus ou moins longs de clôtures subsistent rue des Tourelles, des Tonnelles ou Parmentières. Les jardins du Prieuré Saint-Cosme d'abord réutilisés par l'agriculture sont aujourd'hui occupés par les logements.

Les domaines traversés des grandes voies de communication.Les domaines traversés des grandes voies de communication. Saint-Cosme en 1966 : anciennes exploitation agricoles et jardins familiauxSaint-Cosme en 1966 : anciennes exploitation agricoles et jardins familiaux A l'emplacement des jardins de Saint-Cosme : l'allée de la ChevretteA l'emplacement des jardins de Saint-Cosme : l'allée de la Chevrette

Chemin des Tonnelles, vestiges du mur de clôture des jardins du Plessis. Chemin des Tonnelles, vestiges du mur de clôture des jardins du Plessis. "Les Tourelles", entre les voies ferrées, l'épicentre du jardin royal"Les Tourelles", entre les voies ferrées, l'épicentre du jardin royal Rue Parmentière, mur de clôture en calcaire de grand-appareilRue Parmentière, mur de clôture en calcaire de grand-appareil

C- Mutation des activités économiques, la disparition des maraîchers

Malgré l'expansion de l'agglomération urbaine à partir du 19e siècle, les caractères ruraux du paysage Larichois ont perduré avec les pratiques maraîchères prépondérantes dans l'économie locale à l'époque contemporaine. En 1935, La Riche comptait encore sur son territoire 200 foyers de maraîchers, jardiniers ou cultivateurs plus quelques horticulteurs y compris dans la partie urbaine de la commune où l'on conserve encore quelques châteaux d'eau témoins de cette activité : rue des Hautes-Marches ou rue du Port. Les parcelles maraîchères disparaissent une à une pour ne quasiment subsister que sous forme de cultures complémentaires et de loisirs chez quelques retraités.

La Poirière : le maraîchage réduit à un périmètre de plus en plus restreintLa Poirière : le maraîchage réduit à un périmètre de plus en plus restreint Rue des Hautes-Marches : château-d'eau, emblématique témoin des activités maraichèresRue des Hautes-Marches : château-d'eau, emblématique témoin des activités maraichères

D- La densification urbaine

A l'issue de l'implantation de l'église paroissiale et de la mairie en direction de Saint-Cosme, le réseau viaire de la ville naissante a simplement et progressivement agrégé une à une les nouvelles constructions sur son linéaire établi en étoile depuis le hameau Sainte-Anne (rue de la Mairie, chemin du Plessis, chemin des Hautes-Marches, chemin de la Rabaterie). Les maisons d'artisans et de commerçants viennent combler les vides entre les maisons d'exploitation agricole. En limite des voies ferrées, quelques activités industrielles établissent leur production à l'instar des Pompes de Touraine de Briau & Soudée.

Carte du milieu du 19e siècleCarte du milieu du 19e siècle La rue de la Mairie au début du 20e siècle (Archives départementales d'Indre-et-Loire)La rue de la Mairie au début du 20e siècle (Archives départementales d'Indre-et-Loire) Atelier de constructions au Plessis dans les années 1920  (Archives départementales d'Indre-et-Loire)Atelier de constructions au Plessis dans les années 1920 (Archives départementales d'Indre-et-Loire)

Dans le dernier quart du 20e siècle, une seconde phase de densification achève la transformation du foncier Larichois : le maraîchage disparait progressivement sous la double pression des réformes de l'économie agricole et de la politique immobilière en faveur du logement collectif puis individuel. Les parcelles d'exploitation agricole encore nombreuses au début des années 1970 cèdent la place les unes après les autres à la construction immobilière.

Vue aérienne verticale prise en 1968 (IGN - Géoportail)Vue aérienne verticale prise en 1968 (IGN - Géoportail) A l'angle des rues Condorcet et Vauquier : une ancienne fermeA l'angle des rues Condorcet et Vauquier : une ancienne ferme Rue des Tourelles : ancienne fermeRue des Tourelles : ancienne ferme Rue Simon Vauquier : l'habitat individuel et collectifRue Simon Vauquier : l'habitat individuel et collectif

II- La situation du patrimoine bâti "ordinaire" : classification chronologique simplifiée

A- Les périodes antérieures à l'établissement du cadastre napoléonien

Des édifices bâtis antérieurs au 18e siècle subsistent dans la proximité des monuments tels que le château du Plessis ou le manoir de la Rabaterie : les maisons de l'impasse du Plessis ou à l'angle de la rue de Ligner, figurées sur les plans du 18e siècle dans la basse-cour du château, sont en grande partie conservées dans des formes remontant possiblement au 17e siècle voire antérieurement. La grande maison à l'angle de la rue du Chesneau et de la rue du Plessis, à l'ouest de la Rabaterie remonte au 16e siècle. Les anciennes fermes de la rue des Hautes-Marches sont probablement des ouvrages édifiés au 18e siècle.

Le Plessis au 18e siècle. En couleur les bâtiments conservés en élévation. Le Plessis au 18e siècle. En couleur les bâtiments conservés en élévation. Rare demeure du 16e siècle dans un vaste enclos à l'ouest de la Rabaterie Rare demeure du 16e siècle dans un vaste enclos à l'ouest de la Rabaterie Rue des Hautes-Marches : au second plan, anciennes fermes Rue des Hautes-Marches : au second plan, anciennes fermes

B- Le 19e siècle jusqu'au début du 20e siècle

Tout au long du 19e siècle et jusqu'au début du 20e siècle, l'habitat paysan a été renouvelé, accompagnant probablement une nouvelle forme de spécialisation du foncier au profit du maraîchage sur de petites exploitations et non plus de cultures céréalières (Nous remarquerons la présence de vastes granges céréalières dans la partie ouest de la commune). L'habitat des particuliers, ouvriers ou employés, est souvent construit avant la guerre 1914-1918 sous la forme de logements en série ou de lotissements de maisons individuelles.

Parmi les oeuvres recensées : les anciennes fermes.Parmi les oeuvres recensées : les anciennes fermes. A quelques exceptions notables datant des 17e siècle et 18e siècle, dans la proximité du Plessis notamment, parmi les anciennes exploitations agricoles en partie conservées (mais désaffectées), les édifices construits ou reconstruits en limite du 19e siècle et du 20e siècle sont les plus nombreux. Ils constituent aujourd'hui des isolats souvent gagnés par le comblement de leurs parcelles agricoles de proximité, voire de leur cour et jardin.

Rue de Port-Cordon : ancienne fermeRue de Port-Cordon : ancienne ferme Rue Saint-François : maison du milieu du 19e siècleRue Saint-François : maison du milieu du 19e siècle Rue du Doyenné : logements en sérieRue du Doyenné : logements en série Rue Jean Félix : maisons de lotissementRue Jean Félix : maisons de lotissement

C- Au 20e siècle : la construction "traditionnelle" jusqu'au milieu siècle

Dans l'entre-deux-Guerres, l'habitat individuel se renouvèle avec force de démonstration. Les formes architecturales, les décors ornementaux rompent avec les modèles historicisants (pilastres, frontons, bandeaux...) du siècle précédent et des premières années du 20e siècle. L'ornementation Art Déco et les décors des modèles de l'architecture de la villégiature séduisent de plus en plus la classes moyenne naissante (Rue Parmentière, Rue de la Mairie). La polychromie fait une apparition remarquée en façade. Après la seconde Guerre Mondiale, une forme d'architecture moderne aux accents classiques renonce au pittoresque. Reste que le modèle de production de ces maisons est celui d'une économie du bâtiment encore dominée par la petite entreprise artisanale et ses savoir-faire traditionnels qui privilégient l'usage de la pierre comme matériau de gros œuvre.

Rue Parmentière : maisons de 1937-1938Rue Parmentière : maisons de 1937-1938 Rue de la Mairie : pavillons de l'Entre-deux-GuerresRue de la Mairie : pavillons de l'Entre-deux-Guerres Rue de la Mairie : maisons du milieu du 20e siècleRue de la Mairie : maisons du milieu du 20e siècle

D- A la fin du 20e siècle et au début du 21e siècle : la construction "industrialisée" puis la tentative de recontextualisation

La Rabaterie en 1977La Rabaterie en 1977L'une des résidences MarceauL'une des résidences Marceau Au lieu-dit ChevretteAu lieu-dit Chevrette Rue de l'Eglise : en 2015 la Maison de l'Enfance.Rue de l'Eglise : en 2015 la Maison de l'Enfance.

La mise en œuvre de procédés industrialisés, notamment la préfabrication, est indéniablement le fait marquant de la construction immobilière de la seconde moitié du 20e siècle (Résidences Marceau). Les blocs de grands logements collectifs s'élèvent souvent à de grandes hauteurs en rupture de contexte paysager et culturel (La Rabaterie). Les programmes du début du 21e siècle combinant immeubles, petits collectifs et habitats individuels en zone d'aménagement concerté (ZAC du Prieuré, la Chevrette), ou ceux de l'architecture publique (Médiathèque, Maison de l'Enfance), renouent avec une certaine liberté de forme et une volonté d'insertion patrimoniale et paysagère qui avaient été délaissées à la fin du 20e siècle.

Le nouveau tracé régulateur de la ZAC du Prieuré projeté sur un plan de la fin du 18e siècleLe nouveau tracé régulateur de la ZAC du Prieuré projeté sur un plan de la fin du 18e siècle Rue François-Mitterrand, dans l'axe : perspective vers les immeubles de la résidence MarceauRue François-Mitterrand, dans l'axe : perspective vers les immeubles de la résidence Marceau

Dans la ZAC du Prieuré, les tracés des allées et perspectives du jardin disparu du prieuré sous-tendent la nouvelle composition urbaine.

Dénominations ville
Aire d'étude et canton La Riche
Adresse Commune : La Riche

La ville a connu un développement manifeste en plusieurs phases au 20e siècle à partir de l'expansion de l'écart Saint-Anne vers l'ouest au 19e siècle avec notamment l'installation d'une nouvelle mairie-école en 1848 à proximité du lieu-dit le Petit-Cimetière (cadastre de 1808).

Le cadastre napoléonien [1808]Le cadastre napoléonien [1808]

Période(s) Principale : Epoque contemporaine
Sites de protection site inscrit, site classé
Précisions sur la protection

Site inscrit : Prieuré de Saint-Cosme et ses abords (31/07/1947) ; site classé : rive gauche de la Loire à Tours et la Riche [jusqu'au débouché de la rue du Port] (15/05/1950)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Extrait du croquis figuratif de la délimitation de la ville de Tours dressé le 20 septembre 1832. Archives municipales Tours. 3D13

  • Archives municipales de Tours. 3 D 13. Projet de modification de la limite du territoire de la ville de Tours dans sa partie nord-ouest. Par l'architecte voyer en chef. 21/11/1923. Pour être annexé à la décision du Conseil général en date du 28 août 1924.

Documents figurés
  • Carte de Tours et de ses environs. Document levé topographiquement à 6 lignes pour cent toises (environ 1/15000e), s.l.n.d. [vers 1770], signé C. Cozette, plume et lavis, 78,5 x 79,5 cm. (Archives municipales d'Amboise, II 14-17)

  • Pont de La Motte. Imprimé sur papier 0.94*0.35 m. G. Potet, del. gravé sur pierre par J Sédille, rue Montmartre, 78. Extrait de "Plan des chantiers et échafaudages pendant la construction. A gauche : Chemin de fer d'Orléans, ligne de Tours au Mans. Plan des chantiers présentant en même temps la situation des travaux au 17 août 1856. A droite : Construction des voûtes, vue prise sur la tête amont, au mois de septembre 1856". (Archives de la SNCF, division de l'équipement, Tours)

  • Briau & Cie, à Tours (Indre-e-Loire) ; vue de l'usine et des magasins de Plessis-les-Tours. Carte postale (AD37, 10Fi195-0026)

  • Route d'Espagne par Tours...par Montbazon, Souvigny, Sainte-Maure, de Tours à Port-de-Piles : détail, la Ville de Tours. Extrait de l'Atlas Trudaine, vers 1750. (AN F14 8505/267 f°16)

  • Route de Paris à Tours par Blois : La Loire, Ville de Tours... Extrait de Atlas Trudaine. Plume et lavis, ajout à la mine de plomb attribué à Bayeux, 81 x 54 cm, vers 1743-52, n.s. (AN F14 8505/265 f°6)

  • Plan général de la ville de Tours et de ses environs (détail), publié par Guilland-Verger, éditeur à Tours, s.d. [vers 1856-1861]. (Bibliothèque municipale de Tours)

  • Rue du Plessis. Dessin à la plume et lavis signé et daté (25 juin 1915, lecture incertaine) par Gatian de Clérambault. Extrait de Tours qui disparait, tome II (Bibliothèque municipale de Tours, Est A.1206 II/85)

  • Mission photographique C1822-0301_1968_CDP7512_2413. Prise de vue 1968, échelle 1/18983. Extraite de Remonter le temps : les prises de vues aériennes. Environs de Tours de 1919 à 2015. Géoportail [base de données en ligne]. SAINT-MANDÉ : Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), 2015.

  • Mission photographique C1722-0033_1981_IFN37_0606. Prise de vue 1981, échelle 1/20285. Extraite de Remonter le temps : les prises de vues aériennes. Environs de Tours de 1919 à 2015. Géoportail [base de données en ligne]. SAINT-MANDÉ : Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), 2015.

  • Mission photographique C1822-0191_1966_CDP5476_6391. Prise de vue 1966, échelle 1/7860. Extraite de Remonter le temps : les prises de vues aériennes. Environs de Tours de 1919 à 2015. Géoportail [base de données en ligne]. SAINT-MANDÉ : Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), 2015.

  • Mission photographique C1622-0011_1949_F1622-1922_0359. Prise de vue 1949, échelle 1/25630. Extraite de Remonter le temps : les prises de vues aériennes. Environs de Tours de 1919 à 2015. Géoportail [base de données en ligne]. SAINT-MANDÉ : Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), 2015.

  • Mission photographique C1822-0091_1986_FR3951_0023. Prise de vue 1986, échelle 1/20116. Extraite de Remonter le temps : les prises de vues aériennes. Environs de Tours de 1919 à 2015. Géoportail [base de données en ligne]. SAINT-MANDÉ : Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), 2015.

  • La Riche Extra - Tours (I. & L.). Georges Frébot. Carte postale, n.d. (AD37 10Fi195-0044)

  • 5- La Riche-Extra (Indre-et-Loire). L'abside de l’Église et la Mairie. Carte postale, n.d., A.L.J. (Collection particulière)

  • [La Riche, la cité des Sables], vue aérienne, ca 1955. Extr. de : "Evolution du fait urbain, dans les communes voisines de Tours depuis la fin du siècle dernier." THAUMIAUX J. Mémoire DES : géographie, Université de Tours, 1960.

  • Plan géométral des Domaines Utile et Censive de la Châtellenye des Bains en la paroisse de N D la Riche seulement dont on trouvera l'Explication au Terrier, Domanial et Censier de la dite Chatellenye. Levé dans le cours de l'année 1788 à la requeste de Messieurs de l'Eglise de Tours, dimensions approximative : L=2m, H=1m (AD 37 G198)

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